XXIII. APPAREIL A PRÉPARER LES MECHES DE CHANDELLES
Brevet d’invention de 5 ans, pris par le sieur P.-G. Benoit, en date du 11 avril 1830.
On sait que pour mettre les mèches de chandelle en état d’être plongées dans le suif , il faufc doubler le fil à mèche , le couper, le tordre, et empiler sur une baguette un certain nombre de ces mèches , toutes à des distances égales l’une de l’autre : l’appareil dont il s’agit fait toutes les opérations pour vingt-quatre à la fois, et pourrait les faire pour un plus grand nombre dans le même temps. L’appareil supprime non seulement cette longue et ennuyeuse coupe de mèches , une à une , mais encore la retaille , soit en coupant ou brûlant les petits filets qui dépassent le gros de la mèche , car les ouvriers les plus intelligents, occupés à distancer les mèches, dépassent rarement quatre-vingt broches à l’heure , tandis qu’avec l’appareil on peut confectionner cent broches à l’heure , et toutes prêtes à tremper. La mèche du métier plutôt roulée que tordue , présente des fcces unies , facilite la belle confection de chandelles baguettes ; les tubes capillaires de cette mèche sont plus corrects; la chandelle ae ces mèches donne une lumière plus régulière et plus belle , résultat de la tension des fils , de la régularité des tubes, de ce que les mèches sont à l’abri des saletés des mains du coupeur, des ordures du tamis, ou boîte où sont déposées les pelotes de coton pour la confection à la main , de l’air , de la poussière et du crépissement des cotons taillés à l’avance. Ces pelotes d’une lorme particulière et de nouvelle invention , ne sont en usage dans aucune filature, permettent d’en placer plusieurs les unes sur les autres , et de se dévider aussi facilement quo s’il n’y en avait qu’une.
La planche i peut être supprimée en fixant les crochets Je, dans chaque traverse latérale de la table , au moyen de trous faits dans ces traverses aux longueurs déterminées pour la chandelle.
Ce soutien , peut être un morceau de bois vertical , dans lequel , à hauteur de poulie , est pratiquée une mortaise qui sert de soutien à la poulie ; à la superficie de ce sou-
tien , qui a 54 millim. (2 pouces) de largeur sur 24 millim. ( 9 pouces ) d’épaisseur , est une traverse de la longueur des planches les plus larges , parce que , pour être roulée partout , il faut que les plancnes soient , à quelque chose près , aussi larges que les mèches sont longues. La plus grande quantité des chandelles ont de 217 à 244 millim. (de 8 à 9 pouces). Nous avons des planches de cette largeur.
Le fabricant de chandelles , selon l’usage, adopte pour ees longueurs des élargisseurs en petites planches qui s emmanchent aux plus grandes. Trois clous d’épingles étêtées r placés 2 vers les extrémités , l’autre au milieu , s’introduisent dans des trous de vrille faits aux principales planches.
Les 2 tiges verticales a ne sont de rigueur que lorsque l’appareil est destiné à être changé de place ; quand , au contraire , il doit être fixe , on remplace avec avantage ces tiges par 4 potences attachées au plancher.
Ces quatre potences seront placées par deux de chaque côté , aux distances voulues pour recevoir , celles de derrière , la traverse postérieure c, celles de devant la traverse antérieure d et la planche ou sont fixées les broches destinées à recevoir des fuseaux garnis de fil de lin ; la planche h sera descendue derrière la planche t.
On remarque que le couteau affilé de deux côtés, ne sort pas d’entre les crémaillères; quand ilsc trouve à droite il est pris de la main gauche pour couper les fils , et quand il se trouve à gauche, il est repris de la main droite.
S’il ne coupait que d’un côté , il faudrait toujours le
Ï (rendre du même bord , pour aller commencer à couper à 'autre extrémité.
Cet appareil se compose de 5 parties principales : Planche VIII, iig. 12, 13 et 14. 1° La planche où se déroulent 1-es fils à mèche ,
2° La table où sont tendues , doublées , enfilées , coupées et tordues les mèches,
3° Le guide qui sert à tendre , à doubler autour des baguettes, et à espacer régulièrement les mèches, à quoi il faut ajouter le couteau qui sert à couper les mèches et les baguettes pour les enfiler.
Les 2 tiges verticales a, supportent à leur partie moyenne «ne planchette b, où sont fixées les broches destinées à recevoir les pelotes de coton à mèches. A leur partie supé-
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rieurc , ces tiges supportent 2 traverses : l’une postérieure c, contient 24 orifices eu métal par où passent les fils à mèches ; l’autre antérieure d, en contient autant pour le même but , et de plus supporte une petite planche oir sont fixées 24 broches destinées à recevoir des fuseaux garnis de lin, pour le cas où l’on voudrait en mêler à la mèche; ces fils de lin passent alors par les orifices de la traverse antérieure , et se mêlent aux fils de coton : grâce au frottement que chaque groupe de fils à mèches éprouve en passant par ce double orilice , ils peuvent être tendus fortement, ce qui permet de tordre les mèches avec une grande régularité.
