MANOEUVRES DE L'OUVRIER SUR LE MÉTIER A BAS
SEPT opérations principales composent les différentes manœuvres d’un ouvrier sur le métier à bas; elles ont toutes pour but la formation et la liaison des mailles du tissu dont il s'occupe. La première consiste, à cueillir, la seconde à fouler du pied et à former l'ouvrage; la troisième à amener sous les becs; la quatrième et la cinquième à prendre le bas et à faire passer la maille de derrière sur les becs; la sixième à abattre ; la septième à crocher.
Première opération 4CueëllirNIL faut, avant tout, nouer le fil, la soie ou la laine à la première aiguille, la passer ensuite sur et sous la seconde aïguille, la ramener dessus, la conduire sur la troisième, et lui faire faire le même tour, et ainsi de suite sur la quatrième et sur toutes les aiguilles suivantes; cette opération terminée, on le place sur la gorge des platines. Ce premier mouvement pour cueillir consiste à
prendre le fil ou la soie au sortir du dessous de la dernière aiguille et à l’étendre sur les aiguilles. Le second mouvement consiste à presser sur la première marche à gauche ou à droite, suivant le côté où se trouvera le corps du chevalet ; s’il est à droite, on pressera du pied la première marche à gauche ; il part de l'extrémité de cette marche une corde qui passe autour du tambour de la roue, qui le fera tourner de droite à gauche; et comme autour de la roue il se trouve une corde qui de là s’étend sur les roulettes de la barre à chevalet et depuis ces roulettes aux S du corps à chevalet, son corps glissera donc le long de la barre de droite à gauche; mais comme le comble du corps à chevalet est plus haut que la queue des ondes, il soulèvera en passant leurs queues, les chassera de la petite cavité des ressorts de la grille, et le dessous de la tête de toutes les ondes sera forcé de descendre sur la barre à moulinet, et s’y tiendra par l’action du petit plan incliné qui termine les ressorts de grille. Or, la tête des ondes ne pouvant descendre à: moins que les platines à ondes qui sont assemblées avec les ondes ne descendent aussi, mais,
| |. en descendant, Les becs des platines à ondes re-
montreront le fil ou la soie étendue sur les aï- | guils, l’entraîneront avec eux ; alors ils formeront des plis ou plutôt des béibtes entre la seconde et la troisième des aiguilles, entre la cinquième et la sixième, entre la huitième et la neuvième , ainsi de suite, de manière qu’il y ait toujours deux intervalles d’aiguilles où le fil ne soit pas plié entre celui où re se trouve former la boucle. |
Deuxième opération®Foncer du pied, et former l'ouvrage. Le premier mouvement se fait du
PA
| pied dont on a cueilli, et avec les deux mains louvrier prend la barre à poignée, de manière que ses pouces soient appuyés sur les pièces de ce nom,,ses mains en dessous, ses pouces en dessus; il fait ensuite trois mouvemens à la fois, il comprime du pied la marche dont il à cueilli en faisant marcher le corps du chevalet
de droite à gauche; il tire perpendiculaïrement avec les maïns, par en bas, la barre à poignée, et il presse fortement les pouces; alors il part des extrémités de la traverse qui passe sous le marbre, deux cordes avec leurs crochets, qui vont prendre ceux du balancier; la marche
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comprimée fait baisser la traverse, le balancier et les épaulières auxquelles il est attaché, et comme les épaulières reçoivent dans leurs charnières les abattans, et que la barre à platine y est attachée, il s'ensuit que l’action sur la marche fait descendre les abattans, la barre à platine, etavec celle-ci les platines à plomb.Maïs comme l'action des mains, appliquée sur la barre à poignée, tend aussi à faire descendre les abattans, la barre à platine et les platines, il est nécessaire que l’action des piedséaille ensemble et parfaitement d’accord. D’un autre côté, l’action des pouces contre les pièces appelées pouces4 tend à élever la partie antérieure des contrepouces, à faire baisser leur partie postérieure, ce qui applique la bascule sur les queues des ondes en relevant leurs têtes et leurs platines à ondes. Ces trois actions combinées tendent donc à produire deux effets contraires sur les platines à ondes et sur les platines à plomb : l’une pour abaïsser les platines à plomb, l’autre pour relever les platines à ondes abaïssées dans le cueillage. Le second mouvement exige que l’ouvrier ménage beaucoup ces deux effets contraires, et qu’il les combine finement et de manière que les
platines à ondes abaissées lors du cueillage re-
montent d’entre les aiguilles à mesure que les
» platines à plomb y descendent, en sorte que - les becs des unes et des autres se trouvent tous
de niveau sous les aiguilles. Il s’est donc fait, dans cette seconde opération, une nouvelle distribution de plis ou boucles de la soie ou du fil ; il s’est formé une boucle entre chaque aiguille, mais les nouvelles s'étant formées aux dépens des précédentes , de manière à être toutes égales et toutes.plus petites que les premières formées par les platines à ondes lorsqu'on a cueilli.
