‹ Nouveau manuel complet du bonnetier et du fabricant de bas, ou, Traité complet et simplifié de ces artsChapitre 15 sur 24 · DU MÉTIER À FABRIQUER LES BAS · texte numérisé non relu

DU MÉTIER À FABRIQUER LES BAS

Commwæsles tissus à mailles de toute espèce ne doivent être que le résultat d’une suite de rangées ou de plis qui entrent les uns'après les autres (voyez la PI., fig. b), une semblable contexture ne peut donc servir qu’à leur donner la propriété de s’allonger ou de s'étendre avec la plus grande facilité dans tous les sens ; ils doïvent par conséquent se-prêter aussi d’une manière parfaite à prendre toutes les formes des parties pour lesquelles on s’en sert lorsqu'on veut les couvrir ou bien les envelopper par leur moyen. C’est pourquoi il est maintenant bien reconnu qu’on ne peut parvenir à confectionner un tissu à mailles, quel qu'il soit, que par les procédés mécaniques, dans le détails desquels nous devons d’abord entrer avant que d’aller plussloin. ÿ

Nous ne craignons pas d’assurér qu'au premier coup d’œil, un métier à faire les bas pré-

Eee 1

sente toutes les apparences extérieures d’une complication assez grande; mais cependant pour peu qu’on vienne à le détailler et qu’on veuille le ramener aux principes élémentaires de sa construction, toute complication disparaît; il est done absolument nécessaire d’en avoir une idée bien nette, et de bien connaître l’ensemble de toutes les parties, aussi délicates que rapprochées, qui le constituent dans son entier, afin de parvenir à le bien comprendre.

D'abord, toutes les pièces, toutes les parties qui composent le métier à faire les bas, sont essentieMement subordonnées à un systèmesd’aiguilles à crochet ( voyez la PL., fig. 1 et fig. 6), placées à peu de distance les unes des autres dans une situation parallèle et horizontale. La quantité de ces aïguilles à crochet doit être égale au plus grand nombre de mailles que l’on veut obtenir pour arriver à faire la plus grande rangée du tissu que l’on veut fabriquer.

Maïs aussi comme toutes ces aiguilles se terminent antérieurement par un@crochet élastique a, qui, lorsqu'on le comprime; s’abaisse et entre dans une cavité y qui se trouve creusée

dans le corps même de aiguille, sur la partie

qui y correspond, c’est en elle que repose essentiellement tout le principe du métier à faire les bas. On pourrait même assurer que, si l’on n’eût pas trouvé le moyen d'exécuter ce crochet ainsi que la cavité de l’aiguille, on ne serait jamais parvenu à confectionner, par les procédés mécaniques, Vaucune façon aucune espèce de tissus à mailles. Aussi, pour bien apprécier et pour éclaircir encore davantage ce que nous venons d'avancer, il est nécessaire d'examiner dans tous ses détails ce que l’on doit opérer sur le système des aiguilles placées pour produire un tissu à mailles ou leéricots *

1°. Il faut étendre horizontalement un fil quel qu’il soit sur toute l’étendue du système d’aiguilles (9. 2).

2°. Replier ce même fil entre chacune des aiguilles, comme on a cherché à l’indiquer dans la jég. 3.

3°. Faire avancer aussi ce fil lorsqu'il est entièrement replié sous le bec de toutes Jes aiguilles. e /

4°. Tirer en avant un ezlacementMfait autour des aiguilles, même auparavant que d’étendre le fil : cet enlacement, parvenu au cro-

chet, enferme ce dernier pour lui donner moyen de passer par-dessus, afin de tomber entre les plis du fil qui s’y trouve enfermé ( fig. 4).

5°. Après avoir ainsi disposé la première rangée de mailles, les becs des aiguilles s’ouvrent et l’on retire en arrière la rangée de mailles qui se trouve terminée.

6°. Alors il faut étendre horizontalement un nouveau fil au-devant de cette rangée.

7° Le replier en festow”comme il a déjà été fait pour le premier fil.

8°. Le faire avancer sous le bec des aiguilles.

9°. Fermer les becs, avancer la première rangée de mailles qui passe par-dessus et retombe sur le fil plié renfermé dans les becs* alors la seconde rangée de mailles se trouve formée (fig. 5 ).

Pour terminer la troisième rangée, il faut retirer en arrière les mailles déjà faites, étendre ensuite un fil nouveau sur le devant, le replier et le faire passer sous le bec des aiguilles ; les enfermer, avancer les premières rangées de mailles qui se glissent entre les plis du.fil. Voilà, en peu de mots, toutes les manœuvres successives qu'il est besoin d'opérer; c’est même en

les continuant toujours de la méme manière que

l’on parvient à former les tissus à mailles ou le tricot. + | C’est bien celui qui met le métier en action qui étend horizontalement le fil avec lequel il doit former les nouvelles rangées de mailles; mais, pour les plier en festons, les faire avancer sous les becs, tirer en avant les mailles déjà terminées pour les faire passer au-dessus des

becs, et les glisser eñtre les plis du fil contenu 4

entre ces mêmes becs, il ne peut y parvenir qu’à aide desplaques de métal ou (des platines) (voyez fig. 7 et 8), égales au nombre des aïguilles. Ces platines portent des sinuosités à leur partie antérieure, qui sont tellement combinées, que, par de simples élévations des pressions verticales alternativement opposées avec de petites impulsions horizontales il parvient à produire tous les effets ci-dessus mentionnés. La ffg. 11 les représente de profil; la fig. 12 en est la perspective.

