‹ Nouveau manuel complet du chandelier du cirier, et du fabricant de cire à cacheterChapitre 5 sur 87 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Le but qu’on se propose en fabriquant les chandelles, consiste à former avec du suif un corps qui éclaire suffisamment, et d’une manière uniforme , et consumant le moins de suif possible, sans que la matière grasse coule et qu’elle répande aucune mauvaise odeur. Pour cela on a imaginé de placer au milieu du cylindre que forme la chandelle , et en la fabriquant, un petit faisceau de substance filamenteuse qui lui sert d’axe , et qu’on nomme mèche. C’est cette mèche imbibée de suif qu’on allume , et la combustion continue tout le temps que le suif qui sc fond au pied de la mèche fournit l’aliment nécessaire , ainsi que nous l’expliquerons dans un instant.

Il n’etait pas indifférent de prendre une substance quelconque pour former les mèches ; toutes ne sont pas propres à cet usage. 11 faut que la substance filamenteuse dont la mèche est formée soit de nature à s’imbiber facilement de substance graisseuse liquide ; que les brins par leur réunion puissent former entre eux un faisceau de tubes capillaires qui permettent à la partie graisseuse liquide de s’élever audessus du niveau, dans le petit godet qu’elle forme à l’extrémité supérieure de la chandelle , et qui abreuve le pied de

(i) Aujourd’hui la fabrication des bougies stéariques étant une industrie particulière, on consultera avec fruit, pour cet objet, le manuel qui fait partie de cette encyclopédie et qui est intitulé Manuel de la fabrication des acides gras concrets et des bougies stéariques , par AI. F. Aie LrrtïRE. i vol.

iit mèche. Nous allons examiner qu’elle est la substance qui possède ces qualités.

§ T. Des substances propres à faire les Mèches.

Il suffisait d’examiner la contexture des filaments pris parmi les substances animales, tels que les poils , les cheveux , les crins , les laines, la soie , etc. , et la manière dont elles se comportent au feu , pour juger quelles ne peuvent

Î is êtres employées à faire des mèches. En effet, on a beau umecter d’iiuile ou de graisse fondue un brin de fil , de laine ou de soie , on ne peut parvenir à l’allumer; il sc crispe par l'approche d’un corps embrasé, et se réduit aussitôt en charbon. Parmi les substances minérales, l’amiante pourrait former de bonnes mèches, mais son incombustibilité rendrait ces mèches d’un service incommode pour les chandelles ordinaires. La cherté et la rareté de cette substance seraient un autre obstacle. On pourrait l’employer dans les chandelles percées , comme nous le verrons plus tard.

Les substances végétales sont les seules qui présentent toutes les qualités que l’on peut désirer dans de bonnes mèches : parmi cés substances , le coton est la seule dont on retire ie plus grand avantage. Pour faire de bonnes chandelles , on doit donc employer des mèches de coton filé fin et égal ; il doit être blanc , bien net, sans aucune ordure ; car la moindre saleté forme de suite, en brûlant, un charbon qui , se détachant de la mèche, tombe dans le suif fondu qui inonde le pied , et fait couler la chandelle. Plus le cotonest fin , plus les tubes capillaires que les fils forment entre eux , sont nombreux et petits , de sorte que la graisse est élevée plus haut , et alors le blanc qui x-este au pied de la mèche est plus considérable au-dessous du point où se fait la combustion.

Il y a quelques années qu’on proposa de faire des mèches avec du bois ne sapin ; on en exécuta quelques-unes , mais la lumière qu’elles répandaient n’était pas à beaucoup près comparable à celle des mèches de coton.

M. Duffour, orfèvre à Bourges, présenta, en 1811, à la Société d’Encouragement , des mèches formées d’une substance indigène propre à remplacer le coton pour les chandelles et pour les lampes. L’auteur annonça que cette sub-

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stance végétale est très commune en France, et qu’elle coûte* sensiblement moins que le coton; il n’a jamais voulu la faire connaître. Au tact, au premier aspect, cette substance ressemble à du coton lilé , commun ; elle a une partie, de sa douceur et ses qualités apparentes. Pour reconnaître Futilité de ces mèches, on a brûlé pendant plusieurs jours des chandelles à mèches nouvelles, comparativement à des chandelles à mèches de coton , de même grosseur et de même poids ; on a trouvé que les unes et les autres avaient les mêmes qualités. Mais comme l’on ne connaît pas la substance qu’emploie Fauteur, on ne peut rien dire qui puisse guider le fabricant sur ce point. Nous lui conseillerons par conséquent de s’en tenir au beau coton bien blanc , bien sec , filé fin et égal , et tel que nous l’avons indiqué plus haut.

