‹ Nouveau manuel complet des sorcier ou La magie blanche dévoilée par les découvertes de la chimie, de la physique et de la mécanique par m. ComteChapitre 12 sur 173 · JURISPRUDENCE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

JURISPRUDENCE FRANÇAISE

ont parfois recouru aux accusations de magie pour faire assassiner juridiquement leurs ennemis, et qu’elles ont trouvé des juges assez lâches et assez pervertis pour leur servir d'instruments. Tout le monde connaît et les exploits et la fin tragique de cette héroïne que Chapelain a célébrée, en vers qu’on a maintenant trop de goût pour lire, et que Voltaire s’est oublié au point de ridiculiser en vers qu’on lira toujours. Jeanne d’Arc fut assassinée par les Anglais, et brûlée vivante, en J sur la place de Rouen, où se trouve maintenant sa statue.

Assassinat de Jeanne-d' Arc.

La politique s'est emparée aussi du crime de sorcellerie» auquel elle ne croyait pas, pour se délivrer de ceux qui étaient opposés au gouvernement ou à ses agents, comme on peut en juger par l’assassinat de l’illustre Jeanne-d’Arc. Ecoulons ce qu’en dit un écrivain anglais au nom duquel est attachée quelque célébrité. (Walter-Scott.)

Cette infortunée tomba au pouvoir des Anglais, après avoir, par la valeur et l’enthousiasme qu’elle montra, en bien des occasions importantes , ranimé le courage chancelant des Français et leur avoir inspiré l’espoir de rendre la liberté à leur pays. La populace la regarda en Angleterre comme une sorcière; en France, comme une héroïne inspirée ; tandis que les gens instruits des deux pays ne la considéraient ni comme l’un ni comme l’autre, mais comme un instrument dont s’était servi le célèbre Dunois, pour lui faire jouer le râle qu’il lui avait assigné. Le duc de Bedfort , entre les mains duquel Jeanne tomba, lui ôta la vie, pour entacher sa mémoire du crime de sorcellerie et lui faire perdre la renommée qu’elle avait acquise en France. Ce vil recours à une telle accusation contre une femme n’eut pas plus de succès qu’il n’en méritait, quoique Jeanne ait été condamnée par le parlement de Bordeaux et l’université de Paris. Son acte d’accusation lui imputait d’avoir fréquenté un vieux chêne sous les branches duquel était une fontaine, et qu’on appelait le chêne du destin ou des fées de Dourdcniont. L’épée enchantée et la bannière bénite qu elle avait présentées comme des gages de sa mission céleste, furent décrites dans cette accusation hostile comme des instruments préparés par les démons et les fées qu’elle adorait, pour la mettre en état d’obtenir ses succès temporaires. Nous sommes fâché de le dire, ajoute Walter-Scott, mais la mort de cçtte enthousiaste magnanime, innocente et peut-être ai-

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