‹ Nouveau manuel complet du chandelier du cirier, et du fabricant de cire à cacheterChapitre 31 sur 87 · SECONDE APPLICATION · texte numérisé non relu

SECONDE APPLICATION

Chandelles moulées.

seconde application de la machine dite mecchérion , consiste à remplacer les baguettes porte-mèches par des moules métalliques qui se plougent et sortent , comme nous venons de l’expliquer , de la bâche contenant le suif eu fusion. L’opération suivant la même marche que pour les châssis du piemier procédé, les moules plongeant et s'emplissant successivement, pourront, à la fin de chucunc de ces opérations , être suffisamment refroidis*, mais il serait plus sùr encore de les faire plonger , dans un temps douné, dans un réservoir d'eau froide que l’on disposerait à cet effet. u

Il reste donc établi que cette simple substitution des moules aux baguettes porte-mêches, et l’addition facultative du réservoir réfrigérant, suffisent, sans contre-dit, pour permettre d’appliquer la machine à la fabrication de la chandelle moulée*, dans cette seconde opération, comme dans la première, le mecchérion fonctionne toujours avec la même régularité de mouvements, ce qui est dù principalement à la simplicité du mécanisme dont ressortent les avantages suivants :

4° La faculté de modifier, selon les circonstances, la substance et les dimensions des pièces dont se compose ce mécanisme , sous la condition , indispensable cependant , de n’altérer en rien le principe de sa combinaison.

2° La facilité avec laquelle il se prête à la fabrication

Î iromple et régulière de la chandelle au moule et de celle à a baguette.

Légende.

Planche IX, fig. 2. Élévation ou projection verticale du. mecchérion.

Figure 3, projection horizontale de sa partie inférieure.

Figure 4 , tue de face de l'exGeotrique avec le levier et sou support.

a , pièce de bois o^u semelle de la machine.

b , arbre principal.

c, c, c, c, règles verticales communiquant le mouvement aux balanciers /*, f, qui le transmettent aux châssis h , h.

d , d, guides des règles c , c.

c, c, supports des colonnes g, g ; ils servent aussi de guides aux règles c, c.

g, g, colonnes supportant les balanciers f , f. h , h, châssis munis de baguettes porte-mèches.

i , bâche à suif liquéfié.

j , manivelle motrice.

k , arbre de la manivelle motrice j , sur lequel est montée une vis sans fin l.

l , vis sans fin adapitée à l’arbre k.

m , arbre horizontal portant les trois roues d’angle n, o, p . n , o , p , roues d’angle montées sur l'arbre m.

q , roue d’angle montée Sur l’arbre r.

r , arbre horizontal de l’excentrique s.

s , excentrique montéé sur l’arbre r , et commandant la pédale t. >;

t , pédale on levier agissant sur les règles c, c.

u , support du levier t.

v, roue d’angle de 1 l’arbre principal b.

x , cercle métallique fixé ati-dessous de l’arbre principal.

y, cercle métallique à encoche fixé à la partie inférieure du mecchérion , et ne permettant le mouvement qu’à une seule règle à la fois.

s , erapaudine de l’arbre principal.

§ XXXIII. MACHINE ÉCONOMIQUE POUR LA FABRICA- TION DE LA CHANDELLE A LA BAGUETTE, DE M. BEJOT- GANDEL.

Les chandelles à la baguette sont celles, comme on le sait,, qui se font en mettant sur une baguette en bois de noisetierbien arrondie, des mèches don t le nombre varie depuis 1 5 poulies chandelles de 5 au demi-kilo, jusqu’à 16 et 18 pour celles de 6 et de 8 au demi-kilo, puis, en prenant deux de

ccs baguettes ainsi garnies , avec les deux mains , en ayant soin de les tenir sufilsamment séparées l’une de l’autre entre les doigts, et en plongeant dans une auge appelée abîme , et remplie de suif , les mèches qu’on couche d’abord deux ou trois fois sur le suif, en les relevant verticalement à chaque fois au dessus de l'abîme, pour loin donner le temps de prendre suif et de l’égoutter.

Cette immersion , qui se répète jusqu’à trois fois , ne doit sc faire qu’après avoir laissé le suif se bien raffermir.

Après le refroidissement de la dernière trempe dite colletage , parce que la chandelle a été plongée dans l’abîme, de manière que le suif monte entre les deux portions de la boucle de la mèche appelée collet , on les coupe de longueur en les appliquant sur la platine, suffisamment chaude , du rognoir. Enfin , on les expose au grand air sur leurs baguettes pour bien les faire sécher et blanchir, et on les livre ensuite au commerce par demi-kilogrammo.

