SUM/KL COMPLU
que le Dieu approche... Ceux qui oseront le regarder seront frappés de mort... Arrête! je tombe à genoux cl je me couvre d'un voile : ô loi qui planes' sur la tempête , toi qui ébranles la colline et brises le chêne, Zcrnebrock, , épargne-moi.
— Fille de la poussière, c!*t la voix retentissante, le sol de la vallée tremble . et le rocher massif s’ébranle sur; sa buse , etc.
Des farfiulcts.
Les farfadets ont beaucoup d’analogie avec les lutins et ; las esprits follets. Comme eux. ils sont invisibles cl se : plaisent à faire presque toujours du mol à l’espèce humaine. Ils revêtent aussi 1rs formes les plus bizarres que l’on puisse concevoir, alin de contenter leurs goûts, leurs caprices , cl venir à bout de leurs projets. M. Berhiguier dans un ouvrage en trois gros volumes in -b* sur les farfadets , s’est attaché à exposer toutes leurs ruses , leurs malices . les formes qu’ils prennent , etc. Cet auteur leui attribue tous les maux dont l’espèce humaine est affligée les crimes qui se commettent , le désordre des saisons, etc. | et une page de et cœtcra. Croirait-on qu’au dix-neuvièmsiècle il existe eneore des cerveaux creux ou , si l’on veut des monomanes qui osent imprimer, en trois volumes , u tissu d’absurdités , d’inepties et de sottise* , pour ne p: dire plus , qui fait oublier celles qui ont été débitées dui I les temps de barbarie et d’ignorance. Cependant un t ji ; ouvrage n paru en 18a i , grâce à M. Bcrbiguier; ma h pour mieux faire connaître toute l’aberration de ses idée: jj . qu’il voudrait propager , nous allons en extraire quelqti |j 1 pages.
coca ixraRiUL, minces et ciakds dighitaikks. H <
Belzébutli , chef suprême. •
Satan . prince détrôné.
Eiirinomc , prince de la mort.
Moloch, prince du pays des larmes.
Pluton , prince du feu.
Pan . prince des incubes. .
Lilitli, prince des succubes.
Léonard . grand-maitre des sabbats.
Baalberith , grand pontife.
Proserpine , archi-diablcsse.
DUS SOUCIEUS.
Reprisanlans sur la terre.
Moreau, magicien et sorcier à Taris, représentant de Belzébulh (i).
Pinel père, médecin delà Salpêtrière, représentant de Satan (2).
Bonnet, employé à Versailles, représentant d'Eurinomc.
Bouge, associé de Nicolas, représentant de Pluton.
Nicolas, médecin à Avignon , représentant de Moloeh.
Baptiste Prieur , de Moulins , représentant de Pan.
Prieur aine, son frère, représentant de Lilith.
Etienne Prieur, représentant de Léonard.
Papou- Lominy , cousin des Prieurs, représentant de Baalberith.
Cbay, de Carpentras. représentant de Lucifer, qui est le grand justicier de la cour infernale.
Tous les autres farfadets sont les représentons d’Alastor , exécuteurs des hautes-oeuvres infernales.
(1) fîroreau a joui de son vivant d'une grande réputation pour faire le» cartes, etc. Aussi avait-il constamment chez lui nombreuse société.
(a) I.'on verrait avec indignation un médecin aussi honorable que M. Pinel être ainsi qualilié, si Ton n’avait la conviction que l’auteur de cet absurde écrit est un monomaue , envers lequel M. Pinel n'a , à coup sûr, d’autre tort que de n’avoir pu le guérir. Mais le degré de monomanic de l’auteur nous parait si fort , que cet illustre médecin n'a pu faire un miracle. Au reste, dans sa ridicule. énumération des farfadets, il comprend aussi feu le célèbre Sabathier, chirurgien en chef des invalidé ; il ajoute que le fils de AI. Pinel aurait les qualités infernales de son père. Il ne dit pas si c est le médecin ou l'avocat. Pour nous qui avons reçu les derniers soupirs de cet homme vénérable, nous nous estimerions heureux de posséder ses talens et ses vertus ; M. Berbiguier nous rappelle , à ce sujet, ce vers de La Fontaine :
Cerliia fou poursuivait à coups de pierre un sage.
0a WAHl/El COU P LIT
Jannelon Laval Me , i
La Mansotte, Ç représentant l'arehi-diablcsse
La \ andeval . \ Proserpine.
Kous demanderons à l'auteur où il a puisé toutes ces folies ; au reste , pour donner à nos lecteurs une idée des extravagances dont cet ouvrage est rempli , nous allons en oITrir ici quelques extraits.
Des Magiciens , Sorciers et Farfadets d’autrefois.
Les sorciers et magiciens devaient autrefois être plus nombreux que de nos jours. Il est certain qu’on comptait parmi eux des rois, des reines, des princes et des potentats, qui partageaient leurs travaux ou les protégeaient. Aussi les ménages étaient presque toujours troublés et dérange.- par rapproche de ces bandits, qui voyageaient par troupe ou isolément ; ils cherchaient a s'emparer des esprits les plus laddes; et comme il y en a dans toutes les classes de la société, c’est parmi le peuple qu’il leur était plus facile de trouver des victimes : cependant ils en cherchaient parmi les grands, -cl pour preuve je vais en donner un exemple. ^
Les misérables s’étaient emparés, dit-il, de l’esprit il une femme île condition , en lui persuadant quelle aurait beaucoup de plai-ir et d’agrément ù corriger son mari de la passion de la chasse, qui lui faisait passer des journées entières éloigné d'elle. Ils lui mirent dans l’esprit de prendre la forme d’un loup , et de se jeter sur le chasseur quand elle le verraitentrer dans le bois, où il fallait quelle se cachât j>our l’attendre.
L'épouse crédule dit à son mari qu’elle avait une visite à faire à une dame des environs; et à l'aide des moyens magiques qu'on lui procura , elle prit la forme d'un loup et alla se mettre à la piste. #
Par un hasard assez singulier sou mari ne sortit pas ce jonr-la; il vit de sa fenêtre passer un de ses omis qui s'en allait chasser, et qui l'invita à parlagerxce plaisir. 11 s'en excusa et le pria de lui rapporter un peu de sa chasse; ce que l'ami promit.
Le chasseur s'approchant du bois fut attaqué par un | gros loup ; il lui lira un coup île fusil qui ne blessa pas cet animal ; mais il s’approcha de lui , le prit par’les oreil- j les, le renversa et lui coupa une patte, qu'il uut dans sa gi- 1
DBS SOHCIER*.
becière. Lorsqu’il eut fini de chasser , il revint chez son ami , el sortit de sa gibecière Cette patte de loup, qui, à leur grand étonnement, se trouva être la main d’une femme, ornée d’un anneau d’or. qui. fut reconnu pour appartenir à la femme de celui qui n’avait' pas voulu chasser. De violens soupçons s’élevèrent contre elle ; on la cherchadans toute la maison , et on la trouva enfin près du feu de la cuisine, se chauffant, et ayant soin de cacher la main dont elle ne pouvait plus se servir. Son mari la lui présenta ; elle en fut déconcertée , et ne put nier ce quelle venait de faire : elle avoua qu’elle s’était effectivement jetée sur le chasseur , qu'elle croyait Être son mari. Cette affaire causa beaucoup de rumeur dans le pavs ; la justice s’empara de lajemme, lui fit son procès , et i’on reconnut qu’elle avait été ensorcelée par les farfadets . dont elle avait suivi les conseils. Et, pour avoir cédé à de tels moyens , qui prouvaient sa férocité et sa condescendance , elle fut condamnée à être brûlée pour crime de sorcellerie et de préméditation d'assassinat.
