PRODUITS DIVERS DES SÉCRÉTIONS, TUS, LAIT , MUCUS , SOIE
Le microscope, dans divers produits de sécrétion tels que le lait, l'urine , le mucus , la soie , etc. , ne doit chercher que la preuve de l'absence de toute structure organique.
Le pus , si on le considère comme produit de sécrétion , se distingue par la présence de nombreux corpuscules arrondis floconneux , de même forme et de même grandeur. On les retrouve partout où le pus existe en si petite quantité que ce soit, dans le sang , dans le lait , dans le mucus , etc. Il est donc bien important pour le médecin , de savoir reconnaître sous le microscope les corpuscules ou globules du pus , lesquels sans avoir la régularité des corpuscules sanguins, ont cependant une grosseur assez uniforme de o,oo85 à 0,0 100.
Le lait, vu au microscope, montre une infinité de globules de diverses grosseurs ' pl. XII , fi%. 4. ) transparens , réfractant fortement la lumière et présentant tout-à-fait l'aspect de gouttelettes de graisse demi-liquide , que la chaleur rend plus transparens , que la pression peut souder entre eux. Ces globules, dont les plus gros sont larges de 0,009 et dont les plus petits ont moins de 0,001 5 et sont agités plus ou moins du mouvement brownien , se séparent du liquide par le repos , pour former la crème qui , entièrement privée d'eau , devient le beurre , aussi ne trouve-t-on point de globules dans la partie du lait, caillé ou non , dont la crème s'est complètement séparée ; quelquefois , par une température froide, les globules du lait sont assez consistans pour pouvoir s'écraser par la pression, et l'on en voit qui sont gercés et fendus tout autour r on serait tenté de les prendre pour des objets particuliers, si on ne s'était assuré en les chauffant , que ce sont en effet des globules de beurre écrasés. Sur la crème naturellement séparée du lait , on voit naître , au bout de deux à trois jours , une forêt de petites moisissures formant un duvet blanc très délicat. Ces mêmes moisissures se développant aussi dans une très mince couche de lait conservée à l'abri de F évaporât ion , entre
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des lames de verre, M. Turpin fut conduit à penser que les globules du lait se sont eux-mêmes convertis en moisissures; mais en outre de ce que des moisissures semblables (pl. III, fig. 8) prennent naissance dans du sang ou dans tout autre liquide organique conservé de la même manière ; d'une part , le beurre formé exclusivement de globules du lait , ne se couvre pas de moisissures s'il a été bien lave, et d'autre part sur le caillé égoutté ou caséum pur, ne contenant plus de globules du lait , il se produit des moisissures comme sur la crème , -et même ces moisissures atteignant bientôt leur complet développement , deviennent le pénicillium glaucum , couvert de ses sporules glauques ou bleuâtres. Ainsi les globules graisseux du lait ne sont pour rien dans la production des moisissures, et si Ton voulait admettre que dans ce cas il y a eu production spontanée, ce serait bien plutôt aux dépens du caséum interposé entre les globules graisseux de la crème, qu'aux dépens de ces globules eux-mêmes. On a d'ailleurs, comme nousle verrons plus loin, de nombreux exemples delà production abondante, et spontanée peut-être, des mucédinées sur les surfaces malades, ou dans l'épaisseur des tissus de certains animaux vivans, quand ces parties ont le contact de l'air ; mais ce n'est certainement pas par la transformation des globules de graisse ou d'aucune autre substance animale , non plus que dans la maladie des vers à soie nommée la muscardine, qu'il se fait une métamorphose de la graisse en Botrytis bassiana.
Entre les globules du lait on voit flotter quelquefois des corpuscules floconneux très peu réfringens , qui doivent provenir des parois mêmes des conduits glandulaires. Ces corpuscules très peu nombreux , qu'on a nommés mai à propos globules muqueux , deviennent, dans certains cas, assez abondons , et prennent l'aspect des corpuscules du pus. C'est ce qui a lieu notamment dans une maladie des vaches , vulgairement nommée la cocotte, dont on s'occupa beaucoup en i838.
Le mucus sécrété par diverses parties de la membrane muqueuse de l'homme et des mammifères , ne contient pas de corpuscules particuliers; il montre seulement , quand il est très dense et qu'on l'élire , des stries plus ou moins réfringentes et tout-à-fait irrégulières; maison y voit souvent des lamelles ou écailles de l'épithélium , surtout s'il provient du pharynx ou du vagin. Quand d'ailleurs ces membranes ont
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été affectées d'une inflammation plus ou moins prononcée , le mucus contient des globules de pus bien reconnaissantes et plus du moins abondans. Le mucus si abondant de la surface du corps des limaces et des limaçons , montre des corpuscules mous, oblongs, qui semblent être seulement des parties un peu plus denses du mucus même.
Les divers produits accessoires des organes génitaux mâles chez les mammifères et plusieurs, autres produits liquides de sécrétion , sont plus denses que l'eau , qui, au lieu de les dissoudre, les modifie peu à peu en y déterminant la formation de vacuoles comme dans le sarcode ; mais d'une manière bien moins prononcée , car ces produits n'ont qu'uue consistance et une réfringence très faibles. Le produit mucilagineux des vésicules accessoires du cocbon d'Inde et de divers rongeurs , et uu autre produit analogue dans la liqueur séminale émise par divers mammifères, présentent surtout assez clairement le phénomène de la formation des vacuoles au contact de l'eau.
Beaucoup de produits liquides de sécrétion , comme les lanm s, l'urine, levenin, unepartiede la liqueur séminale, etc. n'offrent sons le microscope d'autre particularité que la cristallisation des sels qu'ils contiennent. On a pu même ainsi arriver à reconnaître des différences importantes dans les urines, suivant le régime ou l'état de santé des personnes. Ainsi on y a pu reconnaître le phosphate ammoniaco magnésique, l'oxalate de chaux ou de potasse , l'acide urique , le chlorure de sodium, etc.
D'autres produits, d'abord liquides ou visqueux , se solidifient promptement à l'air, comme la soie ; on n'y reconnaît alors aucune structure régulière; seulement on peut noter leur épaisseur moyenne et leur forme habituelle pour les reconnaître dans l'occasion : c'est ainsi que la soie ( pl. XIII, fig* 4 ) est en filamens irrégulièrement aplatis , et dont l'épaisseur varie entre 0,007 el o,oi5, ne pourra pas être confondue avec la laiue , dont les plus minces filamens ont au moins 0,020 et sont revêtus de lamelles écaillcuses qui en facilitent le feutrage, tandis que la soie avec ses filamens lisses «ej>eut se feutrer solidement.
l3a OBSERVATIONS PARTICULIERES.