‹ Nouveau manuel complet du bonnetier et du fabricant de bas, ou, Traité complet et simplifié de ces artsChapitre 22 sur 24 · PRO OT NS · texte numérisé non relu

PRO OT NS

ployer que dans cette circonstance. Quant au précédent , il ne diffèresdes métiers ordinaires que par les garde-platines et par la presse, qui, au moyen de quelques changemens assez peu importans, peuvent servir à toutes les variations et dans tous les genres de tricot.

Du tricot chine x dl tricot mélangé 1 Jeurs Sages.

Le tricot chiné se fait avec deux, trois, quatre, cinq ou six brins de soie, teints de différentes couleurs et mélangés avec d’autre soie propre à faire le fond de l’etoffe. Quelquefois on fait rencontrer les mailles de la même couleur à la suite les unes des auires; elles représentent desVcolonnes flammées; on mélange le mieux qu'il est possible plusieurs couleurs ensemble et dans la méme direction; on oppose.

les mailles de couleurs semblables ou différentes, de manière à trancher sur le fond; on fait des. compartimens ,% tantôt réguliers $ d’autres fois. irréguliers; enfin, l’on ne fait aucune attention. au chinage, et le hasard plutôt que les combinaisons sert beaucoup dans le résultat qu’on peut en attendre, ce n’est même qu'après des tentatives plus ou moins certaines qu'on doit se.

flatter d'obtenir ce que l’on cherche quelquesfois vainement.

Dans, le: tricot mélangé, au lieu d’une matière teinte en chiné, on prend des soies teintes en entier ‘de couleurs variées et différentes les unes des autres; on les dévide pour les réunir, on les tord sur l’ovale en réglant le tors au moyen des rouages, et de cette manière on exécute sur le métier ordinaire avec des matières de couleurs différentes , après qu’elles ont été doublées et torses, des tricots unis, à côtes ou autrement, pour faire des bas, des gilets, des habits ou autres pièces de vêtemens ; et de

même que les tricots doublés , ainsi que de ceux en dorures, on fait deswestes “<hinéesŸ barrées, \ mélangées #tigrées , etc. ; leur largeur ordinaire . est de treize pouces sur le métier; on les apprête sur douze pouces et demi de large et double sur la longueur , en forme de sac, et la partie repliée des lisières cousues l’une à l’autre, Quant aux habits, leur tricot est fait sur seize pouces de large et apprêté sur quinze; il est rare qu’on varie sur ces grandeurs pour un habit complet; la pièce est de dix aunes, souvent en cinq pièces de deux aunes, le surplus

servait à faire des culottes courtes ; maïs à pré-

sent on n’en fait plus usage; enfin, tousles tri-

cots bigarrés,\ brochés ,/guillochés y'cannelés ; bouillennést, à grains d’orge ,\ pluchésyvelou-

tés, ciselés dans le genre du velours, ne sont.

plus employés pour la confection des vêtemens comme ils pouvaient l’être autrefois.

Du tricot pluché. /

On travaille ce tricot à la manière ordinaire, excepté le pluché, dont la soie ne se passe que lorsqu'on a jeté et cueiïlli celle du fond, d’où il résulte qu’il y a deux fils, un pour le fond, l’autre pour le pluché. Pour l’exécuter, on passe la soie qüi lui est destinée sur et sous les aiguilles, de trois en trois, et l’on enélaisse trois vides ainsi altérnativement sur toute la rangée. La partie de la soie des trois aiguilles laissées , en passant sous celles-ci pour aller sur les trois aiguilles suivantes, passe autour d’une baguette en bois de trois lignes de diamètre, qu’on tient de la main gauche, tandis que la droite conduit cette soie partout où elle doit passer. Lorsqu’elle est arrivée, on fait la rangée à l’ordinaire, et avant que de crocher , on

coupe la soie sur la baguette, qui a toujours été poussée à mesure que l’on a travaillé ; pour cela, il ne faut que serrer un peu la soie sur la baguette, afin qu’elle coule plus facilement. Ces soïes coupées flottent en dessous et y sont

| pluchées; ce travail, aussi long à exécuter qu'il | est coûteux, n’est guère propre aux usages de | la vie, parce qu’il se ploque et forme des bou- | chons noués , après surtout qu’il a été mouillé ; | et si par hasard on vient à le peigney, il s’arrache, et la chaleur qu’il devrait procurer ou | entretenir n’est pas assez grande pour établir | une compensation marquée. On pourrait même | encore, au lieu d’une baguette en bois, passer È Je fil de soie sur le doigt avant de le couper et

| à mesure qu on travaille ; mais outre l’ inégalité qui en résulterait dans la longueur du poil,

| le temps que l’on perdrait serait encore plus

Du tricot velouté, /

Avec une presse dentée et sur un métier or- | dinaire, de manière à avoir une aiguille levée let une autre baissée, et alternativement sur

312 MANUEL on en commence une seconde, à laquelle on fait 1 prendre beaucoup de matière, en abaïssant les moulinets par un levier placé dessous, qu’on |

ôte à peu près de même que la gâchette, placée dans le petit métier à faire les bas à côtes. On assemble , on forme à l'ordinaire , on relève le ; métier en haut, et l’on comprime avec la presse dentée, non pour amener les anciennes mailles ! ; sur les nouvelles, mais pour passer la verge can-* nelée ss fer à velours; on croche l'ouvrage et l’on fait deux nouvelles rangées, la première | pour le fond , la secondé pour être coupée; on fait ainsi deux ou trois rangées à couper etau« tant pour le fond du tricot; enfin ces rangées doivent toujours être alternées, de manière qu'il | y en ait une pour le fond, l’autre pour étre À coupée ; de là il résulte que la presse ne doit point agir sur les mêmes aiguilles, à la seconde” comme à la première ; celles qui sont paires ses faisant toujours sur les mêmes aiguilles et les à smpaires sur les autres, on ne doit couper!

que la plus anciennement faite, de méme que* dans le velours ordinaire. On relève la presse. et l’on abat le fil qui sort en-decça des têtes! des aiguilles, et qui est enveloppé par les mailles ;4

celles qui se trouvent en arrière et celles qui | étaient dessus , en avant la verge cannelée, pas- | sée comme le fil d’or dans les tricots de cette ‘espèce, abattues de même en avant , les mailles ayant toutes la même disposition. Coupé à l’en- | vers, ce velours, dont le travail esttoujours long, se fait avec une grande quantité de soie, mais il n’est pas susceptible de se soutenir parce qu'iln’est jamais suffisamment garni ; il est bien éloigné de faire une belle étoffe.

Page 1