Les ressources des farfadets sont bien grandes , puisqu’ils ont pour eux le pouvoir de l’invisibilité , et qu’ils peuvent nous tourmenter sans qu'on les voie, et à plus forte raison sans qu’on puisse les saisir. C’est désespérant pour les infortunés qui souffrent; on doit donc considérer le mal farfadéen connue un mal moral, ce qui est bien plus dangereux qu’un mal physique , dont on peut connaître le cause pour le guérir. On dit vulgairement que le diable est partout; cela veut dire que tous les lieux de la terre lui sont favorables pour exercer les maléfices qu’il nous prépare et qu’il nous envoie. Il se glisse sous telle forme qu’il lui plaît , contrefait les personnages qu’il veut.
Après avoir énuméré toutes ces folies, et les anecdotes les plus extravagantes sur les farfadets, l’auteur donne les moyens, qui ont'été le fruit de ses investigations, pour s'en délivrer. Voici les principaux.
Baquet révélateur, et bouteilles- prisons , do M. Bcrbiguier.
Qu’entendez-vous par baquet révélateur et par bouteilles-prisons? me disent la plupart des personnes h qui je parle de ces choses. Je vous l’apprendrai dans mon ouvrage, leur dis-je d’un air mystérieux; car j’ui cela de
MAftCKL courut
bon . que je sais donner à ma’figure l’air qui convient à ma situation.
Voulez-vous savoir ce que j 'appelle mon baquet révélateur et mes bouteilles- prisons? je vais maintenant vous ! les faire connaître.
Mon baquet révélateur est un vase en bois que je rem- j plis d'eau et que je place ensuite sur ma fenêtre; il me j sert à dévoiler les farfadets quand ils sont dans les nuages. J'ai , je crois . déjà appris à mes lecteurs quplle. était la puissance du houe émissaire ; les farfadets sautent dessus pour s'élever dans les airs lorsqu'ils veulent s’occuper de leur physique aérienne. C’est doue pour les voir travailler en l'air, que j'ai inventé mon baquet révélateur.
Ce baquet rempli d'eau, placé sur ma fenêtre, comme je viens de l’annoncer , me répète dans l'eau toutes les opérations de mes ennemis ; je les vois se croiser, se disputer, sauter, danser et voltiger bien mieux que tous les Forioio et toutes les Saqui de la terte. Je les vois lorsqu'ils conjurent le temps, lorsqu’ils amoncellent les nuages , lorsqu’ils allumeul les éclairs et 1rs tonnerres. L'eau qui est dans le baquei suif tous les mouvemens de ces misérables. Je les vois tantôt sous la forme d'un serpent qu d’une anguille , tantôt sous celle d’un sansonnet ou d’un «iseau-mourhe ; je les vois et je ne puis les atteindre ; je ine contente de leur dire ; Monstres cruels, pourquoi 11e puis-je pas vous noyer tous dans le baquet qui répète vos affreuses iniquités 1 les malheureux que vous persécutez seraient tous en même temps délivrés de vos infamies! Je vous vois dans ce moment, mon baquet est sur tpa fenêtre. I Dieu! quel troupeau de monstres rassemblés!..'. Dispersezvous... Ils se rallient... Inrrédules, regardez donc dans mon baquet , et vous ne me contrarierez plus par vos dénégations.
Je passe maintenant à mes "bouteilles-prisons. Toutes les opérations dont j'ai déjà rendu compte ne sont rien en le» comparant à celle que je (ais à l’aide de ces bouteilles. Autrefois je ne tenais captifs mes ennemis que i iiendanl huit ou quinze jours : à présent je les prive de la liberté pour toujours, si on ne parvient pas à casser les bouteilles qui les renferment , et je les y emprisonne par un moyen bien simple : lorsque je les sens pendant la nuit marcher et sauter sur mes couvertures , je les désoriente
DES SOldElS.
on leur jetant du tabac dans les yeux : ils ne savent plus alors où ils sont ; ils tombent comme des mouches sur ma couverture , où je les couvre de tabac; le lendemain matin, le ramasse bien soigneusement ce tabac avec une carte , et je le vide dans mes bouteilles , dans lesquelles je mets aussi du vinaigre et du poivre. C’est lorsque tout cela est terminé, que je cachette la bouteille avec de la cire d'Espagne, et que je leur enlève parce moyen toute possibilité de se soustraire à l'emprisonnement auquel je les ai condamnés.
Le tabac leur sert de nourriture et le vinaigre les désaltère quand ils ont soif. Ainsi ils vivent dans un état de gène , et ils sont témoins de mes triomphes journaliers. Je place mes bouteilles de manière à ce qu’ils puissent voir tout ce que je fais journellement contre leurs camarades ; et une preuve que. je n’en impose pas lorsque je dis qu’ils ne peuvent plus sortir du tabac que je leur ai jeté pour les couvrir, c est qu'en présence de madame Gorand j'ai eu le plaisir de jeter de ce. tabac au feu , et que nous avons entendu ensemble les farfadets qui pétillaient dans le brasier, comme si on l'avait couvert d'une grande quantité de grains de sel.
Je veux faire présent d’une de mes bouteilles au conservateur du Cabinet d'Hisloirc Naturelle, il pourra placer dans la Ménagerie des animaux d'une nouvelle espèce. Il est vrai qu’il ne pourra pas les tenir captifs dans une loge , comme on y tient le tigre et l’ours Martin ; mais il les fera voir dans la bouteille, de laquelle il leur est défendu de s’échapper.
Si parmi les curieux qui vont visiter le Jardin des Plantes et le Cabinet d’Hisloirc Naturelle , il se trouvait par hasard quelques incrédules ou quelques farfadets, le conservateur n’aurait pour les convaincre de l’existence des malins esprits dans la prison , qu’à remuer cette bouteille, et on entendrait , comme je l’entends journellement , les cris de mes prisonniers, qui semblent me demander grâce; les incrédules se tairaient et les farfadets enrageraient.
ües Fces ou Dames blanches , et des Suelues.
Suivant 1 opinion la plus accréditée , les fées sont des femmes d’un ordre supérieur à la nature humaine, et qui
Mi.VClL COMfin
surpassent beaucoup les hommes on connaissances, en ta* lens, et surtout en pouvoirs. Elles sont exemptes aussi d'un grand nombre d' infirmités qui nous sont propres , quoique soumises cependant à certains besoins , aux passions, à plusieurs accidens, et même à la mort. La durée de leur vie est plus longue que celle de l'espèce humaine; aussi les fées diffèrent outre clics , en ;1ge , en beauté , en lumières, et en fiassions, Quand elles sont jeunes, elles *mt généralement belles, bonnes et bienfaisantes; quand elles commencent à vieillir et à devenir laides , elles sont bourrues, chagrines cl malfaisantes. On leur a donné aussi le nom de dames blanches , pnrccqu'clles aiment à se montrer vêtues de blanc. Dans le midi de la France, on les nomme rn patois fados. L’on trouve dans les mon* tagnes des grottes proton des que l’on suppose qu’elles ont habitées, et qui portent de temps immémorial le nom de irom de j focs , iraouc de las fados. Gcrvais de Tilleberv, auteur du i.V siècle, dit que les fées se choisissaient des amans parmi les hommes , auxquels elles procuraient toute sorte de biens pendant qu’ils leur étaient fidèles , niais qu’elles les plongeaient dans le malheur et les faisaient même périr lorsqu'ils les quittaient pour se marier, ou qu'ils se vantaient de leurs faveurs. Cette croyance des fées . dit Astrur (1) , quoique universellement répandue en Europe , parait avoir été cependant plus spécialement étale e dans le Languedoc. 11 n’est point de village, dit-il , où il n'y ait quelque vieux château ou quelque antre honoré de la demeure de quelque fée, ou du moins quelque fontaine qui ait servi à ses bains. Les pi us ignorons savent par rceur et par tradition un grand nombre de vieux contes. Celte croyance s'est cependant bien affaiblie ; mais elle pourrait bien se renouveler, si l’ignorance venait encore obscurcir les progrès des lumières.
