‹ Nouveau manuel complet des sorcier ou La magie blanche dévoilée par les découvertes de la chimie, de la physique et de la mécanique par m. ComteChapitre 34 sur 173 · DE IA FÉE MÉLCSINE · texte numérisé non relu

DE IA FÉE MÉLCSINE

De la fée Mélusine.

« Jean d'Arras, secrétaire du duc de Lerri, recueillit en 1387 les traditions populaires sur Mélusine, par l’ordre de Charles V, pour l’amusement de la duchesse de Bar, sœur du roi. Lusignàn fut la dernière forteresse que les Anglais possédèrent dans le Poitou ; après la victoire que Duguescliu remporta sur eux à Chixç, et la prise de Niort qui en fut la suite, les Anglais furent obligés de rendre Lusiguan, dont la plus grande partie de la garnison avait péri au combat de Ch izé : le Poitou et toutes les provinces cédées à l’Angleterre par le désastreux traité de Bretiguy, furent délivrés. Ce fut pour célébrer la reddition de la dernière forteresse qui avait servi de point d'appui aux Anglais, que Jean d’Arras composa le roman de Mélusine, que la tradition donnait pour fondatrice à Lusignan.

» D'après l'histoire ou roman qu’il publia, Mélusine était fille d’ Elinas, roi d’Albanie, et de Pressine : Pressine était fée, et fut rencontrée par Elinas à la chasse. En l’épousant, elle lui fit promettre qu’il 11e la verrait pas dans ses couches. Pressine donna le jour à trois filles : Mélusine, Mélior et Palestine. Natlias, fils d’Elinas, d’un premier lit, jaloux de sa Lelle-mère, engagea son père à manquer à sa promesse ; Èlinas entra dans la chambre de sa femme, et au même instant la reine et ses trois filles disparurent.

» Quand Mélusine et ses sœurs furent grandes, leur mère leur raconta leur origiue, le manque de foi de leur père, et l’exil dans lequel elles étaient condamnées à vivre, par suite de cette faute. Pour venger les malheurs de leur mère, les trois $œurs saisirent leur père, l’enfermèrent dans une caverne Creusée dans une montagne, et l’y condamnèrent à une prison perpétuelle. Pressine irritée du crime de ses filles, et plaignant |in époux qu’elle n’avait cessé d’aimer, chassa ses trois hiles de sa présence en les maudissant. Mélusine fut condamnée à être, tous les samedis, serpent depuis la ceinture : cependant, si elle trouvait un époux qui consentit à ne pas la voir le samedi, son supplice finissait avec sa vie; s’il lui manquait de parole, son supplice ne devait finir qu’au jugement dernier. Mélior fut enfermée dans un château d’Arménie, occupée à la garde d’un bel épervier; et Palestine était destinée à veiller, dans le sein d’uue haute montagne, à la conservation d’au trésor, jusqu’à ce qu’un chevalier de la maison de Lusignan vînt le chercher pour conquérir la Terre-Sainte.

Page 1