XXIV. MÈCHES DE CHANDELLES
Brevet d'importation de 10 ans , du 4 février 1843 , au sieur W. Hâves de Londres.
Cette invention est relative à des perfectionnements dans la fabrication des chandelles , avec mèches tressées , et consiste à combiner avec ces mèches , une corole , un filé ou toute autre préparation filamenteuse analogue.
L’emploi de mèches tressées, dans la fabrication des chandelles , a été limité , jusqu’à ce moment , aux chandelles fabriquées avec du suif pressé ou préparé , ou avec d’autres matières qui ne se fondent qu’à une température comparativement élevée, et qui aient assez de résistance pour que la chaleur provenant de l’inclinaison de la mèche, ne fnsse pas consumer trop vite le côté de la chandelle , xers
lequel penche la mèche. En employant des mèches tressées dans les chandelles fabriquées avec du suif ordinaire ou non préparé, ou avec d’autres matières qui fondent à une température comparativement basse, on a trouvé que ces mèches inclinent trop librement d’un côté , et que la matière dont la chandelle est' fabriquée se fond , par conséquent , trop vite de ce côté , ce qui la fait couler.
Quoique mon invention soit applicable à des chandelles fabriquées avec des matières qui se fondent à des températures comparativement élevées , telles que du suif pressé , <le la margarine , de la stéarine , du sperma-céti , de la cire etc., étant destinée à rendre les mèches tressées propres à consumer plus uniformément les matières dont les chandelles sont fabriquées , parce que la mèche est mieux soutenue , elle est plus particulièrement destinée à être employée dans la fabrication des chandelles faites avec du suif ordinaire , de l’huile de noix de coco , ou avec toute autre matière qu’une clialeur comparativement faible met en fusion.
Avec mes mèches , ces chandelles brûlent avec une grande Tégularité , sans qu’on ait besoin, à cet effet, de chandeliers particuliers, ni que les chandelles aient besoin d’être mouchées. La corde , ( tresse , ficelle ou fil servant d’àrae à la mèche tressée ) se combine avec la mèche ou y est attachée : cette combinaison se fait de diflérentes manières. Pour la combinaison , je joins ma corde à l’un des brins ou branches de la mèche qu’elle suit dans le tressage; on peut y incorporer deux ou trois cordes , tresses ou autres préparations , et , dans ce cas , je joins à deux des brins ou branche de la mèche tressée , ou à tous trois , une corde , tresse -ou filé à chaque fait d’une substance ou composition autre que celle dont sont composées les branches de la mèche ; cette différence est necessaire pour empêcher la trop grande tendance des mèches tressées à pencher de côté , surtout quand elles sont employées dans des chandelles fabriquées avec du suif ordinaire. En indiquant ces différentes espèces de cordes ou ficelles , je me borne à annoncer que le but de l’invention est d’empêcher la courbure de la mèche tressée , en y appliquant des matières fibreuses confectionnées , jointes aux matières dont se composent ordinaire- CnANDEI.lER.
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ment les mèches employées dans la fabrication des chandelles; mais je ne me limite pas à un mode particulier quelconque de préparer et réduire ces matières fibreuses en cordes, ficelles ou filés propres audit usage. Quand je veux attacher la corde aux mèches tressées , après avoir confectionné celles-ci , je les entoure légèrement d’un fil fin, de coton , ou toute autre matière filamenteuse , à des distances régulières , combinant ainsi la mèche avec la corde , ou bien j’enfile , à l’aide d’une aiguille , dans l’un des côtés de la mèche tressée , une petite corde ou ficelle bien tendue et tordue , en coton, chanvre ou tout autre filé convenable, faisant observer toutefois , que quelle que soit la nature de la corde ou filé attaché à la mèche , il ne faut pas que ses forces ou dimensions soient telles , relativement à la mèche, qu’il empêche celle-ci de sortir de la flamme suffisamment pour qne la partie brûlée se dissipe.
En attachant ou adaptant une corde ou tout autre filé à une mèche tressée, on doit la placer du côté où les brins ou branches dont cette mèche est formée montent dans la direction du centre vers l’extérieur , car pendant que la chandelle brûle , ces mèches tendent toujours à pencher ou se courber vers le côté où les brins montent du bord au côté extérieur vers le centre. Cette observation se comprendra facilement en examinant le dessin.
Explication du dessin.