C'était pour donner lieu à cette distribution de la soie entre toutes les aiguilles, au rétrécissement des ondes formées par les platines à ondes , et à la formation des nouvelles, par les platines à plomb au dépens des premières, que l’on a été obligé de relever les platines à ondes par le moyen des contre-pouces; car sans cela ces platines tenant tendues sur les aiguilles les parties de soie, dès que les platines à plomb seraient venues s'appliquer sur ces mêmes parties de soie, elles auraient enfoncé les aiguilles ou rompu la soie, au lieu que les platines à
ondes remontant un peu, alors les platines à «
plomb remontent les portions de soie premières, «
qui, n’étant plus tendues, forment des plis ou.
des boucles sans les forcer. Comme les boucles des platines à ondes ne perdent que la quantité desoie qu’en prennent les deux platines à plomb de l’intervalle, sitôt que ces platines cessent, les unes de remonter, les autres de descendre entre les aiguilles, et que leurs becs sont de niveau, toutes les boucles sont égales, et la soïe se trouve distribuée entre toutes les aiguilles. Ceci suppose l'égalité des platines à ondes et des platines à plomb : alors la portion qui a été faite à la main se trouve sous les gorges des platines et l’autre sous les becs.
Troisième opération V4mener l’ouvrage sous becs. Ceci s'exécute en deux temps: par l’un, on remonte les abattans, par l’autre on tire en ayant la barre à poignée. Il est évident que pour abaisser les abattans et mettre les platines à plomb de niveau avec les platines à ondes, il a fallu vaincre l’action du grand ressort, qui, en agissant contre le porte-faix de l’arbre, tend à le faire tourner : or cela ne peut arriver qu’en soulevant les épaulières et les abattans qui y
sontsuspendus. Alors pour les laisser remonter, À il ne faut que lâcher les mains sans retenir la poignée en laissant agir le grand ressort et en tenant les pouces fortement appliqués contre | les contre-pouces ; alors.leur partie antérieure, relevée à mesure que les abattans remonteront, leur partie postérieure remontera d’autant : la bascule sera aussi appliquée sur la queue des ondes, dont la tête suivra le mouvement de la barre à platine, qui remontera avec les abattans , et les platines à ondes seront toujours de niveau avec les platines. L'autre temps consiste à tirer la barre à poignée en devant; voici ce qui en résulte : lorsqu'on tire en avant la barre à poignée, la barre à platines est tirée de même, car elle est attachée à l’autre au moyen des abattans. Les platines à ondes s’avancent en même temps en devant et toujours parallèles aux platines à plomb, parce que la barre fondue est contrainte de s’avancer par le moyen des tirans qui tiennent à elle des deux bouts, ainsi que les porte-tirans attachés à la barre à platines. Ce mouvement composé de ces deux actions fait élever les becs des platines au-dessus des platines ; les dessous des becs étant ame-
nés un peu au-delà des têtes des aiguilles, la
soie se trouve disposée de manière que la bran-w che des crochets de dessous les abattans est *
appliquée contre les petits coups.
