L18UX OU ÉTAIENT LES ORACLES
prouve à présent par leur autorité seule; c’est une vérité incontestable. L'auteur examine ensuite les diverses raisons qui ont porté des anciens chrétiens à croire que les oracles étaient rendus par les démons; il s’attache à démontrer ensuite :
i° Que les histoires surprenantes que l’on débite sur les oracles doivent être fort suspectes.
2° Que l’opinion commune, sur les oracles, ne s’accorde pas aussi bien qu’on pense avec la religion.
3° Que les démons ne sont pas suffisamment établis par le paganisme.
4° Que de grandes sectes de païens n’ont point cru qu’il y eût rien de surnaturel dans les oracles.
5° Que d’autres que des philosophes ont assez souvent fait peu de cas des oracles.
6° Que les anciens chrétiens eux-mêmes n’ont pas trop cru que les oracles fussent rendus par les démons.
7° Les fourberies des oracles sont manifestement découvertes tant par les aveux des prêtres que par la connaissance des moyens qu’ils mettaient en œuvre pour en imposer à la crédulité des peuples. Ce qu'il y a de bien évident, c’est que l’on corrompait aussi les oracles avec une facilité qui démontrait évidemment que l'on avait affaire à des hommes Aussi les oracles de Delphes étaient toujours conformes aux intérêts de Philippe, ce qui avait porté Démosthène qui, à coup sûr, se doutait de leur intelligence, à donner à la prêtresse le nom de Pythie Philippine. Parmi le grand nombre de preuves de corruption des oracles, nous nous bornerons à citer la suivante : Quelques historiens disent qu’ Alexandre voulut, d’autorité absolue, être fils de Jupiter Ammon, et pour l’intérêt de sa vanité et pour l’honneur de sa mère, qui était soupçonnée d'avoir eu quelque amant moins considérable que Jupiter. Avant d’aller au temple, il fit avertir le dieu de sa volonté, et le dieu l'exécuta de fort bonne grâce. Quelques auteurs croient que les prétrés imaginèrent ce moyen de flatter Alexandre.
Lieux où étaient les oracles; artifices des prêtres.
Nous continuerons d’extraire textuellement ce qu’en a dit Fontenelle. Les pays montagneux, et, par conséquent, pleins d’antreset de cavernes, étaient les plus abondants en oracles. Telle était la Béotie dont les habitants étaient les plus sottes