MANOEUVRE DES BATIMENS
et dans cette embardée ^ le navire conservant eMore une grande portion de la vitesse aoquise précédemment, se trouve agir presque contraîremetit à la vague snivaiite, laquelle se dirige ou sur le travers, ou quelquefois mdme sur une des joues de Tarant Si le bâti* ment se maintient dans T allure de vent-ar-* Itère ^ elle i^eii embarque pas moins , surtout à bord des navires très étroits de Tarrière, èt les résultats de ces accideus sont des portions d*BCcastillage et du navire même enfoncées ou enlevées, ou l'embarquement à bord d'une grande masse d'eau, dont le oh€M> et le volume peuvent compromettre sa sûreté s'il est très eo&é. Dans certaines marines f des ordonnances réglementaires veulent qu'on tienne la cape, autant que la chose est pos« siUe ; o'est-à--dire autant que les qualités des navires permettent de s'adapter A cette alhire, ci ces ordonnanoes sont motivées sur des faits aussi positifs qu'ils peuvent l'être , quand ib a'àppuyeiil sur des événemens dont les résultats sont presque toujours sinistres»
il*estbiett Trai que beaucoup de navires à voiles ordinaires n'ont pas la qualité de pourvoir , dans les grands mauvais tems f se bien tenir & la cape, o'est^diredans une position
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la plus rapprochée possible du lit du vent. La grosseur des vagues et Tioipossilitlité de pou* voir présenter une voile qui résiste au vent en sont souvent la oause immMiate, et quelques bfltimens^ après de grandes embardées ^ rcf oivenl souvent le vent et la mer par la hanche de derrière 9 perdent leur inertie ^ et aequièrent une vitesse qui devient nuisible . quand le «a vire se rapproche de nmivean du lit du vent; en effet ^ si cette vitesse, qui ne e'amortit pas instantanfimeiit « s'accorde avec l'arrivée d'une vague ^ les conditions sont en* eore toat«-à-fait convenables pour qu'elle embarque à bord.
Dans de pareilles circonstances de mauvais temsy les bâtioiens à vapeur ont un grand aTantage sur les batimens à voiles; leurs façons particulières de l!avant évasé en tulipe^ leur puissance motrice peu élevée qui a la faculté d'agir indépendamment de celle du ventj^ son application en avant du centre de gravité et de figure sont toutes des conditions éminemment favorables au soulèvement et à la résistance du navire contre la grosse mer , peut-être à sa marche contre elle, et à l'ac- |ioo du gouvernail pour le maintenir c^ans le
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lit du TeDt f on dans une poaitioQ qni en éoit la plus rapprockée possible.
Ud de nosbâtimens & Tapeur de la force de i6o chevaux fut assailli par un coup de yent debout de N O. très yiolent. Quoique le nom* bre de coups de pistons fiQtréduitaiusiquecela* arrive dans le mauvais tems^ la machine avait toute son action possible^ et le navire paraissait fatigué. Le capitaine se décida â laisser arri« ver (i) ; mais le navire, qui alors était dans une position rapprochée du lit du vent , inclinait assez pour annihiler Taclion de la roue^ du Vent 9 tandis que l'autre contrariait le mouvement d'arrivée; aussi» fut-il très long^ et quand le navire fut en travers à la lame, il en reput une qui faillit lui causer de graads dommages. Or, cette même lame, par son choc, fit casser la barre du gouvernail; le navire revint aussitôt à la cape , et il fallut bien par force rester dans cette position jusqu'à ce que cette avarie fût réparée ; alors au lieu de laisser arriver de nouveau, on pensa à diminuer Paction de la machine, et le bati-
(1) Daiis CCS cas-là , plutôt que de laisser arriver , il convient mieux , selon nous , de modérer Taction de la machine , eu fermant les registres à vapeur convenablement.
ment se comporta très bien sous cette allure de cape |osqu*à la fia du coup de ¥eot«
Mous remarquerons I eu passant j que si on eût arrâté la machioe pour laisser arriver^ et qu'en même tems on se fût aidé d'ua petit foc pour abattre^ le natire aurait fait son éfolution en peu de tems, et aurait évité le eonp de mer do traters qui loi cassis s» barre.
