‹ Nouveau manuel complet des sorciers, ou la magie blanche, dévoilée par les découvertes de la chimie, de la physique et de la mécanique, contenant un grand nombre de tours dus à l'électricité, au calorique, à la lumière, à l'air, aux nombres, aux cartes, à l'escamotage, etc. Ainsi que les scènes de ventriloquie exécutées et communiquéesChapitre 9 sur 89 · U*MF[. COUPLET · texte numérisé non relu

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lignes de la. main est attribuée par les uns à Mars et par les autres à Mercure. La lettre A majuscule , formée et figurée dans le quartier de lu main . qui est dominée par Jupiter, est un pronostic de richesses; dans le quartier du Soléil. d’une grande fortune; dans Ig quartier de Mercure, des sciences ; dans le quartier de Vénus . de l'inconstance ; dans le quartier de Mars de la cruauté; dans le quartier de la lune , de la faiblesse.

Les sept premières lettres de l’alphabet, consacrées aux sept planètes , ont chacune leur signification particulière, lorsqu’elles se trouvent formées par les sept lignes de la main. Mais comme Iq ligure des lettres est différente dans plusieurs langues , dit M. Legendre, les lignes de la main doivent nécessairement avoir des propriétés différentes chez les Arabes, les Chinois, les Hébreux, les Grecs, les F raoçais etc.

Les petites marques blanches qu'on remarque quelquefois sur les ongles, sont, quand elles sont nombreuses, un présage que les appaaeuces sur lesquelles on compte sont vaines. Cardan assure ^qu’il avait lui-même sur les ongles de petites marques qui étaient des indices certains de ee qui devait lui arriver.

Il est des conditions qu'il est bon de faire connaître, afin que le chiromancien puisse réussir complètement. 11 faut qu’il n’ait ni amour ni liaitfe pour la personne qui le consulte. De son côté, celle-ci doit avoir sa main bien lavée et sans çalus, être à jeun . être dans un état complet de tranquillité , et doit éviter l’excès du chaud et du froid. Il se présenté une difficulté parmi les chiromanciens, sur la mai il qu'on doit consulter. Les uns soutiennent que la main droite est la significative chez les hommes ou chez les personnes nées de jour, tandis que. c’est la gauche pour les femmes ainsi que pour ceux qui sont nés de nuit. P’âutres prétendent le contraire ;’il en est enfin qui attestent que les deux mains sont également significatives. Dans celte divination , non seulement l’on observe les lignes de la main, mais encore leur largeur, leur longueur, leur couleur et leur profondeur; l'on examine aussi la forme et la grandeur de la main, des doigts cl des ongles. INous ne pousserons pas plus loin ces puérilités; les raisonnemens des chiromanciens se réfutent d’eux-mêmes, puisque Traisnier, dans le premier livre de sa Clnro-

DE* SORCIERS

mande, convient que de cent ipille mains, il n'y en a pas deux qui se ressemblent. De nos jours encore les bohémiens, connus également en Espagne sous le nom de Gilunos , lesquels se prétendaient originaires d’Egypte , disent la bonne aventure , ou mieux prédisent l’avenir par l’inspection de la main.

Cléidomancie ou Clcidonomancie.

Divination opérée au moyen d’une clef. On la pratique , à peu de chuse près, comme la llhabdomancie : souvent on écrit sur un morceau de papier le nom de la personne qu'on soupçonne d'un crime ou bien de celle dont on veut connaître lesecrel, et l’on entortille ce papier autour d'une clef que l'on attache à une bible et que l’on fait tenir par une vierge. Tout étant ainsi disposé , la clef doit tourner d’elle-même aux paroles du devin.

D'autres pratiquent cette divination en attachant avec une Ocelle cette clef à la première page de l’évangile de saint Jean , de sorte qu’elle est ainsi suspendue quand le livre est fermé. Celui qui se propose de découvrir par ce moyen, un secret , met un doigt dans l’anneau , et la clef tourne lout-à-coup.

Cette superstition est commune à plusieurs nations et particulièrement aux Russes , qui croient pouvoir découvrir des trésors par la cléidomancie.

