PRECIS HISTORIQUE ET IMPORTANCE
tecte Thibault dans l’introduction de son Traité de
Perspective , ouvrage posthume auquel nous continue-
rons à emprunter quelques details intéressans sur l’historique de la perspective; et nous n’avons jamais douté, -c’est le cas de le dire hautement ici, que ce membre estimable de l’Institut n’eut reconnu avec la même bonne foi, si l’ouvrage eût paru de son vivant , les nombreux emprunts qu’ii avait faits à notre Manuel de Perspective dont la première édition avait été publiée pn 1825, plus d’un an avant la mort de Thibault, décédé le 27 juin 1826. ■ * , ,
Sérapion que cite Pline , d’après Varon , faisait des tableaux qui couvraient la facç entière d’une maison, et il excellait surtout à peindre des scènes théâtrales. Suivant Pline, ce ne fut que sous Auguste, que Ludius imagina de décorer de peintures l’intérieur des vestibules et des appartemens. Ce même Ludius ornait.les extérieurs des maisons de peintures représentant des vues d’une grande étendue, dont les ruines et paysages antiques peints sur les murs de Pompéi ne sont sans doute que des copies, ainsi que l’observe Thibault qui cite Pausias de Sycione comme le premier qui peignit des objets eu . raccourci : effort admirable de l’art, s’écrie Pline , d’avoir osé représenter un corps saillant vu de face et non de profil, et d’avoir développé en apparence, sur une surface unie , des formes fuyantes et comme repliées sur elles-mêmes.
Après avoir cité les effets merveilleux de quelques
tableaux fort anciens , et notamment celui de Meneeée
représentant le siège de Thèbes ; ces effets, ajoute Philostrate , étaient produits par la perspective qui trompe ainsi les yeux par certains contours fuyans qui font paraître les objets plus ou moins éloignés. Aussi Socrate disait-il qu’il faut toujours se prémunir , contre les enchantemens de la dégradation perspective , de l’exactitude de la règle et de la mesure.
Ce n’est pas d’après les peintures des thermes, de Titus, ou d’après celles de Pompéi , d’Herculanum, qui ne sont que des restes informes et vraisemblablement de très faibles copies, qu’il faut juger la perspective des anciens ; car, ainsi que l’observe judicieusement Thibault , c’est comme si l’on appréciait un jour le talent de nos habiles peintres d’après certains papiers de tenture, §ur lesquels on voit de mauvaises pastiches de leurs tableaux.
Dans le Bas-Empire, à la décadence des Lettres et des Beaux-Arts, la perspeètive dut suivre le sort de la peinture et de l’architecture, pour reparaître avec elles à l’époque célèbre de la Renaissance. Onia retrouve en effet déjà au quinzième siècle, dans les tableaux de Paolo L’Ucello et de Massacio qui le surpassa. Mais le premier qui en donna des préceptes fut Pietro délia Francesca , peintre et géomètre, du bourg de Saint-Sépulcre. Il supposa un tableau transparent placé entre le spectateur et quelque objet , et il démontra que la trace des rayons étendus de l’œil aux extrémités visibles de cet objet , formait sur le tableau, en le traversant, une image semblable à l’objet même. An commencement du seizième