‹ Nouveau manuel complet de la fabrication des collesChapitre 21 sur 75 · XL MODES DIVERS DE FABRICATION DES COLLES · texte numérisé non relu

XL MODES DIVERS DE FABRICATION DES COLLES

Après avoir ainsi décrit les procédés vulgaires de la fabrication de la colle-forte ordinaire, nous allons passer en revue quelques moyens particuliers proposés récemment pour obtenir ce produit et qui ont presque tous été l'objet de brevets. C'est ainsi que nous parlerons de la cuisson de la colle dans le vide, de la fabrication par trituration des colles-matières, de celle par épuisement, par l'acide sulfureux, le chlore, etc. Quelques-uns de ces moyens sont des perfectionnements réels qui ont reçu des applications en grand , mais qui ne sont pas encore passés entièrement dans le domaine de la pratique ; c'est pourquoi nous nous contenterons d'en présenter la* description généralement d'après les inventeur eux-mêmes, sans être en mesure de nous prononcer sur leurs avantages ou leurs inconvénients.

A. Cuisson des matières dans le vide.

M. Capdeville, fabricant de colle £ la Glacière, près Paris, a proposé, en 1838, l'application à la fabrication des colles-fortes de la cuisson dans le vide. Cette application ingénieuse a mérité d'être accueillie, et voici commenWinventeur s'exprime à ce sujet dans son brevet.

* La cuisson des colles, opération qui dure ordinairement de 8 à 10 heures, est un obstacle à leur bonne qualité; l'action ainsi prolongée d'une température élevée les détériore et leur fait perdre d'autant plus de qualité, qu'elles » restent plus longtemps exposées à la température de l'ébullition à l'air libre. Pour remédier à cet inconvénient, la plupart des fabricants sont dans l'usage d'attendrir les matières destinées au chargement des chaudières, au moyen des laits de chaux épais, dans lesquels ils les font séjourner pendant plusieurs mois: ainsi préparées, ces matières, soumises à l'ébullition, fondent en quelques heures, et la colle, moins altérée, est plus belle et de meilleure qualité ; mais ce n'est qu'à grands frais que l'on a obtenu ce résultat, rendu plus onéreux encore par la perte que le séjour dans la chaux fait éprouver à ces matières en détruisant les parties nerveuses les plus tendres, et diminuant ainsi les résultats qu'elles peuvent produire.

» Pour éviter les inconvénients généralement appréciés du système actuel de cuisson, et les opérations onéreuses citées précédemment, on a reconnu que les appareils employés dans les raffineries de sucre, quel que soit le procédé mis en usage pour produire le vide, pouvaient s'applfquer avec

succès à la cuisson et à la concentration des colles-fortes et des gélatines, qu'au moyen du vide la température se trouvait continuellement maintenue bien au-dessous de celle nécessitée par les chaudières ordinaires, et qu'ainsi disparaissaient les causes de détérioration si nuisibles à cette fabrication par le système actuel.

» Cette invention consiste donc dans l'application, à la fabrication des colles-fortes et des gélatines, des procédés de cuisson et d'évaporation par le vide, employés dans diverses industries. »

B. Fabrication par la putréfaction et les acides.

Nous ne mentionnerons ici que pour mémoire un procédé Importé en France en 1839 par M. Piau-Dawling, de Bruxelles, d'abord parce que l'importateur n'est entré dans son brevet dans aucun détail et se contente de dire qu'il prépare la gélatine avec des rognures de peau au moyen de la putréfaction et de l'acide sulfurique, mais en outre parce que nous ne croyons pas que ce procédé ait reçu d'application.

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