‹ Nouveau manuel complet de la bonne compagnie, ou, Guide de la politesse et de la bienséanceChapitre 24 sur 70 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Recevoir avec aisance et noblesse, fairé en sorte | que tout en vous, autour de vous, respire là bienséance Û et l'agrément; tâcher que les gens vous quittent tou- Û jours satisfaits et pleins du désir de revenir: telles sont @ les obligations d’un maître, et surtout d’une maitresse # de maison.

| Tout, dans l’appartement, doit, autant que possible, offrir le confort anglais et la grâce française. Un ordre | | parfait, une exquise propreté, une élégance quise passe

| logis, l'ameublement et la mise de la dame du lieu. Dans une maison où il y a de l’aisance , il doit indispensablement se trouver un salon, car il est gênant et Bonne Compagnie. 7

de rmauvais ton de recevoir à demeure däns ürie cham= M

bre à coucher. La transformation de cette chambre en « salon convient pour les visites ; mais elle devient pres- à que ridicule lorsque, après le diner, il faut passer dans

cette chambre pour prendre le café, ce qui a lieu en cas « d’assemblée un peu nombreuse, etc. Cet usage n’est déjà plus adopté qu’en province et chez les personnes 4

qui ne se piquent pas de bon ton.

Recevoir dans une Salle à manger, n’est permis que ! chez celles qui ne peuvent faire les frais du mobilier |

d’une chambre et d’un salon. La simplicité, admisé dans une pièce de ce genre, Convenant à l’exiguité dé leurs moyens, nous n’avons qu’à les approuver, en plaignant toutefois les désagréments auxquels les oblige cette résidence. Mais nous avons, à cet égard, une défense expresse à faire aux gens qui s’y résignent sans nécessité, car il est totälément 6pposé aux usages recus dans la bonne compagnie, de se tenir dans un endroit que l’on ne peut orner, où l’on ne peut placer des fauteuils, une cheminée, une glace, une pendule, toutes choses utiles aux personnes qui viennent vous Voir ; où l’on est exposé à recevoir vingt visites pendant le diner,

à voir déranger autant de fois l’heuré de se méttre à .

table, puisqu'il est impossible de dresser le couvert

tant que demeurent les étrangers; enfiñ à lés rendre «

témoins des soins domestiques pour enlever les débris du repas, le linge, la vaisselle, etc.

Les jeunes mères de famille qui veulent avoir près d'elles leurs enfants (hôtes dangereux dans un salon, comme chacun sait), pensent pouvoir séjourner dans la Salle à manger, en faisant-passer les visiteurs! dans

El

| une pièce. voisine . Pour que cette mesure soit sans inconvénient, il faut observer trois choses : la première, (cest que les étrangers soient admis dans cette pièce { avant de voir la maitresse de la maison, parce qu'ils ne manqueraient pas de faire des diff cullés, de dire | qu’ ils ne veulent point la déranger ; la seconde, c’est. . que cette pièce soit constamment chauffée en hiver; la | troisième, enfin, qu’en été elle soit exactement dispo- | sée comme une chambre habitée, car rien n’est de plus #4 mauvais genre que de conduire les gens dans un ap- | partement qui semble à louer.

} À moins d’impuissance absolue, vous devez faire | éclairer votre escalier. Si les habitudes de bonne éco- | nomie domestique, réglées par les besoins de la civili- { sation, étaient plus généralement répandues, un esca- { lier non éclairé ne se trouverait bientôt nulle part. Après avoir ainsi jeté un rapide coup-d’œil dans l’in- ! | térieur de la maison, voyons de quelle manière il faut Li recevoir.

Dès que l'on voit entrer quelqu'un, annoncé ou non, | on se lève vivement, on va vers lui, on l’engage à s’as- | seoir, en évitant la vieille formule : donnez-vous la | peine de vous asseoir. Si c’est un jeune homme, on lui l offre un fauteuil , une chaise rembourrée ; un vieillard, | on insiste pour qu ‘il accepte le fauteuil ; une dame, on | Ja prie de s'asseoir sur l’ottomane. Si c’est le maître de | Ja maison qui recoit ; il prendra une chaise et s’assiéra | à peu de distance de ce meuble; si, au contraire, c’est la maîtresse, et qu’elle soit intime avec la dame qui la |: visite, elle se mettra auprès d’elle. Si plusieurs dames | viennent à la fois, c’est à la plus distinguée par son rang que l'on donne cette place.

Jamais un homme bien appris ne se met sur une cau-

seuse ou sur un divan devant une dame ; encore moins

sur ce meuble auprès d’elle, car en ce cas ce serait plus

qu’une grossièreté, ce serait une inconvenance. Lors-

qu'un monsieur y est assis auprès du maître de la maïison, et que la femme de celui-ci vient les trouver, ils doivent se lever tous deux et lui céder la place, qu’elle

accepte comme chose due, en les engageant à s'asseoir:

En hiver, les places les plus honorables sont celles du coin de la cheminée : à mesure qu’elles vous mettent en face du feu, elles sont réputées inférieures. Aussi, lorsqu'il survient une dame respectable, une personne à laquelle on désire faire honneur, on la prend par la main et on la conduit à la place du coin. Si cette place est occupée par une jeune femme, celleci doit se lever et l’offrir à la personne âgée qui arrive,

en prenant pour elle-même une chaise au milieu du

cercle.

Une maîtresse de maison doit veiller avec sollicitude à ce que l’on n'éprouve aucune gêne chez elle : en conséquence , elle aura soin de présenter des écrans aux dames placées en face de la cheminée; elle leur avancera sous les pieds des tabourets ou mieux des coussins , et jamais de chaufferettes. Si elle est seule avec une connaissance intime, elle la priera de partager le coussin dont elle se sert, mais elle ne fera jamais cette politesse à un homme.

