‹ Nouveau manuel complet des sorcier ou La magie blanche dévoilée par les découvertes de la chimie, de la physique et de la mécanique par m. ComteChapitre 37 sur 173 · DES ELES. V · texte numérisé non relu

DES ELES. V

dans la légende, nous dit quelle se montra sous les traits d’un incube.

Le mystérieux Chasseur.

Ce n’était pas seulement en Normandie qu’apparaissait autrefois le mystérieux chasseur. En i5g8, Henri IV, chassant dans la forêt de Fontainebleau, entendit le jappement d’nne meute et le son du cor à une distance de 2 kilomèt. 5oo (une demi-lieue). Presqu'au même instant le même bruit retentit à quelques pas de lui. Henri ordonna au comte de Soissons d’allet à fa découvette ; celui-ci obéit en tremblant, ne pouvant s’empêcher de reconnaître qu’il se passait dans l’air quelque chose d’extraordinaire et de surnaturel. Quand il revint, il dit : Sire, je n’ai rien pu voir, mais j’entends comme Vous, la voix des chiens et le son du cor. — Ce n’est donc qu’une illusion, dit le roi. — Le père Mathieu, jésuite, la rapporte dans son Histoire de France et de chasses mémorables advenues pendant sept années de paix, oûvrage dédié h ce monarque et publié pendant sa vie. Henri ne ht point démentir cette histoire.

Des Elfs.

Les Elfs de la lumière, dont ben Johnson a fait les esprits lilancs de ses masques, séjournent dans Alf-Heim, le palais du ciel, au lieu que les Swarl-Elfs, Elfs de la nuit, habitent les entrailles delà terre; les premiers ne sont pas mortels; leur dernière demeure est le Vid-Blain , le plus haut ciel des bienheureux; les Swart-Elfs sont mortels et sujets à toutes les maladies. Les Islandais modernes regardent le peuple Elf comme formant une monarchie gouvernée par un vice-roi absolu qui, tous les ans, se rend enNorwège, avec une députation de Puelhs pour y renouveler son serment d’hommage-lige.

Les Diables- Nains , ou Duerrjars de la Scandinavie, sont de la même famille que les Elfs de la nuit. Les Norwégieus leur attribuent la forme régulière et le poli des pierres cristallisées, et ils croient que l’écho 11’est autre chose que leur voix qui se plaît à répéter ce quelle entend dire aux v autres.

Follet du feu , Jack with llie lantern, Jean à la lanterne, moine des marais de Milton - Selon la chronique de l’abbaye de Corwegs, ce moine en séduisit un autre, frère Sébastien, qui, revenant de prêcher la fête de St.-Jean, se laissa conduire à

•J 8 DÜ NICKAR.

travers champs par la fatale lanterne, jusqu’aux bords d’uu précipice où il périt. Les paysans allemands regardent ce | diable du feu comme très-irritable.

Du Gob.

De Gob le vieillard, les Normands ont fait celui de Gobelin. Voici ce qu'en dit la chronique. On nomme ainsi ce diable d’Evreux que St.-Taurin expulsa du temple de Diane, mais qui obtint de lui la permission de ne pas retourner en enfer.

11 coatinua à habiter la ville sous diverses formes, à condition cependant qn'il se contenterait de jouer des tours innocents aux bons chrétiens de l’Eure. Depuis, il s’est écarté de sa promesse, en voici une preuve. Il y a peu d’années qu’on Je voyait près de la ville de Caen, affublé d’une armure blanche, et se grandissant jusqu'à pouvoir regarder à travers les fenêtres des étages les plus élevés. Un vieux général rencontra ce diable dans une impasse et le défia. Mais Gobelin lui répondit : ce n’est pas de toi que j’ai reçu ma mission; ce n’est pas à toi que j’en dois rendre compte. Le général ayant insisté, six diables blancs de la même taille sortirent tout à-coup de terre, et le général jugea prudent de battre en retraite. Le journal du département rendit justice à son courage; mais le général eut besoin de se faire saigner par le docteur Vartel.

Xe Ducnde espagnol correspond au Gobelin Normand et au Tomtegobbe Suédois.

Les gobelins des mine^ ont toujours une très-mauvaise réputation. Les mineurs ne sauraient trop se défier de ces esprits malveillants qui leur tendaieut toute sorte de pièges pour les détruire. Tantôt ils inondent leurs travaux, tantôt ils les étouffent par des vapeurs pestilentielles, parfois ils leur apparaissent sous des formes effrayantes.

Du Nickar.

D’après la mythologie Scandinave. Odin prend le nom de Nickar ou Norickar, lorsqu’il agit comme principe destructeur ou mauvais génie. Sous le nom et sous la forme du Kelpic , cheval diable <C Ecosse , il habite les lacs et les rivières de la Scandinavie, où il soulève des tempêtes et des ouragans. Dans l’ile de Itugen, on voit un lac sombre dont les eaux sont troubles et les bords couverts de bois. C’est dans ce lieu qu’il aime à inquiéter les pêcheurs en renversant leurs bateaux et les lançant parfois jusqu’aux sommets des sapins les plus élevés. C’est du Nickar Scandinave que sont venus les /tommes

REVENANTS ET SPECTRES. yg

(Teau , les femmes cfeau, et les nixes des Teutons. Il n’en est pas de plus célèbres que les nymphes de l’Elbe et de la Gaal.

