XV. APPAREIL PROPRE A LA FONTE DES SUIFS ET GRAISSES
Brevet d'invention de 10 ans , en date du 18 mai 1838, au sieur Leioup , à Xantes.
L’appareil entier opère à vase clos , il donne un rendement supérieur à celui que l’on peut obtenir par les autres procédés; les produits sont incomparablement plus beaux , l’opération est moins longue et conséquemment plus économique sous le double rapport de la main-d’œuvre et du combustible.
Cet appareil se compose de 5 pièces , non compris un laminoir cannelé pour diviser les suifs et graisses , lequel a été modilié suivant les besoins du travail.
Sur ces cinq pièces , une seule exige une description détaillée , avec des dessins , pour l’intelligence du texte.
Un fourneau en briques renferme un générateur de va-
Ï ieur avec ou sans bouilleur, de grandeur convenable et dans es conditions ordinaires de ces sortes de chaudières ; de ce générateur part un tube qui peut , simple ou divisé , donner une ou plusieurs prises de vapeur, dont une est conduite dans une chaudière ou caisse en cuivre à double fond et à côtés doubles, entre les parois desquels circule la vapeur qui en sort ensuite en partie condensée , par un robinet placé à la partie inférieure de la caisse.
Cette caisse est munie de robinets dont on peut , au bc-
soin, augmenter ou diminuer le nombre ou l’usage pour essayer et écouler les produits liquides à chaque temps de l’opération.
Une seconde prise de vapeur faite sur le tube déjà indiqué , se rend dans un arbre creux . en fonte , placé au centre de la caisse ; cet arbre est muni , suivant la rapacité de la caisse , de six à douze pelles creuses , dans lesquelles la vapeur circule également; ces pelles sont inclinées sous un angle de 10 à 15 degrés environ et placées obliquement par rapport au plan de la caisse , de sorte que , au moyen de cette obliquité et de leurs bords tranchants , elles n’éprouvent qu’une faible résistance pour passer entre les parties de la matière sur laquelle on opère. Un nombre de tubes égal à celui des pelles est placé dans le corps de l’arbre logé dans une rainure, et descend à un pouce au-dessous du fond, tandis que la partie supérieure aboutit au fond de chaquepelle par l’endroit où elle s’insère dans l’épaisseur dudit arbre; par cette disposition , la vapeur circule activement dans les pelles , et l’eau condensée trouve facilement à s’écouler.
L’arbre et ses pelles sont mus par une manivelle terminée par deux roues placées à angle droit dans le centre de la caisse et s’engrenant l’une dans l’autre; une traverse en fer soutient et maintient le tout dans la position verticale; le mouvement est communiqué à la manivelle et à l’arbre,, soit au moyen de la vapeur, soit par toute autro force motrice, selon les circonstances locales.
La prise de vapeur qui vient dans le haut de l’arbre etson dégagement sont munis de leurs presse-étoupes solidement fixées.
Indépendamment de ces moyens , quatre serpentins encuivre, placés à angle droit, s’avancent jusqu’à trois pouces de l’arbre et transmettent dans toute la masse en traitement la chaleur, donnée par une autre prise de vapeur s’embranchant au tube principal ; les pelles , en tournant, circulent* entre les intervalles que fait entre elles chacune des circonvolutions des serpentins.
Toutes les eaux condensées, ainsi que l’excès de vapeur, sont portées au moyen d’un tube , dans un tonneau rempli d’eau qui. s'y échauffe et qui sert à laver les vases et ustensi—
les, ou bien elles sont ramenées à volonté dans le générateur, au moyen d’une pompe d’alimentation.
Pour opérer sur des suifs en branche , on établit , dans la caisse à cuire , un diaphragme en forte tôle ou en fonte, percé de petits trous comme une écumoire et à brisures ou charnières; on le place à quatre pouces environ du fond de la caisse , en l’appuyant sur des supports de même matière -qui touchent le tube inférieur circulaire qui lie entre eux les serpentins; par ce moyeu , on sépare les cretons du suif cuit et iondu , car ce dernier s’écoule , à volonté , par le robinet inférieur et se trouve conduit, à sa sortie , dans un tonneau récipient dont le couvercle donne passage au tube qui fait suite au robinet. Une toile métallique , placée à six pouces du bord supérieur du tonneau retient les petites parties de membranes grasses qui auraient passé à travers le diaphragme.
Nous indiquerons tout-à-l’heure comment le diaphragme est débarrassé des cretons qu’il porte et comment il fonctionne.
