CHAPITRE V
Des i/istrumeus de propreté.
Ce chapitre est consacre aux instruincns destinés à entretenir la propreté' dans les jardins , vergers et autres plantations. Dans le nombre sont les latissoircs à roue, qui toutes peuvent présenter un avantage auquel on n a pas encore assez, réfléchi , celui de pouvoir servira la fois de ratissoirc et de houe. Il ne s’agit, pour en tirer ce double service, que de substituer une houette à la place de la lame de la ratissoirc, ce qui peut se faire aisément et à volonté an moyen de vis à boulons.
Ces instrumens deviendraient alors trcs-commodes pour biner dans les jardins maraiebers ou dans les petites cultures, les pois, haricots, fèves , maïs, et autres plantes qui se sèment en lignes.
Dans la planche j > , nous avons figuré des arrachoirs , dont celui de la fig. t n’est en usage qti’cn Angleterre , et dont les deux autres sont trop rarement employés en France. Ils offrent cependant un très-grand avantage sous les rapports économiques du temps et de la main-d’œuvre Telle souche de vigne ou autre qu’un ouvrier ne peut arracher à la pioche qu’en une heure de temps, le sera en dix minutes au moyen de l’arrachoir, Cg. a.
Une chose encore très-remarquable , c’est que la pince que j’y ai adaptée, connue depuis la plus liante antiquité , n’est plus en usage chez nous, quoiqu’elle n’ait été remplacée par aucun autre instrument. Nos architectes modernes en auraient-ils perdu le souvenir, quand ils voient encore son empreinte sur les pierres de taille de ces monument grecs et romains dont ils vout admirer les restes à plusieurs centaines de lieues de leur patrie ?
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PLANCHE 51 f.
Emoitssoirs et Ilatissoires.
! . Einottssoir à deux manches. Cet instrument , furt utile pour l'entretien des arbres fruitiers, ainsi que les trois suivnns, est de l'invention de M. Noisette. 11 consiste en une lame, ayant ordinairement de 7 à 8 pouces de longueur, sur 2 pouces G lignes dans sa plus grande largeur, a , h , et 18 lignes vers le milieu , où elle est étroite. D’un côte’ elle est munie de petites dents mousses et très-fines, de l’autre d’un taillant émoussé. Dans l' établissement de M. Noisette on emploie cet instrument à enlever de dessus le tronc des vieux arbres , les mousses , lichens et champignons parasites , ainsi que les écorces mortes et carbonisées. On en a , ainsi que des trois suivans , de différentes grandeurs , scion les différentes grosseurs des arbres à soigner.
•i. Einottssoir à talon. On l’emploie pour émousser les grosses branches. Le talon a sert à nettoyer dans les aisselles et les bifurcations des branches. On peut donner à sa lame 5 pouces de longueur , d’o en b , sur 3 pouces G lignes dans sa plus grande largeur.
3. Einottssoir en crochet. Il sert à nettoyer les arbres en espalier, et la courbure de sa lame permet de le passer aisément entre les branches et le mur. 11 se fait dans les mêmes proportions que le précédent.
4. Êmoitssoir à deux pointes. 11 est utile pour les arbres très-rameux. Sa lame a 7 pouces de longueur d'une pointe à l’autre , et 3 pouces de largeur au milieu.
5. Ratissoire à pousser. Sa lame a 14 pouces de longueur, sur 4 de largeur ; elle est assez épaisse du sommet |x>ur avoir une grande solidité , et le taillant est acéré comme celui d’une bêche. Le manche a de 5 à G pieds de longueur. On se sert de cet instrument pour ratisser les allées de jardin et couper les herbes qui pourraient y croître. Il est employé dans les environs de Lyon.
6. Demoiselle à deux manettes. Cet instrument consiste en un billot de bois a, très-uni sur l’aire de sa coupe inférieure b. Sa grandeur doit être calculée sur la force de celui qui remploie, mais on lui donne ordinairement i3 ponces de diamètre à la base b, S ou 9 au sommet c, et 18 pouces de hauteur de b en c. Le manche d a ■> pieds de longueur. La
première manette e est à a pieds de terre , et la seconde f, 8 pouces plus haut. On se sert de la demoiselle pour battre et consolider la terre des allées d’nn jardin ou d’une aire à battre le blé. L’ouvrier saisit la manette e de la main droite , la manette / de la main gauche ; il soulève l’instrument et le laisse retomber lourdement sur le sol , qui est affaissé par le poids. En un mot, il l'emploie comme on fait de la demoiselle des paveurs.
