FANTASMAGORIE
les foyers de ses divers points n'existeront pins snr cette toile; on parviendra à la rendre nette en écartant la lentille F P de celle I K, par le secours de la crémaillère précitée. Lorsqu'au contraire on se propose de faire paraître les objets plus ou moins grands, on éloigné plus ou moins l’appareil de la toile, en approchant en même temps l’une de l’autre les deux lentilles. Voilà toute la théorie des amusements fantasmagoriques. Quoique cet instrument soit en apparence très-simple, il n’en exige pas moins beaucoup d’habileté de la part de celui qui le fait mouvoir, s’il veut opérer des effets propres à étonner le» spectateurs. Sous ce point de vue, M. Comte laisse peu à désirer.
Il y a des tableaux où la même figure est peinte par devant et par derrière; on fait d’abord paraître très-petite celle qui vient en avant, et on la fait grandir, puis on la pousse vivement; elle paraît s’étre retournée, et on la fait s’éloigner en la diminuant. Il y en a d'autres qui sont peints pour monter ou descendre. Pour ceux-ci, on tourne d’un quart de tour la cagé où les tableaux se placent, et on fait passer les tableaux de bas en haut, ou de haut en bas, à volonté, selon que l’on veut faire monter ou descendre la figure.
Si l'on veut faire quelque scène d'apparition double, telle qu’une religieuse dans un cloître (dite la nonne sanglante), un brigand dans une forêt, dans une caverne, ou autres, il faut alors un second appareil, ou une bonne lanterne dans laquelle ou place uu tableau représentant l'endroit où l’on veut produire l’apparition. Celte lanterne se place sur un support quelconque, à une hauteur analogue à la toile, et un peu éloiguée d’elle ; dans l’appareil à engrenage, ou met là figure que l’on veut faire paraître ; on la montre d’abord très- petite, la dirigeant sur le fond du tableau; et à mesure qu’on l'agrandit, elle semble s’avancer sur le devant de l'édifice, dont la grandeur ne varie pas. Pour cette expérience, les deux instruments doivent être placés un peu obliquement à la toile, et faire avec elle un angle lin peu ouvert, afiu que les rayons ne se nuisent pas mutuellement. Il faut avoir soin que le mouvement de la crémaillère suive convenablement celui du chariot, afiu que l’objet ne perde pas de sa netteté ; mais, avec un peu d’exercice, ou s'habitue à bien juger et à bien rendre les effets.
a JO OBJETS OPAQUES FANTASMAGORIQUES.
Objets opaques fantasmagoriques.
On substitue à l’appareil transparent le mégascope, et l’on place au petit support un objet quelconque, par exemple un médaillon en plâtre, ayant soin de le bien centrer avec l’appareil. L’objet doit être placé à peu près au milieu de la boîte, et la boîte à i mètre g49 millimètres (6 pieds) environ de la toile; on éclaire l’objet par une ou plusieurs lampes placées sur le côté de la boîte, les dirigeant de manière que leur lumière tombe bien sur lui. Ledit objet, ainsi éclairé, passe à travers l'instrument, et va se peindre sur la toile, avec une amplification qui est en raison de sa distance. Si l’objet u’est pas bien net, c’est qu’il n’est pas bien au foyer, et l’on peut l’y mettre de trois raauières, soit en l'approchant ou en l’éloignant du verre, soit en variant la distance de l’instrument à la toile; soit enfin en faisant mouvoir l’engrenage par le moyen de la manivelle.
Si l'on veut voir des objets un peu grands, il ne faut se servir que d’un seul verre, et se mettre un peu plus loin delà toile ; mais si l’on n’a que de petits objets, il faut mettre le second verre, et on les grandit beaucoup plus à la même distance ; en général, dans cette expérience, plus l’on veut grandir à la même distance, plus il faut mettre les verres près l'un de 1 autre, et plus il faut en même temps rapprocher l'objet du verre dans la boîte.
A chaque fois que l’on change l’objet de place, il faut s’assurer si la lumière tombe directement sur lui, condition essentielle pour qu’il paraisse bien sur la toile.
Pour les objets peints, on peut les éclairer des deux côtés, mais il en est qui ne doivent l'être que d’uu seul, comme les bas-reliefs, ou autres objets susceptibles d’étre ombrés.
Le tombeau, le squelette et la procession se placent de même dans la boîte; on passe la corde qui les fait mouvoir, par les trous pratiqués à la porte de la boîte, pour les mouvoir lorsqu’elle est fermée.
Lorsqu’ou fait voir le tombeau, on imite le bruit de l’orage et du tonnerre, et si l'on a un second appareil, on fait paraître un éclair sur ledit tombeau, et le spectre est foudroyé.
Pour donner à ces expériences toute l’iilusion dont elles sont susceptibles, il faut tenir les spectateurs dans une pièce