‹ Nouveau manuel complet du chandelier du cirier, et du fabricant de cire à cacheterChapitre 56 sur 87 · IV. SUR DIVERS MODES DE BLANCHIR LA CIRE · texte numérisé non relu

IV. SUR DIVERS MODES DE BLANCHIR LA CIRE

Indépendamment du mode ordinaire de blanchiment de

la cire , qui a été décrit dansée texte , on en a proposé plusieurs autres qui n’ont pas généralement reçu la sanction de la pratique , mais qu’il est cependant nécessaire de faire connaître en peu de mots , dans l’intérêt des fabricants. On a propose successivement le chlore gazeux , le chlore liquide , les chlorures d’oxides et l’eau bouillante.

Pour blanchir la cire par le chlore , on la fait fondre et on la rubané comme à l’ordinaire, puis on la plbnge dans une eau chlorée jusqu’à ce qu’elle devienne blanche ; on la fait fondre de nouveau , la rubané une seconde fois, et on la blanchit de nouveau jusqu’à ce qu’on ait atteint la blancheur suffisante.

On prépare l’eau de chlore au moyen d’un mélange de 2 kilogram. de sel marin, 1 kilogr. de manganèse , et 4?2 kilogr. d’acide sulfurique concentré et 2 kilogr. d’eau *, le chlore gazeux est reçu au moyeu d’un appareil de Yollf daus 200 litres d’eau.

D’après un autre mode on blanchit très bien au moyen du chlore, en fondant la cire dans une chaudière en plomb avec un poids égal d’une dissolution de 4 partie de chlorure de chaux , de potasse ou de soude dans 8 parties d’eau , et ajoutant par chaque kilogr. de cire 45 à 20 grammes d’acide sulfurique. Ou peut favoriser l’action par la chaleur. Lorsque la cire est blanchie on la lave avec de l’eau et on la moule.

Le chlore, comme on voit, et tous les chlorures d’oxides , possèdent donc la propriété de blanchir la cire , mais la cire ainsi blanchie retient toujours une petite quantité de chlore qu’elle laisse dégager pendant la combustion , ce qui la rend impropre à l’éclairage.

On a aussi proposé de blanchir la cire au moyen de l’eau bouillante. A cet effet, on fait fondre 5 kilogr. de cire brute dans une grande chaudière en tôle étamée , on chauffe

S ia un commencement d’évaporation , et on ajoute le le du poids d’eau bouillante. On maintient le tout en ébullition pendant quelques heures , on agite et on laisse la masse refroidir. On recommence ensuite l’opération jusqu’à ce que la cire soit devenue blanche.

Righim a proposé aussi de blanchir la cire au moyen de l’acide nitrique. A cet effet, il fait fondre 42 kilogr. de

cire jaune et y introduit 3«kilogr. do nitrate de potasse* dissous dans 5 litres d'eau. Ou fait bouillir un quart d’heure et on verse la cire fondue et devenue blanche dans l’eau froide , où on la lave , puis on expose à l’air et fait sécher.

Enfin on a essayé aussi, nous croyons pour la ciie, les substances proposées par M. Walt , pour blanchir les matières grasses d’origine animale et végétale , c’est-à-dire le bichromate de potasse et un. acide concentré, ou mieux l’acide chromique, ainsi que nous l’avons expliqué à la page 00 mais, nous le répétons , tous ces moyens présentent des inconvénients, surtout pour les cires destinées à l’éclairage, et l’on en est toujours revenu au mode ordinaire de blanchiment par la lumière et la rosée.

§ V. FABRICATION EN GRAND d’uNE MATIERE ANALOGUE* A LA CIRE, APPELÉE CEROMIMEME, ET PROPRE A FAIRE DES BOUGIES, DES SAVONS ET DU SULFATE DE POTASSE.

Brevet de 5 ans, pris le 29 juillet 1818, par les sieurs Braconnât et Simonin , à Nancy.

