Une boutique avec un auvent
Il se peut faire plusieurs autres tours de différentes façons; il n’y a qu’à s’exercer.
Pour douer une carte au mur d’un coup de piitolet.
L on fait tirer une carte, et en déchirer un petit coin, que la personne garde dans sa main. L’on prend la carte ainsi déchirée, et on la réduit en cendres. L’on charge ensuite un pistolet avec ces cendres et de la poudre ; on met dans le canon un clou marqué par quelqu’un de la compagnie. On jette le jeu de cartes en l’air, le coup de pistolet est tiré , et la carte parait clouée au mur. Voici comme la chose se pratique. L’escamoteur regarde quelle est la carte déchirée , de quelle manière est faite l’échancrure. Il court à son cabinet, prend une carte pareille , et la déchire dans le même sens. 11 revient , demande la carte choisie, la fait passer subitement sous le jeu, et y substitue celle qu’il vient de préparer, et qu’il brûle à la place de ja première. Quand le pistolet est entièrement chargé , il le prend sous prétexte de montrer comment il laut le manier : il profite de ce moment pour ouvrir une coulisse qui s’y trouve sous le canon; le clou lui tombe dans la main par son propre poids; et, faisant ensuite glisser la coulisse sur celte ouverture, il l’assujettit et la fixe en cet endroit, pour qu'on ne s'aperçoive de rien. 11
MAIH'BL COMPLBT
choisit alors un prétexte pour retourner «on cabinet, et apporter la carte et le clou à son compère. Celui-ci s’empresse de la clouer sur un ^morceau de bois qui sert à boucher hermétiquement un trou pratiqué dans la cloison et la tapisserie, mais qu'on ne voit point, parce qu’il est couvert par un morceau de tapisserie pareil. Par ce moyen, | la carte qu’on vient d'appliquer au mur ne parait point I encore ; le morceau de tapisserie qui la couvre est faible- j ment attaché d'un côté avec deux épingles, et de Vautre | il tient à un fil dont le compère a un bout dans la main. I Aussitôt que celui-ci entend le coup, il tire le (il pour faire passer rapidement le morceau de tapisserie derrière I une place ou ailleurs. I,a carte paraît . on la décloue : il est clair que le morceau déchiré s’adapte parfaitement à la carte, et le clou est reconnu le môme par celui qui l’a marque.
Hommes et bêtes mécaniques.
On lit dans le Journal des Savons ( année ifi8o),ln description d'un cheval artificiel capable de faire dans une j plate campagne, ■-ept à huit I’. cites par jour. On y trouve j aussi (année »683) une figure humaine et une statue de fer , inventée par un prisonnier, laquelle étant sortie de la prison , alla , par plusieurs détours , présenter à genoux une requête au roi de Maroc dans son palais. Sans parler de la tête construite par AlberNlc-Orand , laquelle, diton , proféra quelques paroles, ni de celle de Vauranson , j si connue de tous les mécaniciens , nous dirons que l'art n fait «les serons qui sifflaient , des pigeons et des oiseaux qui volaient (Gellius , liv. 10). On trouve dans l’ouvrage 1 intitulé Magia nniversa/is , qu'un artiste avait fabriqué un vase ayant une figure humaine , laqnplle allait d'elle-même | sur la table verser du vin aux convives. Le P. Scliolt dit qu’il a vu, i* un petit lézard de carton qui se promenait . j montait, descendait sur la surface d'une colonne; a” de.* hommes mécaniques qui exerçaient des professions diver- 1 ses avec tant de dextérité qu’on les eût crus animés; 3° uni jeune fille automate jouant très bien du luth , chantant ei dansant en mesure , et faisant ensuite une révérence à II compagnie. L’on a vu aussi un canard fuyant devant ut chien , et plongeant à plusieurs reprises dans 1 eau , et 1<
DES S0BC1EES.
chien plongeant en même temps et le saisissant ; des cygnes alongeant le cou et s'enfonçant dans l’eau comme pour pccher, etc.
Nous allons faire connaître les automates ou androïdes les plus connus.
Le joueur d’échecs.