La caisse ou chaudière à cuire est recouverte d’un chapiteau de cuivre maintenu au moyen d’une bride et d’une vis de pression , à la manière des autoclaves ; une ouverture ovale , pratiquée sur le côté , permet de changer la chaudière à volonté et se referme exactement comme une autoclave.
Les vapeurs qui se dégagent du produit pendant la cuite sont, en partie , condensées dans le chapiteau même et conduites, par une rigole intérieure à un tube qui reçoit, avec elles , les vapeurs non condensées et les transmet à un serpentin renfermé dans la caisse , lequel est constamment entouré d’eau froide.
Dans ce serpentin , tous les produits volatilisés sont reçus dans un baquet-récipient clos , renfermant du charbon réduit en poudre grossière et formant une couche épaisse que ces matières traversent dans toute sa hauteur.
Un tube vertical adapté au couvercle du récipient , permet le dégagement de l’air pour que le liquide désiniecté arrive sans obstacle au fond du récipient.
11 est préférable de ne faire qu’un seul vase du réfrigérant-serpentin et du récipient k charbon , en les superposant.
Lorsque les matières sont amenées au point de cuite convenable , en écoule les parties liquides par un des robinets déjà indiqués; un tube partant du bout de chaque robinet porte ce liquide dans des vases ou tonneaux couverts où le refroidissement s’opère.
Quand les matières liquides sont écoulées , on ouvre un autre robinet à large ouverture oblongue, de 8 à 12 pouces sur 2 , mesure qui se proportionne, au reste , à la grandeur de l’appareil.
Ce robinet est placé sous la caisse même , il traverse en entier son double fond et s’applique à l'affleurement de la surface interne.
On tourne la manivelle , et l’arbre vertical entraîne dans son mouvement de rotation , deux pelles de fer, hautes et plates , courbées à aDgle très ouvert, articulées près de leur pied.
Une de ces pelles racle le fond de la chaudière et amène les matières au gros robinet ; l’autre racle le dessus du diaphragme et amène les cretons au-dessus du robinet, où ils tombent par le moyen d’une brisure à charnière pratiquée dans le diaphragme à l’aplomb de ce robinet.
La brisure s’ouvre à volonté , en se relevant contre la paroi de la chaudière.
Le robinet en question transmet les matières à un large tube en cuivre qui lui est adapté et qui , à son extrémité inférieure s’emboîte daus une presse ou plutôt un cylindre dans lequel s’opère la pression des matières qu’il reçoit.
Ce cylindre est en fonte , alésé et percé de petits trous jusqu’à la hauteur d’un pied dans son pourtour, il est clos par en bas , au moyen d’une plaque de fonte carrée , dans la rainure circulaire de laquelle s’encarte le cylindre.
A six pouces au-dessus de cette plaque de fond , se trouve un disque épais en fonte, porté sur trois pieds en fer et formant grille , c’est-à-dire percé de petits trous comme le cylindre. Une chemise en tôle enveloppe ce cylindre depuis sa base jusqu’à son sommet; elle laisse entre elle et lui une distance de deux pouces.
Au moment où un piston métallique auquel on donne la pression , soit au moyen d’une presse ordinaire , soit au moyen d’une presse hydraulique , vient s’abaisser sur les
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matières que le gros robinet et son tube ont amenées au cylindre, le liquide jaillit par les trous; il est reçu verticalement dans l’espace ménagé entre le disque et le fond , et latéralement par la chemise en tôle qui le contient et le rassemble au moyen d’une ouverture inférieure ménagée à cet effet dans l’espace resté au-dessous du disque.
Un robinet garni d’un tube donne alors l’ccoulement voulu vers le récipient commun.
Ce robinet est placé extérieurement , entre le fond du cylindre et le disque percé de trous ; il traverse l’enveloppe et se rive à sa face interne.
Le piston dont nous avons parlé déjà , est maintenu dans une position verticale et suspendu au moyen d’une presseétoupe qui s’adapte dans le renflement supérieur du cylindre , au-dessus de l’échancrure où se place le gios tube qui amène les matières de la chaudière à cuire.
En opérant ainsi , toutes les jointures de l’appareil étant lutées, et les presse-étoupe faits avec soin, la cuite des suifs et matières grasses se fait très vite et sans la moindre odeur.
On n’est jamais obligé de démonter l’appareil, il suffit d’un jet de vapeur pour le nettoyer.
