DES JEUX DE CARTES
Les jedX de cartes sont un des plus agréables amusements de société, surtout quand Us sont exécutés par des personnes qui allient à beaucoup de dextérité une grande facilité ou présence d’esprit pour occuper agréablement les spectateurs, afin qu’ils puissent le suivre continuellement de l'œil, quand il prépare ses tours. Les jeux des cartes s'opèrent :
i° A l’aide d’un compère ;
a° Par les faux mélanges ;
3® En faisant sauter la coupe ;
4° Au moyen de cartes diversement préparées ;
5° Au moyen de boîtes, coffres, portefeuilles, œufs, etc., préparés ;
6 •» Au moyen de l’aimant ;
7° Par les nombres.
Outre les amusements auxquels les cartes donnent lieu, bien des gens croient y trouver aussi une foule d’emblèmes. L’on connaît l’anecdote de ce soldat qui se servait d’un jeu de cartes au lieu d’un livre de prières, et qui, réprimandé par ses chefs, répondit qu'il trouvait dans trois rois la sainte Trinité ; dans les quatre valets, les quatre évangélistes, etc. D’autres croient pouvoir y tirer l’avenir; d’après cette opinion, chaque carte aurait la propriété d’annoncer un fait diffé- Tent, présent et même futur. La connaissance de ces diverses propriétés constitue l’art de faire ou tirer les cartes, dans lequel, de nos jours. Moreau et mesdemoiselles Le Normand et Acher se sont rendus célèbres. Avant de faire connaître sur quoi repose, en grande partie, leur science, nous allons exposer les moyens de faire les faux mélauges, de taire sauter la coupe, et de préparer les cartes.
Des faux mélanges.
On connaît plusieurs faux mélanges; le plus curieux est le suivant : on présente un jeu de cartes aux spectateurs, et on )es prie de les bien mêler ; lorsque deux ou trois les ont bien
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battues, on demande le jeu et en le prenant on regarde adroitement ta carte qui est dessous. On mêle alors sur pouce, et aux deux, trois ou, quatre dernières cartes, on les porte audessns, de manière que la carte que l’on a vue, et qu’on sait être la 2e, la 3e ou la 4e carte, étant connue, on peut pratiquer ainsi une foule de tours très-curieux. Nous nous bornerons à indiquer les suivants.
Carte reconnue à Codeur.
Après avoir fait le faux mélange indiqué, on prie une personne de couper ; on laisse les deux tas sur la table; on en prie une autre de prendre u.ue carte du dessus de l'un des tas, et l’on en fait prendre nue autre de dessus l’autre tas, ainsi de suite jusqu’à ce que la carte que vous connaissez soit audessus d’un des tas; ainsi» si elle a été placée la seconde, il faut faire tirer, par deux personnes, une carte chacune, l’que du dessus d’un tas, et l’autre du dessus de l’autre ; si elle p. été placée la 3e, on fait tirer deux cartes du dessus de chacun des tas, par quatre personnes différentes, en p’en laissant tirer qu’une par chacune ; si elle a été placée |r 4e» la 5e, la 6e» etc.; ou fait tirer 3, 4> 5 cartes, etc., de chaque tas, de la manière indiquée. Cela fait, ou demande aux personnes le nombre de points que donne la réunion de toutes çes cartes, en donnant aux figbres la valeur de io, et aux as celle de i on de 1 1 ; quand on coupait la somme totale des points, ce qui U est qu’une formalité propre A rendre le touf plus curieux, ou sent la carte connue qui est sous le tas, et on dit à une autre personne de la prendre en la désignant pour compléter (e nombre des points que celte carte peut compléter. Ainsi, en supposant que ce soit uu as de cœur, de pique, çtç„ et que l’on ait pria quatre cartes qui donnent 29 points, l’on dit ; pour faire 4a points, prenez cette carte qui est l’as de pique. Si cette cafte est uue figure on un 10, ou bien un 9, un fi ou un 7, on dit pour faire 3g, 33, 37 ou 36, prene? cette figure, ce tp, ce 9, pe 8 on ce 7 de cœur, de pique, de carreau ou de trèfle, suivant ce qu’est cette carte.
Faire deoincr par une personne une des deux caries prises par deux autres personnes.
