‹ Nouveau manuel complet des sorciers, ou la magie blanche, dévoilée par les découvertes de la chimie, de la physique et de la mécanique, contenant un grand nombre de tours dus à l'électricité, au calorique, à la lumière, à l'air, aux nombres, aux cartes, à l'escamotage, etc. Ainsi que les scènes de ventriloquie exécutées et communiquéesChapitre 30 sur 89 · AMUSEMENS D'OPTIQUE · texte numérisé non relu

AMUSEMENS D'OPTIQUE

Illusion curieuse.

Voici une illusion curieuse d’optique. Soit une carte percée d’un petit trou, et placée vis-à-vis d’un mur blanc ou d’une fenêtre , l’œil de l’observateur étant situé de . l’autre côté de la carfr; une épingle étant alors placée entre l’œil et la carte , sera vue de l’autre côté de l’orifice renversée et agrandie. La raison de ce phénomène, comme M. Lecat l’a observé, est que l’œil , dans ce cas , voit seulement l’ombre de l’épingle sur la rétine , et, puisque la lumière , qui est arrêtée par la tète de l’épingle, vient de la partie inférieure de la muraille blanche ou de la fenêtre, tandis que celle qui est arrêtée par le bout inférieur de l’épingle, vient de la partie supérieure, l’ombre doit nécessairement paraître renversée par rapport à l’objet.

On peut complètement imiter le phénomène connu sous le nom de mirage, comme l’a fait voir le docteur Wollaston, en dirigeant ses regards vers un objet éloigné, le long d’une pincette chauffée au rouge, ou à travers une dissolution saline ou saccharine recouverte d’une couche d’alcool.

L’expérience suivante , indiquée par le docteur Brewster, explique, agréablement la formation des halos. Prenez une dissolution saturée d’alun , et après en avoir versé nuclques gouttes sur un morceau de verre, elle cristallisera rapidement en petits octaèdres plats à peine visibles à l’œil. Lorsqu’on tient ce morceau de verre entre l’observateur et le soleil , ou une bougie, l’œil étant très près de la surface unie du verre , on y verra trois beaux halos de. lumière à diverses distances du corps lumineux. Le halo intérieur, qui est le plus blanc, est formé par les images réfractées car deux des surfaces des cristaux octaèdres peu inclinés l'un à l’autre. Le deuxième halo, dont les couleurs sont plus belles , avec des rayons bleus extérieurs , est formé par deux faces plus inclinées; et le troisième, qui est très grand et très coloré, est formé par deux faces encore plus inclinées. On peut obtenir les mêmes effets avec

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d’autres cristaux , et chaque halo sera , soit doublé , lorsque la réfraction est considérable , soit modifié par diverses couleurs, lorsque la réfraction est faible. Les effets peuvent varier d'une manière curieuse en faisant cristalliser sur le meme morceau de verre des sels d'une couleur déterminée ; par ce moyen des halos blancs et colorés se succèdent l’uu à l'autre.

Faire paraître P image d’un objet quelconque, de manière que lorsqu’on s'imagine le tenir en sa main , on n’en puisse prendre que les apparences.

Derrière la cloison A B (fig. >) , élevez un peu le miroir concave b F. de dix pouces au moins de diamètre , lequel doit être éloigné de cette cloison du quart et demi du diamètre de sa sphéricité ; faites à celte cloison une ouverture de six à sept pouces, carrée ou circulaire ( à votre volonté), et qu’elle se trouve en facectà la même hauteur que le miroir ; disposez une forte lumière derrière cette cloison , qu’on • ne puisse apercevoir par cette ouverture , et qui , sans donner sur le miroir , éclaire l’objet que vous devez placer en C.

Au-dessus de l’ouverture faite au-devant de cette cloison , attachez dons une situation renversée l’objet G que vous voulez faire paraître en avant du miroir , de même que si la tige sortait du vase D. ,

Avez sorti que l’espace contenu entre le derrière de la cloison et le miroir soit peint en noir , afin d éviter les réflexions de lumière qui pourraient être renvoyées sur le miroir . et faites en sorte de disposer tout de façon qu il se trouve le moins éclairé qu’il sera possible.