La construction de machines capables d’imiter les mouvemeus du corps humain exige , de la part du mécanicien, l’habileté la plus grande. M. de Kempelen, de Presbourg en Hongrie, est parvenu à exécuter un undroïde capable de jouer aux échecs. Tous ceux qui connaissent tant soit peu le jeu dont il s'agit savent bien aussi que ce n'est pas un jeu de hasard , et qu’il exige de la part des joueurs une tension d’esprit beaucoup plus grande, un effort de raison et de jugement plus puissant que bien des choses qui ont plus d’importance en elles-mêmes. L'inventeur vint en Angleterre en 1785 , et exposa son automate à l’admiration des curieux pendant plus d'un an. A sa mort, M. Maelzcl s'en rendit acquéreur , et l’apporta de nouveau en ce pays en 1819, où il excita une admiration non moins grande , non moins générale , malgré les progrès immenses qu'avait faits la science de la mécanique pendant l’intervalle.
Dans la salle d’exposition se trouvait une autre petite salle en amphithéâtre , où l’on voyait assis un turc , grand comme nature , habillé à l’orientuie , et devant lui un coffre de trois pieds et demi de long , deux de large et deux et demi de haut. L’automate communiquait à ce coffre par le siège sur lequel il était assis. Le coffre était posé sur quatre roulettes , et on pouvait le transporter , ainsi que 1 androïde , dans toutes les parties de lu chambre.
Au centre de la surface supérieure du coffre se trouvait un échiquier fixe ; de grande dimension, sur lequel l’automate semhlait fixer les yeux. Sa main et son bras droit étaient étendus sur 1e coffre, tandis que son bras gauche , un peu élevé, semblait soutenir une pipe turque qui avait autrefois été placée dans sa main droite.
La personne chargée de montrer cette, pièce mécanique curieuse commençait par la rouler à l’entrée de l’ampnithéàlre où elle était placée, vis-à-vis des spectateurs. Il ouvrait ensuite certaines portes pratiquées dans le coffre, deux devant, deux derrière, et lirait un tiroir long et
HAMEL COUl'LIT
profond qui contenait les échecs, un coussin pour le bras de l'automate, et quelques jetons. Il ouvrait encore deux tiroirs plus petits et uu rideau ou écran de drap vert pratiqués dans le corps de l'automate et à sa partie inférieure, après avoir relevé la robe turque qui les recouvrait ; de cette manière, il montrait la construction de la ligure et ; du coffre . et rendait leur intérieur visible , en y plaçant une lumière.
Le eoffre étant divisé en deux compartimens par une cloison , celui de droite était le plus petit; il occupait à peine un tiers de lu capacité du coffre. Il était rempli de petites roues, de leviers, de cylindres, et de toutes les parties du mécanisme des ouvrages d’horlogerie. Le compartiment à gauche de la Ggurc contenait deux roues, de petits barillets avec des ressorts , et deux quarts de cercle placés horizontalement. Le corps et la partie inférieure de la figure contenaient des tuyaux qui semblaient servir à transmettre le mouvement. Après un espace de temps , employé par les spectateurs à satisfaire leur curiosité et à i lever tous leurs doutes par l'évidence , on fermait les portes et les tiroirs, on faisait quelques arrangemens dans le corps de la figure, on remontait les mouvemens placés dans le coffre, en insinuant la clef dans une petite ouverture pratiquée dans la paroi , et on plaçait le coussin sous le bras gauche de l'automate qui s'appuyait de ce côté.
En jouant une partie , l'automate choisissait les blancs; c'était aussi lui qui commençait à jouer. 11 jouait avec la main gauche, et sa droite restait constamment fixée surr le coffre. Ce léger défaut provenait de l’inadvertance de l'inventeur, qui ne s’aperçut de sa méprise que lorsqu’il ne fut plus temps de la réparer. En commençant une partie, la figure faisait un mouvement de tète, comme pour examiner si tout était en ordre; le même mouvement sc renouvelait à la fin de la partie. Pour pousser une pièce, il levait lentement le bras gauche de dessus le coussin , et le dirigeait vers la case de la pièce qu'il voulait mouvoir; après le mouvement, le bras retournait à sa position naturelle »ur le coussin. 11 ouvrait la main et les doigts pour prendre la pièce , et la portait avec soin à la case nouvelle ou à toute case qu'on proposait. Les mouvemens étaient exécutés avec la plus grande perfection, et l’indécision qui régnait dons le mouvement du bras.