Quatrième opératiom Former aux petits coups. w
Le premier mouvement consiste à laisser remonter l'extrémité des crochets de dessous des abattans aux petits coups; ce mouvement est joint presque au premier mouvement de l’opération précédente ; la surface en talus, ou le dessous du petit coup, se trouve appliqué à l'extrémité du crochet à la surface en talus; maïs comme le grand ressort tend toujours à relever les abattans, il tend aussi à séparer l'extrémité du crochet de l’éminence du petit coup. Le second mouyement consiste à retarder cette séparation par de petites secousses qui font un peu glisser le talus de l'extrémité du crochet sur le talus intérieur de l’éminence du petit coup; ces secousses ont aussi pour but d’aplatir et de corroyer la soie sous le bec des aiguilles, de la tenir tendue en devant et presque au niveau des becs. Pendant ces mouvemens il faut toujours tenir les pouces des mains appuyés contre les pouces de la machine, afin
que les têtes des ondes demeurent toujours ap- “pliquées à la barre à platines, que les platines à ondes et les platines à plomb soient toujours de niveau, car il est bien essentiel que toutes ces platines travaillent en même temps et également sur la soie.
Cinquième opération. Donner le coup de presse et faire passer l'ouvrage de dessous: la gorge des platines par-dessus les becs des aiguilles.
Le premier mouvement est d'abandonner les abattans à eux-mêmes, en tenant toujours les pouces de la main fortement contre les pouces de la machine , et les platines à ondes bien parallèles en tous sens aux platines à plomb ; laction du grand ressort fera remonter les abattans jusqu’à ce que les épaulières soient appliquées aux arrétans de l'extrémité des jumelles ; mais lorsque les abattans sont remontés à cette hauteur, alors le ventre des platines se trouvera à la hauteur des aiguilles. Le second mouvement consiste à appuyer fortement le pied sur la marche du milieu, et voici ce qui en résulte : la marche baisse en tirant à elle le crochet de la petite anse, la petite anse tire la grande âme, celle-ci fait descendre les bras
ca \
de la presse, et la presse se trouvéappliquée sur les becs des aiguilles, dont eile force les points à se cacher dans les châsses ; et tandis que la presse est sur le bec des aiguilles, le troisième mouvement consiste à faire passer l’ouvrage qui est contre les ventres des platines au-delà des châsses des aiguilles, ce qui arrive en tirant,la barre à poignée en avant, assez brusquement et horizontalement. Le quatrième mouvement consiste à ôter le pied de dessus la
marche du milieu, d’où il suit que rien n’empéchera plus la grande anse de remonter et de M faire relever les bras de presse, ce qui doit alors séparer la presse des becs des aiguilles, et permettre à la pointe des becs de sortir de leur châsses. 1
Sixième opération. Wbattre l’ouvrage. Un seul mouvement est ici nécessaire: il consiste à tirer la barre à poignée et à faire avancer les ventres des platines jusque entre les têtes des aiguilles ; c'est même par cette seule opération que la maille se trouve formée, car le reste n’y ajoute rien; il ne reste qu’à restituer l'ouvrage et le métier dans une position à pouvoir ajouter de nouvelles mailles à celles qui sont achevées, en
… rétablissant tout dans l’ordre où il était quand on a commencé à travailler. /