Une barre horizontale, désignée sous le nom de presses et qui se trouve coupée en biseau, ferme par le moyen du mouvement alternatif les becs des aiguilles lorsqu'elle les comprime,

et en s’éloignant elles se rouvrent par leur élasticité seule. ( Voyez les f£g. 11 et 12 pour en avoir une idée complète.) Enfin cette barre ou presse pour comprimer et fermer alternativement le bec des aiguilles, pour les laisser se rouvrir lorsqu'on vient à l’éloigner, doit. par conséquent ètre soumise à un mouvement que l’on puisse tenir dans des limites déterminées vu la délicatesse et la finesse des aiguilles, afin qu’elles ne soient pas brisées ou faussées lorsque . par son moyen on vient à appuyer dessus : g’est pourquoi on a donné à cette presse a deux bras recourbés &b mobiles autour des points cc. Dans la partie antérieure zx de ces bras, une barre recourbée dles réunit. Une pédale, adaptée au fût du métier , aboutit à la barre par une courroie qui y est attachée: en la comprimant, on abaisse la presse , dont l’abaissement se trouve réglé par une pointe à écrou y. La pédale, après avoir abaissé la presse, est relevée par un | contre-poids æ soutenu par une corde qui passe sur une poulie w.

Les platines doivent avoir deux mouvemens :

. 19. d’abord des élévations et des dépressions verticales, ensuite des allées et des venues hori-

zontales. Ces dernières lui sont imprimées par 1 les mains de l’ouvrier appuyées sur deux poi- ! gnées ee qui y sont adaptées. Les élévations et | dépressions verticales dépendent de l’action al- | ternative du ressort et des pédales, dont les cordes correspondent aux extrémités dé: la pièce ét fixée à la partie supérieure de léqui-

page des platines en produisant les dépressions

du système, qui se trouve ensuite relevé par un ressort » qui peut être plus ou moins fortement tendu par une vis p : ainsi un ressort et un contre-poids servent pour abaisser et relever les platines et la presse.

Mais comme toutes ces platines ne sont pas adaptées à un même système, comme elles n’agissent pas toutes en même temps pour plier en festons le fil tendu horizontalement sur les aiguilles, comme il est nécessaire qu’elles aient des mouvemens doux et réguliers ; dans le second système elles sont suspendues chacune à un petit levier horizontal, dont le milieu est fixé dans une fente pratiquée dans une barre M métallique qq, fig. 9 et 10, traversée par un axe qui lui permet d’avoir un mouvement de.

rotation; l’extrémité de chaque levier est ap-

appuyée contre une lame du ressort vertical rr. La barre gq est douée d’un petit mouvement de translation horizontale, et elle est fixée par deux roulettes &. Les lames du ressort rr servent à repousser la barre en avant; l’ouvrier lui donne

un mouvement contraire, afin que les deux sys-

tèmes de platines agissent d'accord et dans le

même plan.

Une autre barre ou presse ss, appuyée sur toutes les extrémités postérieures des leviers, et mise en mouvement par les doigts de l’ouvrier, en agissant sur les branches ww, les abaisse postérieurement en les comprimant pour les relever ainsi que les platines que ces leviers soutiennent. Le mouvement contraire s'opère à l'aide d’un chevalet 4 , qui, en parcourant avec

rapidité une tige horizontale placée au-dessous

des leviers, les oblige de s'élever postérieurement ;ce chevalet est mis en action par deux pédales qui agissent l’une après l’autre sur une grande poulie #. Ainsi, en divisant le métier

à bas en deux parties, le füt ou partie en bois,

qui soutiennent le métier proprement dit, et qui

servent à placer l’ouvrier et le mettre à même de pouvoir exercer ses opérations où ma-

146 40e" MANUEL nœuvres , ROUS donnerons la dénomination de | toutes les parties en fer qui le composent , nous ‘ indiquerons autant qu’il sera possible leur po= sition , leur jeu , leur usage et leur application.

Le fit est un bâtis en bois, solidement assemblé pour qu'il puisse résister aux secousses qu’il reçoit dans les diverses manœuvres et dans les mouvemens répétés du métier; il est com- 4 posé de deux pieds par-devant pour soutenir le * siége de l’ouvrier; de deux autres pieds parderrière, quisont parallèles, d’une traverse en bas, à laquelle se trouve attachée une patte, qui en arrête les marches; d’une autre traverse dans le haut du siége ; d’une troisième traverse allégie, parce qu’on y pratique ordinairement à la surface supérieure une éspèce de rainure assez large , sur laquelle l’ouvrier peut placer tout ce qui peut lui être utilé ou commode pour travailler; puis d’une quatrième traverse pour le contre-poids qui vient se reposer dessus; enfin de la traverse d’en bas. Les deux têtes du füt doivent être taillées en biseau à leur partie antérieure ; aux deux pieds du devant se trouvent deux pattes en fer, qui servent à le fixer solidement; sur les deux goussets#le siége de l’ou-

le }

DU BONNEÉTIER. 147

vrier est fortement fixé avec des supports et

des traverses : les montans du devant, leurs sup- … ports, les montans aux pieds de derrière, les

ouvertures pratiquées à chaque.tète, tout est fortement soutenu par des vis avec oreilles.

L’arrétantest un morceau de’fer fendu avec une ouverture oblongue qui peut lui permettre d’avancer ou de reculer à volonté sur la tête de la vis qui le retient aux côtés intérieurs des deux montans de devant; il est terminé d’un bout par une pointe qui sert à arrêter le crochet inférieur de la pièce du métier, qu’on nomme abattant ; il y a deux arrêtans, l’un d’un côté, l’autre-de l’autre.

Le petit coupæst une espèce de vis sur la tête . de laquelle se trouve une éminence à laquelle on porte le bout du crochet inférieur de l’abattant; quand par les petits coups on assemble les mailles, elle se trouve coupée en plan incliné vers le fond du métier, afin de permettre au crochet de s'échapper de lui-même; outre

cela, il y a encoré deux écrous à oreilles.

Deux brochesten fer, destinées à recevoir les bobines chargées de soie, de fil ou de laine préparée pour le travail, deux passe-soice au-

dessus, en fer, recourbés et percés de trous par à lesquels on la fait passer pour en régler la di- 4 rection vers les points de travail.