DSS SOUCIEES.
ctles précautions qu’il semblait prendre , Surtout lorsqu'il s’agissait de l’opération délicate de rocher, semblaient être le résultat de la réflexion ; l’épaule , le coude, les jointures se prêtaient avec facilité à toutes les positions ; il évitait soigneusement de toucher une pièce autre que celle qu'il voulait jouer , ou qu’il avait jouée.
En faisant un échec au roi , il remuait la tête pour avertir son adversaire. Quand celui-ci faisait un faux mouvement , ce qu’on essayait fréquemment pour observer la conduite de l’automate, par exemple, si on faisait marcher un cavalier comme une tour , l’automate frappait avec impatience sur le coffre , replaçait ie cavalier sur sa case ; et sans permettre à son adversaire de jouer une autre pièce, il jouait lui-même comme pour le punir de son inattention.
On avertissait l’adversaire de l’automate de faire grande attention de placer bien exactement au centre de la case , car on aurait risqué de causer la rupture du mécanisme délicat des doigts de l’automate, lorsqu'il aurait cherché à enlever la pièce mal posée. Si l’adversaire hésitait longtemps pour jouer , il frappait fortement sur le coffre avec la main droite , pour témoigner son impatience.
Pendant que l’automate faisait un mouvement , on entendait le bruit d’un mécanisme d’horlogerie, qui cessait bientôt après que le bras était replacé sur le coussin. On remontait le mécanisme après une douzaine de mouvemens ; pendant la partie, la personne chargée de montrer l’automate se promenait dans la salle , et cependant s’approchait de temps en temps du côté droit. On a pensé que l’automate 11e pouvait jouer sans que M. de kempelen ou son remplaçant fût présent et dirigeât les coups : mais il est certain que tout le mystère était dans le coffre , et qu’il ne pouvait y avoir de compérage sous le parquet , puisque le propriétaire manifesta sa volonté de faire voir sa figure dans des maisons particulières.
Lorsqu’on avait affaire à un joueur inatlentif , qui , sur sa négligence à poser les pièces immédiatement au centre de leurs cases, faisait appréhender que quelque accident arrivât au mécanisme , on prenait la précaution de lui donner un échiquier séparé, sur lequel il copiait d’abord les mouvemens de l’automate, puis jouait lui-même ; une personne plus adroite, ou moins étourdie, copiait avec
MANOU. COUfLET
précision les mou venu: ns Je l'adversaire sur l'échiquier de l'automate.
En terminant notre description de cette machine extraordinaire , nous ferons observer qu’on a assuré, .vins * j que jamais cette assertion ail été contredite , que, bien il que rautomale eût gagné de nombreux joueurs fort habiles, tous ses mouveinens, tous scs coups étaient dirigés par uu enfant caché dans le mécanisme, si bien que tous J ceux que cet enfant pouvait battre, étaient sûrs de l’être { par l'automate.
Le joueur de flûte.
Le célèbre Vaucanson construisit rautomale joueur de flûte, dont on trouve une description très détaillée dans les Mémoires de l'Académie des Sciences de Paris ; il parait que la tiguru avait environ cinq pieds et demi de haut; et quelle était assise sur un piédestal carré, dans lequel se trouvait une partie du mécanisme. L'air était admis dans le rorji* de l'androïde par trois tuyaux séparé», dans lesquels il était porté par neuf soufflets qui jouaient alternativement nu moyen d’un axe d’acier, mû par un rouage d’horlogerie. Ces soufflets agissaient sans produire le moindre bruit qui eût servi à faire découvrit la manière dont l’air parvenait à l’automate. Les trois tuyaux qui recevaient le vent dessouffléls aboutissaient ? : trois petits réservoirs placés dans la poitrine de la figure. Là , par leur réunion , ils en formaient un seul qui , montant |>ar le gosier, venait , par son élargissement , formel la cas ité bocale , et se terminait enlin en deux petites lèvres. En dedans de celte cavité était une petite languetti mobile qui , par vin jeu . pouvait ouvrir et fermer au ven le passage que lui laissaient les lèvres pour arriver jtisqu'i la flûte. Le» doigts, les lèvres , la langue, étaient mis ei mouvement par un cylindre en acier, mû lui-même pei plusieurs roues. Ce cylindre était divisé en quinze partie égales, qui , au moyen de chevilles ou cames, pressai) ] sur l’extrémité de quinze leviers différons, faisaient monte: j les bras opposés. Sept de ces leviers répondaient au- 1 doigts; ils étaient munis, d'un côté, de fils et de chaîne ' d’acier qui correspondaient aux doigts et les faisaient lever de la même quantité que leur autre extrémité étai abaissée par le cylindre , et vice vend. Ainsi l'abaissement
DBS SOUCtRBS.