La table est placée devant la planchette , laquelle se joint par ses parties solides; elle se compose principalement de 2 systèmes de planches e et f, séparés l’un de l’autre par une crémaillère , ou râteau ; chaque système de planche, l’un antérieur e, l’autre postérieur f, se compose de deux planches superposées , garnies l’une et l’autre , à> leur face interne , d’une basane présentant son côté dépoli.
La> planche supérieure f du système postérieur est levée , ces deux planches peuvent glisser l’une sur l’autre , et c’est en faisant le mouvement d’un pied environ , quelles serviront à tordre les mèches.
Pour faire glisser facilement ces planches l’une sur l’autre , une poulie est fixée à quelque distance de l’appareil; sur cette poulie g f passe une ficelle qui tient dun. bout à la plancne supérieure , et de l’autre à la planche inférieure : alors , en faisant mouvoir la planche inférieure ou supérieure , dans un sens , soit avec la main , soit à l’aide d’un levier fort simple h, adapté à cette planche , on fera mouvoir l’une sur l’autre en sens opposé , ces 2 planches ; c’est par ce mouvement que les mèches sont tordues.
En avant du système de planche antérieur , et en arrière du système postérieur, est placée une planche i qui glisse avec effort dans les rainures pratiquées au traverses latérales de la table et se ikxe à l’extérieur de ces traverses à l’aide d’une vis j; cette planche supporte deux broches ky. terminées en crochet , destinées à recevoir les baguettes aux distances voulues pour chaque sorte de chandelle.
La crémaillère porte un nombre de dents égal an nom-
bre de mèches qu'on veut obtenir ; elle est double et formée par deux lames de zinc ; c'est en passant entre ces deux lames que le couteau tranche les mèches.
Le guide se compose d'une lame de zinc l, taillée comme les crémaillères; au bas de chaque vide de dents est pratiqué un trou rond pour faciliter le passage des fils : cette lame est placée entre deux petites planches qui lui servent à la fois de soutien et de coulisses , de manière que la lame de zinc peut être haussée , baissée à volonté , et par ce mouvement le coton se trouve serré dans chaque conduit.
Le couteau est formé d’une lame de fer de faux , large, mince et bien affilée , fixée dans un manche, et placée à la portée de l’opérateur , au bout et entre les deux lames de crémaillère.
Les baguettes sont en bois de sapin et placées à droite et à gauche de l’opérateur qui met , le petit bout en haut d’un côté et le gros bout de l'autre ; l’ouvrier prenant alternativement les broches de l’une et l'autre main , les reporte chargées d’une seule ; tous les gros bouts se trouveront du même côté.
Manière d'opérer .
Le plan figuré ne représente que 2 fils pour plus de simplicité; les fils sortant des râteliers ou orifices passent dans les trous du guide , et viennent primitivement se fixer entre les planches du système antérieur e; l’opérateur lève alors la planche f supérieure de l’autre système , qui n’est représenté qu’en partie , l’applique contre un soutien préparé à cet effet , prenant le guide , soit d'une , soit de deux mains , la pousse vers la partie postérieure de la table ; par ce mouvement on dévide , on tend et on couche sur la planche inférieure du système f, les vingt-quatre mèches qui sont retenues et passées par les 24 cavités des dents de la crémaillère , l’opérateur passe alors une baguette sur les mèches derrière les crochets k , puis ramenant le guide vers lui , il double , par ce mouvement , les fils à la mèche , il rabat la planche levée etposantson guide dessus, passe le couteau entre les 2 lames de la crémaillèré, et coupe les bouts engrenés dans les planches de devant f\ il lève alors la
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planche supérieure de devant , met ces petits bouts de côté, couvre la planche inférieure de fils doublés autour d’une baguette, comme il l’a fait tou t-è-1 'heure pour la planche postérieure, rabat la planche levée, pose son guide de dessus, et , passant de nouveau son couteau contre les deux lames de la crémaillère , il coupe les mèches contenues entre les deux planches postérieures f : il faut alors faire glisser ces deux planches postérieures l’une sur l’autre , par les moyens indiques plus haut , puis relevant la planche supérieure , il trouvera tendues sur la planche inférieure, vingt-quatre mèches tordues aussi régulièrement que possible , enfilées à une baguette à des espaces égaux , en un mot propres à être plongées dans le suif fondu. On enlève cette baguette, on la place, et on continue l’opération de la même manière; c’est-à-dire , on couvre encore des mèches enfilées à une baguette , la planche f inférieure de derrière , on rabat la
f dauche supérieure f\ puis posant le guide dessus , on coupe es mèches contenues entre les 2 planches de devant e.
On tord ces mèches en faisant glisser les deux planches l’une sur l’autre , on lève la planche supérieure , on enlève la baguette de mèches tordues , on recouvre de mèches la planche inférieure, on rabat la planche supérieure , on pose dessous le guide , puis on coupe les mèches contenues entre les 2 planches de derrière , on tord ces mèches et ainsi de suite.