‹ Nouveau manuel complet du chandelier du cirier, et du fabricant de cire à cacheterChapitre 14 sur 87 · XI. PROCÉDÉ DE FONTE DES SUIFS PAR LA TAPEUR · texte numérisé non relu

XI. PROCÉDÉ DE FONTE DES SUIFS PAR LA TAPEUR

Brevet pris par M. J. -B. Riom (Jean), à Paris.

La fonte des suifs en branche , opérée comme elle l’a éti jusqu'à présent, offre les inconvénients graves, 1° de no pas fournir toute la quantité de suif qui peut être réellement séparée des membranes; 2° de donner au suif une couleur rousse; 5° de le produire dans les conditions telles que le chandelier est dans l’obligation de lui donner ce qu’on appelle le filet d’eau, pour eu séparer la boulée, moyen qui ne réussit que très imparfaitement et a toujours ceci ae vicieux, qu’il dépose dans la masse du suif des gouttelettes d’eau qui nuisent à la bonne qualité de la chandelle , soit en la faisant couler , soit en la faisant pétiller.

Les moyens suivants parent à tous ces inconvénients; on coupe le suif en branche avec un couteau , ou , pour mieux faire, on le divise avec un appareil mécanique; il en est plusieurs qui peuvent servir à cet usage.

Le suif en branche ayant été coupé et divisé , on le jette dans une cuve en bois de grande dimension ; cette cuve est munie , à sa partie inférieure , d’un tuyau ou serpentin en métal , qui est percé de trous par lesquels s’échappe de la vapeur d’eau; ce serpentin reçoit cette vapeur d’un générateur avec lequel il est mis en communication au moyen d’un tuyau: l’action prolongée de la vapeur sur le suif en branche a pour effet de dissoudre les membranes, et de mettre à nu le suif qui en est séparé et vient surnager le liquide produit par la condensation de la vapeur ; on peut accélérer cette fonte en se servant soit d’une cuve en bois herméti-

Î uement fermée, qui permet d’obtenir une température de 1U à 115 degrés centigiades, soit en employant une chaudière à cylindre clos , fonctionnant sous une pression de plusieurs atmosphères.

Le suif obtenu parle procédé qui vient d’être décrit, retient souvent une teinte grisâtre, ou peut manquer de limpidité; on remédie efficacement à ces deux défauts, en lui faisant subir un traitement à l’albumine.

Voici comment on procède : on prend cinquante blancs d’œufs pour autant de fois quatre mille livres de suif qu’on veut clarifier ; on bat ces blancs d’œufs avec une verge , et

on les t erse par très petites portions dans la cuve : il est nécessaire que dans ce moment le mélange du suif et des blancs d’œufs soit favorisé par une forte ébullition; l’albumine forme une sorte de réseau qui se concrète instantanément par la chaleur , et entraîne , en se déposant, toute les substances étrangères tenues en suspension. Après une heure de repos , on décante le suif et on le conduit par un tuyau , dans un appareil propre à obtenir l’évaporation de l’eau (ju’il peut contenir. Une chaudière à large surface pourrait être employée ; mais, pour éviter les coups de feu et la coloration , il convient mieux d’employer l’appareil à cuire les sucres. Uu serpentin , convenablement disposé dans le fond d’une cuve ou d’une chaudière, et contenant de la vapeur tendue , paraît être l’appareil le plus convenable. En maintenant pendant quelque temps le suif à une température de 1 15 à 120 degrés centigrades , on le dessèche complètement sans le colorer.

Le suif ainsi obtenu est sec , blanc, cassant, sans mauvaise odeur, et ne donne ni déchet ni bouléc lorsqu’on le fait fondre : la chandelle qui en est faite brûle sans fumée ni cendres , et peut être mouchée beaucoup moins souvent que la chandelle que l’on trouve aujourd’hui dans le commerce.

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