Il parait que les fées sont les deas fallut ■ des Itoinnins, comme semble l'indiquer leur nom. Ces déesses étaient nommées faluce a fundo , pareequ’on leur attribuait le don de prédire l’avenir; elles étaient regardées comme le» femmes des faunes et des svl vains. Ce qu'il y a d 'étonnant , e'est que les Arabes et "les autres Orientaux eut sur
(i) Mémoires pour l’histoire naturelle du Languedoc.
leurs gin n. et leurs péri , à peu «le chose près, les mêmes idées qu’on a eues en Europe sur les dames blanches ou
Les Suelvci 'étaient des espèces de Sylphes , que les Germains vénéraient sous le nom de Sylvaniques.
Parmi les montagnards écossais , on croit généralement aux Dames blanches.et Fées : celle d’ A vend est surtout très célèbre dans ces contrées. Walter Scott en a parlé avec, ce charme, qui caractérise ses écrits.
Les bonnes gens et les bonnes voisines des Irlandais sont des fées qui ne diffèrent en rien de celles des Ecossais. Quant aux garçons des fées des Ecossais , ce sont des êtres mixtes qui tiennent du lutin et du simple mortel.
Il est peu de persoqpes qui n'aient lu les contes des fées, et qui r.e connaissent par conséquent toute l’étendue du pouvoir magique de leur baguette, tant pour opérer les plus étonnantes métamorphoses , que pour les plus étonnans prodiges. L'on sait aussi que les fées présidaient à la naissance des princes, auxquels elles faisaient des dons variés , suivant la nature de leur caractère ; c’est-à-dire suivant qu’elles étaient bonnes ou malfaisantes. Les poètes se sont plus à les orner de tous les prestiges de leur brillante imagination. ’
Quoique l’on connaisse un grand nombre de fées , il en est cependant quelques unes qui sont plus célèbres dans l’histoire que les autres. En France, la fée Mélusine est une des plus connues. Nos lecteurs ne seront, pas fâchés de trouver ici , d’après le mémoire de M. Babinet , juge d'instruction à Niort, et le roman de Jean d’Arras , une notice sur cette fée. Ce récit servira d’ailleurs à donner une idée générale du pouvoir et des aventures des fées.
De la fcc Mélusine.
« Jean d'Arras, secrétaire du duc de Berri , recueillit en 15S7, les traditions populaires sur Mélusine, par l’ordre de Charles V, pour l’amusement de la duchesse de Bar, souir du roi. Lusignan fut la dernière forteresse que les Anglais possédèrent dans le Poitou ; après la victoire que Duguesclin remporta sur eux à Chizé, et la prise de Niort qui en fut la suite , les Anglais furent obligés de rendre Lusignan , dont lapins grande partie de la garnison avait péri au combat de Chizé :1e Poitou et toutes les provinces
MA MH. COMPLET
réfiées à l’Angleterre par le désastreux traité de Brctignv, furent délivrés. Ce fut pour célébrer la reddition de la dernière forteresse qui avait servi de point d’appui aux Anglais, que Jean d’Arras composa le roman de Mélusine, que la tradition donnait pour ioudatrice à Lusignan.
« IVaprès l'histoire ou roman qu'il publia , Mclusine l iait tille d’ Elinas , roi d'Albanie, et de Pressine : l’ressine était fée, et fut rencontrée par Elinas à la chasse. En l'e^iousant, elle lui tit promettre qu’il ne la verrait pas dans ses couches, Pressine donna le jour à trois tilles. Mêla sine. Métiçr et Palestine. Nalhas. fdsd’Elinas. d’un premier lit. jaloux de sa belle-mère, engagea son père à manquera sa promesse; Elinas entra dans la chambre de sa femme, et au même instant la ryine et ses trois filles disparurent.
u Quand Mélusine et ses sœurs furent grandes, leur mère leur raronla leur origine, le manque de foi de leur |(èrr, et l’exil dans lequel elles étaient condamnées a vivre, par suiie de cette Taule, l’our venger les malheurs de leur mère . les trois sieurs saisirent leur père-, l'enfermèrent dans une caverne creusée dans une montagne , et l’y condamnèrent à une prison perpétuelle. Pressine irritée du crime de ses lilles, et plaignant un' époux qu’elle n'avait cessé d’aimer, chassa ses trois lilles de sa présence en les maudissant. Mélusine fut condamnée à être, tous les samedis, serpent depuis la ceinture; cependant, si elle trouvailun époux qui consentit à'ne pas la voir le samedi, son supplice finissait avec sa vie; s’il lui manquait de parole , son supplice ne défait finir qu'au jugement dernier. Melior fut enfermée dans un château d’Arménie , occupée à la garde d’un bel éprrvicr; et Palestine était dps- j tinée à veiller, dans le sein d’une hante montagne, à la conservation d’un trésor, jusqu'à ce qu’un chevalier de la maison de Lusignan vint le chercher pour conquérir la Terre-Sainte.
» Jean d'Arras ne dit point ce que devint Mélusine, après la malédiction de sa mère; il transporte ses lecteurs I à la cour d’un comte de Poitiers qu’il nomme Aimery[ i).
(i) 11 n'y a jamais eu de comte de Poitiers de ce nom ; mais sou» les rois Philippe de Valois, et Jcau :
DES SOUCI CBS» %
Ce comte , flans une partie de chasse, s'étant égaré dans la forêt de Colombier avec Raimondin, son neveu , lut surpris par la nuit : versé dans l’astrologie, il consulta les astres, et vit qu'ils promettaient line fortune brillante a celui qui lui donnerait la mort dans cette nuit. A. peine avait-il cessé de faire part à Raimondin de cette triste prophétie, que le sanglier qu’on avait poursuivi tout le jour vint attaquer les deux chasseurs égarés. Raimondin se précipité devant son oncle pour le défendre ; le sanglier se détourne et va se jeter sur le comte qui s'était saisi d un épieu. Raimondin le poursuit, le frappe de son épée; mais la lame glissa sur les soies , et le coup atteignit le comte , qui fut percé d'outre en outre , au moment où il enferrait le sanglier de son épieu. Raimondin, épouvanté de ce for fait involontaire, monta sur son palefroi , et s'élo'gne de ce funeste lieu. Laissant guider son cheval au hasard * il erra jusqu'au lendemain matin , tellement troublé du malheur qui lui était arrivé, qu’il ne voyait rien de ce qui l'environnait; enfin il fut tiré de cet état par un mouvement d’épouvante que fil son coursier. 11 reconnut alors qu'il était dans un lieu très aventureux. Du pied d un rocher sourcilleux sortait une fontaine merveilleuse appelée la Fontaine de soif, la Fontaine- fée , où la Fontde-cé, et renommée pour les prodiges qui s'y opéraient. Là se baignait Mélusine avec deux suivantes; elle fut au-devant de Raimondin , le rassura , lui raconta la prédiction de son onde et tout ce qui venait de lui arriver. Raimondin, surpris de ce qu’il entendait , crut que la justice divine le poussait dans ce lieu redoutable, pour lui faire subir le châtiment du meurtre de son seigneur; mais, rassuré de nouveau par la dame , ii s’abandonna à ses conseils , et retourna à Poitiers, trouva le peuple plongé dans le deuil: la populace imputant au sanglier la mort de son souverain, brûlait devant la porte de l'église où se faisaient les obsèques du comte , le corps du sanglier, comme félon et faux meurtrier.