Le rouloir étoujours suspendu par deux pe- .

tits crochets, est un instrument qui se trouve au-devant du métier et qui ne sert qu'à plier « ou rouler l’ouvrage comme sur une espèce

d’ensuble, à mesure qu’il se fabrique. On y distingue plusieurs parties, une barre plate, qui en « maintient les côtés par l'extrémité supérieure; une barre ronde, qui s’ajuste dans les trous percés à l’extrémité inférieure avec la noix, la gächette, le ressort, le bouton#qui ne les laissent tourner que dans un sens, et permettent à l’ouvrage de s’envelopper sur elle et y rester tendu, à moins qu'on n’agisse sur le ressort de la gàchette pour le dérouler.

Entre les montans et dans Île milieu du fût, 1l y à trois marchesséparées dans une de leur extrémité par des carrés de bois qui, en écar-

tant celles des côtés, permettent leur jeu sur. 1 la traverse où elles se trouvent fixées. Un crochet de fer /de l’autre extrémité de la traverse du milieu, embrasse de l’autre bout la partie la plus basse de la petite anse. Deux cordes fixées

DU BONNETIER. MEAQ

à l'extrémité des deux autres marches traversent le tambour de la roue et la font mouvoir de droite à gauche et de gauche à droite, suivant le besoin. La traverse est aussi soutenue par des crochets attachés à ceux du balancieny les traverses et la roue sont fixées par de forts pitons.

Une poulie avec son fil de sote, “ui n'est autre chose qu’un fil de laiton avec une boucle à chaque extrémité : le fil avec lequel on travaille la traverse et l'empêche de s'arrêter en chemin; il se dévide uniformément dela bobine par l’espèce de tension qu’il éprouve; lorsqu'elle n’est pas assez lourde, on y attache une carte.

Le métier composé de plusieurs assemblages, offre d’abord Zes grandes pièces absolument pareilles qui forment le devant par leur saillie avant-bras et le derrière par leur hauteur d’équerreY avec une charnière et SE éminence appelée l'oreille de la grande pièces qui est percée de plusieurs trous, et qui servent à fixer par des vis la grande pièce sur la partie supérieure du füt. Les épaulières s’assemblent avec l’arbre et reçoivent dans des ouvertures analogues les extrémités carrées. L'arbre ge termine par un

se

carré et un tourillon souvent des épau- 4 lières reçoit le carré de l'arbre ct le tourillon est reçu dans le nœud de la grande pièce; ainsi | les épaulières sont fixées sur l'arbre, d’une manière fixe et invariable, maïs celui-ci est mobile dans les nœuds de la grande pièce. Au milieu de l'arbre se trouve une saillie désignée sous le nom dé porte-faix de Re chacun des nœuds des grandes pièces se trouve un bouton en forme de vis, qui peut s’enlever pour laisser couler l'huile aubesoin dans le nœud. Deux barres de derrières$ en bas et eu haut, s’attachent aux grandes pièces, en dehors et en dedans.

L'usage de ces deux barres est de maintenir les grandes pièces et de soutenir en même temps le porte-faix d’en bas, qui lui-même est composé d’une roulette, d’une chappe et d’un bouton, assemblage qui se fixe au milieu de la barre d’en haut et de la barre d’en bas, près le milieu de.laquelle se trouve aussi la gueule de loup. à |

Le balanciers fixé par deux vis à chaque extrémité des épaulières, est composé de deux barres parallèles assemblées; celle d'en bas est terminée par deux petits crochets qu'on peut »

hausser ou baïsser suivant le besoin par le moyen d’écrous à oreilles. Le grand ressortea -une extrémité terminée par un petit tourillon qui entre dans l’enfoncement du coup de pointe du porte-faix d’en bas, et son extrémité s’ajuste par un autre tourillon dans le bout de la vis, qui traverse celui d’en haut. C’est à l’aide de cette vis que l’on peut élever ou abaisser les

pièces portées par le grand ressort, qui sont | l'arbre avec les épaulières et le balancier.

Dans les charnieres de l'avant-bras des

| grandes pièces , sont adaptés des bras de presse

fixés par un bouton et par une goupille; on y distingue le croissant et la patte, qui est ellemême garnie d’une vis avec écrou à oreilles, appelée vis de marteau, parce qu’elle vient frapper, par son extrémité inférieure, sur les grandes pièces. C’est en allongeant ou en raccourcissant la partie inférieure de cette vis, qu’on parvient à faire descendre plus ou moins les bras de la presse. Sur chacune des pattes des bras de presse

- est fixée la grande anse ; aux deux angles de son

coude s'attache la petite anse par ses deux crochets ; une courroie vient passer sur la roulette du porte-faix d’en bas et s'attache par son ex-

trémité au milieu du coude de la grande anse, Ainsi, d’après la disposition particulière de toutes ces pièces, il résulte qu’en appuyant le pied sur la marche du milieu, le crochet sera, tiré en bas; que la grande et la petite anse et" les bras de la presse doivent descendre jusqu’à" ce que la vis du marteau, attachée au bras de” la presse, vienne frapper sur les grandes pièces" que dans ce moment la courroie attachée parson extrémité au milieu du coude de la grande anse sera tirée en bas par ce coude qui, en descendant, fera remonter la tige du contre-poids" ainsi que lui en même temps. Si on lève le pied « de dessus la marche, comme rien ne peut plus. le retenir, il doit nécessairement descendre, et," par la courroie qui passe sur ia roulette du porte- Ë faix, il fera remonter la grande anse, les bras“ de la presse, la petite anse, son crochet; ct lam marche rétablira toutes ces pièces dans la pre-w mière position qu’elles avaient avant la pressions tout ceci compose /a cage du métieraMaintenant v nous allons examiner ce que les ouvriers ap pellent J’ame. DA ue, 4 Elle consiste dans les deux pièces pareilles , désignées sous le nom de porte-grille/ou cha=«

À DU BONNEÉTIER, 153

… meau de la barre fendue% et de la petite barre . du dessous, munie d’un porte-roulette, garni

de sa roulette, du boulon avec sa goupille ; ces pièces servent à porter le bois de la grille et à

- le fixer par des vis avec écrous à oreilles, qui

traversent des ouvertures longitudinales : deux rangées parallèles de petits ressorts implantés perpendiculairement dans le bois sont ce qu'on appelle /a grilleŸ ceux qui forment la ligne de derrière correspondent exactement aux intervalle sque laissent entre eux tous ceux qui sont sur le devant.

