DEFINITION DK LA PERSPECTIVE
lève est plus’grand que celui qui embrasserait le terrains’il devenait horizontal , et celui-ci à son tour est plusgrand que l’angle visuel qubembrasse le terrain qui s’abaisse. #
On peut expliquer d’après les mêmes principes une multitude, d’autres illusions d’optique, qui se présentent • tous les jours à un observateur uu peu attentif- , et que • la perspective nous donnera constamment occasion de signaler. ... •
§ XI. Définition de la perspective; tableau-; panorama ; diorama ; choix de l’angle optique.
Définition. — La perspective a pour but de représenter sur une seule et même surface, Y ensemble et les
\ détails des objets que la nature répartit à distances iné-
* gales sur des surfaces variées à l’infini : il est , pour atteindre ce but , deux parties bien distinctes dans laperspective. L’une 'doit déterminer les contours appa^ rens des corps et. leurs positions respectives sur les différentes surfaces où ils se trouvent , l’autre doit saisir ta couleur même de ces objets, avec toutes les modifications que lui font subir et les accidens de la lumière
et les eouches plus ou moins épaisses d’air atmosphéri- , * . ► • que qui les séparent les uns des autres.
La premiere-est une science positive, où l’on est guiderigoureusement par les principes les plus simples de la géométrie ; c’est la perspective linéaire, sans laquelle onne peut être dessinateur.
La seconde , qui semblerait au premier abord peuvoic-
TABLEAU A SUBFACE PLAISE. - y3
s'obtenir d’une manière non moins rigoureuse , à l’aide
4e la géométrie et de la physique, constitue la perspective aérienne , sans laquelle on ne peut être peintre.
Tout le monde peut apprendre la perspective linéaire et la pratiquer ayec, une correction suffisante de dessin par un peu d’exercice ; mais il n’en, est pas jde même de
* la perspective aérienne; nul ne peut espérer en atteindre la magie des couleurs et la sublimité*, s’il n’est pas doué de cette sensibilité'exquise et de cette chaleur d’i- . magination , étincelles du feu sacré sans lequel il ne peut exister de véritable artiste. En un mot on peut ,
* à l’aide de, la perspective linéaire , produire de belles statues dont les formes seront pures et agréables , mais pour lesquelles la perspective aérienne ne cessera jamais d’être le souffle créateur de Prométhée.
Ce serait , au reste , pour le peintre comme pour le dessinateur , un grand tort de vouloir séparer l’étude de la perspective linéaire de celle de la perspective aérienne , c Ær elles se prêtent un mutuel appui ; et sans leur accord parfait , sans leur complète harmonie , il ne peut y a’voir vérité de nature dans un tableau. Telle est d’ailleurs l’influence des lignes perspectives sur la position , la forme et là grandeur des objets , qu’en général elles semblent corriger l’inexactitude des tons
perspectifs , tandis que la couleur ne peut racheter la « • v fausseté du dessin* ■
Tableau à surface plane. — Quand on opère , pour
. représenter la naturç, sur une surface sensiblement plane * . « ...
que l’on dispose ensuite pour un spectateur de manière
g4 • TABLEAU A SURFACE COURUE.
que son œil puisse l’embrasser aussi facilement du premier coup, que l’œil du peintre embrassait le terrain donj elle est l’image, ou obtient un plan perspectif , ou tableau ordinaire : on comprend dès-lors que l’illusion du tableau dépend , en grande partie , de la. position du spectateur. . . . * ,
* ^ # Dans les. décorations des théâtres , la toile de fond
est un tableau à surface plane , mais on ajoute à l’illusion par une série d’autres tableaux peints sur des coulisses placées à distance convenable pour former des plans intermédiaires dont la scène est le premier plan. La disposition des lumières daqs les coulisses , et la varia- * lion de couleur de ces lumières , peut encore augmenter l’effet de l’ensemble.' • •
Tableau à surface courbe, Panorama , Diorama .' — Si •au lieu d’ètre à surface plane , le tableau est à surface courbe , comme une coupole , une niche , alors cette courbure de la surface doit se combiner perspectivement pour l’illusion ; si l’op emploie une surface cylindrique dont on entoure le spectateur qu’on place ensuite sur l’axe de ce cylindre , c’est un panorama que l’on crée , tableau magique dont le spectateur est environné , comme le peintre l’était de la nature. L’illusion prodigieuse du panorama n’a rien de comparable , Si ce n’est celle du diorama , peinture en partie animée , dans làquelle on obtient, par des moyens mécaniques et un
mode particulier d’éclairage , un ciel-en quelque sorte
mobile, avec les modifications de J ornière et d’ombre .
qu’apportent, dans la nature, la marche imposante,
. • CHOIX DE I.’aITGXE OPTIQUE. 95
régulière des astres, et la course vagabonde des nuages.
Il es't à remarquer que l’illusion du panorama, comme celle du diorama , provient surtout de la distance fixe où le spectateur est tenu de la peinture , testant en quel-
que Sorte isolé au point de vue le plus favorable au tableau , de la même manière que le peintre a dû se placer pour copier la natufe. Nous reviendrons d’ailleurs .
sur cette observation , qui doit faire seulement ici près-
sentir à l’artiste , toute l’importance du choix de la distance et decelui dû point /le vue, dont, nous alloûs nous * occuper dans le paragraphe suivant. .
. Choix de l’angle optique. ' — Pour obtenir un plan perspectif, le peintre travaille sous un seul angle optique. qui doit rester unique et invariable jusqu’à l’entière confection du tableau. Pour obtenir une surface cylin- , ‘deique perspective , il opère successivement sous un grand nombre d’aitgles optiques dont tous les sommets sont au centre de la nature qui l’environne , et ce centre seul reste invariable jusqu’à l’entier achèvement "du panorama ; bien entendu cependant que chacun de ces angles optiques est invariable lui-même , pendant toute la durée de la représentation du terrain qu’il embrasse .
Chaque individu , suivant la conformation particulière “de son œil, peut se servir d’un angle optique plus ou moins grand ; il existe d’ailleurs des objets dont l’ensemble s’embrasse plus facilement sous un angle que sous tout autre i ainsi l’on ne peut pas , d’une manière positive et invariable , fixer l’angle optique sous lequel le peintre devra opérer pour donner du charme à ses
g6 TLAN PERSPECTIF.
tableaux ou à ses panoramas ; c’est à la nature f *-et au goût de l’artiste , qui doit toujours la prendre poiir modèle, à en décider : il est bon d’observer toutefois, que l’angle optique Je moins aigu possible est rarement plus grand que la moitié d’un angle droite et. qu’il n’en peut presque jamais excéder les deux tiers.
§ XII. Plan perspectif ; ligne d’horizon réelle ,
FICTIVE j^CHOIX DE l’hORIZON* POINT DE VUE ; TOINT . ' ‘ principal; ligne de terre;* point de distance;