Coscinomancic.

C'est ce qu'on appelle vulgairement tourner te sas. On suspend pour cela un crible sur le doigt. Si le crible , lorsqu’on prononce le nom de quelqu’un, fait un mouvement , s’il penche ou s’il tourne , cela signifie que ce nom est celui du criminel.

uaciy uomantte.

Divination par des anneaux sur lesquels on avait gravé des caractères magiques. 0

Gastromancie ou Garosmancie. .

On mettait entre ph-ieurs bougies allumées, des vases

euXrW?dSïii,leinSd’eaU foire; après avoir invoqué et interrogé les démons tout bas, on faisait regarder at-

SUKCIX COUM.IT

ten'.iveinfnt la surface de ces ■"ases par un jeune garçon ou par une jeune femme enceinte . qui voyaient la réponse dans des images tracées par la rétraction de la lumière, dans le verre. Une autre espèce de gasiromanrie était pratiquée par le devin . qui répondait sans remuer les lèvres. Celle-ci était plus conlorme à sa dénomination , pareeque l'on croyait que le devin parlait par l'cstomac.

Géomancie.

Divination au moyen de plusieurs points que l’on marquait au hasard sur la terre.

Gyromancie.

On traçait des lettres sur la circonférence d’un grand cercle, au milieu duquel on tournait jusqu’à se laisser tomber; on regardait alors les lettres sur lesquelles la chute avait eu lieu , et ce sont ees lettres qui servaient à la prédiction.

Ilydromancie.

Celte divination est attribuée par les uns à Numa , et par les autres à Joseph le patriarche, d’après ce passage delà Genèse : • La coupe que vous avez dérobée est celle-là même dont mon maître se sert pour les augures. • Saint Augustin en fait mention. Voici la manière d’opérer :

Un mettait dans lin vase un anneau suspendu avec du Cl, et, si la chose devait réussir, l’anneau, sans qu’on lui communiquât le moindre mouvement, frappait plusieurs fois contre le verre. L’on avait encore une autre méthode ; elle consistait à jeter dans l’eau trois petites pierres , et si elles se mouvaient en rond dYUes-tm'ines , celait un présagé de bonheur. L’hy droinancic s’opérait aussi par tous les accidens de l’eau. Les hydromanciens fent observer que , pour que ces expériences réussissent, il faut être dans certaines dispositions qui ne sc rencontrent qu'à certains jours et à certaines heures; il faut aussi non seulement être doué de la foi nécessaire , -mais encore d'une faculté naturelle et privilégiée. Autant eût valu qu’ils eussent dit qu’il fallait être ignorant , superstitieux et crédule.

Lébanomancic.

Cette divination se pratiquait en projetant des parfums dans un réchaud rempli de charbons ardens.

Lécanomancie.

Pour cette divination , on mettait , dans un poêlon rempli d’eau , des pierres précieuses et des lames d’or et d’argent , sur lesquelles étaient gravés des caractères magiques; après les avoir offerts aux démons, et les avoir conjurés par certaines paroles, on leur demandait la réponse à ce que l’on désirait; il sortait alors du fond de l’eau une voix basse, semblable, disent-ils. aux sifflemens des serpens, qui donnait la réponse attendue.

Nécromancie.

Cette divination a pour but d’évoquer les âmes des morts pour les interroger sur l’avenir. L’empereur Néron avait, comme nous l’avons déjà dit, une grande foi aux magiciens. Sur ce principe , il lit un grand nombre de semblables évocations, sans pouvoir obtenir le moindre résultat, et finit par se désabuser de la magie et des magiciens.

Onéirocritie.

Explication ou interprétation des songes. Cette divination est une des plus anciennes. Tout le monde connaît l’explication donnée à Pharaon par Joseph , et ses suites. l’Ëcriture-Sainte offre encore divers autres exemples des communications célestes données aux hommes , dans leurs songes. Nous le répétons , tout en respectant tout ce qui tient à notre croyance religieuse , nous ne pouvons nous dispenser de vouer nu ridicule ces interprétations puériles des songes, que des cerveaux creux recueillent soigneusement , et qu'ils ont imprimées de tout temps avec approbation et privilège , comme dit Voltaire. Il est quelques uns de ces iivres qui ont fait des espèces d’aphorismes de ces interprétations : ainsi , disent-ils,

RêTer des fruits hors de saison ,

Annonce mort ou trahison.