L’extrémité supérieure de chacun de ces petits ressorts, renversée en arrière, forme un espèce de plan incliné; tout ce qui est immédiatement dessous forme une cavité qui résulte de deux autres plans inclinés, dont la rencontre forme un angle qui fait le fond de la cavité; la partie qui est en dessous en forme un quatrième, allongé dans toute l'étendue de la tige du ressort.

s/La barre fendue où fondue est remplie d’étain qu’on y coule à l’état de fusion, dans la partie inférieure du châssis; c’est ce qui lui fait donner ce nom, et on l’appellefferdue à cause des

154 MAN UEE TT ete LS fentes que laissent entre eux les petits carrés ? de cuivre dont elle est garnie. Quoi qu Al en soit, elle est composéetde deux chéssis de deux Sup ports, qui les unissent et les suspendent, qu'on . appelle pièces de commodité ; deux charnières 1 recoiven iles contre-pouces ; une d’elles est per. à cée à sa partie inférieure de deux trous, dans” lesquelles passe une goupille qui traverse en 1 même temps les deux côtés de la barre, 'et qui | fixe la charnière entre les deux côtés du châs= 1 sis. Les deux carrés de la partie supérieure de 4 la charnière sont percés dans le milieu, de même que tous les autres carrés et autres parties prises entrewles côtés du chéssis de la barré: fondue , pour recevoir les tirans.

Les cuivres distribués sur toute la longueur de la barre, la queue entre les côtés, tous exactement pareils, et parallèlement posés les uns M près des autres, laissent entre eux le même in. à tervalle et la même fente ; on coule alors l’étain " dans le dessous du châssis de la barre; il rem- ‘4 plit exactement les vides qui se trouvent entre M les côtés, et en entrant dans les trous des queues des cuivres, il les fixe d’une manière invariable dans la disposition qu’ils doivent avoir; c’est

| méme leur nombre ainsi que leur intervalle qui | sert à déterminer la finesse du travail, car plus le nombre de cuivres est considérable dans un espace déterminé, plus la maille qui doit en | résulter sera fine ou rapprochée. Le plus or- ) dinairement, on divise l'intervalle par parties : d’une longueur de trois pouces, et si dans ces | trois pouces on place vingt cuivres, on dit que

le métier est'ur vérigt ; Si on en met trente, c’est

| ‘un trente, et ainsi de suite; on en a vu placer | jusqu’à quarante-deux , mais c’est rare. Les dix-

huit, vingt, vingt-quatre et trente sont le plus

| ordinairement mis en œuvre pour tout ce qui

se fabrique pour leYcommerce de la bonneterie :

on désigne cette manière de compter par l’ex-

| pression de jauge du métier.

«La platine à ondes, dans laquelle on dis-

| tingue/a téte le bec yle dessous du bec Ma gorge,

“le ventre Ma queue. Celle-ci s'attache à une autre

pièce appeléetonde , fendue par sa partie anté-

rieure, qui a une éminence percée et une queue

terminée en pointe; la tête de la première s’at-

tache et sé meut dans la fente de la tête de celle-

ci, et ces deux pièces assemblées se placent dans les fentes que laissent les cuivres entre eux

156 MANUER 4 LA me dans la barre fendue , dé manière que l’éminence de l’onde et son ouverture répondent à à celles des deux cuivres entre lesquelles est pla- 4 cée la lance , et sa queue va jusqu’au fond de la ‘ cavité du ressort de la grillé; ainsi il faut au. tant d’ondes que de platines à ondes, autant des premières que de fentes entre les cuivres 4 et de ressorts de grille. Les queues des ondes. 4 doivent alternativement se trouver un peu pl $ longues et un peu plus courtes; dans. le Pre" micr cas, pour celles qui descendent jusqu’au k fond de la cavité des ressorts de grille de la M seconde rangée; dans-le second cas, elles ne. vont que jusqu’au fond de la petite cavité des ressorts de grille de la première rangée. Ainsi, les cuivres de la barre doivent tenir les ondes parallèles et les empêcher de vaciller à droite * ou à gauchewLe tirant ressemble à la partie an- M térieure d’une onde; son éminence est: pareille; n. elle est également percée; cependant il en dif fère un peu en ce qu’au lieu d’avoir l'extrémité M antérieure fendue, elle se trouye propre à être \ ajustée dansy/e porte-trant. Dans les charnières : SÉRT ONU contre- FPE leur Rue anté= ri

k éminénce il y à un trou comme dans les ondes selles et toute la partie postérieure est ter- | minée par un carré plat percé dans son midieu.

Ainsi, les contre-pouces, les tirans, leur charnières, toutes les ondes avec les cuivres,

sont traversés par une verge ronde appelée Moerge de la barre fendue , qui leur sert d’axe ou de point d'appui, et qui leur permet de se mouvoir librement sur elle ; à son extrémité se trouve une roulette dans son tourillong/ La bascule , appuyée sur les extrémités des tirans et des ondes, doit être disposée de facon que le bec du contre-pouce, avec le poids dont il est chargé, soit plus lourd que sa partie postérieure avec la parti&carrée de la bascule qu’elle soutient et la bascule elle-même , car l’usage du contre-pouce et dé son contre-poids est de faire “relever la bascule, ce qui arrive quand on cesse de presser le contre-pouce en dessous avec le pouce ; si au contraire on soulève avec les pouces les contre-pouces et leur contre-poids, la bas- cule abandonnée à elle-mémepresse sur la queue des ondes. La pièce de commodité, dans la barre fendue, porte un petit tenon sur lequel est

(ie

158. j MANUEL placé la barre à chevalet, qui traverse la queue des ondes, et qui ne porte que sur les grandes pièces. Dans le chevalet on distingue la barre, M la joue, le corps, VS de la corde et la roulette | de la barre; tout cet assemblage est mobile le long de la barre; c’est la même corde qui part d’une des S, passe sur une des roulettes, va s’'envelopper sous la roue du füt pour se rendre à l’autre S ; elle est clouée sur la roue. Ainsi j en appuyant sur la marche de gauche, elle fait marcher4le tambour de la roue de droite à gauche, et tire dans le même sens le corps du chevalet, qui parcourt toute la longueur de sa e

barre jusqu'aux arrêts; c’est le contraire si l’on appuie sur la marche à droite, et que le corps du chevalet soit à gauche.

