‹ Nouveau manuel complet de la fabrication des collesChapitre 24 sur 75 · X. MACHINE PROPRE A COUPER LA COLLE-FORTE ET AUTRES CORPS TENDRES · texte numérisé non relu

X. MACHINE PROPRE A COUPER LA COLLE-FORTE ET AUTRES CORPS TENDRES

H. Devoulx, fabricant de colle-forte à Marseille, a pris en 1823 un brevet d'invention pour une machine à couper la colle dont nous allons donner la description :

« La manière ordinaire de couper la colle-forte, dit l'inventeur, consiste à la diviser au moyen d'un couteau, ou à l'aide de fils de métal en diverses tranches ou tablettes que Ton enlève successivement.

En opérant de la sorte, on emploie beaucoup de temps et les feuilles n'ont pas la régularité que Ton obtient» avec la machine que nous allons décrire, qui en coupe simultanément un grand nombre avec beaucoup de promptitude.

Description de cette machine. — Elle est établie sur une planche ou table, au-dessus de laquelle sont fixés deux montants suffisamment écartés pour laisser passer entre eux un chariot où se trouve la colle destinée à être coupée en feuilles ou tablettes par des lames ou des fils de' métal tendus entre ces montants. *

Fig. 13. Elévation en perspective de cette machine avec son chariot, dont le dessus est relevé pour recevoir la colle à couper; les côtés sont supprimés dans cette figure pour mieux en laisser voir lts détails.

Fig. 14. Môme vue que la précédente , mais dans laquelle le chariot, dont le dessus est fermé, est placé entre les côtés fixes ; ce chariot contient déjà la colle qui doit être divisée et qui repose sur la palette.

Fig. 15. Même vue que les précédentes) représentant le moment où les fils ont passé à travers la colle qu'ils ont coupée.

Le morceau de colle fraîche que Ton veut diviser a la forme d'un parallélipipède au sortir des boites, où la colle a déjà acquis la consistance de gelée,

a, bâti en bois qui supporte la machine.

6, table fixée sur le bâti a.

c, d, deux montants assemblés sur la table 6, et entre lesquels sont fixés les fils de métal e, qui servent à couper la, colle.

f, chariot clans lequel se place la colle que l'on veut diviser en tablettes; les figures 16 et 17 le montrent en particulier.

g, fond du chariot.

h, derrière de ce même chariot, légèrement entaillé, dans les fentes duquel les lames en fils s'introduisent après leur passage à travers la colle, afin de pouvoir être assuré qu'elle est entièrement coupée.

t, dessus du chariot, s'ouvrant à charnière et se fixant par une clavette k, lorsqu'il est fermé ; ce dessus est adapté au derrière du chariot, et y est assujetti par une vis l, qui permet de le faire monter et descendre suivant la hauteur de Ja colle que Ton doit couper.

m, crémaillère fixée au chariot pour le faire marcher; elle reçoit le mouvement d'un pignon », dont l'axe porte une manivelle o.

Doux planches, dont une est placée de chaque côté du chariot, serrent à contenir la colle et à diriger le chariot dans sa marche.

Le chariot porte un fond mobile qui sert à retirer la colle après qu'elle a été coupée.

Manière de faire usage de cette machine. — Le morceau de colle en forme de parallélipipède étant placé, on imprime le mouvement à la manivelle ; alors, le chariot glisse sur la table ; dans sa marche la colle, en parvenant aux lames ou fils mécaniques par le seul côté où elle est à découvert,' éprouve une forte résistance occasionnée par leur rencontre ; cette colle, contre laquelle tous les fils ou lames agissent à Ja fois, cherche alors, à cause de son élasticité, à se raccourcir, à s'élargir et à se relever; mais, comme elle est contenue de tous les autres côtés, elle ne perd pas sa forme en avançant progressivement avec le chariot qui la contient, elle se trouve tranchée par les fils ou lames qui la divisent en feuilles ou tablettes. Lorsque le chariot a terminé sa course, on élève son fond mobile sur lequel se trouvent toutes les tablettes de colle.

On peut aussi faire mouvoir les côtés qui, dans ce cas, au lieu d'être fixés sur la table sont assujettis au chariot, comme le montre la figure 17. Ces côtés doivent alors être fendus dans toute leur longueur, pour laisser un libre passage aux lames ou fils.

Les. dimensions du chariot dépendent du volume du mor- •eau décolle ou d'autre corps tendre, tel que savon, etc., .que Ton veut couper. Ce morceau peut aussi être divisé, nonseulement horizontalement, comme on vient de le voir, mais on peut encore le trancher verticalement, çt en même temps, par une lame où fil vertical ; alors, les diverses pièces du chariot sont fendues au milieu, comme on le voit en p (fig. 16).

Le fond du chariot est également fendu.

Les pièces qui composent cette machine sont en bois de noyer ; cependant., il en est plusieurs qui pourraient être en cuivre sans inconvénient. »

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