§ II. De la manière de préparer les Mèches.

Nous avons recommandé d’employer pour mèche du eotot» fin , nous n’avons pas entendu par là qu’on dut prendre du fil à former des mousselines ; il serait trop coûteux et ce serait inutile. Il suffit de prendre du fil de coton semblable à celui qui sert à faire de gros calicots. Ce qu’il y a d’important,, e’est que l’on choisisse celui qui est filé le plus uni,, sans nœuds, sans saletés, et sans aucune partie de coton qui ne soit liée avec le fil , de sorte qu’il soit partout cylindrique d’un bout àl’autre. Les chandelles les mieux fabriquées , sous le rapport de la bonté et de la blancheur du suif, coulent quelquefois, par le peu de soin que l’on a mis dans la confection de la mèche. Nous répéterons ici que les saletés qui quelquefois se trouvent dans la mèche, ainsi que les petits boutons de coton qu’on voit souvent répandus le long du fil , lorsqu’il n’a pas été fait avec beaucoup de soin , se réduisent en charbon plutôt que la mèche, s’en détachent brûlants, tombent à son pied dans le suif fondu , y portent une chaleur excessive , qui en fait fondre une trop grande quantité pour que la combustion puisse la consumer, et alors la chandelle coule.

Il ne sera pas hors de propos d’expliquer le mécanisme de la combustion du suif dans les chandelles, afin de justifier ce que nous avons déjà dit sur le choix à faire du fil de co-

ton, cl pour donner- une parfaite intelligence de ce que nous avons à dire sur la préparation des mèches.

Lorsqu’on allume une chandelle qui a déjà brûlé , tout le inonde sait que la flamme descend d'abord jusque sur le suif au pied de la mèche, et paraît vouloir s’éteindre', qu’elle ne se ranime que lorsque la chaleur a fondu une certaine quantité de suif, qui se rassemble dans une espèce de petit godet au milieu duquel la mèche paraît implantée. La flamme ne descend pas aussi lias que d’abord, cl la mèche reste blanche jusqu’à trois ou quatre lignes au-dessus du suif liquéfie au-dessous d’elle. La combustion s’opère donc dans la partie supérieure de la mèche , et reçoit son aliment du suif fondu qui est beaucoup au-dessous de ce point.

Des personnes peu instruites , qui veulent raisonner sur cet objet , soutiennent que la combustion attire le suif : ce n!est point ainsi que cela a lieu - , c’est une cause physique qui produit cet effet. L’expérience a prouvé que lorsqu'on plonge un petit tube de verre dans un liquide susceptible de mouiller, le liquide s’élève d’autant plus haut dans le tube , au-dessus du niveau du même liquide dans le verre où il est plongé , que le tube est plus petit , de sorte que si l’on conçoit un tuyau comme un cheveu, le liquide monte à. une assez grande hauteur. On a donné à cette propriété le nom de capillarité, et aux petits tubes dont nous nous occupons, le nom de tuyaux capillaires , du nom latin, capilli , qui signifie cheveux.

Il suit de là, qu’en considérant un faisceau de (ils de coton , destinés à former une mèche , on peut regarder celte réunion comme un assemblage de cylindres , appliqués l’un contre l’autre, et laissant entre eux un espace vide, qui forme tuyau. Il n’est pas nécessaire qpe le tuyau soit absolument capillaire , pour que cette propriété se manifeste ; on aperçoit l’elfet de la capillarité , dàns des tuyaux de cinq millimètres (2 ligues et demie) de diamètre. 11 est constant que plus le tuyau est petit, cl plus la liqueur s’élève haut; cependant il n’en faudrait pas conclure de ce que la liqueur s’élève dans les tuyaux capillaires, en raison directe de leur diamètre, qu’on pourrait déterminer d’avance, et par le calcul, la hauteur exacte à laquelle elle s’élèverait dans un tube d’un diamètre dçnné , par la connaissance de la hauteur.