S'il se trouve une porte ou une fenêtre ouverte dans l'appartement pendant l’été, il faut demander aux visiteurs si cela ne les incommode pas. | Ét Lorsqu'une dame qui recoit une visite de demi-cé-

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| émonie travaille à l'aiguille, elle doit quitter son ouvrage avec empressement, et ne le reprendre qu’après l'invitation du visiteur. S'il est plus intime, elle #lui demande elle-même la permission de continuer. Si fla personne vient tout-à-fait en cérémonie, il serait très-impoli de travailler, même un instant. Au reste, {méme ayec ses amis, on ne doit qu’à peine s'occuper de son ouyrage, et paraître l'oublier pour eux. À mesure qu'il entre un nouveau venu, le maître ou la maîtresse du logis se lève, et Les personnes déjà reques sont obligées de l'imiter. Quelques-unes s’éloignent alors : en ce cas, si le maître et la maîtresse ont avec eux quelques personnes de leur famille, après avoir | conduit jusqu’à la porte les visiteurs qui sortent, ils en- © gagent un de leurs parents à les remplacer. Dans le @ cas contraire, il faut nécessairement opter entre les | gens qui demeurent, et ceux qui font retraite. Si ces à derniers l'emportent sur les autres par le rang, l’âge | ou la considération , il faut leur donner la préférence, et vice versé. Cependant, quelque respectable que soit | la personne qui part, on est dispensé alors de la con- | | duire plus loin que la porte de l'appartement. La façon dont on reconduit ordinairement les vi- | | siteurs est. réglée d'une manière invariable. S'il doit | accompagner uvre dame, le maître de maison s'in-

| la dame jusqu’au bas de l'escalier, à moins que les de- | grès soient tellement étroits qu’on ne puisse aller deux | de front. Il n’est plus d'usage de donner la main aux | dames, on leur offre le bras.

cline, lui présente le bras droit replié , et guide ainsi

Lorsque deux dames sortent ensemble, c’est à la plus

laisser le maître du logis guider l’autre dame.

Ce nouvel usage ne change rien à l’ancienne bien- ”

séance qui veut que l’on donne, en descendant un es-

calier, le côté de la muraille à la dame qu'on accom-

pagne : communément on lui présente le bras droit,

mais à condition que la nécessité d’éviter de la placer vers la rampe, ne commande d'offrir le bras gauche. Si elle doit s’en retourner en voiture, on l’aidera poliment à y monter.

Ici, quelques conseils particuliers sont nécessaires. La politesse, loi constante d'éviter toute émotion pénible au gens, commande aux riches maîtres de maison une sévère altention sur leurs impressions et leurs habitudes, pour ne point blesser leurs visiteurs moins opulents. Ainsi, l’homme qui reconduit une dame dont la voiture numérotée se trouve parmi d’élégants équipages, ne doit pas sembler s’en apercevoir , mais redoubler au contraire d’empressement respectueux. Si les circonstances veulent qu’il conduise dans sa calèche une dame à un omnibus, quelle que soit la longueur de la course jusqu’au lieu où elle doit aller, la conduite à l’omnibus ne doit être qu’un prétexte ; car ce serait à la fois, pour un homme, un acte d’indélicatesse et d’incivilité, que de déposer ainsi une dame dans une voiture incommode et grossière, tandis qu’il resterait dans une voiture bien préférable. Nous prévoyons ce cas entre mille, laissant d’ailleurs aux inspirations de la courtoisie, à dicter ce qui est bien dans tous les cas. Nous ajouterons seulement qu’il appartient à la dame ainsi conduite, d'abréger la course, s’il se peut; qu'il

jeune, à la moins qualifiée, à se retirer en arrière età "

| faut, autant que possible, avoir une voiture en rapport ‘avec les habitudes des gens que l’on visite, et qu’élégant ou non, un Cabriolet ne convient pas à une dame. En province, on reconduit tous ou presque tous les

% visiteurs jusqu'à la porte de la rue, à moins que ceux-ci

ne soient des messieurs et qu’ils aient visité une dame. Celle-ci doit alors les accompagner comme on le fait | habituellement à Paris, c'est-à-dire jusqu’à l’entrée de l'appartement , ou jusqu’au palier. Les parisiens ajoutent à cet usage une aimable civilité : il maintiennent | la porte ouverte, et, debout sur le seuil ou sur le bord

{ de l'escalier, ils suivent des yeux la personne jusqu’à

ce qu'elle se soit retournée pour leur faire le dernier | salut d'adieu, ou pour les prier de rentrer.

| On ne pratique plus cette franche et bonne hospita- | lité de province, en vertu de laquelle, méme au fort de l'hiver, on engageait les gens à se rafraichir avec | de très-solides comestibles. Une telle proposition exci- | terait aujourd'hui la risée. On n'offre aux visiteurs que dans quatre circonstances : {0 pendant les grandes chaleurs, on invite à prendre un verre de sirop, un verre d’eau à la glace; 20 dans les visites ou réunions habituelles du soir, on sert de l’eau sucrée ou tout autre

4 rafraîchissement ; 30 si quelqu'un fait une lecture, on lui fait apporter un verre d’eau sucrée; 40 on | propose de l'eau de fleur d'oranger à une dame qui. se

trouve subitement indisposée. Ces cas exceptés, fon. ne | fait aucune proposition de ce genre. Si quelqu'un é- +. sire se rafraichir , il prie la maîtresse de la maison de. "

vouloir bien lui permettre de sonner. D’après l’afirn

| M a besoin,

tive, il demande au domestique qui se présente ce dont

pme

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