à l'élévation de l'un des bras du levier produisait le même changement dans le doigt correspondant , et , de cette manière, l’un des trous de la llûte se trouvait , selon le besoin , ouvert ou fermé aussi bien qu’il aurait pu l’être par un artiste vivant. Trois autres leviers servaient à régulariser l’accès de l’oir , en ouvrant et fermant , par des soupapes, les trois petits réservoirs dont nous avons parlé plus haut. La force se trouvait ainsi diminuée ou augmentée , et il devenait facile de produire une note plus élevée ou plus basse. Les lèvres étaient dirigées par quatre leviers : l'un les ouvrait pour donner à l'air un passage plus grand; le deuxième les rapprochait ; le troisième les faisait retirer en arrière , et lequutrième les faisait avancer sur le bord delà flûte ; les lèvres s’avançaient sur le trou de la flûte, et modiliaienl les sons au moyen des mouvemensque nous venons de décrire. Le dernier levier correspondait à la languette de la bouche, qui s'ouvrait ou se fermait , et faisait parler l’instrument. L’ordre des différons mouvemens qu’exécutait l'automate était réglé par le simple mécanisme qui suit. L’axe du cylindre se terminait du côté droit par une vis sans lin , à simples filets, au nombre de douze ; ils étaient séparés les lins des autres d’un huitième de pouce. Au-dessus de cette vis était une pièce de cuivre immobile , à laquelle tenait un pivot d’acier qui tombait dans les filets de la vis , et obligeait le cylindre à les suivre ; ainsi ce cylindre , tout en tournant sur lui-même , était animé d'un mouvement progressif de droite à gauche. Par ce moyen bien simple , si un levier était frappé par un des camés du cylindre dans une de ses révolutions, il ne pouvait plus l’être par la même came dans la révolution suivante, parce que le mouvement latéral du cylindre avait mis la came et le levier à un huitième de pouce de distance. La disposition habile des différentes cames sur le cylindre faisait faire à la statue les mouvemens variés d’un joueur de flûte.
Le Magicien turc.
Le magicien turc est une petite figure de seize à dixliuit pouces de haut, qui tient à la main un petit marteau. Quand on le montre , on commence par l’enlever de la table où il est, pour faire voir à la société qu’il est en-
MiKCEL COMPLET
lièrement détaché et se lient debout. La personne qui le montre , après l’avoir replacé , lui demande s’il veut complimenter son maitre. Le petit Turc tourne la tète en signe de refus. Il lui demande alors s'il veut adresser ses hommages à la compagnie, un signe de tète exprime son consentement. On présente ensuite un jeu de cartes à une personne de la société; elle en prend une au hasard. Le maitre alors , sans voir la carte , sans approcher de l’automate . lui ordonne de frapper avec son marteau sur une cloche un nombre de coups égal au point de la carte choisie. Le petit Turc obéit à l'instant. On lui demande si la carte est un coeur , un carreau , un trèfle , un pique; et à mesure qu'on nomme une couleur, il fait un signe de tète, pour répondre conformément à la vérité. Il dit le point d'un coup de dés; il nomme, il compte même les points qu’amènera un deuxième coup avant que les dés ne soient jet» s. Un des spectateurs cache une petite ligure dans une boite divisée en plusieurs compartimens ; le petit turc indique dans lequel elle se trouve et à quel numéro ; entin . pour terminer gaiement la séance , on lui demande quel est le plus amoureux de la société ; il indique un vieillard à besicles.