à laquelle elle se serait élevée dans un autre tube plu» oc.' moins gros , qui aurait servi à faire l’expérience. Il faudrait pour cela connaître la cause qui produit cet effet , et cette cause est encore inconnue.

Quoi qu’il en soit, l’effet existe, et c’est ce qui nous suflit. Cette loi de la capillarité s’applique à tous les corps assez poreux et capables d’admettre des liqueurs; ils peuvent être considérés comme un assemblage de tuyaux capillaires. C’est par l’effet de la capillarité, que dans les plantes lasève monte de la racine jusqu’au bout des branches. C’est aussi par l’effet de la capillarité, que la graisse liquide monte dans les mèches jusqu’à son extrémité , et que là , elle est décomposée par la combustion , et produit la flamme qui éclaire. Nous ne développerons pas ici la théorie de la combustion, nous sortirions ae notre sujet. 11 nous suffit d’avoir expliqué la cause de la combustion de la graisse liquide , et d’avoir ainsi détruit les fausses assertions que la combustion attire la graisse liquide ou les huiles , la combustion étant totalement étrangère à cet effet.

D’après ce que nous venons de dire , il est incontestable que lorsque la mèche est formée de gros tils de coton , les interstices qui existent entre ces cylindres sont plus grands que lorsque les fils de coton sont plus petits , et par consé-

Î uent la graisse doit s’élever plus haut dans les derniers que ans les premiers. Mais il est encore d’autres considérations importantes , sur la nécessité d’employer du fil de coton fin pour la confection des mèches, de préférence au fil de coton gros. Prenons un exemple afin de nous faire bien entendre : formons avec le même suif deux chandelles de même dimension; donnons à chacune une mèche de même diamètre, mais dont la première A , soit formée de dix fils , et la seconde B , de i 00 ; supposons , pour la facilité des calculs , que la première présente dix tuyaux capillaires , et la seconde cent; ces tuyaux capillaires seront dans l’une et l’autre assez petits pour faire monter le suif fondu jusqu’au bout de la mèche ; allumons-les toutes les deux et voyons ce qui va se passer.

La graisse fondue s’élève dans la mèche de la chandelle A avec beaucoup d’abondance dans les tubes capillaires, qui. sont très gros; cette graisse est en plus grande quantité que

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'îa combustion n'eu peut consumer; mais la chaleur est si forte au foyer, que la graisse est volatilisée , il se forme une fumée épaisse accompagnée d’une vapeur âcre , qui incommode beaucoup, et la consommation est considérable. La mèche de la chandelle B , au contraire, présente des tuyaux capillaires dix fois plus petits ; le suif fondu s’élève si l’on veut en même quantité , mais les brins de coton étant dix fois plus fins sont mieux et plus également imbibés, la combustion est parfaite , aucune vapeur, aucune fumée ne s’élève , et la consommation est moindre. Il n’est donc pas étonnant que , clans ce cas , la chandelle B dure plus longtemps que la Chandelle A , et Bon a observé que des chandelles dont la mèche était formée de beau coton fin , n’avaient pas besoin de moucher, qu’elles ne coulaient jamais , et répandaient une belle lumière.

On achète le coton filé en écheveaux ; des femmes le dévident en pelotons; pour cela elles se servent de dévidoirs, que les Chandeliers appellent tournetles : ce sont deux liteaux assemblés en croix , et qu'on nomme croisées. Chaque branche est percée de beaucoup de trous; des chevilles , que l’on implante dans, ces trous, inclinés du dedans au dehors , se trouvent inclinées de même et empêchent , par cette disposition , l’écheveau de sortir de sa place.

C’est ordinairement trois iils que les dévideuses rassemblent pour en former les pcloltcs : pour cela elles ont des tournetles qui portent sur le même pied ou axe vertical, trois croisées l’une au-dessus de l’autre ; ces croisées tournent indépendamment l’une de l’autre, et la machine n’occupe pas plus d’espace que s’il n’y avait qu’une tournette.

