‹ Nouveau manuel complet du chandelier du cirier, et du fabricant de cire à cacheterChapitre 4 sur 87 · EMPLOYÉES · texte numérisé non relu

EMPLOYÉES

Suif.

Huile.

' Beurre fondu des Vosges, récolté dans

Parties.

Parties.

la plaine pendant l’été

I d. récolté oans les montagnes (I) pen-

dant l’hiver

Axonge de porc

Moelle de breuf

Moelle de mouton

Graisse d’oie

Graisse de canard

Graisse de dindon

Huile d’olives

Huile d’amandes douces

Huile de colza

^ous aurions désiré que le mémoire de M. Braeonnot renfermât le résultat des expériences sur les suifs de mouton etdebœuf, faites dans le même sens que celles que nous venons de rapporter; nous en aurions enrichi notre tableau. Cependant comme il est extrêmement facile de faire des expériences sur ces deux sortes de suif, en suivant la marche indiquée par l’auteur, nous ne doutons pas que les détails dans lesquels nous venons d’entrer ne piquent la curiosité des lecteurs , et que leur intérêt ne les porte à chercher à mettre à profit les résultats de l’auteur.

Dans la vue de ne rien laisser à désirer pour éclairer cette matière et donner aux ouvriers les moyens d’opérer avec sûreté, nous allons transcrire quelques observations de M. Braeonnot sur le suif de mouton et sur celui de bœuf.

(i) M. Braeonnot fait observer que lea proportions. différentes de suif et d'huile que l’on remarque ici dans les beurres de même origine, ne dépendent pas seulement des saisons différentes pendant lesquelles ils sont récoltés, mais de la constitution physique des vaches, du lieu qu'elles habitent et de leurs aliments. Un a remarqué que lorsqu’elles sont nourries de fourrages ■te», elles fournissent un beurre dur, compacte, d’un blanc, mat et d’une jjualtlé inférieure.

7y2 des uitAissEs.

« Le suif n’cxistc point à l’état de pureté absolue dans les animaux , et jusqu a présent il a été méconnu dans cet état : le plus ferme que l’on puisse se procurer contient encore une certaine quantité d’huile; celui qui entoure les reins du mouton en contient plus que celui du bœuf provenant de la même région; celui de chandelles en fournit une assez grande quantité, car cent parties de suif, à la température de u° (Réaumur), m’ont donné trente parties d’huile.

« On parvient à priver ces suifs de leur huile en les faisant fondre , et y ajoutant de l’essence de térébenthine nouvellement distillée. Le mélange, figé et pressé dans un linge, ou, ce qui vaut encore mieux , dans du papier brouillard , laisse le suif daus son état de pureté ; il ne s’agit plus que de le tenir en fusion pendant quelque temps, et de le laisser refroidir.

« Le suif absolu de mouton, ainsi obtenu, est un corps assez analogue à la cire , et paraît même d’une compacité plus sèche et plus cassante ; mais il ne jouit pas de la même ductilité , car il se laisse facilement réduire en poudre ; il cire d’ailleurs les corps et les rend luisants tout aussi bien, que la cire d’abeilles , en faisant enlendfe un cri que l’on connaît à cette substance lorsqu’on la frotte.

« Le suif absolu de mouton fond à la température de 49°‘ (Réaumur) : là cire jaune fond précisément au même degré de chaleur, suivant Boslock ; mais ce suif est moins soluble que la cire et que le blanc de la baleine dans l’alcool bouillant ; celui-ci peut cependant en dissoudre assez pour que la liqueur se trouble en refroidissant. L’éther bouillant le dissout beaucoup mieux, et par le refroidissement il se forme un précipité en larges flocons gélatineux.

« Le suif absolu de bœuf est blanc, quoique ayant naturellement une couleur jaunâtre lorsqu’il n’a pas été épuré , ce qui fait présumer que cette couleur tient à l’huile; il a un aspect plus gras que le suif de mouton ; il est d’ailleurs plus fusible puisqu’il se liquéfie à 46° (Réaumur); aussi est- »l moins propre à la confection des bougies que le suif absolu de mouton, lequel obtenu par quelques moyens faciles, pourra offrir aux arts et au commerce une substance capable de remplacer la cire dans quelques circonstances. »

Nous avons cité textuellement les observations de M.

DES GBA1SSES.

Braconnot sur la nature du suif absolu de mouton el de bœuf, et sur la manière de les obtenir parfaitement débarrassés de la partie huileuse qu’ils renfermeut , ou- Y oléine; mais nous ferons remarquer que pour la fabrication des bonnes chandelles, même d’une qualité supérieure aux meilleures de. celles que l’on fabrique aujourd’hui , il n’est pas necessaire d’en extraire toute 1 oléine afin de se procurer un suif absolu. U suffira de connaître , par une première expérience exactement faite, ce que contient d 'oléine le meilleur suif de mouton, en opérant par exemple sur cent grammes, d’a-. près le procédé cité plus haut. Supposons pour un instant que ce suif ainsi épuré se soit réduit à 00 grammes , on en concluera que le meilleur suif de mouton contient dix pour cent d'oléine ou de matière huileuse , et qu’alors si l’on se contente d’en extraire cinq pour cent, on obtiendra un suif beaucoup plus pur que le suif naturel, et l’on en fabriquera dès chandelles dé bien meilleure qualité. L’opération sera plus faeile à exécuter, puisqu’il ne sera pas nécessaire d’enlever toute Y oléine:

Le tableau que nous avons extrait du mémoire de M. Braconnot , prouve qu’on peut faire d’excellentes chandelles , très solides et très blanches , avec le suif du beurré , de la moelle de bœuf, et même de l’huile de colza , qui sont les corps gras qui en donnent le plus, puisque tous ces suifs absolus sont identiques , très solides et blancs.

Le mémoire dont nous avons extrait tout ce qui précède , est inséré dans les Annales de Chimie, tome 93 , page 255.

M. Chcvreul avait précédé M. Braconnot dans la même carrière ; scs expériences sur les corps gras ont jeté le plus grand jour sur ces substances qui avaient été peu étudiées avant lui. Sa manière d’opérer diffère de celle de M. Braconnot, et n’est pas d’une aussi facile exécution que celle de ce dernier, surtout pour les ouvriers peu accoutumés aux manipulations chimiques. Nous les engageons cependant à méditer avec soin l’ouvrage de M. Chcvreul , intitulé : Recherches chimiques sur les corps gras d'origine animale. Ceux qui auront une teinture de la chimie, y trouveront des observations importantes sur le sujet qui nous occupe, et nous ne doutons pas qu’ils n’en retirent de grands avantages. •

Eh nous résumant , nous ferons remarquer que la bonté des chandelles dépend de la qualité du suif, que plus il est compacte et plus sec , plus il est propre à former des chandelles solides, de longue durée, et qui ne coulent pas. Le suif existant, comme on l’a vu , dans toutes les graisses animales, de même que dans les huiles, on peut l’extraire avec plus ou moins de perte de toutes ces substances , pour n’employer que la partie solide, en rejetant la plus grande portion d’oléine, qu’on peut cependant conserver pour l’utiliser à plusieurs usages. ( 1 )

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