il v eut des Aimery de Poitiers, qui commandèrent divers corps de troupes, Jean d’Àrras ayant à parler d’un comte' de. Poitiers, emprunta ce nom connu de son temps. (iïotede l’auteur du Mémoire , M. Babinet.)
7° MÀNl'It COMPTE r
Raimondin , suivant les conseils de Mélusine , rendit nommage au nouveau comte, et lui demanda de lui oe~ trouer en fief, autour de la Fontaine de soif, autant de terrain qu'une peau de cerf pourrait en enceindre. Le comte, regardant cela comme peu de valeur, ncfit aucune difficulté, et nomma les commissaires qui devaient délivrer ce don à Raimondin. En sortant de l'eglise de Saint-llilaire, où le comte recevait le serment de ses nouveaux sujets, un homme se présenta à Raimondin , et lui offrit une peau de cerf ; il l’acheta et la donnait un sellier pour la tailler en lanières, roque l'ouvrier exécuta avec tant d'adresse, que les commissaires furent étonnés quand ils virent combien elles étaient délices; mais Raimondin représentant la charte que lui avait fait expédier le comte , ils furent obligés de 1 exécuter littéralement , ainsi que le demandait Raimondin. En arrivant à la Fontaine de soif, ils virent avec surprise que dans ee lieu inhabité, on avait fait une immense tranchée au milieu des forêts séculaires qui le couvraient; à l'instant deux hommes leur apparurent, prirent le cuir de cerf, et suivant la marche que leur indiquait la tranchée, ils parcoururent un circuit de. deux lieues. Retournés au point d’où ils étaient jiarlis, il leur restait un superflu de lanières; ils le déroulèrent pour agrandir le cercle, et au lieu on ils plantèrent le pieu qui devait le fixer, il jaillit une fontaine , et les deux nommes disparurent. Les commissaires , remplis d’élonncmcnt , retournèrent à la cour du comte, et racontèrent les merveilles dont ils avaient etc témoins. Quelques joum après , Raimcftulin revint A Poitiers , invita le comte et toute sa cOur à scs noces avec Mélusine , ce qui mit le comble «à la surprise qu'avait produite le récit des commissaires. Le comle demanda à Raimondin quelle était la naissance et l’état de sa nouvelle épouse ; il refusa de répondre , et dès lors tout le monde fut persuadé qu'il avait trouvé une aventure près de la Fontaine-fée. Les noces sc firent avec toute la pompe possible; le comte et les seigneurs qui l'accoinpagaient admiraient l'élégance et le nombre des pavillons prépares en si peu de temps pour recevoir si noble compagnie, et r.c pouvaient comprendre d’où venait la multitude, des serviteurs qui s’empressaient de pourvoir aux besoins des dames et des chevaliers que la renommée de l’évènement avait attirés à ces merveilleuses noces Les grâces de Mélusine captivé»
DES SOHCIKBS
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l'en* tous les cœurs, et le comte, qui n'avait d’abord vu qu'avec peine une femme inconnue entrer dans sa famille, laissa les ncuveuux époux persuadés qu’une telle alliance ne pouvait être qu’à l’honneur de son lignage.
» Nous ne devons pas oublier ici que Mélusine, avant de consentir à son mariage avec Raimondin , lui avait fait jurer que jamais il ne la verrait le samedi, ni ne s’inquiéterait de ce qu’elle deviendrait. Mélusine , outre les richesses dont elle combla Raimondin, lui donna comme présent nuptial, « deux verges desquelles les pierres avaient grande vertu. L'une, que celui à qui elle sera donnée par amour, ne pourra mourir par nuis coups d'armes ; l’autre , que celui à qui elle sera donnée , aura victoire sur ses malveillans , soit en plaids , soit en mêlée. »
» Après le départ du comte de Poitiers, Mélusine apprit à Raimondin quesonpère était originaire de Bretagne, qu’il y possédait de grands biens, dont il avait été dépouillé par suite d’un complot ourdi contre lui par un seigneur breton nommé Josselin , qui possédait toute la confiance du roi de Bretagne, et à qui on avait donné les biens confisqués sur son père. Raimondin , par les conseils de Mélusine, alla en Bretagne redemander l'héritage de ses aïeux. Leroi, pour connaître la vérité des réclamations du chevalier étranger, ordonna le combat judiciaire entre Raimondin et’ le fils de Josselin. Raimondiu fut vainqueur, et demanda la grâce des vaincus; mais le roi était trop bon justicier , pour ne pas faire pendre sur-le-champ Josselin etson- (iis, déclarés traîtres par le jugement de Dieu. Le roi breton fit tousses efforts pour fixer près de lui un si brave chevalier; mais l’amour de Mélusine rappelait Raimpudin près le rocher de la Fontaine-fée : il donna les terres qu’il venait de conquérir, à deux de ses cousins qui demeuraient en Bretagne, et laissa le roi aussi plein d'admiration de son courage , que surpris de sa générosité. Les parens de Josselin, voulant venger la honte dont Raimondin les avait couverts , lui dressèrent à sou retour une embûche qu’il dissipa par sa valeur. Pendant son absence, Mélusine n’était pas restée oisive : à l’aide des ouvriers que sa puissance magique mettait à ses ordres, elle avait bâti en quelques jours un magnifique château sur la montagne et le rocher qui dominaient la Fontaine de soif. Raimondin , à son retour, crut que ses yeux l’a-
MAIOIL COUM.KT
basaient en voyant une JortevesSe , et du liant de ses donjon* élevés, enleudant résonner le cor 'de In sentinelle, dans un lieu que naguère il avait laissé désert. Le nouveau chdlrau fut nomme Lusignan. Uaimoudin y jouit longtemps de la puissance cl de la gloire que la s.igt ssc (le ]\iélusiue lui procurait. Il en eut neuf er.îaus : l'aiué, l’ridm, fut roi de Clivpre ; le second . Gayon, roi d’Arménie ; le troisième. Régnault , roi de Bretagne; le quatrième, Geoffroy d la Grand’ Dent , seigneur de Lusignan ; le. cinquième, Froimond, moine à Maillczais; le sixième « Antoine, duc de Luxembourg; le septième. Raimond , comte de Forets ; le huitième , Thierry , seigneur de l’arthenav ; et le neuvième , qu’on appela !' Horrible , parcequ'il n'avait qu'un œil au milieu du front , fut mis à mort, d’après les ordres que donna sa mère au moment ou elle s'envola moitié femme et moitié serpent. Sa science magique lui avait appris que s'il vivait , il détruirait tout et elle avait fait pour l.i grandeur de sa maison : il fnt étouffé sous du foin mouillé auquel on avait mis le feu, et enterre dans l'abbayc de Montiemeuf, à Poitiers.