Septième opération Crocher MElle consiste dans un seul mouvement, mais il est le plus considérable ét le plus grand de tous les autres, car le métier est dans l’état suivant: les platines sont au niveau des têtes des aiguilles, et par conséquent le dessous des becs fort au-dessous des aiguilles. Les crochets de dessous des abattans sont au-dessus des petits coups, et les épaulières sous les arrêtans des jumelles. Pour crocher, on applique la branche du crochet de dessous des abattans contre les arrétans; on tire perpendiculairement en bas les abattans par la barre à poignée, en tenant toujours les branches des crochets appliquées à l’éminence des arrêtans qui dirigent ce mouvement. De cette manière, on fait descendre les platines à ondes et à plomb jusqu’à ce que la partie la plus élevée de leurs gorges soit à la hauteur de la tête des aiguilles ; ensuite du même mouvement continué horizontalement, on repousse les abattaïïs aussi loin qu'il est possible, pour laisser remonter le métier, qui va de lui-même s’arréter au-dessous deja barre à aiguilles, où
il rencontre un crochet prêt à recevoir celui qui est placé au derrière des abattans, et qui est designé à cause de cela sous le nom de crochet de dessus des abattans, dans ce mouvement: lehaut de la gorge des platines a emporté avec
Ini l’ouvrage qui était sous les becs , en le fai- «
sant glisser le long des aiguilles ; les becs des aiguilles sont vides; le dessous des becs des platines à ondes et des platines à plomb se trouve “entre les aiguilles que l'ouvrage fait; il est caché entièrement pour celui qui se met en face du métier, ou qui se trouve prêt à faire de gauche à droite ce qu’il a exécuté de droite à gauche.
Observations générales sur les manœuvres.
Ce que nous allons exposer ne doit être que pour servir de développement aux différentes parties qui composent le métier à bas, autant sous le rapport de leur configuration particulière que sous celui de leur effet et de leur connexité intime. En effet, en voyant la manière dont les mailles sont confectionnéesÿten examinant celle dont on les continue, on pourra bien mieux les envisager et en avoir une bonne
idée d’après la configuration et la liaison des pièces entre elles, et surtout d’après leur cor- ‘respondance avec les effets qu’on en obtient en les mettant en usage.
| Aussi, en commençant par les marches, elles sont au nombre de trois; c’est la même corde | qui va de la première au tambour de la roue, | et depuis le tambour à la troisième; alors, en | pressant avec le pied celle qui est à gauche, on | fera tourner la roue de droite à gauche, tandis qu'en pressant de même avec le pied celle qui est à droite, la roue tournera degauche à droite; la même corde, en passant sous la roue du füt oùelleest elouéeŸ va se rendre par une de ses extrémités sur une des roulettes de la barre à chevalet, et de l’autre sur la roulette de l’extrémité opposée en s’attachant aux S du corps. du chevalet.
Quant à l’arrétant, d’après ce qui en a été dit, il a fallu se ménager la facilité de l’avancer ou de le reculer en pratiquant, à la partie qui excède, une ouverture longitudinale; car, si elle était trop avancée en devant ou trop peu, le fond des gorges des platines ne pourrait plus venir chercher l'ouvrage abattu et vider les
se
210 | MANUEL, aiguilles, l’entraîner derrière, et donner lieu à. pouvoir continuer le travail. Au-dessous de l’arrétant se trouve le petit coup; sans lui l’ouvrier ne pourrait régulariser ses mouvemens : lorsqu'il forme l'ouvrage, lorsqu'il corrompt la soie amenée sous tes becs des aïguilles, il risquerait de porter trop en avant le dessous des platines et de rompre le fil.