V Le corps du chevalet, qui est en comble, plus élevé que la partie inférieure des ondes placées «

horizontalement , ne peut passer sous lesk

dégagement successif qui produit le cliquetis

ger des cavités des ressorts de grille; c’est ce ÿ

qu’on entend lorsque l’ouvrier travaille. Law bascule sert à faire descendre les queues des» ondes dans les cavités des ressorts de grille, et

ER re DU BONNETIER. 199 le chevalet à les dégager de ces mêmes cavités et à les faire monter. à

he Maintenant, si nous examinon$"/’4me du mé-

tier, nous verrons que tout ce qui tient à la barre

Mfendue est soutenu par la gueule de loup atta- | chée à la barre de derrière d’en bas, et qu’elle porte sur les deux rouléttes placées à ces deux | extrémités; que la roulette de la petite barre de | dessous du bois de grille entre et se meut dans la gueule de loup en même temps que les deux roulettes des extrémités de la barre fondue se | meuvent sur les grandes pièces , et qu’ainsi l’assemblage entier, qu’on appelleW’4mé du méter, peut s’ayancer en devant ou reculer en arrière. Nous avons fait l’'énumération de toutes ces parties et de leurs usages, il deviendrait ‘inutile de les répéter. Mais dans le corps de barre à aiguillon il se trouve une saillie sur laquelle est fixée Za queue d’aronde du corps de barre à aiguilles ; sa surface intérieure est plate; la supérieure est un biseau un peu convexe, tourné vers le fond du corps de barre sur lequel sont placées les étochiosy en la traversant par un tenon carré; elles avancent méme d’un côté au myeau de sa saillie , et de l’autre contre

160 MANUEL 4 . la queue d’aronde; viennent ensuite FR plombel à aiguilles rangées sur la queue entre les deux étochios ; le plomb porte à sa partie antérieurew une échancrure qui la remplit exactement; les | plombs à leur partie postérieure et par-dessus sont en talus. Les plaques des barres à aiguilles sont aplaties par-dessus, mais par-dessous leur partie antérieure se trouve un talus qui s ‘ajuste exactement avec celui qui est à la partie pos térieure du plomb à aiguilles. Ces plaques sont | fortement fixées sur le corps de barre par des vis qui les traversent ainsi que le corps de barre; ils sont donc immobiles et inébranlables entre | les plaques et la queue d’aronde.WZes corps de \ Jumelles sont aussi fortement fixés par leurs pattes sur le corps de barre à aiguilles; on y remarque leur extrémité supérieure avec la sail- { lie qui est au-dessous, percée dans son milieu et. . traversée par une vis qui peut avancer ou re" culerÿles moulinets sont placés perpendiculai- M rement sur le corps de barre et parallèlement À aux jumelles. On y distingue le corps, qui est terminé par un tenon carré, qui est reçu dans le corps de barre par un trou carré; Le ressort" mobile, dans une charnière, et qui le traverse

| de dehors en dedans, porte sur un autre qui le | relève; il est pourvu d’un tenon qui en soutient l'arbre, d’une croisée et d’une roue dentée; l'extrémité de la pièce qui le traverse recoit, dans un écrou ; sa vis, qui est mobile de bas en haut et qu’on nomme boîte ; elle est aussi susceptible d'admettre une barre de fer carrée, que le ressort courbe, fixé par ses extrémités aux côtés des deux boîtes, tend à pousser en avant, car la barre peut se mouvoir de devant en arrière, | monter et descendre à mesure que l’arbre du moulinet fait monter ou descendre les boïtes auxquelles elle est fixée.

Sans la plaque de l’extrémité des jumelles, qui soutient les épaulières, le grand ressort, en faisant tourner l'arbre du métier, soulèverait beaucoup plus qu’il n’en est besoin les épaulières et le balancier qui leur est attaché ; ainsi la plaque des jumelles traversée par une vis, appuyant contre les épaulières, les tient toujours à une hauteur convenable. Enfin, la saillie de la jumelle ne servant qu’à empêcher .

lépaulière de descendre trop bas quand on travaille une plaque parallèle à celle de la partie supérieure de la jumelle, et traversée d’une vis

dont la tête est en dessous, est préférable à la saillie immobile. Viennent ensuite la barre à platines et les abattans : dans la première se trouvent le chaperon et la queue d’aronde; on y fixe les platines à plomb à ses extrémités, et au niveau de la saillie il y a deux étochios. Les plombs à platines ont deux fentes à leur partie large; ils portent à leur partie postérieure une saillie dans laquelle entre, dans une. entaille correspondante pratiquée à la queue d’aronde, toutes les vis et plombs à platines où. ilssontsuspendus; outre cela, ilssont fixés contre le corps de la barre par le moyen des plaques attachées par des vis et des écrous.

V Les abattans, à leur face antérieure, portent le garde-platine, à la face postérieure le crochet de dedans de l’abattant, et sous leur partie-

inférieure le crochet de dessous des abattans. La barre à poignées, fixée au bas de celui-ci, recoit dans une gorge les queues des platines à «

plomb. L’ouvrier les tient dans ses mains, de- . manière que ses doigts passent en dessous et: que le pouce soit en dessus et s’applique contre la partie désignée sous le nom de pouce. On : l’appelle encore barre à boîtes, parce qu'elle en

forme une espèce dans laquelle sont enfermées les queues des platines à plomb. L’extrémité des abattans ajustée dans la charnière des épau-

… lières, les tirans pris dans celle du porte-tirans,

les pouces répondent au dessous de la partie antérieure des contre-pouces. Toutes les platines à plomb fixées dans les intervalles qui restaient vides entre les aiguilles, ajustées de manière qu'il y ait une platine entre chaque aïguille, toute la machine placéé sur son fût, il ne reste plus qu’à travailler.