» Melusinc et Baimondin vivaient heureux, quand l’envie vint troubler leur félicité. Lecomte deForêts , frère ainédeRuimondin , jaloux de sa prospérité, ayant su que tous les samedis Mélusine disparaissait, et que personne ne savait ce qu'elle devenait . fit nailrc dan* l’esprit de son frère des sotqiçons sur la fidélité de sa femme. Raimondin , enflammé de jalousie, pénètre dans les salles les plus reculés du château , lieux redoutables oii il n’avait jamais osé s’avancer : il est arrêté par d’énoimes portes d’airain ; furieux et croyant voir dans ces précautions la preuve de l’accusation dirigée contre son épouse, il lire son épée , et appuyant la pointe contre la porte- , il tourne sa lame et fait un trou qui révèle à son ceil indiscret le plus déplorable mystère : il voit Mélusine qui faisait sa pénitence , moitié femme et moitié serpent. Elle se débattait dans un large ba.'sin , dont elle faisait jaillir l’eau jusqu'aux voûtes de la salle. Baimondin, saisi de pitié et d’épouvante, de voir une si noble daine dans un si misérable état , bouche le trou fatal ; sa fureift- se tourne contre son frère qu’il chasse de sa présence, en 1 ■ menaçant de la mort , s’il retourne jamais dans les lieux soumis à sor pouvoir; mais comme le funeste secret ne lui était pa
DBS AORCIEBS.
échappé, le charme n'était pas rompu, et après une nuit pleine d’angoisses, il vis Mélusine revenir le trouver comme à l’ordinaire. Il espérait encore le bonheur, quand un malheur domestique vint tout perdre.
» Geoffroy , irrité de ce que Proimond s’était fait moine, va à l’abbaye de Maillerais, et trouvant les religieux réunis pour 'es <ifûces divins, il lait un énorme bûcher autour de l'église , et la réduit en cendres avec les moines et le couvent, llaimondin. détestant cet attentat, reproch • publiquement à Mélusine, qu’elle et sa postérité ne sont que fantômes , qu'il a été déçu par ses charmes et tni litiges, et dévoilé le secret de sa pénitence du samedi. Alois la destinée dé Mélusine s'accomplit, la malédiction maternelle retombe sur elle : elie s'élance par une fenêtre sur laquelle reste empreinte la forme de son nird, et s'envole moitié femme et moitié serpent, llaimondin , revenu de sa colère, resta dans un long abattement à l'aspect des désastres qu'il venait d'appeler sur sa tête; et pour expier, autant qu’il le pouvait, le malheur dont il avait frappé une femme qui l'avait comblé île bienfaits, il renonce à toute sa puissance, va faire nu pèlerinage à Home, et se rendre ermite dans une solitude près de la ville de Mont- Ferrot. Quant à Mélusine, elle n’eut plus d'habitation connue sur la terre: réduite, jusqu’au jugement dernier, à l'état monstrueux où l'avait jetée la malédiction de sa mère . sa tendresse pour scs jeunes enfans la rappelait près de leur berceau , et leurs nourrices l’ont vue souvent traîner silencieusement son énorme queue dans leurs chambres, et leur prodiguer, pendant la nuit, ses soins maternels.
« Dans les siècles suivons , quand une calamité menaçait sa postérité , on l\mlendait , au milieu d’une nuit orageuse, errer gémissante autour des créneaux du château de Lusignan. Une apparition bien constatée , s’il en existe , est l'aventure suivante. Après que les succès dus à la sagesse de Charles V et à la bravoure de son connétable , eurent abattu la puissance anglaise sur le continent, Jean, duc de lierri et comte de Poitou, se présenta avec une armée sous les murs de Lusignan , seule forteresse que les Anglais tinssent encore dans le Poitou, Serville , qui y commandait , fut obligé de capituler; il raconta au duc de Berri, que, la nuit précédente, un monstre moitié femme et moitié serpent lui avait apparu ; qu’avec sa queue longue de
MAKPRL COMH.IT
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huit k neuf pieds , il frappait sur le lit dans lequel il était couché; qu’alors il prit son épée pour se défendre, mais que la serpente ne lui fil aucun mal ; quelle alla se chauffer près d'un grand feu qui éclairait toute la chambre, qu'elle y resta tonte la nuit ; que même, pendant quelque temps, elle reprit la forme humaine; mais qu’elle n'était vêtue que d'étoffes grossières, comme une pénitente, et paraissait ne pouvoir rester en place. • Gomment, Serville,
• répondit le duc de Berri, vous qui avez, été en tant de pla-
• ces , avez-vous eu peur de celte serpente? C’est la dame
• de cette forteresse, qui la fit édifier; sachez qu’elle ne vous
• fera jamais de mal ; elle vous vint montrer comment il » vous fallait dessaisir de cette place. » Serville ajouta alors qu’une femme du pays , avec laquelle il charmait les ennuis de la garnison, avait été témoin de l'apparition, et n’avait manifesté aucune crainte. Pour ne pas douter de la . réalité de ce fait, il faut se rappeler que Jean d'Arras I étant secrétaire du duc de Berri , écrivait par ordre de J Charles V , vainqueur des Anglais, et que lors de cette apparition, Mélusine, loin d’être gémissante, reçut un allégement à ses peines, puisqu'elle put un instant reprendre sa forme naturelle, sans doute parce que le château qu'elle avait construit allait être délivré du joug de l'étranger.
«Tel est le fidèle précis du roman de Jean d’Arras, d'après une réimpression de 1699. Nous avons seulement supprimé en entier le long et fastidieux récit des expéditions et faits d'armes des damoisets de Lusipnan , pour conquérir les royaumes qui leur sont si libéralement distribués par leurs chroniqueurs. •
Des Génies.
On donnait ce nom , chez les anciens, a des esprits bons ou mauvais qui les accompagnaient pendant tout le cours de la vie, ou bien qui présidaient à un lieu , aux sciences, aux arts, etc. Ainsi chaque homme, comme chaque état, avait son génie particulier. L'on peut , à c« sujet, consulter les anciens historiens.
Dans les contes orientaux il est souvent question îles génie* ou esprits élémentaires, constituant une famille
dbs soaeiEas. yS
aussi nombreuse que variée* habitant entre le eiel et la terre , et venant de la Perse.
Les djins ne diffèrent en rien de nos lutins.
Loups-Garous.
Les magiciens et sorciers étaient , d’après l'opinion vub gaire, doués du pouvoir de revêtir toute sorte de formes* On les nommait loups-garous quand ils étaient supposés avoir pris celle d’un loup pour courir les champs , aller au sabbat, etc. Les sorciers aiment aussi, suivant la croyance publique, à sc métamorphoser en chats* et principalement en chats noirs, etc. Aussi le peuple , s’il ren* contre la nuit ou s’il rêve un chat noir, ne manque pas de supposer qu’il lui surviendra quelque mésaventure.
Nains de Montagnes.
