LIEUX OU ETAIENT LES ORACLES
gensdti monde; c’était làuu bon pays pour les oracles :des sots et des cavernes (i).
Le prétexte des exhalaisons divines rendit les cavernes nécessaires (a) , il semble de plus que les cavernes inspirent d’elles-mémes je ne sais quelle horreur qui n'est pas inutile à la superstition. Delphes était à moitié chemin de la montagne du Parnasse, bâtie sur un peu de terre-plein et environnée t|ç précipices, qui la fortifiaient sans le secours de l’art. La partie de la montagne qui était au-dessus avait à peu prés la figure d’un théâtre, et le cri des hommes et le son des trompettes se multipliaient dans les rochers.
Lorsque la Pythie se mettait sur le trépied, c’était dans son Sanctuaire, lieu obscur et éloigné d’une certaine petite chambre où se tenaient ceux qui venaient consulter l’oracle. L’ouverture de ces sanctuaires ténébreux était couverte de feuillage de laurier, ce qui en dérobait la vue intérieure aux profanes. t)ans ces sanctuaires étaient cactées toutes les machines des prêtres, qui y entraient par des conduits souterrains (3). Lés voûtés des sanctuaires augmentaient la voit et faisaient un retentissement qui imprimait de la terreur; aussi les poètes disent-ils tjue la voix de la Pythie était j>lus qtt’htitnàine ; peutêtre même les prêtres connaissaient- ils déjà les trompettes ou les porte-voix ; du sanctuaire ou du fond des temples, il sortait quelquefois une vapeur très-agréable qui remplissait tout le lieu ou étaient les consultants; les prêtres avaient fixé des jours pour consulter les oracles; ies autres jours étaient considérés comme malheureux ; quand ils voulaient gagner du temps pour répondre et dresser leurs batteries, ils prétextaient des sacrifices à faite pouf savoir si le Dieu était d’htimèur à répondre, etc. Ces Oracles se rendaient par l’intermédiaire dé la prêtresse , et ses réponses étaient le plus’ souvent frèsatnbiguës ou représentant des sens divers, ce qui leur servait, lofs dé l'événement, â l’expliquer en faveur de l’oraclè.
fi) It y ôviilt très-pen de lempics prophétiques en purs pim ; ceux qui s‘y trouvaient,
avaient des cavernes artificielles. •
(a) L’oracle de Delphes fut découvert, dit-on, par l'ivresse que les Tapeurs souterraines enu èrent it un troupeau do chèvres et même au berger. Tout lions porto à croire qu'il s’opérait dans ces cavernes, comme dntls celle de la grotte du Chleu à Naples, un dégagement do gai acide carbonique auquel on pourrait bien attribuer cette sorte d’iv rosse dans laquelle entrait la pythie, et l'engourdissement des profanes introduits dans l’autre, cl celte sorte de stupéfaction qui en était la suite.
(ï) L’Ecriture-Sainle uous apprend comment Daniel découvrit l'imposture des prêtres tic Bélus, qni savaient bien secrètement rentrer dans sou temple pour prendre les viandes qu'on y avait offertes.