Si nous passons au grand ressort, il sera facile de voir qu’il sert à relever les abattans sans qu’il soit nécessaire que l’ouvrier emploie de grands efforts. La vis qui sert à le relâcher ou à le tendre devient extrémement utile sous ce rapport. Dans les gueules-dé-loup% ainsi que dans les arrêtans, on trouve les mêmes moyens pour les hausser ou les baïsser. Afin de pouvoir ajuster d’une manière convenable la barre fendue ainsi que ses roulettes, le balancier, servant aux pieds à donner la facilité à la main de vaincre la résistance du grand ressort toutes les fois qu’il devient nécessaire de faire descendre les abattans, est d'autant plus urgent qu’il a été besoin de rendre pour l’ouvrier les mouvemens qu’il est obligé de faire et de répéter aussi souvent extrémement doux et faciles. Dans la
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- pate du bras de presse, la vis qui s’y trouve est. d’un trop grand avantage; sans elle il se
trouverait continuellement exposé à rompre
toutes les aiguilles, si la presse venait à s'ap-
pliquer trop fortement sur elles, ou à ne pas cacher leur becs dans leurs châsses, si elle ne s’appliquait pas d’une manière assez rapprochée. Les vis qui se trouvent aux extrémités des bras de presse, pouvant être allongées ou raccourcies, permettent de faire descendre ces bras au point juste où la presse s’appliquera sûr les becs des aiguilles avec la précision requise. Enfin, comme il aurait été forcé de perdre beaucoup de temps et se donner des peines qui eussent été inutiles, si à toutes les fois il eût été besoin de relever et soutenir la presse, le contre-poids qui «sert à cet usage est devenu d’une nécessité indispensable. Dans les portegrilles, on rencontre les mêmes avantages que dans les gueules-de-loup et les arrêtans; l’ouverture qui s’y trouve pratiquée permet aussi de les avancer et de’les reculer suivant le besoin et la volonté.’ Le porte-rouletté fixé au
milieu de la petite barre de dessous sert, avec
les roulettes qui sont à l'extrémité de la barre
212 . MANUEL fendue, à mouvoir en devant et en arrière tout l'assemblage (dme)/ que l’ouvrier fait avancer ou reculer toutes les fois qu’il tire à lui ou qu'il repousse les abattans. Ce n’est pas une des moindres perfections que d’avoir imaginé de rendre. par ce moyen tous les mouvemens du métier beaucoup plus simples et plus faciles. Les ressorts de grille étant disposés sur deux rangées parallèles et placés de manière que ceux de la rangée de derrière répondent aux intervalles que laïssent entre eux ceux qui sont sur le devant, on a pu leur donner assez de force pour qu’ils puissent remplir le but auquel ils sont destinés : ils auraient été beaucoup trop faibles et plus petits en les plaçant sur une seule rangée, composée de quatre plans inclinées, disposés en zigzagi Si la queue de l'onde est chassée de la cavité par le corps du chevalet, elle écarte le ressort, qui revient sur elle après sa sortie. et qui la repousse d’autant plus vivement qu’elle est alors placée sur un plan incliné; de même, quand elle est chassée de sa cavité en dessous par la bascule, elle écarte également le ressort, qui vient ensuite sur elle avec d’autant plus de vivacité qu’elle se
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trouve encore sur une plan incliné; il en est de même enfin lorsqu'elle est chassée de sa ca- Mvité par-dessus comme par-dessous; elle y est Mramenée, et elle ne peut y descendre que par échappement accéléré, puisqu'elle s’y trouve toujours conduite par des plans inclinés. La bonne construction des ressorts et l'égalité de leur action sur la queue des ondes, en montant comme en descendant, est un des plus grands avantages de leur mécanisme. Leur effet étant égal, les ondes descendent et restent fixes au méme point; en remontant, elles se tiennent aussi fixées au même niveau. Il y a même des métiers ou les ressorts et les ondes sont mobiles, et leur extrémité ne quitte point la cavité de ces ressorts.
Une grande difficulté est de parfaitement disposer les cuivres” de la barre fendue, puisqu'ils doivent empêcher les ondes de vaciller dans - leur mouvement de chute lors du cueiïllement. Ainsi le nombre des ressorts et de leurs intervalles, le nombre des cuivres et leur épaisseur, devront être dans un rapport déterminé; les ondes doivent y répondre par leur longueur, leur nombre, leur épaisseur ; dans les platines
214 MANUEL ; à ondes, c’est par le nombre et l'épaisseur; dans les platines à plomb c’est parle nombre, la longueur et l'épaisseur ; dans les plombs à pla- | tines , par le nombre et l'épaisseur, mais dans « les aiguilles, il n’est à considérer que le nombre « et l'intervalle, et dans les plombs à aiguilles le l nombre et l'épaisseur. De quelque jauge que M puisse se trouver un métier, tout ce dont nous M venons de parler doit être composé de la ma- « nière la plus exacte et la plus précise; plus il est fin, comme dans un trente-six ou un qua- # rante-deux, plus il est difficile d’arriver.