« Cette matière , pouvant remplacer la cire dans plusieurs de ses usages, et particulièrement pour l’éclairage, est retirée de toutes les graisses animales par le procédé suivant : « La graisse ou le suif dont on veut extraire la matière concrète, est étendue avec une quantité variable d’une huile volatile , ordinairement celle de térébenthine ; le mélange, placé dans des boîtes circulaires, revêtues intérieurement de feutre , et dont les parois latérales , ainsi que le fond , sont percés d’une multitude de petits trous , est soumis à une pression graduée et très forte , <jui en exprime l’huile volatile ajoutée avec elle , et la partie la plus fluide de la graisse employée ; la substance solide restée dans les boîtes en est retirée-, on la fait bouillir longtemps avec de l’eau , pour lui enlever l’odeur de l’huile volatile ; tenue ensuite en fusion pendant quelques heures , avec du charbon animal nouvellement préparé , elle est filtrée bouillante et refroidie-, cette substance est d’un blanc éclatant , demiiransparentc sèche, cassante , sans saveur ni odeur.

« Cette matière , très propre à l’éclairage , ne peut cependant , dans cet état , être employée à cet usage , à cause' île. sa- trop grande fragilité, qui n’en permet ni le moulage ni le transport *, on parvient à lui donner une sorte de ductilité et de ténacité par un léger contact avec du chlore ou de riiydro-cblore ; son alliage avec un cinquième de cire d’abeilles donne le même résultat : alors son emploi est facite , et on en moule des bougies d’un usage aussi agréable que celui des bougies faites avec de la cire.

« L’huile exprimée ou la partie la plus fluide de la graisse employée , contenant , outre l’huile volatile que l’on peut séparer par la distillation , une quantité assez considérable de matière concrète qu’elle entraîne et tient en solution , étant épurée et blanchie par le charbon d’os, est éminemment propre à la fabrication de savon excellent pour les. arts , et même pour l’usage domestique , son odeur étant faible et pas trop désagréable. Cette huile nnimale «saponifiée d'abord par la potasse des Vosges , est transformée en savon dur, à base de soude r , par le sulfate de soude , de peu de valeur et très abondant dans les eaux salées du département. i

« Ce procédé a l’avantage d’offrir au commerce du sulfate de potasse , recherché pour les fabriques d’alun.

Observation. Après avoir retiré la matière des boites, l’avoir fait bouillir, etc. , comme le recommandent les auteurs, nous avons obtenu une substance d’un blanc éclatant , et ayant les autres qualités qu’ils font remarquer. Lorsque ensuite nous avons voulu mettre cette substance en contact avec du chlore ou de l’hydro-chlore , nous avons remarqué que , quelque léger qu’ait été ce contact , cette substance perd la propriété d’être combustible. Il est donc très préférable (remployer le second moyen, l’alliage avec un cinquième de cire d’abeilles qui lui donne la ductilité et la ténacité nécessaires.

En combinant ce procédé avec d’autres que nous ferons connaître plus bas , comme l’ont fait quelques manufacturiers, on peut obtenir d'excellents produits.

§ VI. PROCÉDÉS DE FABRICATION d’uNE NOUVELLE SORTE DE BOUGIE, DITE BOUGIE OPTIMË, ET POUR UN MOULE PROPRE A CETTE FABRICATION.

Brevet de 10 ans, pris le 22 juin 1820, par le sieur Mérijot, à Paris. Tome 19, page 501, des brevets expirés.

Quantités et prix des matières qui entrent dans la composition de la bougie optime.

Pour une livre de bougie des cinq , savoir :

Cinq mèches de coton préparées comme pour la bougie ordinaire. Il entre cinq grammes de coton , à raison de

dix francs les cinquante décagrammes 0 l'r. 05 c.

La composition , coulée dans le moule , est formée d’un cinquième de cire à trois francs cinquante centimes le demi-kilogr.