Songer qu’on perd ses dents, est un présage d’un malheur ou de la mort d’un de ses proches.

Rêver de chats noirs et de poules blanches , est aussi un mauvais présage.

MANUEL COMMÎT

Songer qu’on perd la vue , annonce la perle Je ses enfans. Si cYsl la tôle , les bras , les pieds , c’est la perte de son père , de ses frères ou de ses domestiques.

Songer qu’on a de beaux cheveux , et bien frisés , c’est un présagé de prospérité. S'ils sont au contraire négligés et en mauvais état, c’est un signe d’affliction.

Rêver des couronnas de fleurs clans leur saison, est un heureux pre?age ; il est mauvais , si elles sont hors de leur saison.

Songer à la mort , annonce un mariage.

Songer qu’on trouve un trésor, est une mort ou un chagrin.

Rêver en voyage , qu'on vous a volé la clef du logis , annonce qu'ou en a débauché la tille.

Songer qu’on se regarde dans un miroir, avant de se marier, ou bien qu'on a quelque chagrin , c’est un signe heureux; il est au contraire mortel pour ceux qui sont atteints de quelque maladie.

rocvoia oi l'imagination dans les hlves,

Le Cauchemar.

l\"ous allons retracer le portrait qu’en a tracé Darwin. ...Ainsi galopant sur son coursier nocturne , au travers des brouillards , au-dessus des élangs , des lacs et des marais, le malicieux cauchemar cherche une jeune Glle en proie au délire de l'amour , et plongée dans un sommeil accablant ; il descend , et s'assied en grimaçant sur sa poitrine. Elle voudrait marcher, courir, nager, voler, se trainer ; le démon hideux pèse sur son sein; il se dresse, se balance , roule sas veux de gorgone dans leur orbite sanglante; il prête l'oreille A scs accens plaintifs, et jouit de scs souffrances.

Onnmolomancie.

Prédiction de l'avenir d’après le nom propre des personnes. .

Ornithomancie.

Divination par le chant et le vol des oiseaux. i Onychomancie.

Celte divination se pratiquait en frottant d’huile l’ongle

DES SOECIBRS.

d’un jeune garçon ayant son pucelage; l'on chatifl'ait ensuite cet ongle au moyen des fumigations faites avec certains mélanges mystérieux. Le. jeune garçon exposait ensuite cet ongle au soleil , et l’on voyait. alors se peindre sur l’ongle l’évènement que l’on voulait connaître.

Pégomancie.

Pausanias dit que cette divination se pratiquait en faisant flotter un miroir , attaché à une petite corde, sur les eaux de la fontaine de Fatras , pour connaître l'évènement d'une maladie. Si la fontaine représentait un cadavre, cela présageait la mort du malade; si elle offrait au contraire une personne viyante , c'était signe de guérison.

Physiognomonie.

Ce sont les moyens propres à établir le caractère et les passions des hommes, a’après l’inspection des diverses parties du corps et de la figure. Ce dernier examen rentre dans les curieuses recherches de Lavater.

Pyromancie.

Divinationpar lesformcsel les mouvemens de la flamme.

Rubdomancic'.

Divination par la baguette.

Cet usage date de temps immémorial. Les rabdomanciens l’étendent à la baguette d’Aaron. D’après l' Exode, les magiciens de Pharaon se servaient aussi de baguettes. Strabon raconte que les brachmanes de Perse y recouraient: suivant Hérodote, les Scythes devinaient également avec des baguettes de saule. Chez les Alains la rabdomancie était aussi fort usitée. Les femmes coupaient des verges bien droites avec des euchantemens secrets, et, dans certains temps marqués fort exactement , par les mou- > vemens de ces verges , elles prédisaient l’avenir. Tacite dit que les Allemands recouraient à cette sorte de divination au moyen de petites baguettes divisées en plusieurs parties,^ sur lesquelles ils faisaient des marques particulières. En France, l'on trouve encore des partisans de ce genre de divination, qu’on nomme sourciers, pareequ'ils assurent qu’au moyen d'une baguette de coudrier ils dé-