Osservarion. Comme il est important que dans un métier à faire les bas il existe une précision extrême dans toutes les pièces qui le” composent , il sera donc d’une nécessité absolue que les intervalles des cuivres de la barre fondue répondent d’une manière aussi exacte qu’il sera possible aux ressorts de la grille, que l'épaisseur des plombs à aiguilles soit parfaitement composée, de sorte qu'il ne puisse pas se trouver un plus grand nombre de plombs à aiguilles que de platines à ondes, et que chacune des platines à ondes laisse tirer entre elle et celle qui La suit trois aiguilles, de même que les plombs à platines soient bien compassés pour

que l'épaisseur d’un de ces plombs soit double de l'épaisseur d’un plomb à aiguilles, que les deux platines que porte chacun de ces plombs se rencontrent bien dans les deux intervalles que laissent entre elles les trois aiguilles prises entre chaque platine à ondes; enfin il faut absolument que toutes ces parties puissentse mouvoir librement les unes entre les autres.

Voilà pourquoi on à imaginé des moules dans lesquels on coule les plombs à platines et à aiguilles dans l'épaisseur requise, parce qu’en voulant obtenir ce résultat avec la lime il deviendrait impossible. Ainsi il faut avoir pour un métier d’une jauge dounée un moule avec lequel 1} soit possible de réparer sur-le-champ les plombs qui manquent; les uns et les autres si doivent être exécutés sur des modèles qui ne puissent varier. |

Telles sont les pièces qui composent la construction des premiers métiers à faire les bas, et qui sont encore employés presque partout ; mais comme depuis quelques années ces divers moyens mécaniques ont reçu des modifications dont l’importance est de jour en Jour appréciée,

nous allons entrer dans quelques détails à ce sujet.

Dumétier à bas de M. Jeandeau.

Le plus remarquable de tous les nouveaux métiers à bas, est celui de M. Jeandeau, dont la description se trouve insérée dans le 2° volume des brevets d'invention. Ce métier, composé de deux assemblages en bois, porte plusieurs pièces en fer et en cuivre qui concourent toutes à la formation des mailles. Le premier, AA (Jig. *), est fixe et immobile; il sert à appuyer le second B, mobile auteur de deux charnières placées aux extrémités ce : l'assemblage fixé présente une plate-forme D, sur laquelle on établit une rangée d’aiguilles, et qui remplace la partie de l’ancien métier qu’on désigne sous le nom de la*barre aux aiguilles. Trois ordres d’aiguilles, fixées sur des plaques particulières de cuivre e ff gg, constituent la rangée; celui du centre en comprend soixante invariables: aux deux côtés, sont deux plaques de cuivre ff chargées de trente aiguilles, qui forment le second or re; des vis de rappel #A encaissées dans le corps de la plate-forme le font mouvoir. |

C’est par le jeu de ces vis, correspondant à des écrous placés aux deux extrémités de Ja plate-forme D , et à deux petites manivelles &, que les deux plaques latérales da second ordre des'aiguilles peuvent se déplacer en s’éloignant du premier ordre du centre : le but de ce déplacement est de recevoir en méme temps le troisième ordre des aiguilles gg qui sont placées en arrière, et qui sont mises en mouvement par le jeu de la même vis de rappel 2, et qui produit les vides successifs que ces aiguilles | viennent remplir après avoir fait un demi-tour sur leur extrémité inférieure ; il y en a quarante-cinq de chaque côté: leur mouvement s’exécute au moyen de quatre dents 77 (f4g. * ), que porte l'extrémité arrondie de leur axe , lesquelles engrènent dans quatre dents correspondantes 7, que portent les vis de rappel. Ces mêmes vis, en opérant les déplacemens des pla-. queslatérales, et formant par là des vides propres à recevoir autant d’aiguilles, font tourner en même temps sur leur axe ces aiguilles, qui, par leur situation nouvelle , remplissent exactement ces vides, Ainsi, cette nouvelle distribution donnant les moyens d'augmenter ou de diminuer

le nombre des aiguilles placées entre l’ordre du centre et celui des deux côtés, permet d’augmenter ou de diminuer les mailles, suivant le tricot qu’on veut obtenir : ainsi, par ce moyen, l’ouvrier peut introduire des nouvelles mailles dans les coins de bas, ou lier le talon ausoudepied sans faire de couture.

Toutes les aiguilles du centre et des côtés sont placées de la même manière que dans les autres métiers, mais sur la face antérieure des plaques de cuivre, dans un trou au fond duquel se trouve une vis de pression qui les y maintient fortement, et qui remplace le plomb fondu dont on fixe celle des autres: toutes, d’ailleurs, restent dans une situation horizon-! tale et immobile pendant le travail. TL’assemblage mobile B (#g.* et * ), porte le chariot p des roulettes , la rangée des platines g, et * la partie r qui fait l'office de presse. Le chariot p renferme deux roulettes; chacune d’elles est un assemblage de lames minces placées autour d’un axe mobile, qui sont obliques à la marche du chariot, lorsqu'il avance et que la roulette

inférieure parcourt la rangée des aiguilles ; :

chaque lame s'engage dans leur intervalle, plie

le fil étendu sur les aiguilles, et en se relevant pousse latéralement les plis sous les becs des aiguilles; mouvement qui produit deux effets essentiels , en pliant le fil et en l’engageant sous les becs. Mais comme le chariot porte deux roulettes opposées, elles sont susceptibles de satisfaire à l’aller et venir qu'exige le travail du tricot; ainsi la roulette qui, dans la première marche du chariot, travaille au cuecllissage ou pliage du fil qui est étendu sur les aiguilles, prend au retour la partie supérieure, et se trouve remplacée par celle qui parcouraïit les dents du peigne #: c’est pourquoi ces deux roulettes opposées font successivement l'office des platines à ondes et du chevalet qui existent dans l’ancien métier. | Le jeu d'aller et venir se fait d’une manière aussi régulière que facile, par le moyen du chariot qui glisse sur une lame de cuivre », le long de laquelle il est fixé d’une manière invariable, par deux liteaux à queues d’aronde ; outre cela, la roulette supérieure parcourant les dents d’un peigne # qu’on ajoute à une distance convenable entre les deux roulettes, elle soutient continuellement, au moyen de ces

