‹ Nouveau manuel complet de la distillation de la betterave, de la pomme de terre et des racines féculentes ou sucrées desquelles on peut extraire de l'alcool, telles queChapitre 10 sur 59 · VII. — Distilleries industrielles de betteraves · texte numérisé non relu

VII. — Distilleries industrielles de betteraves

Lorsqu'on traite plus de 100.000 kilogrammes de betteraves par jour, la distillerie n’est plus agricole mais véritablement industrielle, on emploie alors, pour l'extraction du jus, le procédé actuel de diffusion employé en sucrerie, On retire 133 parties de liquide pour 100 de betteraves, ce qui permet un épuisement complet de la pulpe et donne des jus à 8 degrés ou 5°1/2. Dans ce cas, on ne peut employer la vinasse, dont l'acidilé attaquerait la tôle des diffuseurs, et l’épuisement doit être fait à l’eau. Les jus sortant à 40° doivent être refroidis à :2 et acidulés à 2 p. 1,000 d’acide sulfurique avant d’être envoyés aux cuves de fermentation. Après avoir soumis les pulpes à la presse, il en reste 45 à 50 p. 100.

Dans ce système, on découpe la betterave en cossettes à l’aide du coupe-racines. Ces cossettes, dont la section est généralement triangulaire, sont chargées dans des vases tronconiques en tôle pouvant être fermés hermétiquement ; ces vases ou diffuseurs sont au nombre de dix à seize, le plus souvent douze, et constituent ce qu'on appelle une batterie de diffusion. Tous les diffuseurs communiquent entre eux par des tubes allant de la partie inférieure de l’un, qui est re-

Manuel de la Distillation. ]

couverte d’une tôle perforée, à la partie supérieure du suivant.

Les diffuseurs sont généralement placés en cerele et le coupe-racines est au centre, à l’étage Supérieur, d’où un conduit mobile peut amener les cossettes à la partie ! | supérieure de chacun des diffuseurs.

| Sur le passage du liquide d’un diffuseur au suivant | se trouve un réchauffeur tubulaire à vapeur, qui per- | met d'élever à volonté la température du liquide.

{ Voyons maintenant le fonctionnement d’une sem-

| blable batterie :

{ | Sur 12 diffuseurs, onze sont remplis de cossettes et

| un est en chargement.

| On fait arriver de l’eau à 40 degrés sur le diffuseur

4 le plus anciennement chargé, sous la pression d’une

atmosphère et demie, à l’aide d’un réservoir supérieur,

| surélevé de 15 mètres, ou d’une pompe. On emploie

IN | 25) litres d’eau pour 100 kilogrammes de cossettes.

| Les onze vases étant en communication, le liquide qui arrive sur ce dernier déplace successivement les liquides des vases intermédiaires, jusqu’au premier

| diffuseur qui vient d’être rempli de cossettes fraiches ; on fait sortir le jus de ce diffuseur et on lenvoie dans un réservoir. On extrait ainsi 135 litres de liquide par

100 kilogrammes de cossettes, chargées dans le pre-

(h: mier diffuseur. Les diffuseurs contiennent générale-

| | ment 1,000 à 2,000 kilogrammes de cossettes ; on re-

L tire donc 1,350 à 2,700 litres de jus.

| Pendant ce temps, le diffuseur qui était en charge-

ment se trouve rempli ; on isole de la batterie le plus anciennement chargé que lon vide par le bas, et on le { remplit. L'eau est alors mise sur le suivant comme ii À précédemment et vient finalement en contact des cossettes fraiches, d’où le jus se rend dans le réservoir.

Chaque opération dure dix minutes ; les tranches de | betteraves restent donc une heure cinquante minutes dans les diffuseurs. L'épuisement est basé sur les phénomènes d’osmose. Le liquide sucré qui se trouve dans les cellules de la betterave, trouvant de l’autre côlé des parois de la cellule un liquide moins riche en sucre, le sucre passe au travers de la paroi jusqu'à ce que la teneur en sucre des deux liquides soit la même. Les cellules se trouvant successivement, pendant les onze opérations de passage du liquide, en présence de jus de moins en moins riches, finissent par s’épuiser complètement.

| Pour que ces phénomènes d’osmose aient lieu rapi- | dement, il faut échauffer les cossettes à une tempéraiure déterminée, lu diffusion étant très faible à froid. | L'eau étant employée à 40 degrés, quand elle a passé sur le premier diffuseur on la réchauffe à 75 degrés avant de la faire arriver sur le suivant; la température se mainlient alors de 70 à 60 degrés dans tous les autres, et un réchauffe de nouveau le liquide à 75° avant de 1: faire arriver sur les cossettes fraiches du premier diffuseur.

Chaque diffuseur sert alternativement de dernier, puis de premier dans la série, c’est donc un épuisement méthodique.

Les eaux contenues dans le dernier diffuseur, que lon vide, sont rejetées, elles ne contiennent que 0,1 °/ de sucre ; les cossettes ne renferment que 0,3. On peut extraire ainsi 97 à 98°/, du sucre contenu dans la betterave.

Le moût sucré sort de la batterie de diffusion à 35 ou 40 degrés, on le refroidit en le faisant circuler dans un serpentin entouré d’eau froide; quand il est ramené à 22 degrés, on l’acidule et on met en fermen-

tation. On peut ainsi traiter de 100.000 à 200,000 kilogrammes de betteraves par jour.

On emploie aussi dans un grand nombre d'usines du nord de la France l'extraction du jus par râpagc de la betterave et pression à l'aide des presses continues.

On se sert des presses qui servaient autrefois en sucrerie, (Fig. 2, pl. 8.)

On ajoute 60 p. 100 de liquide de deuxième pression à la râpe et on obtient de 100 de betteraves, 135 de jus et 25 de pulpe. Cette pulpe, délayée dans un mélangeur avec de la vinasse, est pressée une seconde fois en ajoutant, avant la seconde pression, 60 pour 100 de vinasse du poids de la betterave ; on obtient donc environ 135 litres de liquide pour 100 de betterave. Si celle-ci était à 11 p. 1(0 de sucre, on aurait des jus à 3 degrés 1/2. L’épuisement est beaucoup plus complet qu'en sucrerie, où l’on ne peut pas ajouter autant de liquide à la seconde pression.

Les jus sont alors acidulés à 2 pour 1,000 et mis en fermentation à une température convenable.

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