UAITt'KL COHPLIT

couvrent les sources d’eau. L'un des plus célèbres est un nommé Rleton , qui avait acquis une grande réputation en ce genre , dans le dernier siècle . et dont Touvenel s'est rendu le panégyriste dans les deux volumes in-S« qu'il a ou la faiblesse de publier, sur les t ITets de la baguette divinatoire-. Ce médecin . d’ailleurs tort instruit , a entassé dans son ouvrage une foule de raisonnemens que les .progrès des sciences physiques ont entièrement réfutés , et que nous nous serions d'ailleurs bien gardé de combattre , puisque dans son enthousiasme il u'a pas craint de dire :

• Je doit prévenir les lecteurs incrédules, de quelque temps qu’ils soient, que toutes les objections, les censures , les raisonnemens . les discussions , ne pourront ébranler ma croyance; qu’il faudrait pourcela des faits contradictoires. recueillis en aussi grand nombre et avec autant d’exactitude que les miens. » N’en déplaise à M. Touvenel, les faits négatifs, pour- lui répondre, sont je crois assez nombreux. Ce Blcton prétendait, lorsqu’il était sur une source , éprouver une foule de sensations diverses; et d'après le récit de ce charlatan , M. Touvenel a décrit de bonne foi l’état normal et pathologique de cet individu , avant , pendant et après ses opérations. Nous croyons devoir en faire grâce auv lenteurs ; nous nous bornerons donc à leur faire connaître la manière de reconnaître les sources parla baguette. Nous allons laisser parler M. Touvenel.

Après une convalescence de trois mois, n’observe-t-on pas tous les jours la même chose sur les autres hommes , a l’égard des facultés physiques ou intellectuelles, spéciales ou communes . dont ils sont doues , et que les maladies interceptent ou détruisent pour un temps limité ou pour toujours ?

Quant à la baguette , de laquelle Rleton ne fait usage , comme je l'ai déjà dit, que pour faire voir aux assistons qu’il est sur une source, et non pour l’apprendre lui même, il ne s’en sert pas comme tous les gens à baguette, (car il paraît qu’il v a des Sourricrt cl Bnguelliers de plus d’une sorte . de talent bien diflY-ront). Il ne la serre ni ne. l’échauffe entre ses nunr.s , et il ne s’en lient pas comme les autres à la préférence d’un jeune rameau de coudrier, récemment cueilli, fourchu et plein de sève. 11 place horizontalement sur ses doigts index, une baguette quelconque qu’on lui présente ou qu’il trouve sur son chemin , n’im-

oes soaciEBS.

porte de quel bois ( excepté le sureau , de tous ceux que j'ai éprouvés), fraîche ou scelle indistinctement, non fourchue, piais simplement un peu courbe. Si elle est droite , elle ne fait que se soulever un peu aux extrémités, par de petits sauts, en faisant effort sur les deux doigts, mais elle ne tourne pas. Pour peu qu’elle soit courbe, elle tourne sur son axe, plus ou moins rapidement et plus ou moins de temps, selon la quantité et la force de l'eau. J'ai compté depuis trente à trente-cinq tours par minute, jusqu’à quatre-vingts et plus. Sur ce compte, et par l'habitude que j'avais de juger et les degrés de la convulsion et l’alte'ralion du pouls, je pouvais deviner à peu près levolume des sources, et je l’ai fait quelquefois d’une manière assez juste. Je ne prétends pas cependant que ces moyens soient infaillible, quoiqu’ils servent de règle au sourcier pour faire entreprendre des fouilles.