On sent que pour aller plus vite et employer moins de temps , ce qui est très important dans les manufactures , il faut dévider en une seule fois le nombre d’écheveaux que l’on se propose d’employer. Aujourd’hui que les filateurs sont obligés de numéroter leurs fils d’après le nombre d’écheveaux , d’une longueur égale , contenus dans un kilogramme , il est facile ae savoir combien on doit employer de fils à la fois pour former les pelotons. Supposons que le fabricant ait choisi le n° 20 , comme le plus propre pour une certaine sorte de chandelles : comme ce n # 20 suppose vingt écheveaux dans le kilogramme , il devrait faire dévide-r ce^

oc. s mèches.

vingt écheveaux à la fois ; mais comble chaque mèche est doublée , ainsi qu’on le verra plus h 1 , il n’en emploie que dix. Alors la dévideusc prend le nombre de tournettes nécessaires pour former, a une seule fois , son peloton de dix fils.

Je n’ignore pas que cela ne se fait pas ainsi , mais je soutiens que cela serait plus économique. La dévideusc fait ordinairement son peloton de trois fils; l’ouvrier qui les assemble et les coupe, prend plusieurs pelotons qui puissent lui donner ensemble le nombre de fils qu’il veut avoir : îl les met dans un panier A [Fig. 8) , posé par terre ou sur un tabouret B ù côté de son établi , qui porte le couteau à mèches que je vais décrire , et devant lequel il se place, assis.

Description du Coupoir ou Banc à couper les mèches.

La Figure 8 de la Planche l montre cet instrument. Il est formé d’une table G , C , dont la planche supérieure qui forme le dessus est surmontée d’une seconde planche ouverte dans son milieu d’un trou longitudinal , a , dans lequel peut glisser à coulisse la planchette b , qui porte la broche de fer c, fixée verticalement sur cette planchette. Un bouton d en bois tourné, placé vers le bout de cette planchette, sert à la tirer en dehors. Une clef à vis /sert à lixer la planchette et par conséquent la broche de fer, au point convenable, selon la longueur que l’on veut donner aux mèches. Vers le bout de la table , à la gauche de l’ouvrier, est fixé solidement un couteau vertical g dont le tranchant est tourné (lu côté D de l’ouvrier.

Le dessus de la taille entaillé peut être fait de trois pièces : deux planches de même longueur que le dessus , et d’une troisième pièce qui les assemble toutes les deux , en laissant entre elles la distance convenable pour faire jouer la planchette. Ces trois pièces , ajustées à languettes , doivent être collées ensemble; l’excédant des languettes sert ù faire glisser la planchette. Le second dessus doit être chevillé avec le premier dessus plein , afin de ne faire qu’une seule et même pièce.

A côté de la table se place un tabouret B sur lequel ou pose un padier ou crible aux pelotons.

L’ouvrier, qui est souvent une femme , s’asseoit sur un escabeau , au-devant de l'établi ; il fixe la longueur qu’il doit donner aux mèches , depuis la broche c jusqu’au couteau g, et serre la vis f , qui rend la coulisse immobile ainsi que la broche c. Il prend les bouts des pelotes réunis de la main droite , il les porte ensemble sur la broche c , l’entoure à moitié , et dirigeant la même main vers le couteau g , il coupc la mèche à la même longueur où la première moitié sc présente. On sent qu’alors la mèche est doublée.

Cet ouvrier doit faire bien attention qu’un des bouts du coton ne soit pas plus long que l'autre , ce qui rendrait la mèche défectueuse, et, selon le langage des Chandeliers, la rendrait barlongue. Il place cette mèche entre la paume de ses deux mains , sans la sortir de dessus la broche e , et en faisant glisser ses mains l’une sur l’autre, il la tord un peu , afin d’empêcher les fils de se séparer, et pour former autour de la broche une espèce d’anse , qu’on désigne sous le nom de collet de lu mèche. Après cela , et sans enlever la mèche de dessus la broche, il la jette sur le bord de la table sur sa droite.