7. Demoiselle à une seule manette. Celle-ci s’emploie aux mêmes usages et se construit dans les mêmes proportions ; seulement , n’ayant qu’une manette, a, a, celle-ci , pour la commodité de l’ouvrier, doit être à 3a pouces de hauteur, mesurée de c en a.
PLANCHE 40e.
Ravales et rôtissoires.
i . Ravale en caisson. En Suède , et dans plusieurs autres contrées du nord de l'Europe, on se sert de cet instrument pour égaliser la surface du sol en enlevant la terre des parties élevées et la transportant dans des endroits creux.
lin fond de plauctic est garni sur le devant , en a, d’une lame de fer tranchante , propre à couper la terre. Les côtés et le derrière sont en planches solidement assemblées, et maintenues par des liens de fer. L'n manche b, qui traverse la planche de derrière et va se fixer sur le fond, sert à diriger l'instrument. 11 est tiré par un cheval attaché à un palonnicr, d, qui tient à deux chaînes attachées sur les côtés, c, c. Lorsque la caisse est pleine de terre, l’ouvrier, en appuyant sur le manche, lait lever le devant, de manière à ce que la laine u’altaque plus le sol, et il la transporte ainsi dans les endroits où il en manque.
‘i. Ravale carrée. La lame de fer, c, a -jti pouces de longueur, mais le fond , a , n’en a que a i . Ce dernier n’a que G pouces de hauteur; les côtés ont an pouces de longueur. Le manche, d, a i \ pouces de longueur; il est percé d’une mortaise qui sert à placer un mancheron pour guider l’instrument, qui est tiré par un cheval, comme le précédent, et qui sert aux mêmes usages en Espagne , dans les environs de Valence.
3. Ravale oblongue. On l'emploie dans les environs de Valence pour les mêmes travaux que les deux précédentes, dont elle ne difïcrc que par la forme. Elle a 4 pieds de longueur et îo pouces de largeur. Son grand rebord a 3 pouces G lignes de hauteur. Le manche a ■ 3 pouces de longueur en dehors, et 5 pouces dans sa plus grande largeur.
4- Échardonnoir. Cette pièce en bois a 4 pieds 6 pouces de longueur , non compris la partie dentelée, qui a sept pouces. On s’en sert pour saisir les chardons à fleur de terre, et les arracher sans rompre leurs racines.
5. Tracoirà cheval. Il consiste en un châssis en bois , a, a, muni d’un brancard, b , pour atteler un cheval. La queue , c , se compose dedetix manches réunis par deux traverses et consolidés par une tringle de fer, c. Le côté postérieur du châssis est armé de quatre dents de fer, que l'on rap-
proche ou éloigné à volonté au moyen de diffère ni irons dont celle raversc est percée.
Cet instrument est trcs-commode lorsque l’on veut planter ou semer des végétaux à des distances égales, soit en échiquier, soit en quinconce. Après avoir tracé dans le champ les lignes parallèles, on en trace d’autres en travers, obliquement pour le quinconce, perpendiculairement pour l’échiquier , et les points dé section de chaque ligne indiquent la place où il but semer ou planter.
6. Rabot à allées. 11 consiste simplement en un morceau de planche assujétie au bout d’un manche de 5 pieds. On s’en sert dans les jardins pour unir les allées sablées.
y. Batle-gazon. C’est un morceau de bois de 6 pouces G lignes, non compris la poignée, large de 4 ponces cl épais de 3. La poignée a 4 ou 5 pourrs de longueur. On s’en sert pour affermir les plaques de gazon que l’on dispose en bancs de verdure.
8. Balte à manche. Le morceau de bois dont elle est faite a 1 3 pouces de longueur, y ponces de largeur et 3 d’cpaisscur. I.c manche est incliné; il a 3 pieds de longueur. On emploie cet instrument pour battre les allées de jardin, les aires de grange , etc.
f). Rôtissoire à deux lames. Cet instrument, de l’invention de MM. Amheiler et Petit , ne diflërc des ratissoires des planches 3<j et 4t que parce qu’on peut s’en servir en poussant, an moyen de la laine b, et en tirant au moyen de la lame a.