‹ Nouveau manuel complet de la fabrication des collesChapitre 25 sur 75 · XI. MOYEN POUR SÉCHKR LA COLLE-FORTE ET TIRER PARTI DU RÉSIDU · texte numérisé non relu

XI. MOYEN POUR SÉCHKR LA COLLE-FORTE ET TIRER PARTI DU RÉSIDU

M. Mac Dougall a proposé, en 1847, de faire sécher la colleforte aq moyen de courants d'air sec qu'on a fait passer sur de l'acide sulfurique concentré ou sur du chlorure de calcium. Les chambres à dessiccation où l'on introduit la colle sont pourvues, par une extrémité, d'un canal pour produis

60 CHAPITRE n.

un tirage, l'air sec arrive par l'autre extrémité et frappe en passant la surface de la colle.

Le même a proposé aussi d'utiliser les résidus des fabricants de colle, qui consistent en chaux, acides gras, poils et autres matières animales et terreuses. Pour cela, il introduit ces résidus dans un vase, avec de l'eau, et agite jusqu'à ce. que le liquide prenne un aspect laiteux, après quoi il le décante. Il répète ces lavages jusqu'à ce que les eaux sortent incolores. On prend le reste, qui consiste en poils, os, sable, et on le remplace par des résidus frais et on recommence les lavages avec les eaux faibles. On laisse enfin reposer les divers liquides de lavage jusqu'à ce qu'ils déposent les matières suspendues, on décante et on traite le dépôt par l'acide chlorhydrique étendu , qu'on ajoute tant qu'il y a réaction alcaline, afin de séparer les acides gras de la chaux. Enfin, le sel de chaux et les matières grasses sont séparées comme à l'ordinaire.

Les produits utiles qui proviennent de ce mode de traitement des résidus sont de la bourre, des matières grasses et des sels calcaires, ces derniers sous une forme propre à servir à l'engrais des terres.

XII. PERFECTIONNEMENT A APPORTER DANS LA FABRICATION DE LA COLLE-FORTE.

Il y aurait assurément plusieurs perfectionnements à apporter aux procédés usuels pour fabriquer de la colle-forte avec les colles-matières ordinaires, et, sans nous étendre sur ce sujet que les progrès récents des arts chimiques peuvent rendre facile à traiter, nous dirons qu'on trouverait très-probablement des avantages notables, dans toutes les fabriques où l'on peut disposer à volonté d'un générateur, à traiter ces matières par la vapeur d'eau, à la pression de 100° ou un peu au-dessus, dans un appareil analogue à celui imaginé par D'Arcet pour préparer la gélatine avec les os, dont nous donnerons plus loin la description, ou tout autre du même genre adapté à ce service. Avec la vapeur d'eau on n'aurait nullement à craindre de colorer les produits par un coup de feu ou un contact direct; au contraire, on sait que cette vapeur détruit certains principes colorants d'origine végétale ou animale. On obtiendrait donc en plus grande abondance des produits de première qualité d'une quantité donnée de matières; ces produits auraient plus de ténacité, de pureté, exigeraient moins de combustible, se clarifieraient mieux, et enfin, même avec de basses matières, on retirerait plus de

colle marchande et il y aurait moins de résidus stériles, car la tapeur à une haute température dissoudrait dans ces matières des substances propres à donner de la gélatine et que l'ébullition seule ne suffit pas pour transformer en cette substance.

On pourrait aussi, dans le cas où Ton traite des matières qui renferment des cartilages et qui produisant par conséquent de la chondrine qui ne jouit pas des mêmes propriétés que la gélatine, précipiter après un certain temps d'ébullition la première par le sulfate d'alumine, l'alun, l'acétate de plomb ou le sulfate de fer qui sont sans action sur la gélatine, afin d'obtenir des solutions de celles-ci plus pures et plus tenaces. On pourrait ensuite recouvrer la chondrine pour la faire servir à préparer les gelées, mais ce sujet est encore trop obscur pour qu'on puisse rien prescrire de positif, et de nouvelles expériences sont nécessaires pour bien constater les propriétés des deux matières gélatineuses qu'on rencontre dans les débris du corps des animaux.

La dessiccation des colles-fortes est encore un sujet qui exigerait de nouvelles études pour être faite rapidement et comme il faut sans courir les risques qui rendent ce genre d'industrie chanceux et compromettent parfois les établissements. Il faudrait reprendre la question du séchage à l'étuvo en grand et chercher à disposer les appareils chauffeurs de telle façon qu'il y ait une température uniforme et constante dans tous les points de l'atelier, que la vapeur d'eau aussitôt formée soit entraînée au dehors, que l'élévation de la température soit graduée, que la dessiccation/ soit complète dans les produits d'une opération et simultanée, enfin il y a là le sujet de plusieurs questions de physique qu'il nous suffira d'indiquer dans ce Manuel pour engager les fabricants à chercher à les résoudre.

SECTION VII

Colle-forte extraite de§ oi.

Depuis bien longtemps on savait que Tes os des animaux sont composes de parties minérales et de parties organiques, • et parmi ces dernières figure en assez grande abondance la gélatine (1). Ce n'est cependant qu'assez récemment qu'on a

fi) D'après Beriélius et Marchand, lot parties organiques des os des anima» «lutte* ** éliront à enriron 83 à 34 pour 100, et celles minérales de Sf à 6T ponr 100, snr lesquels il y a plus de 59 ponr 100 de phosphate calcaire.