D’après cet ancien système un ouvrier ne peut confectionner que 100 à 125 kilogrammes de chandelles par jour,, et on lui reproche les inconvénients qui suivent :

u L’ouvrier , pour tremper ses mèches en les tenant écartées , a beaucoup de peine , et son corps est toujours dans une position très pénible , surtout qüand il veut arriver à eette quantité journalière *, car alors il est obligé de prendre quatre baguettes entre ses mains.

» Cet ouvrier , à l’instant de la dernière trempe , a beau ne prendre que trois ou deux baguettes seulement, ce à quoi il est obligé par suite du poids que les trempes successives donnent aux chandelles, il ne peut, quels que soient ses soins et ses précautions , empêcher ces chandelles de coller très souvent l’une contre l’autre.

» Le nouveau procédé mécanique de M. Béjot-Gandel , fabricant à Verdun-sur-le-Doubs , département de Saônect-Loire, procédé pour lequel il a pris un brevet d’mvention qui lui réserve la faculté de pouvoir seul s’en servir, est représenté dans les figures S et G bis, pl. IX.

» C’est , comme on le voit , un manège (B) faisant mouvoir une couronne (D) portant à sa circonférence des châssis. (C) pouvant être chargés chacun de huit baguettes, sur. chacune desquelles on peut placer quinze chandelles.

» En tournant le manège , l’ouvrier fait arriver tour & tour chacun des châssis jusqu'à lui, au dessus de l’abîme (A). Alors, au moyen d’une corde ou commande, il le fait descendre jusque dans l’abîme, où il exécute ses trempes sans fatigue et avec bien plus de régularité que par les baguettes à la main. >>

Ce procédé , qui a de l’analogie avec celui décrit § XVII, présente donc des avaniages importants :

En effet , un ouvrier peut seul , et sans se fatiguer , tremper 300 kilogrammes de chandelles , en y comprenant l’écartage et l'impression ou rognage des mèches.

Il peut, étant assis commodément, surveiller son abîme et son suif, ainsi que le manège tout entier.

Les chandelles , conduites ainsi régulièrement , ne sc collent jamais, ce qui présente un avantage d’autant plus important que c’est un des points essentiels pour que cettesorte de chandelles soit bien faite.

Enfin , le manège étant garni seulement do 30 châssis portant chacun 8 baguettes chargées elles-mêmes chacune de 13 chandelles de 5 au demi-kilogramme, présente un ensemble de 120 chandelles ou de 12 kilogrammes par châssis, et, pour les 50 châssis, de 600 kilogrammes de chandelles , auxquelles on peut donner les trois trempes en deux jours.

Ce manège , ainsi organisé , permet bien à l’ouvrier de donner aisément , et sans se fatiguer , leurs trois trempes à ses 6,000 chandelles ; mais de plus M. Béjot-Gandel l’a perfectionné encore de manière à égaliser les bouts de ses chandelles pour qu’elles aient toujours le poids voulu.

Il a obtenu ce résultat en remplaçant le moule à rogner les chandelles par un fourneau recouvert d’une plaque decuivre , et en chargeant en contre-bas chacun des châssis d’un poids de H kilogrammes pour les chandelles des 5 à la livre, et plus ou moins suivant les grosseurs.

Il résulte , de cette modification , que l’ouvrier fait descendre le châssis sur cette plaque *, alors les chandelles , retenues par le contre-poids , s’égalisent pour ainsi dire seules , car les plus longues se brûlent les premières , et quand elles sont toutes à égale longueur , le contre-poids enlève ~ le châssis.

Cette méthode d’égaliser les chandelles est bien plus commode que l’ancienne, et , de plus, ce contre-poids a l’avantage de donner la dernière trempe appelée lissage , de manière à pouvoir être assuré que toutes les chandelles attachées ainsi à ces châssis auront juste le poids qu’elles doivent avoir exactement, qu’il est si difficile d’obtenir avec les baguettes à la main , car , par cet ancien système , les chandelles sont ou trop fortes ou trop faibles , ce qui contrarie beaucoup l’ouvrier et le consommateur.

Cette machine, qui peut également servir aux ciriers pour leur permettre de faire, sans aucune fatigue, le trempage économique de leurs cierges, a été d’un résultat si important pour M. Béjot-Gandel , qu'il fait monter dans ce moment un manège au moyen duquel il pourra confectionner 9,000 kilogrammes de chandelles en deux jours. C’est la meilleure preuve des avantages que présente cette nouvelle machine.

DE SUIF AZOTÉ AVEC MECHE d’un OU DEUX FILS,

IMPRÉGNÉE OU NON IMPREGNEE d’uN COMPOSÉ MÉTAL- LIQUE.

Brevet de 40 ans, pris par le sieur Pugh ( Samuel ), fabricant de savon à fouler les draps, à Rouen, le 8 novembre 4822.

Procédé de fabrication.