Les anciennes chroniques de presque tous les peuples, particulièrement de ceux: du nord , rapportent les récits merveilleux d’une classe de nains , habitans des montagnes , qui sont constamment occupés à forger des armes enchantées. On peut les regarder comme des espèces de gnomes connus sous le notn de duergar , qui sont ou très utiles ou très nuisibles aux hommes , ainsi que les hommes de paix de l’Ecosse ou daoinehie , qui sont presque toujours invisibles , et qu’il faut bien se garder d’outrager par des paroles inconvenantes. Les montagnards n’en parlent jamais qu’avec le plus grand respect.
Les Ecossais ont des nains qui sont encore plus redoutables. Ils sont capricieux et cruels. ILs habitent de préférence les collines de forme conique. On assure que des marques circulaires font connaître les. endroits où ils ont dansé pendant la nuit.
Revenant et Spectres *
Tout le monde connaît les récits fabuleux que l’on a débités , de tout les temps , sur les revenons et les spectre*. Cette croyance était jadis si accréditée , que l’on eut passé pour un visionnaire si l’on en eût douté. Il n’y a pas de village, de hameau Ou de château, en France, qui n’ait donné heu à l’histoire de quelque revenant ou de l'apparition de spectres , qu'une succession de traditions a fait
MANCEL COMPLET
passer jusqu'à nous. Malgré que les progrès de la civilisation aient désabusé les hommes sur celte croyance , il est encore des contrées où l'on est iinbu de celte superstition, principalement dans les campagnes, et même dans quelques villes parmi le peuple. Aussi voit-on, dans le midi de la F rance , des hommes connus sous le nom de denniairès ( devins) , que l’on ne manque pas de consulter lorsqu’on croit avoir eu quelque apparition nocturne, ou lorsque certains esprits faibles et crédules ont eu en songe quelques visions, qu'ils prennent a leur réveil, non pour un songe, mais nour une réalité, tant leur imagination en est remplie, Le lendemain ils ne manquent pas d'aller consulter lou deiiniairc , qui , connaissant les événemens qui arrivent dans chaque famille, ne manque |>as de leur dire que c’est l'âme de feu leur grand-père, leur grand'mère, leur père, leur mère, leur tante, ou bien quelqu’un de leurs grands ou petits pare ns qui souffre | en purgatoire, et qui demande tel nombre de messes et de pains bénits, ou bien une dévotion à la sainte Vierge ou à quelque saint, etc. Le devin reçoit pour ce service une certaine rétribution , et le consultant se croit délivré du revenant , à cause de l'influence que ce fourbe a exercée sur son imagination. Dans quelques localités, il est de prétendus devins que l'on vient consulter de très loin , et dont la puissance s’étend aussi à découvrir les objets volés et les voleurs. Dans le département de l’Aude, les devins de Narbonne et du village de Luc sont en grande réputation dans les environs.
Det V ampiret.
Dès la plus haute antiquité , l’on a donné le nom de vampires a des cadavres qui sortent de leurs tombeaux pour sucer le sang des personnes, 'lesquelles tombent bientôt dans un état mortel de phthisie. Ecoulons le tableau qu'en a donné Byron . dans le Giaour :
«... D'abord envoyé sur la terre comme un vampire, ton cadavre s'échappera des tombeaux: devenu l’effroi du lieu qui t'a vu nailre , bourreau de ta femme, de ta sieur et de les enfans , tu iras , à l'ombre de la nuit , t’abreuver avec horreur du sang de ta famille. Tes victimes reconnaîtront leur père avant d'expirer , le maudiront et en serout maudites ; tes filles périront jdaus la fleur de leur
i„e. mais il en est une à qui surtout ton crime sera fatal :
"est la plus jeune, la plus tendrement aimee : elle t ap- ' 1 ** coonô fiApnippra rrnpl—
ras s euuLfi u-u a v*'- , . . * i
la dernière étincelle de ses veux s éteindre, et 1 azur.de sa prunelle humide se ternir à jamais ; tu arracheras alors d’une main imp.ie les tresses de sa longue chevelure : une de ses boucles était jadis le gage le plus tendre de 1 amour , tu l’emporteras avec toi comme un souvenir éternel de la rage : les dents grincent de désespoir , et tes lèvres dégouttent de ton sang le plus pur (1). Retourne dans ton obscur tombeau; va te joindre i> la troupe des mauvais génies qui fuiront avec horreur un spectre si de-
tCSLa superstition du vampire est encore générale dans le Levant. Leà Turcs appellent le vampire vardon tacha. C est uu mot que les Grecs ne prononcent cju’avcc horreur. 11 y a mille histoires extraordinaires sur les vampires ; le conte du vampire, faussement attribué à lord Byron , est fonde sur celte superstition.
Le vampire, nouvelle attribuée à lord Byron, est d un jeune médecin nommé Polidori. La superstition qui sert de fondement à ce conte est généralement répandue dans l’Orient, 11 paraît quelle est très commune chez les Arabes ; mais elle ne s’est introduite chez les Grecs qu après l’établissement du christianisme, et depuis la séparation dés Eglises grecque et romaine. A cette époque, ou crovail généralement que le corps d’un Latin ne pouvait se corrompre s’il était enterré dans le pays grec. La crédulité s’augmenta par degrés , et fournit le sujet île plusieurs récits extraordinaires, comme on en fait aujourd'hui, de morts sortant de leur tombeau, et suçant le sang de la jeunesse et de la beauté. Cette superstition fut adoptée dans l’ouest de l’Europe , avec quelques modifications. En Hongrie , en Pologne, en Autriche et en Lorraine, on croit que les vampires sucent chaque quil une certaine quantité du sang de leurs victimes, qui maigrissent, perdent leurs forces, et
(î) La fraîcheur du visage, les lèvres dégouttantes d’un sang pur, sont les signes distinctifs du vampire.
uahi’Rl complet
meurent bientôt de consomption. Dans le même temps, les vampires s’engraissent, leurs veines sont distendues par le sang, au point que ce liquide coule par toutes les ouvertures du corps, et transsude même au travers des pores... Dans quelques parties de la Grèce , le vampirisme est regardé comine une espèce de châtiment auquel on est condamné après la mort, pour expier quelque grand crime commis pendant la vie. Le vampire est condamné à poursuivre de préférence toutes les personnes auxquelles il était le plus attaché, à qui il tenait par les liens de la nature, de l'amour et de l'amitié. C’est h cela (pie fait allusion un passage du Giaour, qu'on vient de citer.
M. Southey a aussi introduit, dans son poème de Thnlaba, une jeune fille arabe .Onéiza, devenue vampire ; il la représente sortant du tombeau pour tourmenter l’homme qu'elle avait le plus aimé pendant sa vie. Mais ici on ne peut croire que ce fût en expiation de quelque crime, car Onéiza fut toujours un modèle d'innocence. On s'étonne que le véridique Tournefort, dans son V oyage au Levant , ait raconté plusieurs cas surprenons de vampirisme . dont il assure avoir été témoin oculaire; et dom Calmet, dans son grand ouvrage sur le vampirisme, au millau de plusieurs anecdotes et des traditions qui en expliquent les effets, a inséré quelques dissertations où il tend à prouver que ce déplorable préjugé est aussi répandu parmi les nations savantes que chez les peuples barbares.
C’est dans l’ Allemagne que le vampirisme a trouvé, en Europe, le plus de créance. En effet, on ne trouve, dit Legendre, dans toute l'antiquité, aucun récit magique plus incroyable qu’un fait publié en iy36, dans le Mercure de France, par M. Roussel, lequel est attesté pardeux officiers du tribunal de Belgrade , qui liront une descente juridique sur les lieux , et jrar un officier des trdtipes de fempéteur, témoin oculaire des procédures. Voici l’histoire de ce fait.
