‹ Nouveau manuel complet des sorcier ou La magie blanche dévoilée par les découvertes de la chimie, de la physique et de la mécanique par m. ComteChapitre 38 sur 173 · DES VAMPIRES · texte numérisé non relu

DES VAMPIRES

attaqués par les vampires. On se souvint alors que cet Arnold avait souvent raconté qu’aux environs de Cossova , et sur les frontières de la Servie turque, il avait été tourmenté par nu vampire, mais qu’il avait trouvé moyen de se guérir en mangeant de la terre du sépulcre du vampire , et en se frottant de son sang. D’après cela il fut soupçonné du vampirisme, car l’on croit qne ceux qui ont été attaqués par les vampires pendant leur vie, sont vampires après leur mort. Arnold fut donc exhumé quarante jours après sa mort, et toutes les marques de vampirisme se trouvèrent sur sou cadavre ; il était vermeil, ses ongles, ses cheveux et sa barbe s'étaient renouvelés. Il était rempli de sang fluide et coulant de toutes les parties de son corps sur le linceul dont il était enveloppé. Le bailli du lieu, fort expeçt dans le vampirisme, fit enfoncer; suivant l'usage, un pieu fort aigu dans le cmur du cadavre, qui le traversa de part en part et lui fit jeter un cri effroyable ; on lui coupa ensuite la tête , que l'ou brûla avec son corps, et ses cendres furent jetées dans la Save. Ou fit subir la même exécution à quatre autres personnes mortes de vampirisme, de peur qu’elles ne devinssent de nouveaux vampires. Vers la fin de 1731 , c’est-à-dire au bout de cinq ans, cet prodiges reparurent. Dans l’espace de trois jours, dix- sept personnes de différent sexe et de différents âges moururent de vampirisme. Les chirurgiens et les médecins examinèrent comment le vampirisme avait pu renaître, d’après les précautions qu’on avait prises. Après quelques recherches, on parvint à découvrir qu’Arnold avait non-seulement sucé les quatre personnes précitées, mais aussi plusieurs bestiaux dont les nouveaux vampires avaient mangé. D’après cela, ou exhuma tous ceux qui étaient enterrés depuis un certaiu temps, et l’on en trouva dix-sept avec tous les signes les plus évidents de vampirisme. On leur perça le ccenr, ou leur coupa la tête ; on les brûla ensuite, et leurs cendres furent jetées dans la rivière. Toutes ces informations et exécutions furent faites régulièrement et juridiquement par plusieurs officiers, les chirurgiens-majors de leurs régiments, le bailli et les principaux habitants du lieu; et le procès-verbal envoyé, vers la fin de janvier 1732, au conseil de guerre impérial, à Vienne, qui avait créé une commission militaire pour examiner la vérité de ces faits. »

D’après de pareils récits publiés dans les journaux, avec de semblables témoignages , comment les esprits superstitieux ,

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disposés à adopter* aveuglément tout ce qui s’écarte des lois ordinaires de la nature, comment, dis-je, de pareils hommes et même bien d’autres gens, qui préfèrent croire que d'examiner la possibilité de l’existence des faits, n’adopteraieut-ils point de pareils contes? La seule chose qui nous surprend, c’est qu’ils aient été débités de bonne foi et accueillis par les journaux, vers le milieu du xvm® siècle, et surtout que des médecins et des chirurgiens, chez lesquels l’on doit supposer quelque instruction, aient pu sanctionner de telles visions. Nous croyons pouvoir affirmer que ce n’eût point été à Paris, à Londres, à Vienne, à Berlin, ni à Stockholm , qu’on eut trouvé des disciples d’Hippocrate pour les attester. Quelques personnes peuvent être atteintes simultanément de phthisie pulmonaire aiguë ou chronique, qui peut s’étre manifestée dans quelques circonstances atmosphériques: rien de plus ordinaire. (Jn sol très-compacte, comme les terrains argileux, ne livrant poiut passage à l’air ni à l’eau, peut préserver les corps plus ou moins de temps de la putréfaction. C’est une des conséquences des lois chimiques qui nous apprennent que l’eau, la chaleur et l’air favorisent la putréfaction, et qu’il faut, par conséquent, un tempsconsidérable pour que les corps déposés dans des terres sèches puissent se putréfier complètement. Voilà donc tout ce merveilleux de la conservation des corps, attribuée au vampirisme, expliqué naturellement par les lois de la chimie, devant lesquelles doivent tomber les hypothèses, les préjugés et la superstition. Nous ne pousserons pas plus loin cette réfutation ; nous allons nous borner à donner un aperçu de l'idée qu’on doit se former des sciences occultes et de leurs résultats.

Satan , Démons, etc.