Fabricant de CoUes. 6

eu Fi<iée de soumettre les os qu'on recueille en si grande abondance dans les villes à des traitements particuliers pour en extraire de la colle-forte ou de la gélatine alimentaire. Les premières tentatives qui ont été faites pour cette extraction étaient nécessairement imparfaites, ainsi qu'on pourra en juger par la description du procédé d'un sieur J.-F. Boby, de Paris, qui en avait lait l'objet d'un brevet pris en son nom le 5 brumaire an II (1793), et ce n'est que lorsqu'on a attaqué les os par l'acide chlorhydrique ou par une haute température qu'on est enfin parvenu à cette extraction d'une manière à la fois complète et économique.

La quantité de colle que peuvent produire les os est trèsvariable suivant le genre des os et celui des animaux dont ils proviennent et selon leur âge. Les os plats et minces sont préférés aux autres os parce que leur traitement à l'acide est plus rapide; les os des jeunes animaux sont très-riches en gélatine et faciles à traiter; cependant les os longs des membres des moutons que l'on tue quelquefois dans un âge assez avancé sont recherchés, parce qu'ils donnent un beau produit. Les os de chevaux sont très-calcaires et donnent une colle fortement colorée; on en emploie le moins possible.

Il y a donc aujourd'hui deux procédés industriels pour fabriquer la colle-forte et la gélatine alimentaire avec les os et qui tous deux atteignent le but , mais dans l'un la gélatine reste comme résidu, et dans le second elle est entraînée en dissolution et la partie terreuse de l'os reste dans les appareils où on l'enlève pour servir à la fabrication du noir animal. Nous allons entrer dans les détails nécessaires a l'intelligence de ces diverses opérations, après avoir décrit pour mémoire un procédé par simple ébullition, le procédé de Boby.

I. PROCÉDÉS EMPLOYÉS PAR J.-F. BOBY, POUR FABRIQUER LA COLLE-FORTE PAR SIMPLE ÉBULLLITION DES OS.

Les os de toutes espèces d'animaux peuvent servir de base à cette colle. On les réduira en poudre fine dans des mortiers de fonte. Cette poudre est ensuite transportée dans une chaudière de cuivre, qui est emboîtée, jusqu'à la partie supérieure, dans un four en maçonnerie, et dont la base porte sur un lit de briques de peu d'épaisseur. La poudre mise dans la chaudière sera en quantité suffisante pour monter jusqu'à 16 centimètres du bord; on versera dessus de l'eau de rivière, de façon qu'il y ait au moins 5 centimètres d'eau au-dessus delà poudre.

Alors on fera du feu sous le lit de briques dont la chaleur

se communiquera bientôt à la chaudière et fera bouillir la

mélange sans risquer de le faire prendre au fond, ce que l'on

ne pourrait éviter si la flamme portait directement . sous la

chaudière.

Le mélange ayant bouilli 12 heures consécutives, on cesse le feu, et par le moyen d'une potence tournant sur un pivot, la chaudière est enlevée de dessus, son fourneau et conduite sur une plate-forme en briques, où on laisse la matière déposer pendant 4 heures.

Ce temps est suffisant pour que le mélange soit refroidi et clarifié ; alors, à l'aide d'une pompe aspirante, on sépare la liqueur qui surnage la poudre d'os qui s'est précipitée au fond.

Cette opération faite, la chaudière contenant la poudre d'os est replacée sur son fourneau rempli de nouvelle eau et mise de nouveau en ébullition pendant 12 heures!

La liqueur extraite précédemment de la chaudière est versée dans des bassines en cuivre évasées et peu profondes qui sont à demeure dans des fourneaux de briques faits convenablement; ensuite, à l'aide d'un feu modéré, la liqueur s'épaissit par l'évaporation.

La grande chaudière ayant bouilli pour la secondé fois, on cesse entièrement le feu, et le mélange est aussitôt vi rs6 dans des sacs de toile forte et serrée , qui sont soumis a la presse pour en extraire toute la liqueur qui se rend dans des baquets par des gouttières disposées autour du pressoir.

Ce liquide est réuni dans les bassines à celui de la première cuisson, tandis que la partie terreuse, restée dans les sacs après l'opération, est jetée comme inutile.

L'évaporation de la liqueur contenue dans les bassines se poursuit à un petit feu que l'on diminue par degrés.

Enfin, lorsque cette liqueur est réduite en consistance d'un sirop épais, on la coule dans le3 moule9 de fer -blanc qui ont sur toutes faces 49 centimètres, dans lesquels elle prend de la consistance en se refroidissant.

Pour sortir la colle du moule, on abat les quatre côtés qui sont à charnières et, avec des couteaux faits exprès, on divise la masse carrée par feuilles de 4 à 6 millimètres d'épaisseur ; ces feuilles sont déposées sur des filets à un courant d'air libre.

D faut 12 jours en été et trois semaines en hiver pour que

lacolle soit parfaitement sèche.

Ce procédé, ainsi qu'il est facile de le reconnaître, est

64 CHAPITRE n.

très-imparfait et est bien loin d'être suffisant pour extraire toute la gélatine que renferment les os, puisque l'eau bouillante n'enlève aux os que quelques centièmes de cette substance; il a en outre le désavantage d'exiger une force mécanique considérable pour broyer ou râper les os, de faire une grande consommation de combustible et d'entraîner ainsi dans de grandes dépenses. Il n'y aurait qu'une ébullition très-prolongée à 100° qui parviendrait ainsi à extraire une portion de la gélatine des os, ce qui indique que le procédé n'est pas manufacturier.

Page 1