La presse seule doit être démontée à chaque opération , cependant, en cas de manque de temps , on peut ne faire ce démontage que toutes les quatre cuites : pour cela, on élève le piston, on abat la plaque de fond; le disque et les cretons qu’il porte tombent; on les enlève, on remet le tout en place, on ouvre le robinet d’écoulement, et l’on fait passer dans le cylindre un jet de vapeur pendant quelques minutes.
Il convient d’employer également la vapeur à échauffer le cylindre et son enveloppe avant d’y faire couler les matières qu’on veut presser.
11 est évident, du reste, que la chaudière à cuire, les tubes récipiens, etc. , se doivent nettoyer par un jet de vapeur quand l’opération est finie , et qu’on n’en veut pas immédiatement recommencer une autre.
Laminoir.
Pour diviser les suifs et graisses, on les introduit, coupes
en Landes de 5 à 6 pouces de large, dans une trémie en bois placée au-dessus de l’instrument dont le détail suit :
C’est un laminoir composé d’un jeu de deux cylindres en fonte, à cannelures profondes dans le sens de leur diamètre, et correspondant les unes aux autres.
Sur l’arête de chaque cannelure sont des espèces d’entailles ou dents qui retiennent et déchirent les membranes.
L’un des cylindres se meut plus vite que l’autre , et deux lames obliques placées sons ce cylindre, en avant et en arrière, retiennent les matières en dégageant les cannelures au fur et à mesure du besoin.
On fait mouvoir les cylindres, soit à bras d’homme , soit au moyen de la machine à vapeur.
Les dimensions de ce laminoir doivent nécessairement varier suivant les masses à laminer. L’inventeur se servait d’un laminoir portant des cylindres de lo pouces de longueur ; il suffisait pour diviser 50 kilogrammes de suif en une demi-heure, par la seule force d’un homme.
Pour le travail en grand , pour 1 ,000 kilogrammes de suif, par exemple, il faudrait deux heures au plus en employant la force de la vapeur et des cylindres de 5 pieds du longueur sur huit pouces de diamètre.
Détail des dessins.
Planche VII, figures 16 et 17. a, bâtis en bois ou en maçonnerie.
6 , chaudière à cuire à double enveloppe, o , arbre creux portant les pelles renterraant les tubes. d d, pelles creuses munies de leurs tubes.
e , plaque percée de trous.
f, pelle plate en fer, articulée.
g , cône avec sa rigole intérieure.
h , ouverture autoclave pour charger la chaudière.
* , robinet d’évacuation de l’eau condensée.
k , robinets servant , l’un pour évacuer la vapeur , l’autre pour les matières à essayer ; un troisième , placé audessus du robinet inférieur , sert à évacuer le liquide sous le diaphragme.
ïîvgros robinet pour les matières demi-solides, m , tubes conducteurs de vapeur.
o , serpentin entouré d’eau.
p , baquet récipient.
a , cylindre en fonte alésé , percé de trous jusqu'en x.
b\ piston de ce cylindre.
c\ plaque de fonte percée de trous.
d’, chemise en tôle.
e\ robinet d’écoulement des liquides.
f, tube qui amène les matières du gros robinet à la presse.
g’, couverte du cylindre.
Brevet d'addition et de perfectionnement , 22 juin 1840.
Beaucoup de fondeurs de suif, ayant manifesté de la répugnance à se servir des appareils à vapeur , en raison du soin que les opérations exigent, et que les ouvriers suilîeurs accordent difficilement , l’inventeur a cherché le moyen d’approprier ses appareils à des procédés analogues à ceux déjà usités.
Pour cela il a suffi de supprimer dans les appareils tout ce qui était établi pour la circulation de la vapeur , et de réduire la chaudière à une simple enveloppe , tout le système de condensation restant le même : c’était rendre ces appareils susceptibles de s’adapter à toutes les exigences de l’habitude.
En conséquence la figure 18 montre simplement la chaudière dédoublée , et l’appareil ainsi rectifié ne comprend plus que les pièces suivantes.
a , corps de la chaudière en cuivre.
b , chapiteau conique qui la recouvre.
d, gros tube qui conduit les vapeurs dans le condensateur ordinaire e , tel qu’il est décrit plus haut. f , robinet horizontal pour écouler , par succion , le suif liquide en g ; ce robinet est placé à G pouces du fond de la chaudière, et porte 6 pouces de diamètre.
h , gros robinet oblong pour écouler les cretons. t,*, pelles plates et pleines en fer, qui fonctionnent au moyen de la manivelle /< , et qui sont portées par l’arbre vertical placé au centre de la chaudière , et s’y insérant par une forte crapaudine.