La table sur laquelle est posé le petit Turc, est recouverte d'un tapis vert qui cache trois leviers mis en mouvement par des (ils de laiton passant par les pieds de la table et communiquant dans une chambre séparée. Le compère qui est caché dans celle chambre lire les fils selon le besoin , pour imprimer un mouvement aux leviers et aux manivelles placés dans la base de la petite ligure. Oncoinmunique |>ar là le mouvement requis au petit Turc de la même manière qu'on fait sonner une montre à répétition en poussant le houlon. Le maitre tient un jeu de cartes arrangées d’après un ordre connu. Afin que les spectateurs ne puissent soupçonner cet arrangement, il fait semblant de mêler les cartes, mais en effet il se contente de les couper, ce qui n'en change pas la combinaison ; lorsqu’une carte a été tirée, il coupe encore à la place où cette carte se trouvait , et par là fait passer sous le jeu la carte qui se trouvait immédiatement au-dessus de celle qui a été choisie. 1 1 jette un coup d’œil rapide sur celte dernière carte et sait par conséquent quelle est celle qui a été prise. Il interroge alors le petit Turc, et sa question est tellement
DIS SORCtHS.
posée, que les mots, les syllabes et les voyelles indiquent au compère la couleur etle point de la carte. C’est par le même stratagème qu’il indique aussi le nombre amené par le premier coup de dés. Pour le deuxième coup l’automate peut bien en dire d’avance le résultat, car on substitue d'autres dés qui marquent le même point sur toutes leurs faces. Comme la personne à qui ils sont donnés pourrait très facilement s’apercevoir de la supercherie , on a grand soin de lui recommander de les tenir soigneusement cachés dans sa main, jusqu’à ce qu'il les jette; on les relève immédiatement. On emploie encore des dés plombés, le centre de gravité les force toujours à présenter les mêmes faces. Comme la personne qui a jeté lesdés pourra désirer, soit par soupçon soit par hasard, de les jeter une deuxième fois, et que le retour du même point pourrait faire concevoir des doutes, on prend soin de les Jfaire enlever de suite et de passer à quelqu’autre chose.
La boite où l’on a caché la petite figure a un fond de peau très souple, de sorte que le maitre en la touchant sait dans quel compartiment elle se trouve , d’autant plus facilement que la figure est de dimension telle qu’elle pèse sur le fond de la boite quand celle-ci est fermée.
Le serin.
On montre un serin perché sur une bouteille, et qui chante à volonté les air qu’on indique. Il chante encore lorsqu’on le place sur différentes bouteilles ou sur différentes tables. Le souffle de son bec suffit pour éteindre une chandelle et pour la rallumer. Nous allons décrire le mécanisme de cet oiseau.
Derrière le rideau qui recouvre une porte de la cloison sont placés deux cônes métalliques 'creux. Ces cônes , qui sont de grandeur différente , servent de porte-voix à un compère et transmettent les sons à différentes parties de la salle , de même que les miroirs de concavités diverses réfléchissent les objets placés à diverses distances. Le compère qui contrefait le chant de l’oiseau , exécute l’air désiré. Il se sert de l’un ou de l’autre des porte-voix pour transmettre les sons à différens points selon la place de lu table et de la bouteille sur laquelle est perché le serin. Dans lecorpsde l’oiseau se trouve un petit soufflet à double vent, et entre ses pattes une petite cheville mobile
COHN*I
qui met le soufflet en mouvement. Cette cheville qui entre dans le cou de la bouteille , repose sur une pièce de bois qui ne peut être aperçue à cause de l'opacité de la bouteille. Cette pièce de bois est placée verticalement sur le fond mobile de la bouteille , sur lequel agissent des leviers placé» sous le tapis et auxquels le mouvement est communiqué par des Cls qui passent par les pieds de 1a table. 11 est <acile au compère de faire agir le soufflet au moyen de cette communication • et de faire éteindre la chandelle à ) oi* seau. Les spectateurs qui voient que l’air sort véritablement par le gosier du serin , sont nsseï disposés à croire que le» sons en sortent aussi. Quand le inaitre prend l’oiseau dans sa main , il fait jouer le soufflet avec son pouce et fait ainsi croire à la compagnie que l'oiseau chante sans le secours d’aucun mécanisme caché dans la table.
