‹ Nouveau manuel complet des sorciers, ou la magie blanche, dévoilée par les découvertes de la chimie, de la physique et de la mécanique, contenant un grand nombre de tours dus à l'électricité, au calorique, à la lumière, à l'air, aux nombres, aux cartes, à l'escamotage, etc. Ainsi que les scènes de ventriloquie exécutées et communiquéesChapitre 47 sur 89 · MANUEL CONFLIT · texte numérisé non relu

MANUEL CONFLIT

L'Ane révolutionnaire.

Notre célèbre éngaslrimylhe étant à Cliâlons, se promenait un matin sur la route de Bourg, lorsqu'il vit veniii un bon paysan monté sur son êne ; soudain d projette df; s’amuser un moment aux dépens du rustre. Voilà donc l’àne (jui , à l’instar de l'iluesse de Ba'anm , commence î. adresser cette mercuriale à son maître: Maroufle, descends vite de dessus moi ou tu es mort à l'instant. Il y «. asseï long-temps que je te porte: il est juste que tu inc portes à ton tour. Liberté, égalité, fraternité, ou lu mort A ces funestes mots, qui accompagnèrent tant de crimes j le paysan tombe à terre tout abasourdi. Bientôt après i se relève avec effroi et court à toutes jambes à la mairie dénoncer son due. Pendant ce temps. M. Comte enfourche le prison , pique des deux et rejoint le paysan , le rassure et lui rend le vieux compagnon de ses fatigues, en lui met;; tant un écu de cent sous dans la inain.

La Diligence arretée par les voleurs.

La diligence de Cliâlons à Milcon était remplie dévoya geurs. parmi lesquels se trouvait incognito M. Comte, ei plusieurs originaux : une vieille plaideuse, sa nièce, ur grand vicaire, un capitaine de hussards et un rabbin. Tou allait le mieux du monde lorsque dans la nuit plusieurs brigands crient : La bourse ou la vie 1 en ordonnant au conducteur d’arrêter. Soudain une voix crie à la portière Votre or et vos bijoux , sinon vous êtes morts. M. Comte était placé à côté de la portière, Qu’on juge de l'effroi de:; voyageurs ; chacun remet son argent , sa montre , sh chaîne et sa bague à M. Comte pour les remettre au vo leur. Celui-ci crie alors d’une voix de Stentor : C’est trè bien ; conducteur , tu peux partir. Celui-ci ne se le fai; pas dire deux fois , et le postillon donne avec son fouc des ailes aux chevaux. Revenus de leur effroi , tous le voyageurs accusaient le maudit rabbin de leur avoir port' t malheur et d 'être même de la bande de ces fripons. El descendant de voiture on dénonce unanimement le rabbii aux gendarmes chargés de vérifier les passeports des vova ! peurs. Alors M. Comte ne voulant pas tourmenter plu; long-temps l’enfant d'Israël, s’avoue lui -même complio < des voleurs et rend tous les vols. Les gendarmes l’arrêtent

DBS SORCIERS.

M. Comte avoue que ses complices sont dans une auberge, qu’il leur nomme. Ils l’y conduisent; en entrant dans la cour, notre ventriloque s’écrie ; Holà , hel Ducdesso, Trigan, Polonnais, Delatte, Joanny , Tonelle ! vite à vos postes. A ces mois des voix diverses répondent des greniers et de la cave : Nous y sommes, comptez sur nous . mou cher La Rissole; nous aurons bientôt le cœur à l’ouvrage. Soudain le brigadier et les deux gendarmes courent aux greniers et à la cave. Pendant ce temps M. Comte se rendit chez M. le préfet de Dijon , qui l’accueillit très bien et fut avec lui à l’hôtel de la Galère rassurer tout le monde et féliciter les gendarmes de leur zèle pour remplir leurs fonctions. On assure que ces messieurs ne furent nullement contens d'une telle mystification. On dit môme que la moutarde leur monta promptement au nez , quoiqu’un pareil plat n’en eût pas besoin pour paraître piquant.

Le Voleur en défaut ,

Dans un de ses voyages , M. Comte étant descendu de voilure pour se promener un moment sur le bord du bouquet du bois de Bondy , fut arrêté par une espèce de bûcheron qui le pria de lui prêter un petit écu. — Ladeinande est plaisante , à cette heure et en ce lieu; passe ton chemin , l’ami , sinon... — Tu le prends sur ce ton , eh bien ! coquin de richard, la bourse ou la vie. Cette demande tant : soit peu brutale n’étonna pas notre célèbre prestigiateur; e il appelle aussitôt l’cngastrimythie à son secours, et sans * hésiter, il pare avec sa canne le coup de bâton que lui por- S 'tait le voleur et s'écrie en même temps : A moi , Frémy, .. Denizart, Lacrinière , Bagnolet, Sullivan , Alibrutal , js iGodiveau ! Soudain différentes voix répondent à cet lit lappel ; le voleur , effrayé de voir que celui qu’il reet | gardait déjà comme sa proie était en si nombreuse comÿ pagnie, lui demande grâce et s’enfuit à toutes jambes. j, M. Comte, le voyant courir, se mit à siffler . comme jj I firent nos deux voyageurs à ce pauvre Melchior Zapata ,

. ; pauvre comédien et comédien pauvre, parce que sa femme . 'était alors vertueuse. Mais depuis... Le son aigu du sifflet i (redoublait l’effroi du voleur ; pendant ce temps M. Comte ? i rejoignit tranquillement sa voiture et continua sa roule sans aucun autre accident.

MAftOCt eOMM.lt

Nous pourrions multiplier à l’infini les citotions des scènes comiques auxquelles cet habile presligiuteur a donné lieu . soit dans ses voyages , soit à Paris ; les journaux en ont publié un grand nombre : elles sont maintenant si connues qu'une telle répétition deviendrait fastidieuse. C’est donc avec regret que nous n’avons pu profiter de l'offre obligeante de mademoiselle Anna Colon, qui a eu. la bonté de nous offrir quelques anecdotes semblables, qu'elle a recueillies.

DES SOHCIBHS.

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