‹ Nouveau manuel complet des expertsChapitre 160 sur 259 · Des pâturages · texte numérisé non relu

Des pâturages

171. — Dans l'estimation des prairies naturelles, les experts doivent principalement faire attention à leur situation ; si elle en rend l'irrigation plus ou moins facile; à la quantité de foin qu'elles produisent, année ordinaire, par hectare ou par are, ou par toute autre mesure; à la qualité du foin, qui lui donne plus ou moins de prix, et lui fait obtenir la préférence dans les marchés; au nombre d'arbres qui peuvent y être plantés, et en augmenter la valeur ; à la dépense d'engrais ou de terrage , suivant l'usage du pays; à celle du curement des fossés et de l'irrigation, lors-

FIXATION DÉ LA VALEUR DES BIENS-FONDS. SlQ

qu'elles en sont susceptibles; aux frais de récolte, fauchage, fanage et bottelage ; au prix de la location, si elles sont affermées ; et enfin au prix commun du foin dans l'endroit où elles sont situées.

172. — Quant aux pâturages , pacagés ou herbages y l'estimation ne peut pas s'en faire de la même manière.

On donne ces noms aux terres gazonnées , destinées à l'entretien des bestiaux.

Leur prix dépend du nombre des bestiaux que l'on y met annuellement, et de la rétribution payée par chaque tête d'animal. Ces pacages sont connus sous le nom de montagnes , de vacheries et de chalets , dans le département du Puy-de-Dôme , au Montd'Or , etc. Il est d'usage d'exprimer leur étendue , dans ce département, par le nombre de têtes d'herbage. Ainsi, par exemple, si je vous vends une montagne ou vacherie de cinquante tètes d'herbage , c'est comme si je disais : L'étendue de la vacherie que je vous vends fournit à l'entretien de cinquante vaches. Il serait même quelquefois impossible d'exprimer dans les actes la contenance des vacheries par hectares ou par ares, à cause de leur situation, qui en rend l'arpentage très-difficile : aussi ne le fait-on que rarement. En cas de dispute sur la contenance, les experts arbitrent l'étendue nécessaire à chaque tête d'herbage. Comme les herbages ou montagnes diffèrent en bonté, ils diffèrent également en valeur. Deux voisins peuvent avoir un même nombre de vaches et une même quantité de terrain , et cependant l'herbage de l'un valoir beaucoup plus que celui de l'autre, parce que l'un ne produisant que très-peu d'herbe , ^ou de l'herbe de mauvaise qualité , les vaches qu'il nourrit rendent moins de lait, et sont par conséquent d'un moindre produit que celles de l'her- ,bage voisin, qui, étant mieux nourries, produisent plus de lait.

Ainsi, pour estimer une montagne , il ne suffit pas de connaître le nombre des vaches que Ton y entretient , il faut encore connaître la qualité du pâturage et la quantité de lait, de beurre et de fromage que donnent les vaches pendant qu'elles sont nourries sur cet herbage.

Les experts doivent aussi faire attention que les vaches ne sont nourries que pendant quatre ou cin([ mois, plus ou moins, à la montagne, et qu'elles demeurent pendant les six ou sept autres mois, plus ou moins, dans les plaines ou dans les étables, et qu'ainsi les montagnes ont plus ou moins de valeur , suivant que l'on y peut faire pâturer les vaches pendant plus ou moins de temps.

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