La marche suivant le cours de la source est plus favorable que la station, au mouvement de la baguette ; mais il a lieu néanmoins dans l'un et l’autre cas, si la source est suffisamment forte. Lorsqu'elle est tics petite , la baguette reste immobile , ou qe fait que se balance*en exécutant des epcces d'oscillations irrégulières, quoique la commotion à la poitrine et le tremblement des extrémités se fassent sentir, mais très faiblement. J’ai remarqué une proportion constante entre les niouvemens convulsifs du corps et le mouvement de rotation de la baguette, quoiqu’ils soient certainement bien indépendans l’un de l'autre. C'est aussi une chose très digne.de remarque que la position de l'homme sur la source etla direction de l'écoulement dccette source relativement à tel ou tel point cardinal de la terre , ne changent rien ni aux sensations ni au mouvement.

Mais ce qu il y a sans contredit de plus remarquable dansle tuitde la baguette, ce sonlles deux phénomènes suivons. Le premier est queBleton peut faire tourner cette baguette, sans qu’il l’ait'ni vue ni touchée, sur les doigts d un autre comme sur les siens, lorsqu'il les touche ou les approche, en se plaçant sur la source; ce qui n'arrive jamais sans cela. 11 est vrai que ce mouvement est beaucoup moins tort et moins durable sur d’autres doigts que sur le*s siens, et qu il y a aussi à cet égard de grandes différences entre les différons sujets que j'ai vu soumettre à cette épreuve. On verra par la suite des raisons plausibles deces

Il A 51' EL COMPLU

difleremecs, tenant àla constitution phvsique plus Ou moins mobile de chaque individu.

L'autre phénomène , bien plus étonnant encore, c'est que si llleloii , après avoir fuit aller sa baguette sur le trajet de la source , suivant son mouvement naturel de rotation , qui est d’arrière en avant . vient à s'en éloigner en suivant une ligne horizontale, inclinée ou verticale, quelconque et dans tous les sens, labaguette, qui cesse de tourner dès l'instant que cet homme a quitté la source, éprouve à une distance déterminée et invariable , un mouvement de rotation dans un sens contraire au premier, mais ne fait qu'un seul tour. Ce mouvement rétrograde, qui ne manque jamais lorsque la source est assez forte pour produire le mouvement direct , est pour Uleton, outre l'intensité et la durée de la sensation, qui, suivant lui, ne# trompe guère, l'indication de la profondeur, en estimant cette dernière parl'espace qu'il a parcouru depuis la fin du mouvement direct de la baguette , jusqu'nu commencement du mouvement rétrograde.

Sorti.

La prédiction jiar lts sorts date de la plus haute antiquité, puisqu'on en trouve dék exemples dans l’Ecrilure-Sainte. En eflet, c'est au moyen d'un sort qu'on dit que Josué devina la tribu, la famille , la maison de l'homme qui avait volé et caché un manteau , une règle d'or et zoo aides, après qu’il eut été défendu de rien garder de ce qu'on avait trouvé à Jéricho. C'est également par un sort que l'on connut que Dieu avait choisi Sniil pour roi ; que le prophète Jonasétait celui qui , par sa désobéissance , avait attiré la tempête; la contravention de Jonathos aux ordres du roi son père ; enfin le* apôtres même recoururent aux sorts pour l'élection de Mathias; et saint Augustin consulte les Epitres de saint Paul , pour savoir ce que Dieu voulait de lui. Cependantce père île l'Eglise semble lesdésaprouver,tout en y recourant lui-même. Ces sorts étaient ordinairement le résultat des mots et même des passages qui se présentaient à l'ouverture de certains livres. Lorsque l'on consultait ainsi les saintes Écritures, on le nommait le Sort de: Saintt. Ce mode fut très usité en France, dans les 5* et 61 siècles. Clovis, Chramne, fils deClotaire; Mérovée, Gis di Chilpéric, etc., y recoururent.

DIS SOBClIRg,

Malgré qu'on trouve des exemples des sorts dans l’Ecrilure-Sainte , cependant plusieurs auteurs, avec Pierre de Blois, les on l considérés comme des pratiques supersti lieuses et des sortilèges. Plusieurs conciles non seulement ont partagé cette opinion, mais ils ont même escommunié ceux qui recouraient au sort des saints: témoin le concile de Vannes, en 4G5; celui d’Agde, en 5o6; celui d’Orléans, en 5 1 1 ; celui d’Auxerre, en 578, etc.