“points d'appui la marche et l'effort de la rou- -lette inférieure ; enfin, à côté de cette dernière, « une lame de cuivre (fg. * ) maintient en dessous les aiguilles entre lesquelles s’opère le travail du cucillissage ; à chaque pas de la roulette, les platines qg (fg. * ) sont composées de deux lames en fer fortes et courtes ; la plus courte est en devant, la plus longue en arrière ; entre elles, il y a une gorge profonde : nous en indiquerons bientôt l’usage. Toutes les platines sont montées sur une verge de fer qui reçoit leur tête; à côté de chacune d’elles se trouve une rosette de cuivre qui les sépare; au moyen de ces interpositions , elles correspondent à l'intervalle des aiguilles avec lesquelles le travail est combiné; quelques unes des rosettes ont des queues qui traversent la barre aux platines et servent à les fixer contre elle.

Maintenant voici comment s'exécute la presse qui, dans les anciens métiers, est une pièce particulière qu’on applique sur le bec des aiguilles. Dans celui-ci, c’est le second assemblage que Von abaisse tout entier; par ce moyen, les rosettes qui séparent les platines, et qui, dans leur abaïssement, rencontrent le bec des ai-

guilles, les pressent suivant qu’il en est besoin

pour le travail des mailles. SP

Eu effet, à la partie inférieure du second assemblage, il y a entre les deux abattans une barre a qui tient lieu de tournette. Le tricot, à mesure qu'il se fait, s’enroule dessus; à ses extrémités se trouvent deux rouleaux bb, qui remplacent les poignées de l’ancien métier.

D'un côté, ces rouleaux s'engagent dans les vides latéraux de la tournette pour la mettre en action; de l’autre, ils correspondent à deux roulettes c c, situées au-delà des deux abattans, de manière à tourner autour d’un piton rond d, fixé d’une manière invariable au premier assemblage. Lorsque l’ouvrier prend les deux poignées bb, il les saisit de manière que les pitons ronds d occupent la partie supérieure des roulettes d'entrées c, et que le second assemblage s’abaisse dans toute l’étendue du diamètre de ces roulettes, de toute la quantité nécessaire pour presser suffisamment les becs des aiguilles. Alors les roulettes qui séparent les platines s’approchent des becs des aiguilles, et les compriment de manière à ce que les anciennes mailles passent ‘par-dessus sans ac-

L crocher, et que l'abattage puisse s’en suivre. … Lorsqu'on veut se servir de ce métier exé- *cuté en bois et en fer, qui est aussi bien moins coûteux et plus léger que les autres, on étend | Je fil sur une rangée d’aiguilles ; on y fait autant de plis qu’il y a d'intervalle entre ces aiguilles; puis, après qu’on a engagé les plis dans les becs des aiguilles, on fait passer, au moyen des platines et de la presse, les anciens plis sur les nouveaux , qui restent dans les becs, et l’on abat ces anciens; enfin, au moyen des platines et de leur gorge, on met en extrait les plis qui en attendent d’autres, qu’on introduit de la même manière.

Du métier à bas de M. VrArpoïT.

En supprimant la grande presse et tout ce qui peut sy rattacher, telles que lesgardeplatines’ la barre à poignée , qui sert à abattre louvrageyles petits cols et arrétans, M. Viardot a beaucoup simplifié le métier ordinaire. La pièce avec laquelle il remplace la presse est une lame de fer, terminée par des pivots qui servent à la fixer; il fixe ensuite les aiguilles dans

des entailles pratiquées sur une barre de: cuivre, où elles éprouvent un mouvement d’allée et de venue pour confectionner la maille. On fait le cueillissage de la même manière, et en continuant de presser sur la même marche; on opère l’assemblage ensuite lorsqu'on presse sur une seconde marche; on fait reculen/a Jonture à aiguilles , les becs se ferment en passant sous la presse derrière laquelle l'ouvrage s’abat au moyen de la barre fendue en cuivre, dans les entailles où les aiguilles sont logées,

Ce métier n’a besoin que de platines simples et à un seul crochet; trois marches suffisent pour toutes les opérations qui se font en six temps et sans autre bruit que celui du cueillissage ; tandis que, dans l’ancien métier, le même travail ne peut guère s’exécuter qu’en onze temps et avec grand bruit; le tricot qu’on obtient avec celui-ci est même, à égalité de circonstances , aussi régulier que celüi qu’on obtient sur les anciens métiers, parce que la barre fendue qui abat l’ouvrage reste toujours droite, tandis que les platines des anciens métiers sont souvent inégales de largeur, et s’usent constamment d’une manière très inégale. On s’en sert

même pour fabriquer des bas unis et à côtes d’une finesse plus ou moins grande.

Du métier à bas de M. DAuTey.

Ce métier est composé de sept équipages placés les uns sur les autres sur deux fortes tiges en fer solidement établies ; leur situation verticale diffère de celle qu'ils occupent dans l’an-

| cien métier, où ils sont placés et dans lequel ils

sont distribués horizontalement et en arrière des pièces qui servent au travail.

Le premier équipage est la rangée de leviers et devressorts à grilles, qui n’ont point la même forme que dans l’ancien métier ; ils soutiennent les platines mobiles par le moyen de coches faiblés dans la tête des platines où l’extrémité desleviers à grilles est engagée, et qui suppléent aux ondes qu’il a supprimées.