• Dans le village de Kisilowa, à trois licursdeGradisch, cinq ou six personnes tombèrent malades subitement, et moururent 1 une après l'autre en peu de jours, après quelques apparitions d'un vieillard qui avait été enterré depuis peu. L un ouvrit les tombeaux de ceux qui étaient morts depuis six semaines; quand on vint à celui du vieillard, on le trouva les yeux ouverts, la couleur vermeille , ayant une respiration naturelle, et cependant immobileet mort. L on
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conclut qu’il était vampire. Le bourreau lui enfonça un pieu dans le cœur; on ût un bûcher, et l’on y réduisit ce cadavre en cendres. • Dans le numéro du Glaneur, du 5 mars 1742, on lit aussi l'article suivant:
« Dans un canton de Hongrie, près de Tokai, le peuple connu sous le nom de lleiduque, croit que certains morts, qu’il nomme vampire s, sucent- le sang de vivans, de sorte que ceux-ci maigrissent à vue d’œil, au lieu que les cadavres regorgent de sang en telle abondance qu’on le voit sortir des pores. Celte opinion vient d’être confirmée par plusieurs faits. H y a environ ving-einq ans qti’un Heiduque de Medreyga , nommé Arnold Paule , lut écrasé par la chute d’un chariot de foin. Un mois après sa mort, quatre personnes moururent assez subitement, et de la manière dont meurent ceux qui sont attaqués par les vampires. On se souvint alors que Cet Arnold avait souvent raconté qu’aux environs de Cossôva, et Sur les frontières de la Servie turque , il avait été tourmenté par un vampire , mais qu’il avait trouvé moyen de se guérir en mangeant de la terre du sépulcre du vampire, et en se frottant de son sang. D’après cela il fut soupçonné de vampirisme, car l’on croit que ceux qui ont été attaqués par les vampires pendant leur vie, sont vampires après leur mort. Arnold fut donc exhumé quarante jours après sa mort, et toutes les marques de vampirisme se trouvèrent sur son cadavre; il était verfneil, ses ongles, ses cheveux et sa barbe s’étaient renouvelés. Il était rempli de sang fluide et coulant de toutes les parties de son corps sur le linceul dont il était enveloppé. Le bailli du lieu, fort expert dans le vampirisme, fil enfoncer, suivant l’usage, un pieu fort aigu dans le cœur du cadavre , qui le traversa de part en part et lui fit jeter un cri effroyable; on lui coupa ensuite la tête , que l’on brûla avec son corps, et ses cendres furent jetées dans la Save. On fit subir la même exécution à quatre autres personnes mortes de vampirisme , de peur qu’elles ne devinssent de nouveaux Vampires. Vers la fin de 1731, c’est-à-dire au bout de cinq ans, ces prodiges reparurent. Dans l’espace de trois jours, dix-sept personnes de différent sexe et de différons âges , moururent de vampirisme. Les chirurgiens et les médecins examinèrent comment le vampirisme avait pu renaître, d’après les précautions qu’on avait prises. Après quelques recherches, on parvint
Sa
à découvrir qu Arnold avait non seulement sucé les quatre personnes précitées, mais aussi plusieurs bestiaux dont les nouveaux vampiresavait mangé. D’après cela, on exhuma tous ceux qui étaient enterrés depuis un certain temps , et l'on en trouva dix-sept avec tous les signes les plus évidens de vampirisme. Ou leur perça le çteur , on leur coupa la tête : on les brûla ensuite , et leur cendres furent jetées dans la rivière. Toutes ees informations et exécutions furent faites régulièrement et juridiquement par plusieurs officiers, leschirurgiens-majors de leurs régimens, le bailli et les principaux habituas du lieu; et le procès-verbal envoyé, vers la fin de janvier 1702 , au conseil de guerre impérial, k Vienne, qui avait créé une commisson militaire pour examiner la vérité de ces faits. »
D'après de pareils récits publiés dans les journaux, avec de semblables témoignages, comment les esprits superstitieux. disposés à adopter aveuglément tout ce qui s écarte deslois ordinaires de la nature; comment, dis-je, de pareils hommes et mônit bien d’auires gens , qui préfèrent croire que d’examiner la possibilité de l'existence des faits, n adopleraieut-il point de pareils contes? La seule chose qui nous sorpend, c'est qu'ils aient été débités de bonne foi et accueillis par les journaux, vers le milieu du 18c siècle, et surtout que des médecins et des chirurgiens, chez lesquelsl’on doit supposer quelque instruction, aient pu sanctionner de telles visions. Nous croyons pouvoir affirmer que ce n'eût point été à Paris, à Londres, a Vienne , à Berlin, ni a Stockholm, qu'on eût trouvé des disciples d' Hippocrate pour les attester. Quelques personnes peuvent être atteintes simultanément de phthisie pulmonaire aigue ou chronique, qui peut s’ètrc manifestée dans quelques circonlances atmosphériques: rien de plus ordinaire. Un sol très compacte, comme les terrains argileux, ne livrant point passage à l'air ni à l’eau, peut préserver les corps plus ou moins de temjA de la putréfaction. G est une des conséquences des lois chimiques qui nous apprennent! que l'eau , la chaleur et l'air favorisent la putréfaction , et' qu'il faut par conséquent un temps considérable pour que les corps déposés dans des terres sèches puissent se putréfier complètement. Voilà donc tout ce merveilleux de la conservation des corps, attribuée au vampirisme, expliqué naturellement par les lois de la chimie, devant les-
CBS SORCIERS»
quelles doivent tomber les hypothèses . les préjugés et la superstition. Nous ne pousserons pas plus loin cette réfutation; nous allons nous borner à donner un aperçu de l'idée qu’on doit se former des sciences occultes et de leurs résultats.
Hcsumé.
D’après tout ce que nous venons d’exposer, il est évident que dès la plus haute antiquité, l'on a cru à l'existence des démons, des magiciens, des sorciers, des farfadets , des vampires , des loups-garous , etc. Cette croyance était consolidée par d’antiques traditions, par les saintes Ecritures, les décisions de quelques conciles, l'autorité de plusieurs pères de l’Eglise, les arrêts des tribunaux, et surtout par les préjugés et la superstition. Nous sommes bien loin de révoquer en doute tout ce que nous apprend l’Ecriture-Sainte sur les démons et sur les possessions; mais aussi , que de fourberies, nous.dirons même que de crimes, n'ont-ils point été commis à l’abri de cette respectable autorité ! Les démoniaques étaient jadis si communs, que l’Eglise dut recourir à des cérémonies cl à des prières particulières pour les exorciser. Les jeunes abbés, en recevant les ordres mineurs , obtenaient le pouvoir de faire des exorcismes. Cependaut , on ne tarda pas à leur faire comprendre qu’ils ne devaient en user qu'avec modération, et avec la permission de l'évêque ; l’on assure , maintenant qu'il n’existe plus de démoniaques , grâce aux progrès de la civilisation , qu’il faudrait celle du gouvernement. S’il nous est permis d’exposer notre opinion à ce sujet, nous dirons que si Dieu a permis que quelques hommes fussent possédés de l’esprit malin, en revanche combien de charlatans n’ont-ils point exploité , à leur profit , cette i croyance [tour des motifs de haine, de vengeance , ou d’intérêt; témoin Gaufridy , Urbain Grandier et autres; l'on se rappelle aussi le cimetière Saint-Médard et les miracles 1 du diacre Péris. L’on raconte encore avec plaisir que :
13 U décrolcur à la royalo , .
• Dr son pied gauche estropié ,
Obtint, par grâce spéciale.