Nicneucn, sorcière gigantesque et méchante, qui marchait à la tête des fées et des bons voisins, des sorciers et des sorcières, le jour si redoutable de la veille de la Toussaint.

JSixas ou Nicksa est le nom d’uue de ces fées aimables que les Grecs nommaient Nàiades. Elle est remplie de douceur et de bienveillance pour l’espèce humaine.

Old-Nick. On donne assez généralement ce nom au diable en Angleterre, surtout les marins auxquels ce nom seul inspire le plus grand effroi. Il est 'regardé comme l'auteur de tous les maux qui leur arrivent.

Le Bliav-guest ou Bhav-geist , spectre malfaisant qui habite divers districts en Angleterre, surtout dans le comté d’Yorck. On le nomme aussi Dobie.

Galdrakinna des Scaldes : c’est la Striga ou la sorcière des pays classiques.

Geimda, sorcière contre laquelle tous les charmes étaient impuissants.

Ourisk, lutiu dont la forme tient de l’homme et les extrémités inférieures du bouc. L’Ourisk montagnard était une espèce de diable imbécile.

L’ancien dragon. Tel est le nom qu'on donne ausssi au diable.

Kobolds. Espèce de gnomes qui fréquentaient les lieux sombres et solitaires. On les voyait souvent dans les mines, bienveillants ou malveillants pour les mineurs.

Revenants et Spectres.

Tout le monde connaît les récits fabuleux que l’on a débités, de tous les temps, sur les revenants et les spectres. Cette croyance était jadis si accréditée, que l’on eut passé pour un visionnaire si l’on en eût douté. Il n’y a pas de village, de hameau ou de château, en France, qui n’ait donné lieu à l’histoire de quelque revenant ou de l’apparitiou de spectres, qu’uue succession de traditions a fait passer jusqu’à nous. Malgré que les progrès de la civilisation aient désabusé les hommes sur cette croyance, il est encore des contrées où l’on est imbu de cette superstition, principalement dans les campagnes, et même dans quelques villes parmi le peuple. Aussi yoit-ou, dans le midi de la France, des hommes connus sous

8q des vampires.

le nom de deviniaïrhs (devins), que l’on ne manque pas de consulter lorsqu’on croit avoir eu quelque apparition nocturne, ou lorsque certains esprits faibles et crédules ont eu en songes quelques visions, qu’ils prennent à leur réveil, non pour un songe, mais pour uue réalité, tant leur imagination en est remplie. Le lendemain ils ne manquent pas d’aller consulter lou deviniaïrc, qui, connaissant les événements qui arrivent dans chaque famille, ne manque pas de leur dire que c’est Pâme de feu leur graod-père, leur grand’mère, leur père, leur mère, leur tante, ou bien quelqu’un de leurs grands ou petits parents qui souffre en purgatoire, et qui demande tel nombre de messes et de pains bénits, ou bien une dévotion à la sainte Vierge ou à quelque saint, etc. Le devin reçoit pour ce service une certaine rétribution, et le consultant se croit délivré du revenant, à cause de l'influence que ce fourbe a exercée sur son imagination. Dans quelques localités, il est de prétendus devins que l’on vient consulter de très-loin, et dont la puissance s’étend aussi à découvrir les objets volés et les voleurs. Dans le département de l’Aude, les devins de Narbonne et du village de Luc sont en grande réputation dans les environs.

Des Vampires.

Dès la plus haute antiquité, l’on a donné le nom de vampires à des cadavres qui sortent de leurs tombeaux pour sucer le sang des personnes, lesquelles tombent bientôt dans un état mortel de phthisie. Ecoutons le tableau qu’en a douné Byron.

« D’abord envoyé sur la terre comme un vampire ton

cadavre s’échappera des tombeaux : deveuu l’effroi du lieu qui t’a vu naître, bourreau de ta femme, de ta sœur et de tes enfants, tu iras, à l’ombre de la nuit, t’abreuver avec horreur du sang de ta famille. Tes victimes reconnaîtront leur père avant d’expirer, le maudiront et en seront maudites; tes filles périront dans la fleur de leur ûge ; mais il en est une à qui surtout ton crime sera fatal : c’est la plus jeune, la plus tendrement aimée : elle t’appellera encore mou père, et ce nom sacré déchirera cruellement ton cœur. Tu voudrais en vain l’épargner; tu verras s’effacer peu à peu les dernières couleurs de ses joues, la dernière étincelle de ses yeux s’éteindre, et 1 azur de sa prunelle humide se ternir à jamais ; tu arracheras alors d’une main impie les tresses de sa longue chevelure: une de ses boucles était jadis le gage le plus tendre de l’a-

DES VAMPIRES. " 8f

mour, tu l’emporteras avec toi comme ud souvenir éternel de ta rage : tes dents grincent de désespoir, et tes lèvres dégouttent de ton saug le plus pur (i). Retourne dans ton obscur tombeau ;'va te joindre à la troupe des mauvais génies qui fuiront avec horreur un spectre si détesté. «

La superstition du vampire est encore générale dans le Levant. Les Turcs appellent le vampire vanloulacha. C'est un mot que les Grecs ne prononcent qu’avec horreur. Il y a mille histoires extraordinaires sur les vampires ; le conte du vampire, faussement attribué à lord Byron, est fondé sur cette superstition.

