‹ Nouveau manuel complet de la fabrication des collesChapitre 13 sur 75 · MATIÈRES · texte numérisé non relu

MATIÈRES

de

de glutine

dVau

à'ordre.

50 kilogram.

sur 100 parties

sur 100 parties

étrangères.

La première chose qui frappe dans ce tableau c'est que la quantité de glutine renfermée dans les colles analysées par M. Gracger est biealoin d'être proportionnelle au prix : ainsi dans les n os 9 et 10 par exemple, les quantités sont presque égales 71,65 et 70,40, et cependant les prix sont énormément différents (37" fr. et 59 fr. les 50 kilog.). Il y a aussi moins d'eau dans les sortes à plus bas prix ( 7,20 6/27 et 73,93), mais par contre on y rencontre plus de matières étrangères (22.54 22,08 et 15,68).

Quelques qualités les plus chères (n° 4 et 5) ont présenté une richesse en glutine (81 et 73,40) supérieure aux autres, et une quantité plus faible de matières étrangères (6,75 et 14,65); mais cette règle n'est pas générale, témoin les n°»6 et 7 qui ne renferment qu'une quantité très-faible de glutine (68,98 et 68,07) et beaucoup de matières étrangères (20,7* et 21,48). s

Quoi qu'il en soit de ces différences, nous croyons qu'oi peut admettre qu'une colle-forte offre une qualité d'autan , meilleure qu'elle renferme plus de glutine, moins d'eau e de matières étrangères, et que les prix du commerce devraiei être basés sur la proportion centésimale de cette glutine < non pas sur l'aspect ou quelques autres propriétés physique tout-à-fait trompeuses.

SECTION VI

. I. ' Echaudage des coUes-matières.

Dans une fabrication courante où Ton reçoit sans cesse des colles-matières fraîches, il n'est pas toujours possible de les employer immédiatement sous cet état. Il faut donc aviser au moyen de les conserver, et pour cela, on est obligé de les soumettre à un traitement qui prévienne ou arrête la fermentation putride à laquelle ces matières seraient inévitablement exposées au bout de très-peu de temps surtout dans les temps chauds et quand on les accumule en grandes masses.

On parvient à ce résultat au moyen d'un échaudage, c'està-dire en faisant tremper et macérer ces matières pendant 15 à 18 jours dans un lait de chaux préparé dans des cuves ou des fosses en maçonnerie et qu'on renouvelle plusieurs fois dans cet intervalle. Après cette macération les matières sont retirées des cuves à la chaux, étendues en plein sur des dallages, des aires, ou suspendues pour les faire égoutter, retournées plusieurs fois par jour avec des pelles ou des fourches pour hâter leur dessiccation, et enfin, quand elles sont parfaitement sèches, rentrées en magasin pour s'en servir à mesure des besoins et sans avoir à craindre leur détérioration par la fermentation.

La conservation des colles-matières fait souvent l'objet d'une industrie différente de celle de la fabrication de la colle-*forte. Cette industrie doit en effet être exercée dans des lieux loin des villes et des centres de population, elle a besoin de vastes locaux et de grandes étendues de terrain et enGn d'un matériel différent de celui du fabricant de colle-forte. Il y a aussi un autre avantage à cette division du travail, c'est que les frais de transport des matières ainsi desséchées se trouvent beaucoup réduits, qu'on peut les emballer et les transporter sur le lieu de fabrication des colles sans crainte d'y porter des germes d'insalubrité.

Le rôle du lait de chaux dans lequel on plonge les débris animaux s'explique en disant que la chaux sert à dissoudre le sang et quelques parties molles, qu'elle attaque l'épiderme et prédispose le tissu à se transformer plus facilement en gélatine ; tout cela est très-vraisemblable , mais aucune expérience directe n'est venue suivre pas à pas les transformations qui s'opèrent dans ce cas, et par conséquent nous de-

vons'nous contenter du fait industriel sans en chercher une explication chimique plus détaillée

Les colles-matfères ne sont souvent échaudées que pour pouvoir les conserver et les emballer, mais ce premier traitement par la chaux ne les débarrasse pas entièrement de quelques matières animales insolubles dans l'eau et qui s'opposeraient à la dissolution complète de la gélatine. En conséquence, le fabricant de colle-forte, avant d'employer ces matières échaudées, est dans l'habitude de compléter les effets indiqués en les immergeant de nouveau dans un lait de chaux faible.

Cette seconde immersion dans la chaux semble avoir une influence réelle sur les matières. En effet, il parait que la chaux facilite la dissolution de la matière gélatineuse et transforme en savon insoluble les parties grasses qu'elle renferme. Ce savon se sépare mieux des bains que les graisses, et la colle qui en résulte est ordinairement plus claire.» mais aussi plus sèche et plus cassante. Quand on veut des colles plus liantes on les fabrique avec des matières qui ne sont pas entièrement desséchées et qui renferment par conséquent encore de la chaux caustique, mais alors la graisse est plus difficile à en séparer sur les bains gélatineux ou dan s -les moules.

Ce nouveau traitement ou passage à la chaux a d'ailleurs un autre but, c'est de gonfler les matières qui doivent être parfaitement pénétrées d'eau dans toutes leurs parties avant de s'en servir, de les débarrasser ensuite par des rinçages répétés dans l'eau de quelques matières rendues solubles et de l'excès de chaux dont elles sont saturées et qui donnerait lieu à des embarras dans la fabrication, et enfin en les étendant sur des dallages en pierre ou sur des claies de transformer en. carbonate la chaux libre qui pourrait altérer la gélatine au moment de son extraction ou à la chaleur bouillante.

Les passages à la chaux se font en fabrique dans des baquets, des auges ou des cuves; les lavages, dans des paniers avec une eau abondante, ou même dans l'eau courante d'une rivière ou d'un ruisseau. Lorsqu'ils sont terminés et que les colles-matières ont pu, au bout de quelques jours sur les aires ou les dallages sur lesquels elles sont étendues, saturer en grande partie la chaux qu'elles renferment avec l'acide carbonique emprunté à l'air. Enfin, avant d'être complètement sèches , quand elles sont encore chargées d'une certaine quantité d'eau , souples et gonflées, on les porte à la chaudière d'extraction.

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