Les historiens parlent d’une autre espèce de sorts qui fut en trèsgrandc réputation : cesontceux de Préneste. Ils consistaient en des morceaux de bois sur lesquels étaient écrits divers mots qu’on jetait comme des dés, ou qu’on remuait en tous sens , dans le coffre d’olivier où ils étaient conservés; un enfant en tirait ensuite un sur lequel se trouvait la réponse. A l’instar de Préneste, d’autres villes d’Italie eurent également leurs sorts : les principaux furent ceux d Anlium et de Tibur. Le plus souvent les sorts étaient des espèces de dés sur lesquels étaient gravés quelques caractères ou quelques mots dont on allait chercher le sens ou 1 explication dans des tables faites exprès. Dans quelques temples, on les jetait soi-même ; dans d’autres , on les faisait sortir de l’urne. C’est du premier mode qu’est venue cette façon de parler : le sort est tombé. On se préparait au tirage des sorts par des sacrifices , etc.

Des Tcraphims.

C’étaient des statues fabriquées sous certaines constellations, qui avaient le don de parler et de répondre à cert aines heures; il en est parlé dans l’Ecriture-Sainte. Suivant I orstius, c étaient des instrumens de cuivre qui marquaient la différence des temps et des heures. Bekker est d une opinion bien dilférente ; il soutient que ceux qui voulaient faire un téx'aphim. faisaient mourir le premier-né d un homme, lui fendaient la tête, et la frottaient avec du sel et de 1 huile. Après cela , ils écrivaient sur une lame u or le nom d un esprit impur, et la mettaient sous la langue de celte tête , qu ils appliquaient contre le mur avec des cierges allumes.; ils lui adressaient ensuile leurs demandes , cl en obtenaient les réponses. On a donné aussi le nom de téraphims à de petites idoles du paganisme-

IUXCEL COUPLET

Tcratoscopie.

Divination due à l’examen des prodiges, comme necouchcmens monstrueux , pluies de pierres , visions effrayantes , etc.

Xylomancie.

Divination au moyen de petits morceaux de bois. Celte espèce a la plus grande aflinité avec celle par la baguette.

tausuahs rw rmtsiRVATirs coutee la magie , etc.

Quoique l’on connaisse plusieurs sortes de talismans , cependant on donnait |«us particulièrement ce nom à des pièces de métal fondues et gravées sous certains aspects de planètes. On attribue leur invention à un Egyptien, connu sous le nom de Jaechis, qui virait sous lerègne de Sennyès. Il en est qui l’attribuent a Nécéplos, également roi d’Egypte, postérieur à Sennvès, lequel vivait cependant plus de deux cents ans avant Salomon.

Les talismans possédaient un grand nombre de vertus : les principales étaient de donner la connaissance de l'avenir , de guérir ou de sc garantir des maladies, de se préserver du mauvais air, des insectes, des enchantemens, et d’inspirer des passions (i). Albert , surnommé le Grand, u distingué les talismans purs astrologiques de ceux où il entre de la magie. La vertu des talismans a été soutenue par la plupart des philosophes platoniciens , et par un grand nombre d’auteursrsurtoul par les alchimistes. Pline même n’esLpas éloigne d’y croire. Dans son Livre xxxtx, il dit que le jaspe verdâtre est un talisman que tous les peuples

(1) Nous avons déjà parlé de cette femme dont Charlemagne s’était si fortement épris, à cause de i’anucau qu’elle portait sous la langue. Nous nous bornerons donc ù ajouter que saint Jérôme raconte qu’un jeune horqme étant amoureux, se rendit à Memphis pour y acquérir des connaissances magiques ; à son retour il plaça sous la porte de la demoiselle qu’il aimait un talisman sur lequel il avait gravé des paroles et des figures mystérieuses qui rendirent cette fillo éprise d’une passion effrénée.