Les contre-pouces étant à leur extrémité chargée d’un contre-poids qui ne permet à la bascule d’agir sur les queues des ondes qu'à la volonté de l’ouvrier, il y a sur les ondes deux actions opposées pendant tout le travail qui succède au cueillement, suivañt le mouvement des abattans, et résidant dans la bascule. En effet, au moyen des pouces et des contrepouces sur la queue des ondes et l’action de la barre à platine sur leurs têtes, lorsqu'on tire perpendiculairement en bas les abattans, alors la barre à platines presse, au moyen de son chaperon, fortement sur leurs têtes, les entraine
dans la même direction, et les réduit à être
continuellement parallèles aux platines à plomb,
malgré l’action des pouces sur les contre-pouces,
et celle des contre-pouces, qui abandonnent la bascule à elle-même sur les queues des ondes;
ilen est de même lorsque l’ouvrier laisse agir le grand ressort et que les abattans sont relevés. | Par ces moyens, rien n’arrête l'effet des pouces, des contre-pouces et de la bascule : les ondes | se relèvent, les queues descendent, rentrent | dans la cavité des ressorts, ou plient à la volonté de celui qui fait agir le métier.
Après le cucillage, il devenait nécessaire que
| dans tous les mouvemens suivans les platines | à ondes et les platines à plomb fussent exacte-
ment parallèles les unes avec les autres et dans
| tous les sens, quoique les unes soient dans | la barre fendue et que les autres soient dans la
barre à platines; 1l a donc été nécessaire que la
première suivit tous les mouvemens de la se-
conde; c’est ce qui arrive par le moyen des tirans, qui répondent d’un bout à la barre fendue et de l’autre à la barre à platines, et par le moyen de roulettes fixées dans les gueules-deloup et dans les grandes pièces!: il ne faut pas
216 MANUEL perdre de vue que les ondes et les platines à. | ondes ont un mouvement propre debascule quim permet aux têtes des ondes ainsi qu'aux platines à ondes de descendre et de remonter in- ; dépendamment des platines à plomb, commen cela arrive quand il est besoin de cueillir. | En considérant les moulinets, pour en déterminer l’action, il est nécessaire de bien exami-« ner la configuration d’une onde en dessous, car lorsque le chevalet passe sous sa queue et qu’elle en fait descendre la tête, elle s'applique sur la barre du moulinet après que le corps du chevalet à terminé sa course ; ainsi, plus la barre w sera élevée , moins les têtes des ondes descen- * dront, les platines de même entre les aiguilles, moins aussi les becs des platines lescendront audessous des aiguilles dans le cueillement : par conséquent les mailles seront RU lâches que les plicatures de la soie entre les ai-4 guilles seront grandes; et comme la barre à moulinet est contenue dans des boïtes qui peuvent être élevées ou baïssées par les arbres qui les traversent, il est facile de l’approcher ou “ de l’éloigner: de manière que le tricot devienne plus ou moins serré. L'usage du ressort qui la
DU BONNETIER. à17
- fait aller en arrière et revenir en avant se rat-
| tache à l'opération du crochement, qui consiste
à faire descendre les platines jusqu’à ce que les gorges soient un peu plus bas que les têtes des aiguilles, et que ces gorges puissent embrasser l’ouvrage qui remplit ces têtes et l'emporter en arrière.