Cette description démontre que tout en conservant les memes pièces principales, l'appareil du sieur Lcloup peut être
simplifié ets’adapter parfaitementà la cuite des suifs à feu nu.
Quatre appareils de ce genre ont été établis à l’abattoir de Nantes , chacun d’eux pouvait produire 60,000 kilog. de suif épuré , par mois.
La dépense en combustible , calculée après 60 opérations successives , donne en moyenne , un chiffre de 74 , en charbon de terre, par chaque cuite de 500 kilogrammes.
Nous ne relaterons pas divers accessoires qui n’ont d’importance qu’en ce qu’ils concourent à la facilité de la manœuvre de l’appareil, et qui varient nécessairement suivant l’état du local où l’on veut placer ces appareils; tels que la suspension du chapiteau au moyen d’une poulie ; le mode de serrage de ce chapiteau sur la chaudière , qui , au lieu de trois tringles à griffes et aboulons, se fait avec une tringle unique qui suit le contour du cône et le comprime, en haut,
f »ar une forte vis en fer ; une rigole intérieure qui reçoit ’eau condensée dans le chapiteau et dans le pourtour supérieur de la chaudière , et transmet par un tube séparé et très petit ces eaux dans le condensateur.
Quelques variations apportées, comme nous venons de la dire , dans la disposition de ces dernières pièces , ne pourraient influer sensiblement sur le fond de l’opération.
§ XYI. NOUVEAUX PROCÉDÉS PERFECTIONNÉS PROPRES A PURIFIER, SOLIDIFIER ET DÉSINFECTER LES SUIFS, GRAISSES, HUILES ET AUTRES SUBSTANCES OLÉAGI- NEUSES.
■ Brevet d'invention de 1 5 ans, en date du 23 septembre 1 840, au sieur A. A. Canning , à Paris.
Le mérite de cette invention consiste à randre les corps » gras solubles dans l’eau, et à la température ordinaire, sans le secours d’aucuns des alcalis qui , jusqu’ici, ont été la menstiuc par laquelle cette solubilité a été obtenue;
A les transformer dans une substance stéarique , solide, à nne température plus élevée que celle dé leur point de fusion naturelle ;
Et enfin , à permettre l’emploi des huiles animales et des graisses les plus infectes , soit dans la fabrication des chandelles , soit dans celle des savons les plus estimés.
L’application de ce système se divise en diverses opérations qu’il importe de décrire séparément , et que la nomenclature des appareils que nous présentons ici, fera com-
Ç rendre facilement.
lancho VII, figures 1 à 9, a est un entonnoir spécial pour verser l’acide.
b, b, b sont les agitateurs, c , cuve à préparation , doublée en plomb, d, cuve de décomposition avec double fond.
e , appareil autoclave muni d’un manomètre et de ses robinets.
f , cuve à repos.
g , cuve à désinfecter.
h , h, cuves à lavage et clarification.
j , manomètre indicateur.
X , filtre.
I , l , l , tuyaux à vapeur.
Manière de procéder. — Préparation.
Lorsque les substances grasses à traiter ont été amenées par la chaleur à l’état liquide , si elles ne le sont naturellement, dans la cuve c, on y verse successivement , au moyen de l’entonnoir a , une quantité d’acide sulfurique à 66 degrés , dans la proportion du dixième au quart du poids de la graisse à traiter , et suivant sa qualité. Pendant que l’acide s’écoule , on brasse fortement le mélange au moyen de l’agitateur b , en ayant soin de tenir la cuve fermée pendant cette opération.
Lorsque tout l’acide est amalgamé , on ajoute 2 à 5 pour cent d’acide nitrique , suivant la proportion de l’acide sulfurique employé , et l’on fait recommencer le mouvement de 1 agitateur b jusqu’à ce que cet acide soit complètement absorbé par le magma, que l’on enlève alors pour le placer dans la cuve d , où on l’abandonne au repos pendant vingtr quatre heures.
Décomposition.