On exécute ce faux mélange de manière à faire monter la carte vue sur le jeu ; on coupe et on laisse les deux, las sur la table ; on fait prendre par deux personnes la ppçfnièra car ta da chacun de# deu$ tas, et l’on pr»a usa troisième pamuas
itOŸEff DE FAIRE SAÜTËR LA COÜPË. - 3 1 3
dé désigner ta carte qu’elle veut ; si c’est celle que l'on connaît, oti' fin dit de la regarder et de la mêler dans le jeu ; si c’est celle qu’on ne connaît pas, on la met de côté ou dans le jeu, et' pour lors on prie la compagnie de regarder cette carte qu'on va nommer à l’oreilte d’une personne : cela fait, on la fait mettre dans le jeu, et après que les cartes ont été bien mêlées, on va les faire sentir à ta personne à qui on a été la nommer à l’oreîtîe, qui ne manque pas de designer ainsi, à coup sûr, la carte que tout le monde a vue.
Il est aisé de faire, au moyen de ce faux mélange, une foule de jolis tours, attendu que l’on est sûr de connaître constamment la carte du dessous du jeu qu’oo vous présente, en s'y prenant adroitement.
Autre faux mêlante.
On prend de la main droite la partie supérieure du jeu de cartes que l’on tient déjà dans la main gauche, en remuant L'annulaire de la droite, afin de faire glisser cette moitié sous le jeu, sans nullement déranger l’ordre des cartes. L’on fait ensuite sauter la coupe , et le jeu se trouve tel qu'il était disposé auparavant.
Il y a une foule d’autres faux mélanges ; nous croyons devoir nous borner à indiquer les. principaux.
Pour faire sauter la Coupe.
C’est en faisant sauter adroitement et rapidement la coupe que l’on parvient à rétablir les cartes dans leur état primitif, à (aire passer une ou plusieurs cartes connues, ou déjà arrangées, du dessous du jeu eu dessus. Lorsqu'on fait sauter bien lestement la coupe, on peut exécuter de très-jolis tours, bien des gens en ont fait et en font encore un coupable abus pour foire des victimes au jeu. Avec beaucoup d'exercice , on peut devenir, en peu de temps, assez habile pour que les spectateurs ne puissent point s’en apercevoir. Voici la inauière généralement usitée pour faire sauter la coupe : ou prend le jeu dans la main gauche et on le partage eu deux parties en introduisant le petit doigt juste au point d’où l'on désire faire passer la moitié des cartes au-dessus, comme on le voitdausla figure >9. Cela fait, on place aussitôt la main droite sur le jeu en serraut le paquet inférieur entre le pouce et le doigt du milieu le cette main , fig. 70, Le., paquet supérieur se trouve pressé entre le petit doigt de la main gauche et le doigt annulaire , st celui du milieu de la même main. A l’aide de ces trois
Solder». 27
3 1 4 Moyen de glisser la carte.
doigts , on tire et on élève le paquet supérieur, et avec la main droite, on fait venir lestement sur le jeu le paquet inférieur.
On voit^pie pour faire sauter la coupe, il est nécessaire de faire usage des deux mains. On peut arriver au même résultat avec une seule main. Pour cela posez le jeu de cartes dans la main gauche; divisez ce jeu en deux parties : pour y parvenir, serrez le paquet supérieur entre la jointure du pouce et la naissance de l’index et tenez le paquet inférieur entre le même point de l'index et la première jointure du doigt du milieu et du doigt annulaire. Dans cette position, l’index et le petit doigt sont seuls parfaitement libres; introduisez alors l’index et le petit doigt sous le paquet inférieur; pour tenir ce paquet fortement serré eutre ces deux derniers doigts et les doigts annulaire et du milieu; déployez ensuite ces quatre doigts, tirez avec eux le paquet inférieur, et appuyez le pouce sur le paquet supérieur, en portant en même temps sur le pouce le paquet inférieur. Otez enfin le pouce d’entre les deux paquets et portez-le dessus. En cet état, les deux paquets sont encore divisés par l'index et le petit doigt; alors on les déploie, et le jeu se trouve posé naturellement sur la main.
Moyen de filer la Carte.
Cette méthode est employée pour substituer une carte à une autre; on y parvient en tenant la carte que l'on désire substituer, aveclindicatfcur et le médius de la main droite , pendant que l’on tient le jeu eutre le pouce et l'index de la gauche. On laisse dépasser un peu la carte supérieure que l’on se propose de substituer. De cette manière , le médius , l’annulaire et le petit doigt de la main gauche restent libres, et servent à recevoir la carte qui est dans la main droite, lorsque l'on approche celle-ci pour enlever adroitement et rapidement la carte à substituer.
Moyen de glisser la Carte.
L’on montre Iq carte de dessous à la société; on prend ensuite le jeu par une extrémité entre le pouce et les autres doigts de la main gauche, pendant qu’avec le petit doigt et l’annulaire de la droite on fait glisser cette carte de dessous un peu en arrière; cela fait, ou tire avec le pouce et l’index de la main gauche.