‹ Nouveau manuel complet de la fabrication des collesChapitre 4 sur 75 · MATIÈRES GÉLATINEUSES · texte numérisé non relu

MATIÈRES GÉLATINEUSES

d'une douce chaleur et d'une quantité d'eau convenable on dissout aisément la gélatine. La dissolution limpide et incolore se prend par le refroidissement en une gelée transparente de consistance variable suivant le degré de concentration de la liqueur.

Les colles de la première qualité absorbent ainsi jusqu'à six fois leur poids d'eau sans se dissoudre et en prenant l'aspect et l'apparence d'une gelée. Les colles de commerce en absorbent environ trois fois leur poids, et celles de basse, qualité moins encore. Les colles solubles à froid doivent être rejetées.

La consistance de la gélatine, à quantité d'eau égale, varie avec la nature des tissus dont elle provient et l'âge des animaux. Celle qu'on extrait des os paraît être la plus tenace et la plus consistante. Celle qui provient à égalité de tissus des vieux animaux est plus ferme et plus tenace que celle des jeunes animaux.

Exposée à une température au dessus de 100°, la gélatine perd en partie la propriété de se prendre en gelée. Soumise pendant longtemps et à l'air libre à une température de 16° à 20°, sa dissolution s'altère, dégage de l'ammoniaque et finit par entrer en putréfaction. L'addition d'une certaine quantité d'acide acétique prévient cette décomposition sans altérer sensiblement les propriétés adhésives.

Pour acquérir ces propriétés adhésives, il faut que la gelée qu'on obtient des tissus animaux soit évaporée et la matière desséchée puis redissoute dans l'eau.

La gélatine se dissout a peine dans l'alcool auquel elle n'abandonne qu'un peu de matières grasses et de matières extrac tives. Elle est parfaitement insoluble dans l'éther et les huiles grasses ou volatiles.

La gélatine forme avec le chlore une matière glutineuse, d'un aspect particulier et jouissant de propriétés qui ont été étudiées avec soin, mais qui sont étrangères à notre sujet.

L'acide sulfurique concentra convertit la gélatine en sucre de gélatine, leucine, etc. L'acide azotique la transforme en acide oxalique. L'acide acétique concentré rend la gélatine ramollie, trapsparente et la dissout ensuite. Du reste, les acides n'empêchent pas cette substance de se prendre en gelée.

Les alcalis en dissolution étendue et l'ammoniaque, même concentrée^ ne lui enlèvent pas non plus la propriété de se prendre en gelée, mais troublent sa dissolution en y faisant naître un précipité de phosphate de chaux. La gélatine ra-

12 CHAPITRE n.

mollie se dissout à la température ordinaire dans une dissolution concentrée de potasse caustique en laissant un résidu blanc de ce phosphate. Les acides précipitent de cette dissolution une gélatine altérée. Bouillie avec la potasse caustique, elle dégage une grande quantité d'ammoniaque et est transformée en un mélange de sucre de gélatine et -de leucine. L'hydrate de chaux n'altère pas la dissolution de gélatine qui en dissout beaucoup.

La gélatine se combine avec plusieurs sels et dissout beaucoup de phosphate de chaux récemment précipité, ce qui fait qu'on en trouve souvent des quantités notables dans les colles-fortes du commerce.

L'alun ne précipite pas la gélatine ni à chaud ni à froid. Le sulfate de fer neutre n'est pas troublé par sa dissolution. Les acétates de plomb n'y déterminent aucun précipité, et il en est de même des dissolutions d'argent ou d'or.

Le tannin forme plusieurs combinaisons stables avec la gélatine, et c'est sur cette propriété qu'est fondé l'art du tanneur.

Analysée par M. Mulder, ce chimiste a trouvé que la gélatine avait pour composition :

Carbone 50.07

Hydrogène 6.25

Azote 19.32

Oxygène 24.26

Page 1