Le 1 1 9 la et i3 février i82i$ » à L-époque où tant de navires se perdirent sur les côtes d'Afrique 9 et où la SIéditerraQée fut couverte de si nombreux débris^ le Crocodile ^ b&tirment à vapeur de la force de i6o chevaux, se trouvait en mer; il supporta la tempête pen*daot deux fours f non sans avaries ^ it est yrat^ mais des avaries qui n'interrompirent point long-tems le service actif de ce navire. Voici ce qui arriva : ce bâtimeotétait parti le 1 1 février de Toulon pour Alger avec un gros tems et un TentdeM. N. O. violentmais favorable pourse rendre à 9a destination. Dans la nuit du 1 1 au 1 a le vent devint teUment impétueux et la mer si grosse ^ que le navire se tirouvait dans une circonstance de tems semblable & celle dont nous avons parlé plus h^uxU La route était vent-arrière , et bien que le capitaine de ce navire peosfit que l'allure de la cape lût pré-
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tbtM^f kl hùmt route qu'il ùimi l'mgagéa à résister le plus long-tems possible et à s'y nafntenlr.
Dans la matiaée du i d , la tempête avait atteint ûa accroissement tel , que les vagues furieuses se sucoédi^eut sans interruptioD ; les voiles même, sous Tallure du vent arrière^ étaieut eulevée»^ déchirées^ et le navire oiar'chait avec une rapidité inimaginable. Il n'était plus tems dè venir à la cape ^ non que ie bâtiment n'eût pu résister sous cette allure, mais parce que^ pour y arriver^il fallait pa8<^ aer par la peipendieulaire du vent et de la direction des vagues avce une grande vitesse, et que iodubitablemi^t le navire eût été défoncé dans cà moment j^ar quelque violent coup de mer. A s^t heures et demie du malin 5 ttant 10 et 1 1 nœudsdroit dans la direction du vent arriére, une vague énérmechoqua le navire de l'arrière un peu par tribord, et le coup fut si violent, que toute la partie de l'accastillage do tribord située au«dessus du plat^bord, et couh prise depuis l'arrière jusqu'au tambour, fut ^ enlevée. La memtNrure fut cassée aunlessus de la lisse du plat- bord, et tojit ce qui se frouvatt'sur Ife pont tût brisé ou emporté à là mer; enfin, la roue à aubes de tribord fut
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lâchée de 8on axe. Cette Tagm déposa i bord
une quantité énorme d'eau qui descendit et s*éleTa dans la cale jusqu'à une hauteur de sà métresi • au point que plusieurs foucna^ux en furent éteiots; cependant ^ on continua la reqte vent arrière 9 tout en se dirigeant sur Maliouy dont on ne devait pas être éloigné.
Or 9 aTaut d'arri?er à ce port ^ la machiiie fat arrêtée^ on maintint le nanre vent arrière; nms il ne filait plus alors que S ncrads tout au plusy parce qpie les roues s'opposaient à la marche du narire, yoir même cdie qui s'était détachée^ parce qu'en s'appliquent contre le bord 5 elle était parvenue à se fixer de nou- Teau sur l'arbre de eouol^ qui ataiii une for* me conique.
Le capitame du Criwodite avail trois points en vue , d'arriver à Blahon pour réparer le navire^ ou s'il manquait ce port^ de mettre à.la cape derrière les lies Baléares^ où il espérait trouver la mer moins furieuse. £u<^ fin 9 il avait aussi en vue, en cas qu'il man* 4nât l'abri des Baléares , d'arriver le plus tard possible sur la côte d'Afrique.
Or^ nous venons de dire que le navire^ sans cesser de ftdre bonne route , ne filait plOs que 3 no&uds sous l'allure du vent arrière et