Mais pour y parvenir, comme la barre à moulinet sur laquelle les têtes des ondes étaient placées après le cueillage se trouve éloignée des têtes des aiguilles , 1l a été nécessaire d’amener les têtes des ondes et les platines qui y sont âttachées en devant; c’est ce qu’on fait en tirant à soi la barre à poignée et les abattans. On a fait descendre les platines et les têtes des ondes auxquelles elles sont assemblées , afin que les gorges des platines se trouvent situées un peu au-dessous des têtes des aiguilles, ce qui arrive en tirant les abattans aussi bas qu’ils peuvent descendre et en se laissant diriger par les arrétans. Voilà pourquoi les ondes sont évidées en dessous ; afin qu’elles ne portent point sur la barre à moulinet, et pour qu’elles puissent, au . moyen des gorges, remporter l’ouvrage de dessous les becs des aiguilles en arrière, l’ouvrier,
en tenant la barre à poignée, pousse les gorges des platines en arrière; alors le talon de la tête des ondes rencontre la barre à moulinet, qui est assez mobile pour que l’ouvrage soit emporté comme il convient. Le ressort circulaire qui réagit contre la barre la remet dans sa prémière situation , où elle peut recevoir la tête des ondes dans leur abaïissement, qui aura lieu lors du premier cueillement. Sa roue est dentelée pour savoir de combien on la hausse pour relächér et de combien on la baisse pour resserrer les mailles ; et comme il est extrémement important de le faire également de chaque côté, il . devenait impossible de pouvoir s’en assurer de toute autre manière.
On a pratiqué aux jumelles deux arrétans, l'un en dessus, l’autre en dessous : le premier sert à retenir dans une justé hauteur les épaulières et les abattans qui y sont assemblés malgré l’action du grand ressort; le second est pour empêcher dans le crochement les épau-
lières et les abattans, et avec eux les gorges des
platines, de descendre trop au-dessous des têtes des aiguilles et de rompre l'ouvrage. On distingue dans les platines quatre parties princi-
x : KE Mr DE A ES
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pales : 1°. le bec, qui sert à prendre le fil ou la
soie étendue sur les aiguilles pour faire, par le . cueillement, les plis ou les boucles ; 2°, le dessous du bec, qui amène la soie pliée sous les becs et la courroie ; 3°. le ventre, qui abat l’ouvrage ; 4°. la gorge, qui le reprend et le reporte en arrière ; enfin la queue, qui s’emboîte dans la barre à poignée et empêche la platine de vaciller. Le garde-platines, quand par la troisième opération on amène l’ouvrage sur les becs des aiguilles, avec le ventre des platines, empêche Je choc de la presse appliquée sur ces becs, et qui se défigureraient ; il permet à leur ventre d'approcher assez pour que l'ouvrage soit bien amené sur les becs pendant qu’ils sont comprimés, mais non de frapper la presse, car il rencontre assez tôt ses bras pour que cela m'arrive | point en les relevant un instant auparavant | qu'ils ne puissent atteindre les platines. e
- Des instrumens nécessaires à l'entretien du métier à bas.
Nous avons déjà fait plusieurs fois mention de l'exactitude et de la grande précision qu'il fallait apporter dans les pièces qui composent
220 ‘MANUEL la mécanique d’un métier, et surtout dans celles
de toutes les parties semblables qui doivent con-
courir à un méme travail ; il est reconnu quela
régularité des mailles dépend essentiellement du jeu exact de toutes les platines, tant à plomb qu'à ondes, et que cela supposait une égalité parfaite et la plus grande uniformité d’arrangement dans toutes ces pièces : alors on ne pourra guère y parvenir qu'autant qu’elles auront été coupées sur un même modèle ou fondues dans
un même moule et taillées sur un même ca-
libre. On se sert pour parvenir à remplir ce but de moules ou patrons en acier trempé, qui ont la forme requise et déterminée, d’après laquelle’on taille les cuivres et leurs intervalles,