On a soin de mettre dan» le bec de l'oiseau un peu de fleur de soufre , de sorte que l'air qui en sort en est chargé et rallume la chandelle qui vient d'ètrc éteinte et dont la
mèche est encore en feu. >
Outre les automate* curieux quenous venons de décrire, ou rapporte aussi qu'un serrurierde Nuremberg construisit dans le seiiiènie siècle des automates qui battaient la caisse pendant que d’autres jouaient du luth. L'empereurCharles- Quint charma sa retraite en s’occupant de la construction d : semblables automates ou androïdes, nom que leur donnent les savons. On dit encore que le célèbre John Mulcr avait fait un aigle en bois qui vola à la rencontre de l'empereur Mavimilien, à son entrée dans Nuremberg, en 1470. Selon Labat, le général de Gennrs , qui , en 1 688 , défendit Saint-Christophe contre les Anglais , construisit un paon. Ces deux oiseaux avaient les mêmes dimensions, le même plumage que les oiseaux véritables ; ils mangeaient, ils buvaient , marchaient et avaient le même cri. Le mécanisme consiste en rouages comme celui d'une montre.
FODPÊF. PARLANTE,
Qui prononce, par le jeu de tet brut, les mois rara. Minait.
M. Maehel , mécanicien à Paris, a pris , en i8a4 • »n brevet d'invention pour la construction de cct automate dont nous allons donner la description.
Ftç, n8, planche a , vue de face.
Fig. 119, profil du côté gauche.
Fig. i3o , profil du côté droit.
Cette machine est formée d’un soufflet qui se placé dans le corps h de la poupée. La partie a de ce soufflet est un morceau de bois fixé intérieurement contre le dos de la poupée, et la partie b, qui est également formée d'une planche en hois, est mobile et fait charnière à l’extrémité inférieure c.
d. Morceau de peau formant soufflet entre les deux parties a b ,e, petite plaque de métal coudée à angle droit, et clouée sur la planche b du soufflet.
f, fig. 118, Bras gauche de la poupée, que l'on voit en particulier, ()g. i3i. 11 est attaché au bout d’un petit arbre horizontal g , qui porte dans l’intérieur du corps un excentrique « , au bas duquel est fixée une petite broche de fer en forme de gouge A, dans laquelle peut entrer le bout de la petite plaque de métal e , qui se trouve directement en face, et qui fait ressort latéralement. De sorte que quand on fait tourner le bras f, comme pour le porter en avant de la poupée , où, ce qui revient au même, lorsque la poupée semble présenter une main gauche, la broche k vient buter contre le bout de la petite plaquer, fait reculer par ce moyen , la partie b du soufflet jusqu’à ce que le bout de la broche h laisse échapper celui de la petite plaqùe e. Alors la partie b du soufflet , qui s’était ouverte, se referme d’elle-même, et le vent qui sort du soufflet entre dans une hanche / et produit le son qui passe dans le pavillon m, dans lequel se trouve placée une soupape n qui tient lieu de lèvres , et qui s’ouvrant et se fermant deux fois de suite, forme le son articulé des syllabes dont se compose d’abord le mot papa. Sur le côté du pavillon , est un petit trou p ( fig. i3o ), nécessaire pour former le son nasal. Ce son nasal, lorsque le trou est ouvert, donne le son labial M , auquel se joint la voyelle A, produite par la soupape. Lorsque le trou est au contraire fermé , il en résulte le son labial P.
Au-dessus du soufflet se trouve un clavier 0 , qui fait charnière en <7, où ii est retenu par une vis. Ce clavier repose sur un fil de fer .r, attaché sur le sommet de la partie mobile b du soufflet. C’ëst quand ce fil de fer se promène sous le clavier 0 , ce qui a lieu pendant tout le temps que Le soufflet emploie pour se fermer , que ce cia-
U A !VUEL COMPLET
3So
vier , par sa construction échancrée, fait ouvrir deux fois la soupape n , ce qui produit la combinaison des deux mots papa , maman.