DBS 60BCIKS3.

d'Orient portent, et que l’opinion commune était que Milon deCrotone devait ses victoires à la pierre alectorienne qu’il portait dans les combats. Elien assure que les soldats égyptiens, pour être plus courageux à la guerre, portaient sur eux dés Ggures de scarabés. L'on sait aussi qu’on attachait au cou des rois d’Egypte un talisman propre à les préserver de commettre la moindre injustice. Périclès même, au rapport de Plutarque, en portait un à son cou; on en pendait aussi au cou des enfans, pour les préserver des maléfices. L’on sait aussi que les triomphateurs romainsportaient sur eux de petites boîtes, que Paracelse a nommées Bottes aux influences. Ces boites contenaient les préservatifs qu’ils croyaient les plus propres et les plus puissans contre l’envié et ses effets. Naudé raconte que les habitans de Naples étaient affligés d’une grande quantité de sangsues, dont Virgileles délivra en jetant unesangsue d’or dans un puits. On lit aussi dans tes Amuscmens impériaux, que Virgile Cl une mouche d’airain, laquelle resta pendant huit ans atlachéeà une des portes deNaples, et que pendant tout ce temps la ville fut garantie des mouches. Apollonius de Thyane fit également un talisman pour délivrer les habitons d’Antioche des moucherons qui les dévoraient, Pour cela, il lit faire une procession à cheval ; les cavaliers portaient des images de plomb , représentant Mars : ils portaient aussi une épée et un bouclier attachés mystérieusement et uniformément, et tous criaient en même'tempset à plusieurs reprises:Ç8e la ville soit exempte tle moucherons. Un autre astrologue fil aussi une figure métallique, sous les aspects les plus convenables, pour chasser les mouches, et y grava mystérieusement les caractères les plus forts. Jules Seuliger raconte qu’il n’eut pas plus tôt exposé celle figure sur sa fenêtre, qu’une mouche s’y posa et fit ses ordures dessus. J 1

Alexandre 1 ralticn parle d un talisman contre la colique, qui est un anneau de 1er a huit angles, sur lequel doivent* être gravés ces mots -.Fuis, fuis, malheureuse bête, l’alouette te cherche. Celte gravure devait être exécutée au 17 ou au 21 delà lune. '

A Constantinople, 1 on voyait un serpent d'airain qui y lut place pour faire fuir les bûtes venimeuses.

utre les talismans eu métal, consistant en petites û-

MXXCBL connu

gurcs, en bagues (i), on en connaissait -d'autres en pierres précieuses cl même de toute antre matière. Certaines paroles ms stérieuscment prononcées étaient un talisman contre quelques aecidens. Ainsi , dans la campagne l’on trouve encore des pas sans qui se vantent de Savoir charmer on arrêter les effets du feu par ces paroles, suivies de six Pater et six Au» Maria : .Feu , perde ta chaleur, comme Judas perdit sa couleur en trahissant notre Seigneur, pour trente deniers ou environ , Seigneur ! Seigneur! D’autres, pour se préserver du mal aux dents, portent dans leur sein une dent d'un cheval , d'une mule ou d'un âne morts. D'autres, jiour être heureux, portent de la peau de serpent, de la corde dépendu, etc. Enfin, l’on-regardait aussi comme talisman , certains noms portés mystérieusement sur soi. C'est ainsi que Serenus Sammonicus, précepteur du jeune Gordien, ordonne, pour se délivrer de la fièvre, de porter, suspendu au cou, le nom abracadabra, entouré d'une toilede lin, d'en tirer chaque jour une lettre, en commençant par la fin. Abracadabra , abracadabr , obracadab , abracada y abracad, abraca . abrac , etc. Basilidès avait tiré A' Abracadabra sa divinité mystérieuse. Abraxas , qui se rapportait au soleil, comme le nombre des lettres qui composent le nom A’ Abraxas se rapporte, dit-il, aux 365 jours que la terre ou le soleil emploie à parcourir son orbite.

• aoo

Nous ne finirions point , si nous voulions retracer ic toutes ces niaiseries, pour former les archives des folies de j hommes.

(i) De nos jours on fabrique encore des bagues aus j quelles on attribue des vertus spécifiques contre la m graine , les maux de nerfs, etc.

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