D'être boiteux de l’autre piô*
Si
manuil commit
Enfin les convulsionnaires et les miracles cessèrent par ordre de la police , qui , dit-on ,
Fit à défcn»t à Diru
Dr faire miracle en cc lieu.
Quant aux magiciens, sorciers, vampires, etc., etc. , les progrès de la civilisation, les lumières de la philosophie, les faits extraordinaires expliqués par les progrès des sciences et des arts, nous ont délivrés île cês visions. Il est facile h concevoir que des esprits faibles aient cru de bonne foi à leur existence, dans ces temps où les préjugés et la superstition sc partageaient l’empiré du monde. Alors , tout ce qui dépassait la sphère de leurs connaissances était magique et surnaturel. Dans cette disposition des esprits, il était facile à des fourbes adroits d'abuser de la crédulité publique par des jongleries qu ils appuyaient de 1 autorité deTEcrilure-Sainte, des antiques traditions, etc. Il suffisait même d’être plus habile dans sa profession, ou d’avoir plus de connaissances que le commun des hommes, pour être regardé comme magicien. Un en trouve Une loulc d’exemples dans les chroniques; Galilée même ne fut-il pas ; accusé île magie et d'impiete par la très sainte inquisition f Force lui fut. pour conserver sa vie, de jurer que la terre ne tournait pas. L’on se rappelle que ce grand homme, en rentrant dans sa prison, et malgré les dangers qu il pouvait courir , ne put s’empêcher de s'écrier, en frappant du pied ,
B pci ti more ! .
De nos jours • non seulement lu cour de Rome n eut point tourmenté un tel homme, mais elle l’eiU comblé d'honneurs. Sa décision sur le miracle de Mingré atteste le triomphe des lumières, fruit des progrès de la civilisation et des sciences. De sorte qu’on peut dire maintenant des sorciers , ce que Voltaire disait des prêtres ;
Le* sorcier* ne ront point cc que le peuple pense :
Noire crédulité hit loul. leur science.
Mous avons déjà dit que la Grèce déifiait les inventeur? des arts ou ceux qui les perfectionnaient ; dans d autres temps, l'ignorance et la superstition en firent des magiciens ou sorciers. Maintenant l'on. est désabuse sur toute: ces niaiseries, surtout lorsque l’on considère les prodige:
DSS SORCIERS.
Opérés par les progrès des sciences naturelles. En effet, la découverte des aérostats , la détonation du gaz hydrogène mélangé. avec l’air et allumé; la combustion brillante, et la fusion du fer dans le gaz oxigène, l’éclairage par le gaz hydrogène carboné, l’asphyxie des animaux plongés dans le gaz azote, les acides carbonique , sulfureux , hydrosulfurique , et l'inflammation de l'huile de térébenthine par quelques gouttes d'un mélange d’acide nitrique et sulfurique; la détonalion de l’or et de l'argent fulminant, les effets de la machine pneumatique, ceux des réactifs, de la machine électrique, et de la pile" voltaïque ; les effets d’optique produits parles chambres obscure et claire; la fantasmagorie,la ventriloquie, la découverte même de la vaccine, enfin toutes les merveilles enfantées par les découvertes chimiques et physiques, ainsi que par la mécanique, eussent été autant de productions magiques.
Grflce donc aux progrès des sciences et delà civilisation, ce n’est plus que dans lés campagnes éloignées des grandes villes, et parmi la classe la moins éclairée du peuple, qu'on trouve encore des traces de ces préjugés et de ces superstitions, que les progrès des lumières ne larderont point à faire disparaitre. Encore même n’est-ce, presque toujours, que comme un moyen d’escroquerie, que quelques hommes se livrent à des pratiques frauduleuses qu’ils nomment magiques. N’est-il pas en effet plus glorieux pour l’homme d’apprendre que c’est à ses études, à ses recherches et à scs travaux qu'il doit ces brillantes découvertes , qui ont placé la France à la tête de tous les peuples civilisés, que de les attribuer à des inspirations ou à des pactes diaboliques? Le créateur a-t-il défendu à l’homme de iconlempler les merveilles de la création , et d’étudier les phénomènes et les lois immuables de la nature? Non sans idoute. Si l'homme a été fait à son image ; s’il lui a accordé le don précieux de la raison t ce n’a pu être que pour en Ifaire usage et non pour descendre , par son ignorance , au rang des brutes. Les cieux racontent la gloire du Seigneur.
Cali e narrant gloriam Votnini.
L’Eternel ne s'est donc point opposé à ce qu’il en fit J’objet de scs études, car , en général, dans les sciences exactes, notre croyance doit reposer sur des faits. Le législateur des Hébreux , Moïse, la plupart des pères de
MAMCKL COMrLKT
l'Fgli*e. 1rs pontifes (i) , ainsi qu’un très grand nombre d'ecclésiastiques, que leur savoir lit passer pour magiciens, ont cultivé les sciences avec succès, et ce serait hlasphéiner Dieu que de croire qu’il accueille plus favorablement les adorations de la stupidité que celle de ces hommes dont le profond savoir , en l'admirant dans I ensemble merveilleux de ses ouvrages, se prosternent devant son Uône pour lui paver un double tribut d'amour et de reconnaissance. Ci st "blasphémer Dieu que de croire qu'il abandonne sa toute-puissance aux démons pour ne s en servir qu a corrompre. pervertir et faire le malheur éternel de 1 espèce humaine. Il est bien plus consolant d'attribuer a une inspiration divine les p oprcs des seicnc-s, et à ceuxici les elfet- merveilleux qu'elles enfantent et dont plusieurs réunis à r.alr- sse constituent lu magie blanche. Pour mieux se rendre compte des prestiges qui sont du domaine des sciences occultes, et pour les cxé. nier et en enfanter même de nouveaux , il est donc indispensable de retracer la connaksance des corps pondérables ou impondérables qui 1rs produisent , ainsi que leurs propriétés physiques et chimiques et les lois qui en dérivent. C est par ce moyen qu’on juniria expliquer des faits qui paraissent incompréhensibles au commun des hpmmrs.
uu iüuiuiuuuw y ... ... «
Jusqu'à présent l'on a cru que le prmcipal mérite de; ouvrages de ce genre était d’être amusons; nous ajoutons
Ut* llî Ctîuiv; wims •• » »■ — • »
que . pour être vraiment utiles, il faut qu ils soient e ' • s i fc • rY«t et* double but Quu UOV
même instructifs
avons tâche d'atteindre.
cYst ce double but que nou
fi) Dans mon ouvrage sur l’Air, couronné par 1 ara démie royale de* Sciences de Lyon, j’ai cite quatr
papes docteurs en médecine. ,,
V î» Jean XX 11, docteur de la faculté de médecine d
Montpellier, auteur de plusieurs ouvrages de medi cine , entre autres du Trésor des pauvret. <
a* Saint Eusèbe, médecin et fils d’un médecin grc 3» Paul II , qui, après avoir ceint la tiare , voya
encore des malades , leur oïdonnait et distubuait dt
iiiédicaincrs.
4» Nicolas V, d’après D. Vink , Tiraqucau, clc.
DES SOBCIEBÏ.
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