‹ Nouveau manuel complet des sorcier ou La magie blanche dévoilée par les découvertes de la chimie, de la physique et de la mécanique par m. ComteChapitre 36 sur 173 · NAINS DE MONTAGNES · texte numérisé non relu

NAINS DE MONTAGNES

*> fera jamais de mal ; elle vous vint montrer comment il vous » fallait dessaisir de cette place. » Serville ajouta alors qu’une femme du pays, avec laquelle il charmait les ennuis de la garnison, avait été témoin de l’apparition, et n’avait manifesté aucune crainte. Pour ne pas douter de la réalité de ce fait, il faut se rappeler que Jean d’Arras étant secrétaire du duc de Berri, écrivait par ordre de Charles V, vainqueur des Anglais, et que lors de cette apparition, Mélusine, loin d’être gémissante, reçut un. allègement à ses peines, puisqu’elle put un instant reprendre sa forme naturelle, sans doute parce que le château qu’elle avait construit allait être délivré du joug de l’étranger.

Tel est le fidèle précis du roman de Jean d’Arras, d’après une réimpression de 1C99. Nous avons seulement supprimé en entier le long et fastidieux récit des expéditions et faits d’armes des damoisels de Lusignan , pour conquérir les royaumes qui leur sont si libéralement distribués par leurs chroniqueurs.

Des Génies.

On donnait ce nom, chez les anciens, à des esprits bons ou mauvais qui les accompagnaient pendant tout le cours de la vie, ou Lien qui présidaient à un lieu, aux sciences, aux arts, etc. Ainsi, chaque homme, comme chaque état, avait son génie particulier. L'on peut, à ce sujet, cousulter les anciens historiens.

Dans les contes orientaux il est souvent question des génies ou esprits élémentaires, constituant une famille aussi nombreuse que variée, habitant entre le ciel et la terre, et venant ide la Perse.

Les djins ne diffèrent en rien de nos latins.

Loups-Garous.

Les magiciens et sorciers étaient, d’après l’opinion vulgaire; doués du pouvoir de revêtir toute sorte de formes. On les nommait loups-garous quand ils étaient supposés avoir pris celle d’un loup pour courir les champs, aller au sabbat, etc. Les sorciers aiment aussi, suivant la croyance publique, à se métamorphoser en chats, et principalement en chats noirs, etc. Aussi le peuple, s’il rencontre, la nuit, ou s’il rêve un chat noir, ne manque pas de supposer qu’il lui surviendra quelque mésaventure.

Nains de Montagnes.

Les anciennes chroniques de presque tous les peuples, par-

7 6 LA DAME Aü PIÊO I)B BICHE.

ticulièrement de ceux du Nord, rapportent les récits mervefl* leux d'une classe de nains, habitants des montagnes, qui sont constamment occupés à forger des armes enchantées. On peut les regarJer comme des espèces de gnomes connus sous le nom de duergar , qui sont ou très-utiles ou très-nuisibles aux hommes, ainsi que les hommes de paix de l'Ecosse ou daoinelti, qui sont presque toujours invisibles, et qu’il faut bien se garder d’outrager par des paroles inconvenantes. Les moutagnards n’en parlent jamais qu’avec le plus grand respect.

Les Ecossais ont des nains qui sont encore plus redoutables. Ils sont capricieux et cruels. Ils habitent de préférence les collines de forme conique. On assure que des marques circulaires font connaître les endroits où ils ont dansé pendant la Huit.

Nous allons citer quelques autres êtres fantastiques tirés des croyances Ecossaises, Allemandes, Suédoises, etc.

La Dame au pied de biche.

Voici ce qu’en disent les chroniques espagnoles. Don Diego lopez de Haro, étant à l’affût du sanglier, entendit une voix délicieuse ; il regarde et aperçoit une femme très-belle et Tichement vêtue, sur le sommet d’un rocher. Don Diégo en devient amoureux et lui promet de l’épouser. J’accepte, beau chevalier, dit-elle, sous une condition : Jurez-moi de ne prononcer jamais un mot sacré. Le chevalier fit ce serment. Après son mariage il s’aperçut que sa femme avait un pied semblable à une chèvre ; don Diégo ne l’en aima pas moins , et il en eut un fils et une fille. Un jour qu’ils étaient, à table, don Diégo jeta un os à ses chiens, un mâtin et un épagneul, qui se prirent de querelle, et ce dernier prit le mâtin à la gorge et l'étrangla : Sainte Vierge Marie, s’écria dou Diégo, qui a jamais vu chose pareille? A ce mot la dame au pied de biche saisit la maiu de ses enfants ; Diégo retint le garçon, et la mère s’envola avec sa fille. Par la suite, don Diégo fut fait prisonnier par les Maures et conduit à Tolède. Son fils était désolé de la captivité de son père ; en cet état il se rend à la montagne où résidait sa mère. Læ fée était sur le rocher ; elle reconnaît sou fils et l’appelle : Je sais, dit-elle, ce qui t’amène ici, prends ce coursier extraordinaire, nommé Paraldo , en quelques heures tu seras à Tolède, je te promets aide et protection. Inigues s’élance sur le coursier et ramène bientôt son père. la fée Pied-de-biche était si bien un démon, que la conclusion,

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