Lorsque le bras gauche /"a laissé échapper le bout de la petite plaque e, il ne peut aller plus loin parce qu'il se trouve arrêté par une petite broche , ce qui l’empêche de tourner davantage, et on le fait retourner en arrière- 1 pour le reporter de nouveau en avant, si l'on veut reeom— 1 mencer à faire prononcer à la poupée les mots papa , q maman.
Quant au bras droit *, que l'on fait en particulier (fig. 1 33),. , il sert à produire deux effets différens : le premier esti d’ouvrir ou fermer, au moyen d'une clef t , ressemblant à' une clef de clarinette , le petit trou /> , f jig. i3o),danslequel sc forme le son nasal; le bout de la clef t est garni' d’un morceau de peau pour boucher le trou.
Le second effet . produit par le bras droit s , est de renforcer le soufflet; ce qui se fait au moyen d'excentriques placés en u . placés sur l'axe du bras, lesquels mettent en jeu la clef t qui bouche le trou p , et le ressort v .
( jig . ia8 et i5x ), dont l'extrémité supérieure est attachée à une pièce de bois * , qui est mobile sur deux tourillons qui terminent ses extrémités comme le montre h
fig- »5*-
L'extrémité inférieure du ressort u appuie contre h partie b du soufflet , pour la faire fermer et la rapproche! j de sa contre-partie <1. Par ce jeu du bras droit, il en résulte un renforcement de soufflet qui contribue à préci piler le son , à le modifier du faible au fort, et à le rendra aussi moins monotone.
Les pièces représentées au détail sous la lettre y son les coussinets de dessus, dans lesquels tournent les axe ! des deux bras de la poupée. Toutes les pièces de celli i mécanique peuvent être en bois, en métal et même ei , carton. Au lieu d’un seul clavier, pour produire les deur mots papa , maman, on en peut mettre deux , dont l'ui rendrait le son papa , et l'autre celui maman.
COMPTEUR MÉCANIQUE En forma de montre , ayant la propriété de battre de 4o à 5o coups par minute , à volonté.
MM. Denizet et Barrier ont pris un brevet d'inventioi
des soaci&ns.
pour le curieux instrument qui se trouve établi dans une boîte de montre ordinaire, dont le couvercle est en métal comme le fond.
Au centre du fond de cette boite est un bouton portant une aiguille, qui saille sur la circonférence du bouton ; en tournant le boulon avec les doigts, on fait parcourir à l’aiguille une portion du cercle des nombres gravés sur un arc ajusté sur la boîte de manière a être parcouru par l’aiguille du bouton , permettent de déterminer 1 endroit où 1 on veut arrêter l'aiguille, pour que l’instrument sonne, par minute, la quantité de coups indiqués par le nombre sur lequel l’aiguille est fixée.
Pour monter l’instrument , il suffit défaire tourner une petite plaque ronde ajustée extérieurement sur le lond de la boite , en dessous et tout contre le bouton dont on vient de parler. Cette plaque est percée d’un trou rond, par lequel on aperçoit, comme dans une montre , un carré qui sert, au moyen d'une clef ordinaire, à monter le régulateur. L’instrument étant monté, on peut le mettre en mouvement en tirant par le bas un petit bouton pratiqué à coulisse sur la circonférence de la boite , à droite de la queue de l’instrument. Alors le timbre fait entendre le nombre de coups indiqués par l’aiguille sur 1 arc du cercle où elle a été fixée.
A gauche de la queue du compteur, et toujours sur la circonférence, est un petit bouton de la sourdine qui frappe sur ce doigt et supprime le son du timbre. IJn peu au-dessous de ce dernier bouton , il s’en trouve un troisième qui est celui du toc ; si on le pousse du côté de la queue de l’instrument , il se fait entendre seul.
On suspend le mouvement de l’instrument en poussant le premier bouton du côté de la queue.
On peut établir de ces instrumens qui frappent jusqu'à cent coups par minute ; on peut en faire aussi à échappement , qui se distingueront par une grande régularité et par la durée du mouvement.