Le vampire , nouvelle attribuée à lord Byron, est d’un jeune médecin nommé Folidori. La superstition qui sert de fondement à ce conte est généralement répandue dans l’Orient. ll paraît qu’elle est très-commune chez les Arabes ; mais elle ne s’est introduite chez les Grecs qu’après l’établissement du christianisme, et depuis la séparation des Eglises grecque et romaine. A cette époque, on croyait généralement que le corps d’un Latin ne pouvait se corrompre s’il était enterré dans le pays grec. La crédulité s'augmenta par degrés, et fournit le sujet de plusieurs récits extraordinaires, comme on en fait aujourd’hui, de morts sortant de leur tombeau, et suçant le sang de la jeunesse et de la beauté. Cette superstition fut adoptée dans l’ouest de l’Europe, avec quelques modifications. En Hongrie, en Pologne, en Autriche et en Lorraine, on croit que les vampires sucent chaque nnit une certaine quantité du sang de leurs victimes, qui maigrissent, perdent leurs forces, et meurent bientôt de consomption. Dans le même temps, les vampires s’engraissent, leurs veines sont distendues par le sang , au point que ce liquide cuule par toutes les ouvertures du corps, et transsude même au travers des pores... Dans quelques parties de la Grèce, le vampirisme est regardé comme une espèce de châtiment auquel on est condamné après la mort, pour expier quelque grand crime commis pendant la vie. Le vampire est condamné à poursuivre de préférence toutes les personnes auxquelles il était le plus attaché, à qui il tenait par les liens de la nature, de l’amour et de l’amitié. C’est à cela que fait allusion un passage du Giaotir, qu’on vient de citer.

M. Southey a aussi introduit, dans son poème de Tlialaba,

( < ) La fraîcheur du vijogo, le* lèvres dègouttaptes d’un sang pur, sopl le* signes di*v liactifs du vampire.

8a DES VAMPIRES

une jeune fille arabe , Onéiza , devenue vampire ; il la représente sortant du tombeau pour tourmenter l’homme quelle avait le plus aimé pendant sa vie. Mais ici on ne peut croire que ce fut en expiation de quelque crime, car Onéiza fut toujours un modèle d’innocence. On s’étonne que le véridique Tournefort, dans son Voyage au Levant, ait raconté plusieurs cas surprenants de vampirisme, dont il assure avoir été témoin oculaire ; et dom Calmet, dans sou grand ouvrage sur le vampirisme, au milieu de plusieurs anecdotes et des traditions qui en expliquent les effets, a inséré quelques dissertations où il tend à prouver qne ce déplorable préjugé est aussi répandu parmi les nations savantes que chez les peuples barbares.

C’est dans l'Allemagne que le vampirisme a trouvé , en Europe, le plus de créance. En effet, on ne trouve, dit Legendre, dans toute l’antiquité, aucun récit magique plus incroyable qu’un fait publié en 17.^6, parM. Iîousset, lequel est attesté par deux officiers du tribunal de Belgrade , qui firent une descente juridique sur les lieux, et par un officier des troupes de l’empereur, témoin oculaire des procédures. Voici l'histoire de ce fait.

u Dans le village de Kisilowa, à trois lieues (11 kilomct, 70) de Gradisch, cinq ou six personnes tombèrent malades subitement, et moururent l’une après l’autre en peu de jours, après quelques apparitions d’un vieillard qui avait été enterré depuis peu. L’on ouvrit les tombeaux de ceux qui étaient morts depuis six semaines ; quand on vint à celui du vieillard, on le trouva les yeux ouverts, la couleur vermeille, ayant une respiration naturelle, et cependant immobile et mort. L’on conclut qu’il était vampire. Le bourreau lui enfonça un pieu dans le cœur ; on fit un bûcher, et l’on y réduisit ce cadavre en cendres. »

On lit aussi l’article suivant dans un numéro du Glaneur.

« Dans un canton de Hongrie, près deTokai, le peuple connu sous le nom de lleiduquc croit que certains morts, qu’il nomme vumpires, sucent le sang des vivants, de sorte que çeux-ci maigrissent à vue d’teil, au lieu que les cadavres regorgent de sang en telle abondance qu’on le voit sortir des pores. Cette opinion vient d’être confirmée par plusieurs Faits. Il y a environ vingt-cinq ans qu’un Heiduque de Medreyga, nommé Arnold Paule, fut écrasé par la chute d’un chariot de foin. Un mois après sa mort, quatre personnes moururent assez subitement, et de la manière dont meurent ceux qui sont

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