Le second équipage est celui des premières platines à ondes , auxquelles il a conservé Îles

mêmes formes , les mêmes dentelures et découpures que dans l’ancien métier; seulement il a pratiqué dans leur tête des entailles qui ser- #vent à soutenir par l'extrémité des leviers à grilles : outre cela, il y a joint des ressorts qui

accélèrent la chute des platines qui cueillenf'et qui font l'office du poids des ondes de l’ancien métier. |

\ Le troisième équipage est celui du chevalet, qui, en glissant le long d’une barre, fait successivement tomber les platines mobiles par une double marche de gauche à droite, et de droite à gauche, pour faire le ceuillissage ou les premiers plis dans le fil étendu sur la rangée d’aïguilles. | Ce quatrième équipage est celui de la rangée des aiguilles, aussi placées horizontalement et de la même manière que dans l’ancien métier ; elles sont toutes construites de facon qu’elles offrent d’abord la forme de crochets dans leurs becs, et ensuite celle d’aiguilles à têtes fermées.

Le cinquième équipage est celui des secon-

des platines appelées anciennementWplatines à plomb, établies dans une broche qui tient à l'équipage mobile du métier, et descendent convenablement pour l'assemblage des seconds plis; au-devant de la barre à chevalet il y a un peigne qui sert à régler l'intervalle des deux espèces de platines et remplace la*barre fendue ainsi que les plombs à platine.

tire

DU BONNETIER. 175 Le sixième équipage est celui de la presse, mais bien simplifiée et beaucoup plus légère ; ses branches, qui correspondent à la marche - par le moyen de laquelle on l’abaiïsse, sont très étendues : ici on la relève avec des ressorts, et le jeu de la marche pour l’abaisser est extrémement facile et simple,

Le septième équipage est celui du métier dans son ensemble , qui renferme dans un cadre mobile, et qui se balance facilement, plusieurs pièces des autres équipages; il sert au travail de la réunion des plis; et à celui du prolongement des mailles, tandis que l’usage des autres dont nous avons parlé prépare les différentes parties du tricot, dont ce dernier exécute le rassemblement et l’emploi.

Pour se servir de ce métier, on jette le fil'sur la rangée des aiguilles, puis l’on fait mouvoir le chevalet le long de sa barre; en écartant, par ce moyen facile, les ressorts et les leviers à grilles, on opère le cueillissage, ou plutôt l’on fait tomber successivement les premières platines mobiles sur le fil étendu sur les aiguilles, et l’on y forme, par cette chute entre les aiguilles, autant de plis qu’il y a de platines

et d’aiguilles prises de deux en deux. Lorsque

ces premiers plis sont terminés, on les double; pour cela on serre les pouces, on abaisse l'équipage du métier, et' l’on égalise ainsi les plis, en faisant agir les deux espèces de platines. Outre que, par ce moyen, on double les plis en les réduisant à moitié de leur première longueur, on remonte les premières platines mobiles, et on les replace dans l'endroit des leviers à grilles, comme il devient nécessaire pour le travail de la rangée des mailles qui va suivre. On remarquera cependant que l’auteur du métier à bas ordinaire n’a pas cru exécuter les plis qu’exigeait son tricot par une seule platine, et qu'il en a employé deux pour donner a ces plis la longueur convenable, dans l’intention de ménager le fil et l’action des pièces qui doivent concourir à cette opération, essentielle pour la perfection du tricot.

Cette préparation achevée, on termine le travail en serrant les pouces et en abaïssant l'équipage du métier, puis on le tire en avant pour donner les petits coups, et amener par ce moyen les nouveaux plis dans le bec des aiguilles ; l’on pousse ensuite l’ancienne rangée de

mailles en arrière, puis en abaissant la presse,

et amenant, par le moyen des platines cette | ancienne rangée sur le bec des aiguilles inté- Mrieurement chargées de nouveaux plis, à l’aide dela presse on parvient à faire passer l’ancienne rangée de plis par-dessus les nouveaux, et les abattre entièrement; cette nouvellesrangée de | mailles constitue essentiellement le prolongement du tricot : enfin on met en repos l’équipage général du métier qui a opéré ces dernières manœuvres , après avoir poussé en arrière les nouveaux plis suryles corps des aiguilles, de manière qu'on puisse continuer ce travail ainsi qu'il vient d’être dit. Ainsi, l'exactitude dans le travail , la douceur des mouvemens, le peu d'emplacement qu’il doit occuper, sa légèreté, puisqu'il ne pèse guère plus de quinze kilogrammes ; sa solidité, et le peu de bruit qu'il fait, par la substitution des ressorts aux contre-poids de la presse, sont les principaux avantages qui caractérisent le métier à bas de M. Dautry.

Du métier à bas de M. Bellemére.

M. Bellemère a composé son métier pour ser-

vir à l#fabrication du tricot à côtes par les orphelins entretenus par l'edrinses des, hospices; des bascules exécutent avec facilité le cueillissage de la moitié des plis : la barre à aiguilles mobile est fixée à un encadrement, tout l’équipage est poussé en arrière , non seulement par un levier en forme d’équerre , mais encore par une marche posée en avant; c'est M dans ce moment que se fait l’abattage des an- i

ciens plis, ensuite tout l’équipage revient en avant par un ressort qui agit lorsqu'on n’appuie plus sur la marche. Ce système de platines, qui remplacent celles qui sont à ondes, est soutenu par une barre au moyen d’un talon peu saillant; vient ensuite une autre barre sur laquelle s’accrochent des ressorts qui, adhérant aux platines par l'extrémité opposée, leur communiquent une certaine force lors de leur chute. Sur ces mêmes platines, se trouve un second talon qui détermine la longueur des plis par l’étendue des platines: à leur extrémité, il y à une échancrure en avant, et qui sert aux premiers plis du cueillissage: elles sont maintenues en place, et dans une situation parallèle par un peigne de fer ou de cuivre, qui

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