Le Satan des légendes est distinct du Lucifer de la théologie ; il n’est jamais revêtu d’aucun signe de sa céleste origine : c’est le Diable, l’ennemi, méchant par essence. Sa rage est le plus souvent impuissante, à moins qu’il n’ait recours à la ruse, il inspire la penr bien plus que la crainte. Le rôle assigné à satan était aussi poétique que dramatique dans les anciens romans religieux et les vies des Saints. C’est lui qui fait le nœud de l’intrigue, c’est la personne qui fait marcher l’action. Ses cornes, sa queue, ses griffes, ses yeux de feu, ses ruses, sa malice ne contredisent qu’en apparence la tradition biblique: c’est ainsique Satan nous est dépeint, non-seule-

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meut par les liagiographes du moyen-âge , mais encore par le pape saint Grégoire, dans sa vie de saint Benoît. Un jour que ce saint allait dire ses prières à l’oratoire de Saiut-Jeau, sur le Mont-Cassin, il rencontra le diable sous la forme d’ua vétérinaire, avec une fiole d’une main et un licou de l’autre. Satan parla très-civilement à saint Benoît et lui dit qu’il allait administrer une purgutiou aux animaux bipèdes, les pères du monastère. Il est inutile d’ajouter que saint Benoît ne permit pas au docteur infernal de purger trop fortement les pauvres moines. Parmi les innombrables épisodes de l’histoire du diable dans les vies des Saints, quelques-unes sont trivialement comiques, quelques autres plus pittoresques. Saint Antoine vit Satan dresser sa tète de géant au-dessus des nuages et étendre ses larges mains pour intercepter les âmes des morts qui volaieut vers le ciel; quelquefois le diable est un véritable singe , et sa malice ne s’exerce qu’en espiègleries plaisantes ; c’est ainsi que peudaut longtemps il chercha à tromper la piété de saiute Gudule ; toutes ses ruses ayant été vaines, il tenta un dernier effort. Cette vierge avait coutume, au chant du coq, d’aller prier à l’église, précédée de sa servante portant une lanterne. Que lit le père de la malice? il l’éteignit en soufflaut dessus, la sainte eut recours à Dieu, et la mèche se ralluma aussitôt. Le malin, honteux et confus, s’enfuit la queue entre les jamlies. U n’est pas sans exemple que le diable sç laisse aussi tromper par les plus simples artifices, et une équivoque suffit souvent pour le rendre dupe daus ses marchés avec les sorciers. De la bêtise du diable à sa bonté il n’y a qu’un pas ; quelquefois, fatigué de ces méchancetés, il est, dans les légendes, une espèpe de bon diable ; aussi le proverbe populaire se permet de dire qu’il se fait enniic en devenant vieux.

De la couleur que les Taponais donnent au démon.

La fête nommée IVlatzurée est une des principales que l’oa célèbre à Nugazaki. Des diables en sont les principaux personnages. Plusieurs d’entre eux sont munis de cornes classiques et portent un masque effroyable, parcourent les rues eu dansant et faisant un bruit effroyable en battant la mesure avec un bâton sur un tambour; ces démons sont de différentes couleurs; il y en a de blancs, de noirs, de rouges et detverts. On sait que les Européens peignent le diable en noir, et les JSègres en blauc; mais quaut aux diables rouges et verts, ils

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appartiennent exclusivement au Japon.' Voici l’eXplicatiofl qu'ils en donnent. Un jour, relativement à la couleur du démon, la querelle s’envenima si fort qu’elle commençait à dégénérer en guerre civile; pour l’éviter on soumit cette question à l’empereur spirituel, le fils du ciel, qui déclara que tout le monde avait raison et qu’il existait réellement des diables de toutes les couleurs; depuis lors, les diables japonais ont adopté les quatre couleurs noire, blanche , rouge et verte.

Je suis bien certain que nos dramaturges, nos chorégraphes, etc., en adoptant les couleurs noire, rouge et verte, à l’exclusion de la blanche, à laquelle ils ne recourent que trèsrarement, n’ont nulle connaissance de la décision de l’empereur spirituel.

jinnaberge.

L ’annabergc est un diable terrible qui revêt diverses formes. Il se montrait souvent sous la forme d’un bouc avec des cornes d'or et se précipitait sur les mineurs avec impétuosité; tantôt sous la forme d’un cheval qui jetait la flamme et la peste par ses naseaux ; d’autres fois l 'annaberge arrivait toutà-coup, semblable à un moine revêtu d'habits pontificaux, proférant des paroles de mépris, jusqu’à ce que, par ses persécutions continuelles, il lassât la persévérance des plus intrépides. Aux yeux de celui qui cultive la science, l 'annaberge paraît n’êtrc que le gaz hydrogène carboné, nommé jadis/eu grisou, contre lequel la lampe de Davy leur eût paru un pré' cieux talismaD, et les machines à vapeur un puissant secours contre les inondations suscitées par les Kobolds.

Puck.

Pack est une sorte de diable qui eut longtemps son domicile chez les dominicains de Schwerin. Malgré les tours qu’il jouait aux étrangers qui venaient les visiter ,il leur était fort utile : sous la forme d’un singe, il tournait la broche, tirait le vin, balayait la cuisine, et il recevait pour gage deux pots d’étain et une veste bariolée de grelots pour boutons. Le moine Rusth , de la légende Suédoise, et Bronzer, ou le moine diable de l’abbaye de Mootmayor, près d’Arles, sont encore Puck sous d’autres noms. On le retrouve en Angleterre sous la forme de Robin-Goodfellow ou de Robin-Hood. Enfin Robin ftood est aussi le red cap d’Ecosse et le diable Saxon-Hodsken, toujours prêt à aider ses amis et ses connaissances.

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