Pour décomposer la matière ainsi préparée , on fait arriver dans la cuve d une petite quantité de vapeur libre qu’on laisse agir sur le. magma , à l’effet de le ramollir ; après quoi on verse dans Jacuve, successivement, une quantité d'eau
ET DE LA FABRICATION DES CüANDELLKS. 135
égale à la moitié du volume du magma, en brnssunt fortement pendant ce temps , et jusqu’à ce que le mouvement de l’agitateur ait complètement détaché le magma du fond de la cuve , afin que l’eau puisse s’y précipiter. Après un repos jugé suffisant, on retire l’eau acide, par le robinet placé sous le double fond de la cuve , et on la met en réserve, soit pour l’employer en état dans les opérations suivantes, soit pour la concentrer de nouveau. On remplace cette première eau par une nouvelle quantité que l’on retire successivement jusqu’à ce qu’elle cesse d’être sensiblement acide à la langue.
Ce point obtenu, on fait recommencer le mouvement de l’agitateur, en versant successivement une nouvelle quantité d’eau à mesure qu’elle est absorbée par le magma , et jusqu’à ce qu’il soit en complète dissolution , ce que l’expérience indique facilement.
Cuisson.
Dans cet état , on transvase le tout dans l’appareil autoclave e , et l’on y introduit la vapeur qu’on laisse agir jusqu’à ce que le manomètre indicateur marque degrés centigrades. Cette opération est très importante , parce que, si elle n’est pas complète , il est presqu’impossible de dépouiller les graisses de l'acide auquel elles sont associées, et qui ne s’en sépare que par une forte pression.
On maintient l’ébullition au point indiqué plus haut pendant au moins une demi-heure ; après quoi on laisse reposer pour soutirer la plus grande partie de l’eau qui s'est séparée et faire écouler la matière grasse dans la cuve à repos f , laquelle est hermétiquement fermée , à l’effet de maintenir la graisse à l’état liquide le plus longtemps possible.
Désinfection.
Lorsque l’on juge que les impuretés se sont précipitées , on fait écouler la portion claire de la graisse par un des robinets superposés dans la cuve f, et on la conduit à la cuve à désinfecter g, où on la fait brasser fortement au moyen de l’agitateur b, pendant que l’on y ajoute successivement une proportion de carbonate de magnésie et de chlorure de soude ou potasse mélangés avec de la chaux
vive , et avec lesquels on l’amalgame complètement. Lorsque l’on a reconnu que l’action de ces divers agens est entière , ce qu’il est facile d’observer. On introduit de nouveau la vapeur dans la cuve et l’on recommence le mouvement de l’agitateur b, pendant que l’on verse successivement une quantité de l’eau acide provenant de la première opération , suffisante pour déterminer la réaction , et pour que la graisse pure vienne surnager à la surface offrant l’aspect d’huile , et en abandonnant du nitro-sulfate formé par les bases •, en cet état on laisse agir la vapeur seule pendant encore une demi-heure , après quoi l’on verse deux seaux d’eau dans la cuve , et on laisse reposer.
Clarification.
Après un repos jugé suffisant, on fait écouler la portion claire de la graisse dans une cuve h, où on la fait brasser au moyen de l’agitateur pour la mélanger avec du tourteau d’œillette en poudre qui y a été préalablement placé , mélangé lui-même avec du noir animal en grains : cela fait , on laisse reposer pour soutirer sur le filtre k, d’où ou la fait écouler dans une autre cuve h , où on la maintient liquide pour la clarifier, soit avec du lait, soit avec une dissolution de gélatine, et on laisse reposer encore en couvrant hermétiquement la cuve avec une couverture de laine.. Après un repos suffisant, on soutire à clair et l’on coule en pains dans des moules.
Il est essentiel que dans ces diverses opérations , les ateliers soient maintenus à une température de 15 à 20 degrés.
Les graisses ainsi préparées ne sont plus huileuses au toucher, elles sont solides, sonores , et produisent des chandelles qui peuvent être exportées sous les latitudes les plus tempérées.
Les huiles de poisson et les graisses animales sont parfaitement désinfectées et très propres à entrer, soit dans la fabrication des chandelles , soit , comme nous l’avons déjà dit, dans celle des savons les plus estimés.
11 faut donc reconnaître, comme constituantcetteinvention,-
1° la solubilité des corps gras dans l’eau à la température ordinaire , sans le secours d’aucun alcali ;
2° la solidification spontanée de la plupart des huiles et graisses, par les procédés ci-dessus décrits.
5° leur désacidification , par le seul fait de l'élévation de la température sans l’emploi d’aucun réactif, et la reprise de l’acide employé à leur préparation;
4° la désinfection des lmiles de poisson et des graisses les plus infectes , par les procédés que nous venons d’indiquer.