I. Fabrication de la cotte brute avec les pieds de mouton
Une fois-détachés de la peau, on tire des pieds de mouton le grand os, aussi appelé quille, et L'on a soin de fendre en deux les pieds, sans néanmoins en séparer complètement les deux parties. Cette opération se fait pour que les parties 'intérieures puissent sécher plus facilement. On les plonge pendant 60 jours dans la chaux morte, autant que possible, c'est-à-dire de la chaux qui a déjà servi. Ce laps de temps écoulé, on les retire pour les jeter dans une autre cuve avec un* lait de chaux vive, dans lequel on les laisse mariner pendant huit jours. On les lave , on les ébourre, on les met tremper deux ou trois jours dans l'eau fraîche, puis on les fait sécher. Cette colle vaut de 30 à 34 francs les 100 kilogrammes.
Les déchets de parchemins, de cribles, de caisse de tambour, etc., n'ont pas besoin de préparation, attendu que les cuirs ont été mis suffisamment dans la chaux. Cette colle se vend ordinairement 60 francs les 100 kilogrammes.-
Comme les peaux fabriquées par les parcheminiers ont pour but de servir à faire des cribles, l'emporte-pièce détache beaucoup de perçures qui forment un déchet qui se nomme coUe de perçure. Les peaux de mouton donnent uns colle quivaut 60 francs les-100 kilogrammes, et la peau de porc 90 francs les 100 kilogrammes.
K. Cotte de pieds de veau, cotte de peaux de lapins, coUc j de gants, colle de parchemin, colle de peaux d'anguilles.
Toutes les colles animales dont il vient d'être question, | se préparent à peu près de la même manière, c'est-à-dir*| qu'on prend tantôt des pieds de veau, tantôt des rognure*
de peaux blanches de gants, celles de peaux d'agneaux, des peaux de lapins ou de lièvres , des rognures de parchemin ou des peaux d'anguilles qu'on fait bouillir dans l'eau dans un appareil convenable, jusqu'à la réduction à la consistance convenable. On laisse alors prendre en gelée dans des pots ou baquets. Il y a des industries qui donnent la préférence à ces sortes de colles molles comme mieux appropriées à leurs besoins. Celle de peaux d'anguilles a beaucoup de ténacité , et sert aux doreurs à fixer les feuilles d'or sur l'assiette qu'on lui a préparée.
Toutes ces colles peuvent très-bien se préparer dans des chaudières rondes à fonds bombés, et munies d'un robinet de vidange, d'un petit robinet sur le couvercle qui clôt hermétiquement pour le dégagement de l'air intérieur lorsqu'on chauffe, d'une soupape de sûreté et d'uu faux fond, et enfin d'un trou d'homme pour le chargement et pour enlever les résidus. Cette chaudière étant placée sur un foyer et dans une maçonnerie, on y introduit les matières renfermées dans un cylindre en toile métallique, ou simplement dans un sac en toile par le trou d'homme avec l'eau nécessaire, on remet et assujettit le tampon, puis on allume le feu. Les matières soumises à l'action de l'eau et de la vapeur qui s'en élève, se ramollissent et se dissolvent, et quand on juge que la solution gélatineuse a acquis la consistance nécessaire , on la colle en la recevant sur un tamis qui la laisse couler claire dans les pots ou les baquets. Si le marc n'est pas épuisé on recommence une opération en y ajoutant des matières fraîches; s'il est épuisé on l'évacué.
On voit, d'après tout ce que nous avons dit ci-dessus, que cette fabrication ne présente aucune difficulté et qu'on peut y appliquer tous les procédés et tous les perfectionnements que nous avons fait connaître. En résumé, les colles ainsi produites ne sont que des variétés des colles-fortes produites par la décoction des substances animales, et leur fabrication est soumise aux mêmes lois et conditions.