Planche VII. La fig. 15 représente une mèche tressée, sur une grande échelle , dans laquelle les brins ou branches dont elle est composée montent dans une direction du centre vers l’extérieur.
a, est une petite corde bien tendue , attachée à la mèche par un fil b.
Je pense que c’est le meilleur mode d’attacher la corde à la mèche.
La figure 16 représente une partie d’une mèche tressée sur une grande échelle du côté opposé à celui représeuté par la fig. 15 et dans laquelle on voit les brins ou branches monter de l’extérieur vers le centre : c’est vers ce côté que se penche ou se courbe la mèche pendant qu’elle brûle. Ces mèches tressées sont faites comme on les fait ordinaire-
ment , mais un peu moins serrées ; elles se composent de trois brins ou branches , formées chacune <le plusieurs fds plats de coton , placés les uns à côté des autres , qu'on tresse ainsi. La corde en coton tordu que j'y adapte est composée de trois brins ou tourons, composés chacun de 3 fils; chaque touron est formé et filé séparément avant de former la corde : quant aux dimensions relatives de la mèche et de la corde , il faut que , dans le poids d’une longueur quelconque , des deux ensemble , la mèche forme 8 parties et demie, et la corde 3 parties, c’est-à-dire qu’il faut 8 parties et demie en poids de mèche sur trois de corde.
J’ai cru devoir préciser ainsi les quantités relatives * parce qu’il est essentiel que la corde , ou toute autre préparation d’une matière fibreuse en filé , ne soit pas trop forte pour la mèche à laquelle elle est adaptée, ce qui l'empêcherait de sortir suffisamment de la flamme.
Avant de fabriquer en grand , il conviendrait de faire un essai avec quelques chandelles , pour s-' assurer des forces et diminutions à donner tant à la mèche qu'à la corde , et lorsqu’on sera bien fixé à cet égard , on pourra, avec assurance, continuer la fabrication avec les mêmes matières.
Avec un peu de pratique, un ouvrier sera bientôt & même de juger tout ce qui a rapport à cette invention. Lorsque la matière , dont les chandelles sont fabriquées , se fond à une température élevée , la mèche tressée exige moins le contrôle de la corde ; les mèches et cordes que je viens de décrire sont celles destinées pour les chandelles ordinaires de suif.
Ayant décrit la manière de fabriquer les mèches , je vais maintenant faire connaître leur action. J’ai déjà dit que, lorsque les mèches tressées ordinaires sont brûlées dans des chandelles ordinaires, l’excès de chaleur provenant de la prépondérance de la flamme , sur un côté , fait fondre rapidement , de ce côté , le suif ou autre substanee, et fait couler ce côté de la chandelle. L’addition de la corde tordue , ou d’une autre matière fibreuse ou corde , lorsqu’elle est incorporée avec la mèche tressée, empêche cette mèche de trop pencher d’un côté dans la flamme et , lorsqu'elle est attacnée à un côté de la mèche , ( opposé ) elle fait descendre la flamme du côté de la mèche, opposé à celui qui
penche extérieurement, et empêche cette pente , contrebalançant ainsi l’excès de la chaleur de l’autre côté , et la chandelle brûle également , doucement et donne plus de clarté.
Il est avantageux quelquefois de mettre dans une seule chandelle , deux mèches tressées avec chacune une corde ou filé , comme je l’ai expliqué ci-dessus. Ces cordes , dans ce cas , se placent en regard l’une de l’autre; par cet arrangement , les deux mèches penchent chacune d’un côté opposé en sortant de la flamme , et à cet effet, je préfère dans ce cas, des ficelles ou filés de chanvre. Je dois encore faire observer, qu’on a déjà proposé de faire des chandelles avec deux mèches tressées ; je ne réclame donc pas ce procédé , sans que les mèches soient combinées avec des cordes fabriquées de matières fibreuses , conformément à mon invention.
Pour faire des chandelles moulées, on place les mèches combinées , composées d’une tresse et d’une corde ou filé, ou d'une préparation pareille de matière fibreuse , dans les moules , de la manière ordinaire , en ayant soin toutefois de placer la mèche convenablement , c’est-à-dire, dans son véritable sens , comme je l’ai expliqué ci-dessus ; on achèvo ensuite la chandelle de la manière ordinaire.
Pour les autres , on plonge les mèches successivement dans le suif, comme par le procédé ordinaire , ayant soin que, au commencement, le coton soit bien alongé.