« Pour fabriquer la chandelle de première qualité destinée à remplacer la bougie de cire , on emploie le suif azoté suivant les procédés décrits à la page 89 de cet ouvrage, §2. Ce suif est plus pur, plus ferme et plus blanc que celui, même de première qualité, qui se trouve dans le commerce; la chandelle qui en résulte sera sèche aux doigts et l’odeur en sera douce et agréable.

« La mèche en coton sera filée en doux ; on n’emploiera qu’un ou deux fils en volume proportionné au diamètre de la chandelle ; cette mèche ne réclame que rarement et accidentellement le secours de la mouchettc. Il faut seulement,

a uand elle se trouve trop longue , l’incliner hors de la amme, comme pour les nougics. 11 est facile de concevoir

qu'une mèche filée en doux, quand elle brûle et que la partie supérieure est hors de la flamme, présente à Pair la surface entière de tout son volume par le nombre infini de ses filamens ; l'oxigène , dont Pair atmosphérique est composé , agit alors sur le charbon rouge de la mèche , et le change en acide carbonique : la mèche subit donc la diminution nécessaire pour l'éclairage , et rend les mouchettes presque inutiles : d’ailleurs, en adoptant cette mèche, on est exempt des inconvéniens qui arrivent souvent à la suite d’un fil cassé qui tombe extérieurement sur la chandelle, en formant une seconde mèche : on n’ignore pas le dégât qui en est souvent occasioné par ce genre d’accident.

« Si l’on fait usage d’une mèche imprégnée du composé métallique dont il sera parlé plus loin , elle produira , avec encore plus de certitude , la diminution désirée sur la longueur de la mèche, en observant de l’incliner, quand il est nécessaire , hors de la flamme , ( il n’est question ici que de la partie supérieure de la mèche) la longueur disparaîtra de suite. »

Chandelle pour les usages domestiques.

<( Pour la fabrication de la chandelle destinée aux usages domestiques , j’emploie du suif et des graisses également azotés , avec mèche d’un ou deux fils filés en doux ; les mèches seront dans leur état naturel , ou bien imprégnées de mon composé métallique , au choix du consommateur. »

Composition de la robe ou vernis pour la chandelle destinée à remplacer la bougie de cire.

« On prend parties égales de baume de benjoin et de résine-mastic ; ou met chacune de ces substances dans un vase particulier en verre ou en plomb ; on verse dessus de l’esprit-de-vin , on échauffe au Lain-marie jusqu’à ce que les parties résineuses soient dissoutes; on laisse reposer les deux solutions , que l’on met ensuite dans un seul et même vase , ce qui donne un mélange propre à être employé.

« Avant de se servir de cette composition, il est convenable que la liqueur soit portée à vingt-cinq ou trente degrés, thermomètre centigrade. On plonge la chandelle dans cette liqueur pendant l’espace de cinq à dix secondes , après quoi on la retire et on la place convenablement pour la

faire sécher , ce qui aura lieu en dix minutes. Les proportions du benjoin et du mastic peuvent varier , mais il est convenable d’observer que si l’on diminue la quantité du benjoin en augmentant celle du mastic , on s’expose à obtenir une chandelle coulante au toucher ; si , au contraire, on augmente la quantité de benjoin , la chandelle deviendra extrêmement sèche , mais elle perdra de sa beauté du côté de la couleur que ce baume peut lui communiquer. La quantité d’esprit-de-vin sera variable suivant l’épaisseur que l’on ■veut donner à la robe de la chandelle. »

Préparation des mèches par le composé métallique .

« Pour la préparation des mèches par mon composé métallique , il faut faire fondre au bain-marie , daus un vase quelconque , cent parties de suif, de cire on d’un mélange . quelconque de l’une et de l’autre de ces substances , en telle proportion que l’on veut , auxquelles on ajoute depuis cinq jusqu’à dix parties de sous-carbonate de plomb , préalablement bien pulvérisé. Ce mélange se fait avec promptitude et facilité, en le remuant bien avec une spatule. Il faut tremper les mèches dans la composition , pendant qu’elle est chaude et liquide; on les retire de suite. Lorsqu’elles sont froides, elles sont propres à faire des chandelles à la baguette ou au moule.

c L’utilité de cette préparation est que la mèche, en brûlant , décompose le sous-carbonate de plomb , en le réduisant à son état métallique. On aperçoit au haut de la mèche , lorsqu’elle est inclinée hors de la flamme , de trèspetits globules de plomb qui , par leur propre poids , tombent et entraînent la partie élevée de la mèche , effet nécessaire et désiré pour la beauté de la lumière.

« Les oxides métalliques , les sels même à base métalli-

2 ue , qui peuvent subir la réduction par le foyer d’une chanelle allumée , produiront le même effet. »

Observation. Les procédés qu’on vient de lire présentent -d'heureuses applications d’une saine théorie des sciences physiques et chimiques : nous ne doutons pas de leur complète réussite entreles mains des industriels un peu instruits.

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