L’ouvrier est dans l’usage, pendant cette opération, de ne pas abandonner les bouts de coton qui restent dans sa main gauche après qu’il a coupe Ja mèche; je me suis aperçu que ces bouts le gênent pour la tordre, et j’ai conseillé de placer sous la table un boutde liteau étroit et mince, de 0 m 16 c (six pouces) de long, fixé par une ou deux vis au-dessous de la table , et saillant de 27 mill. au plus : ce liteau fait ressort, l’ouvrier y pose son faisceau de fils , il l’engage légèrement entre lui et la table , où il est tenu fixe ; alors il a les deux mains libres , il opère sans gêne , et reprend de suite son faisceau pour former une seconde mèche, comme il a formé la première. L’on a trouvé ce procédé commode, et on l’emploic.

Lorsque l’ouvrier a préparé ainsi un nombre de mèches suffisant pour garnir une broche ou baguette , il les examine après les avoir arrangées à plat les unes à côté d^s autres , mais sans les sortir de la broche. S'il aperçoit t aelque fil qui sc détache du faisceau , il l’enlève, et ayant rassemblé le boutde toutes les mèches il les ébarbe; ensuite appuyaut une de ses mainssur cesmèches près du collet, il les comprime ,

les lie ensemble , et les renven6e vers le bout de la table ; ee paquet se nomme une brochée.

Les brochées n’ont pas toutes un même nombre de-mèches, elles varient selon leur grosseur, ou , ce qui revient au même , selon le nombre de chandelles necessaires pour former demi kilogr. ou une livre. Elle est de douze pour des chandelles de quatre ; quatorze pour celles de cinq ; quinze pour celles de six; seize pour celles de huit, etc.

Le mot brochée n’est employé que pour les mèches qui doivent servir pour les chandelles à la baguette , car lorsqu’il s’agit des mèches pour les chandelles moulées, on ne les compte pas , on en remplit toute la broche du coupoir; lorsqu’elle est pleine , on les transporte sur de petites baguettes qu’on remplit en entier. Elles se touchent toutes , mais afin qu’elles n’en sortent pas , on les lie avec les deux mèches des bouts , et on les porte auprès des tables des moules , ainsi qu’on le verra plus bas.

Quant aux mèches destinées aux chandelles à la plonge , lorsque la broche du coupoir en est remplie , on les trans-

f iorte sur des baguettes de bois léger , bien lisses dans toute eur longueur , un peu plus petites que la broche du cou-

S oir, et se terminant en pointe par un de leurs bouts afin 'en faciliter l’introduction dans l’anse du collet de la mèche. Ces baguettes , qu’on nomme broches à chandelles , ont toujours deux pieds et demi de longueur.

La grosseur des mèches doit varier , non seulement relativement à la grosseur des chandelles , mais encore à la plus ou moins grande facilité avec laquelle le suif.fond. D’après ee que nous avons dit sur la differente qualité.des suifs , on doit concevoir que cette observation est importante. .Tous les suifs ne fondent pas au même degré de chaleur, par conséquent- la mèche doit être d’autant plus petite que le suif est plus dur à fondre. Nous avons vu une chandelle , de cinq à la livre , formée toute de stéarine pure , dont la mèche était aussi petite que celle des bougies , et qui brûlait avec une belle flamme blanche , elle donnait une lumière aussi vive qu’une chandelle ordinaire de ciuq au demi kilog. dont la mèche était plus que double de la première. Pendant que cette chandelle ordinaire avait consomme un pouce de sa hauteur , celle de stéarine avait à peine con-

sumé son -collet , que tout le monde sait être conique. Ainsi Ton voit qu’on doit proportionner la grosseur de la mèche, 1° à la température à laquelle le suif qu’on emploie se fond; 2° à la grosseur des fils qui composent la mèche ; 3° à la température de l’atmosphère , et 4° à la grosseur de la chandelle. On ne peut arriver an but que par des expériences répétées.

11 nous restait à parler d’une dernière préparation quenécessitent souvent les mèches des chandelles moulées ; mais nous en parlerons lorsque nous décrirons la manière de fabriquer ces sortes de chandelles.

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