LIGNES PERSPECTIVES
- de la nature, diversement inclinées par rapport au plan du tableau , pourvu. qu’elles soient dans les plans horizontaux ou verticaux , vont concourir en des points accidentels qu’on appelle aussi évanouissons ou de fuite y et dont l’inclinaison de ces lignes* déterhiine la position sur la ligne d’horizon du tableau.
Surfaces horizontales , niveau des eaux. — Nous avons
vu,§X, qu’une surface plane horizontale paraissait
s'élever pu s’abaisser en s’éloignant , suivant qu’elle se
trouvait au-dessous ou bien au-dessus de l’œil dü spec- '
tateur ; mais quand elle se trouve juste à hauteur de
l’Oeil , elle est exprimée sur le tableau par une droite
horizontale de niveau avec la ligue d’horizon qui ter- * * * mine cette surface.
La surface de l’eau tranquille offre souvent, dans la
nature, cette planimétrie horizontale que les poètes ont
Lien caractérisées, en donnant à la mer le nom de plaine *
liquide. Mais quand le niveau des eaux ne s’étend pas à
perte de vue; dans une rivière, par exemple, dont le
• 0 cours et les bords ne sont pas exactement parallèles à
l’horizon , il faut , pour que ses eaux paraissent de niveau dans le tableau , que les lignes inclinées qui déter-
minent les bords opposés , aillent constamment concourir sur l’horizon , une horizontale marquant chaque fois le changement de direction de*son cours.
Plans inclinés , horizons rationnels. — Un plan incliné un horizon plus ou moins élevé suivant son inclinaison , est toujours différent de l’horizon réel ou fictif des plans horizontaux ou verticaux.
1X8 TRACÉS PERSPECTIFS
. C’est ainsi que l’inclinaison de certaines rampes paraît en opposition, dans la nature, avec la perspective générale des autres plans , fuyant tous à un même horizon qui n’est pas celui de cette inclinaison.
On nomme horizons rationnels ces horizons des plans inclinés , et leur position dans le tableau dépend de l’inclinaison des plans ; mais toutes les lignes qui se trouvent dans un même plan incliné ont invariablement pour horizon l’horizon rationnel de ce plan..
Ces principes généraux , qu'il nous a bien fallu établir avant tout , paraîtront peut-être au premier abord , un peu abstraits au peintre qui n'est pas encore familiaris é avec la concision de la langue géométrique ; mais à mesure que les tracés perspectifs lui en développeront les applications continuelles , il les comprendra de mieux en mieux, et il s’en fern des jalons .utiles que sa mé- ' moire ■ retiendra de manière à ne jamais oublier de les placer au besoin. ,
• § XV. TRACÉS PERSPECTIFS DES LICITES DROITES PARALLÈ- LES OO PERPENDICULAIRES A LA BASE DU TABLEAU.
Vues de front. — On dit. qu’une vue est de front ou de face , lorsque la face principale dû bâtiment est parallèle au plan du tableau. Les édifices* et même les fabriques étant généralement élevés d’une manière régulière , et sur des plans rectangulaires , c’est presque toujours ainsi qu’on les présente dans les tableaux d’his- * toire , nous donnerons donc d’abord les moyens de mettre en perspective des édifices rectangulaires.
VITES »K FROXT.
Les grands maîtres ont ordinairement choisi des vues de front dans les tableaux d’histoire du premier ordre , afin d’en rendre l’ordonnance plus sévère , l’ensemble plus imposant , et de ne pas attirer Nced sur les accessoires au détriment du sujet principal. Mais les paysagistes ayant à représenter la nature sous l’aspect le plus pittoresque, ne doivent pas se borner à des vues de front , ni même à des édifices rectangulaires ; aussi donnerons-nous avec beaucoup de détails , en traitant des 'vues accidentelles , tous les moyens de 'déterminer sous un aspect quelconque toon seulement les angles droits des édifices réguliers , mais encore les angles aigus ou obtus des fabriques les plus irrégulières.
Une opération en quelque sorte préliminaire de tout tracé perspectif est celle d’indiquer la droite horizontale qui représente la ligne d’horizon , de marquer sur cetto ligne le -point principal , et*de mener par ce point une verticale qui se nomme la 'verticale du tableau.
PROUfeR TRACÉ.
Sur une droite donnée, parallèle à la base du tableau , '
tracer un carré perspectif.
Soit AB , (fig. 48) la ligne donnée ; le point principal P est donné (1) , ainsi que la distance PD, de l’œil du spectateur au tableau. »
(1) Nom aurons loin de déligner exactement les mêmes points par les mêmes lettres , afin d’ériter des répétitions et des recherches innlilcs. Ainsi P désignera toujours le point principal , F on point de fuite, D le point de distance , etc.
lao TRACÉS PERSPECTIFS.
Cela posé , ou joint les extrémités A et B de la droite donnée avec le point principal P ; les droites AP et 1>P sont les directions des côtés du carré perpendiculaire au plan du tableau (i) : joignant AD , et par le point E , où cette droite coupe BP , menant la droite EC parallèle géomélrale à AB , ABCE est le carré perspectif
demandé ; sa diagonale AE prolongée rencontre l’hori- * • ♦ zdn au point de distance'D ( 2 ).
Les droites AB , CE , sont les apparences perspectives des côtés du carré parallèles à la base du tableau , et les droites BE, AC , sont le/ apparences perspectives des côtés du même carré , perpendiculaires au plan du tableau.
On remarquera , dans ce tracé , que les apparences
AB, BE t des côtés géométriquement égaux d’un même
carré , sont inégales perspectivement. Cette inégalité * varie avec la distance ; car si D devient D’, AB ne varie pas , et BE devient BE’ ; l’apparence du même carré est donc ABE’C’ ou ABEC , suivant que le point.de distance est D’ ou D.
On voit de suite ici combien le choix du point de distance est important, et le peintre s’exercera , en faisant varier la distance , à tracer différens carrés perspectifs
(1) Puisque tes apparences des lignes de la nature perpendiculaires au plan du tableau vont concourir toutes au point principalpage 116.
(s) Il en doit être ainsi puisque les apparences des lignes de la nature, inclinés de 5 o°(ou la moitié d'un angle droit) par rapport au plan du tableau , concourent toutes au point de distance, page ii6.
CARRÉS PERSPECTIFS. 121
qui lui montreront quelles déformations peuvent résulter #
d’un mauvais choix du point de distance.
Nous avons ici laissé le point de distance D hors • •
du tableau , afin que ce premier tracé n’offrit aucune difficulté; nous allons donner dans le suivant , les qaoyens de se servir du point de distance D en le .ramenant toujours sur la ligne d’horizon limitée par le cadre du tableau. '