‹ Nouveau manuel complet de perspective, du dessinatuer et du peintre contenant les elements de geometrieChapitre 109 sur 126 · LUMIERE · texte numérisé non relu

LUMIERE

détache par un contour plus ferai# et une teinte moins indécise que ses .flancs et surtout que sa base.

On voit souvent aussi les contours supérieurs des lointains et les lignes prononcées qui les terminent, .se découper fièrement et avec une intensité de couleur qui résulte dans la nature de son opposition avec l'éclat éblouissant du ciel: il faut bien se garder de copier ces lointains avec toute leur âpreté , car c’est alors. surtout qu’il faut se souvenir de l’insuffisance de la palette pour rendre les teintes lumineuses du ciel, et calculer savamment les modifications que le ton moins éclatant du ciel peint doit apporter à la vigueur des lointains , afin de conserver sur le tableau l’harmonie et l’ensemble de la nature.

lumière . — Nous avons parlé de la nature et des propriétés physiques de la lumière , mais ce mot lumière se prend en peinture dans une acception différente, et l’on est convenu d’appeler dans un tableau lumière ou clairs ce qui est directement éclairé.

Dans les clairs , on distingue le point brillant ou les arêtes brillantes.

L’altération des couleurs et l’indécision des formes interdisent sévèrement les- détails étudiés pour un objet qui se voit de loin ; il faut réserver ces détails pour le devant du tableau , et ne s’occuper que de la sagesse des masses pour les fonds.

Quand un objet s’éloigne , ce qui s’efface d’abord , c’est le lustre de sa couleur, puis les points brillans , les arêtes brillantes , ensuite les clairs , enfin les ombres, et

4 28 TEINTURE

cet objet n’offre plus alors qu’une masse fortement enir preinte de la teinte bleuâtre de l’air.

Le malin, lorsque. le soleil s’élève aurdessus'de l’horizon ; la lumière et les ombres moins tranchées , contrastent moins sensiblement ; elles s’adoucissent par l’interposition des exhalaisons de la terre, dont les teintes aériennes, plus ou moins bleuâtres assombrissent la lumière et éclaircissent les ombres.

Les clairs’et les ombres décidés par le jour de l’ate- Jier , sont moins prononcés qu’en plein air , et n’ont cependant pas autant d’harmonie.

Le soleil peu élevé, au-dessus de l’horizon n’éclaire guère que la cime des objets qu’il dore ordinairement et qu’il teinte avec plus de fermeté que tout le reste; les masses d’ombre et de lumière sont également réparties le soir et le matin ; cependant le calme du matin se ressent déjà de l’agitation qui va lui succéder , tandis que le calme du soir «annonce au contraire la cessation du mouvement , le repos et la tranquillité , précurseurs du sommeil ; d’ailleurs la fraîcheur du matiu se distingue par sa nuance bleuâtre ou rosée , ou taqueuse , de la teinte sombre , rutilante ou vermillonnée de la chaleur du soir ; suivant les belles expressions du poète , c’est le dieu du jour qui sort radieux de la couche de Télhys, ou ce sont ses coursiers haletans qui se précipitent dans le sein des mers.

Il faut prendre garde d’outrer la dégradation de teintes pour un objet qui n’embrasse pas une très-grande étendue : l’édifice le plus vaste occupe rarement assez

Page 1