Lorsqu’une personne se trouvera placée en face de ce miroir, vers l’endroit G , elle apercevra vers le vase D la flcurC qui se trouve cachée derrière la cloison, et il lui semblera qu’en avançant la main elle pourra 1 ôter de dessus le vase , quoique l’objet qu’elle aperçoit ne soit cependant

que l’image. • . .

y ota. Les effets que produisent les miroirs concaves sont susceptibles de différentes applications aussi curieuses qu’extraordinaires, qui occasionent nécessairement beaucoup d’étonnement à ceux qui n’en peuvent dénuder la cause. On peut . au moyen de ces miroirs , leur Taire voir indifféremment toutes sortes d’objets peints ou en reliet.

DJi S SORCIERS.

tels qu'une personne absente dont on aurait le portrait , des ligures de spectres capables de les effrayer , et quantité d'autres illus’ons dont il esta propos de connaître le principe pour n’être pas la dupe de l’abus que quelques personnes pourraient en faire poûr tromper celles qui se persuadent bonnement qu’il est possible de faire paraître à leur grêle fantôme de ce qu’elles désirent connaître.

Remarque.

Si, étant placé devant un miroir concave, en-deçà de son centre, on se regarde dans le miroir, on y voit sa figure renversée ; si , dans cette position, on avance la main du côté du miroir, on verra avec étonnement l'image de cette même main s'avancer vers la main réelle , et elle paraîtra s’y joindre sans que cette dernière puisse la toucher. Si , au lieu de la main , on se sert d’une épée nue , et qu’on la présente au miroir de manière que sa pointe se trouve dirigée vers le foyer des rayons parallèles de ce miroir , il en sortira une épée fantastique qui semblera venir frappercelui qui est au-devant.

On prévient ici que pour faire cette expérience avec, succès, il faut employer un miroir qui ait au moins un pied et demi de diamètre, cl qui grossisse beaucoup , afin qu’on puisse s'y voir en partie ; s’il était assez grand pour qu'on pût s’y voir presque tout entier , l’illusion serait plus frappante.

Les phénomènes que produisent les miroirs concaves se trouvent amplement détaillés dans un ouvrage composé par le père Abat , qui a pour titre : Amuscmens philosophiques. Ceux qui désireront connaître tous ces effets et toutes ces illusions , relativement aux différens corps

3u’on peut leur présenter , trouveront dans cet ouvrage e quoi satisfaire entièrement leur curiosité. Le phénomène des déplacemens dont on a donné ci-devant la description est dans ce même auteur.

• Palais magique.

Sur le plan hexagone A B C D E F ( fig. 3 ) , ^rvant de base, à ce palais , tracez six demi-diamètres G A , G B , G C , G D, G F ; placez verticalement sur chacun deux miroirs plans très minces adossés l'un contre l'autre , taillés en biseau vers le point de jonction et se réunissant

t?| MiscEi complet

tous au centre G ( 1) pour'former une ouverture dont l'angle est de 60 degrés. Les points extérieurs et correspondais aux angles produits par la réunion de chaque deux glaces doivent être décores d’une colonne et de sa base , dans le but non seulement de figurer un palais, mais encore de fixer ces miroirs au moyen d'une rainure pratiquée dans la partie interne de chaque colonne. Cet ediûce doit être surmonté d'un dôme convenablement disposé.

D'autre part , prépare/, divers objets en carton et en relief représentant six différons objets, lesquels soient susceptibles de produire un joli effet en décrivant une forme hexagone; dans chacun des six espaces triangulaires, formés par la disposition des deux miroirs, vous placerez six de ces sujets variés, en ayant soin décoller sur le point de jouclion des deux glaces quelque objet analogue aux sujets qu’on y place.

Eir<i. Si r ou regarde dans l’une des six ouvertures disposées entre deux colonnes de ce palais magique, on croira voir tou! l'intérieur rempli des sujets qu on y aura disposés, parce qu’ils sont réfléchis six fois par ccs miroirs. Or, si l'on a placé, par exemple, une courtine et deux demi-bastions avec quelques soldats , on verra une citadelle flanquée de six bastions avec la garnison sur les remparts ; il en sera de même d’une galerie ornée de tableaux, d'ime salle de danse, etc. II est inutile de dire que dans chaque autre angle du palais on jouit d une nouvelle illusion. cl qu'on peut , pour ainsi dire , y représenter une partie de l’histoire de la vie humaine. On peut , par exemple, montrer dans une partie une citadelle, dans l’autre un combat , dans la troisième un bois , dans la quatrième un bal, dans la cinquième un festin, et dans la sixième un hôpital.

Ombres chinoises.

Faites une ouverture 5 une cloison d’environ quatre pieds de longueur sur deux de bailleur, demaniège àeeque le côté inférieur se trouve à une élévation de cinq pieds au-dc^us du sol ; couvre/ cette ouverture avec une ga/e d’Italie blanche et vernie avec le ropnl. Prépare/ beaucoup de châssis d’une semblable grandeur sur lesquels

(ij Vld, le plan et profil adaptés à la figure.

DKS SOUCIEES.

s tendez Je celte même gaze, sur laquelle vous dessmeau trait les sujets d'architecture ou de paysages en rapt avec les scènes que devront représenter les figures

très minces et découpés. Lorsqu’ils agit d imiter les clairs, l’application sur la toile d'un ou deux suint ; il en taut trois ou quatre pour les demi-teintes et six pour tes ombres. La forme de ces papiers est facile à prendre ; on n a qu’à les calquer sur le trait du tableau, et les y coller les uns sur les autres le plus soigneusement et le plus exactement qn'on peut. On va [dus vite en besogne et on rend ce travail plus correct en reformant le tout au moyen d'un peu de bistre. On doit exposer ces tableaux au grand jour pour juger de l’effet (ju’ils doivent produire.

On prépare ensuite des figures d’hommes et d’animaux avec du carton découpé dont on rend les parties mobiles au moyen d’un fil ; ces parties mobiles sont elles-mêmes accrochées à de petits fils de fer qui les font mouvoir en

llous sens derrière et très près de ces châssis. Il est bien évident que toutes ces figures sont supposées vues de prollil, et quelles ne sont visibles que lorsqu’elles sont plaicées derrière les parties des tableaux qui sont peu oni- Ibrées. Il est inutile«de dire qu’on leur fait représenter de [petites pièces que l’on a composées, et que lesmouvemens idc ces ombres sont en raison de l’adresse et de 1 habitude ide celui qui les expose à la curiosité publique.

Tracer sur une surface plane une figure difforme , qui ,

< vue d’un point déterminé , paraisse non seulement régulière , mais encore suspendue au-dessus de ce plan .

Tracez sur un papier , et dans une grandeur prise à dis- ’rction , un octaèdre suspendu au-dessus de son [dan géoinétral', comme il est expliqué au problème huitième , et j Lransportez-en le dessin ( ombré régulièrement ) sur un , carton et d’une manière difforme , comme l'indique la . deuxième récréation ci-dessus ; alors, lorsqu on regardera j[ cette figure du point de vue qui aura été déterminé .et . mue le carton sur lequel il aura été peint sera dans une si- ■i fcuation horizontale , il paraîtra élevé et suspendu au-des- ^fcus du plan ; et si au contraire on tient le carton dans une ^(■situation verticale, il paraîtra suspendu en l'air au-devant

MANCEL COMPLET

du plan , ce qui produira une surprise des plus extraordinaires à ceux qui ne connaissent pas jusqu'à quel point la perspective peut produire d'illusion.

A’o/a. H est essentiel que les faces de cet octaèdre soient ombrées bien à propos , et qu’on aperçoive sur ce plan l’ombre qu'il y doit produire , sans cela il ne ferait pas le même effet.

Kaléidoscope.

Cet instrument . dont la renommée fut-européenne , csti une modification des machines de catoptrique que l’on rencontre dans tous les cabinets de physique amusant». La disposition commode et portative que lui ont donnée les Anglais , est la cause de la célébrité que la mode lui a consacrée un moment. Cet instrument restera toujours pour orner les cabinets de physique par ses effets agréable: et multipliés. Il est composé de deux glaces formant ur angle plus ou moins ouvert , suivant le nombre de réilexions que l’on veut de cet angle. A une extrémité or place l'cril . et à l'autre on met , entre deux verres don uu est dépoli, quelques fragmens de verre de diverses cou leurs, qui , étant répétés régulièrement par les glaces plusieurs fois . produisent un nombre infini de figures régu lières qui changent chaque fois que l’on meut l'instrument puisque les ftagmens de verre se replacent d’une manièr différente , sans qu'il soit probable que l’on retrouve 1 même disjwsition.

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