11 entre dans cette composition trente-

huit décagrammes qui coûtent i »»

La composition formant la couverture de cette bougie, et qui s’emploie suivant les procédés connus , se compose :

Pour le premier jet, d’un tiers de cire première qualité, à trois francs cinquante centimes le demi-kilogramme, de deux tiers de suif à quatre-vingts centimes le demikilogramme. Ce jet, suivant son degré de chaleur, emploie deux décagrammes et demi à trois décagrammes de cette composition ,

et les trois décagrammes coûtent U 10

Pour le deuxieme jet, de trois cinquièmes de cire à trois francs cinquante centimes le

demi-kilogramme , de deux cinquièmes de suif à quatre-vingts centimes le demi-kilogramme; ce jet emploie aussi trois décagrammes coûtant 0 15

Pour le troisième et dernier jet , de trois décagrammes de cire pure à trois francs cinquante centimes le demi-kilogramme 0 21

Pour trois décagrnmmes de papier, bandes, ficelle et frais de fabrication 0 ii

Total 1 G2

La matière se verse dans le moule par un bout, et la bougie -se tire par l’autre bout de ce moule*, on la termine comme à l’ordinaire.

Connue on le voit , ce procédé emploie très peu de cire , et la fabrication se trouve accélérée. Un seul homme peut , en employant ces moyens et sans se fatiguer, faire deux cents livres de bougies par jour, tandis qu’il n’en peut faire que soixante-quinze livres par la méthode ordinaire, dans laquelle le suif et la cire sont employés en quantités égales.

Observations. Nous ne pouvons pas concevoir comment Je comité consultatif, auquel le ministre envoie les descriptions des demandes en brevets , avant de les expédier, a pu consentir à son expédition , sans demander des explications sur la construction du moule que l’auteur annonce , et qui était indispensable. En elTet comment concevoir un moule dans lequel la matière entre par un bout et la bougie se retire par l’autre , sans le supposer parfaitement cylindrique *, T et alors comment faire sortir la bougie avec facilité? Cetfe - ‘

difficulté n’est pas la seule que présente ce moule , cependant nous ne pousserons pas plus loin nos observations sur cet objet ; tout lecteur intelligent suppléera à notre rélicence. Le but de la loi n’était pas rempli, puisque le demandeur cachait un des moyens importants d’exécution qui rend ce brevet inexécutable.

Loin d’avoir pour but le perfectionnement de l’art du Cirier, dans lequel il a été classé , il présente un moyen de tendre à sa détérioration , puisqu’il indique les moyens de falsifier la matière première.

§ VII. PROCÉDÉS DE FABRICATION POUR UNE ESPECE DE BOUGIE BATARDE TRANSPARENTE.

Brevet de 5 ans, pris le 22 juillet 1825, par le sietir Débitte jeune (Jean-Charles ) , fabricant de bougie, à Paris.

Pour composer cent livres de cette bougie , prenez qua-

tre-vingt-dix livres de blanc de baleine , cinq livres de suif de chèvre épuré , et cinq livres de cire faites fondre dan* des chaudières séparées , scellées et à bain-marie , chacune de ces substances; ajoutez par cent livres de chaque matière, une once de crème de tartre et un pareil poids d’alun de glace; mettez chacune de ces trois compositions déposer dans un vase particulier et tirez à clair.

Lorsque vous voudrez faire usage dè ces préparations , vous mêlerez ensemble et dans une même chaudière à bainmarie , quatre-vingt-dix livres dé celle dont la base est le blanc de baleine, cinq livres de celle qui contient le suif de chèvre épuré , et cinq livres de celle qui est fôrméè de cire. Lorsque ces cent livres de matières seront bien mélangées, vous y ajouterez encore une once de crème de tartre et une once d’alun de glace, et vous mélangerez bien le tout.

Celte préparation ainsi faite , vous la ferez chauffer à quatre-vingt degrés , et vous la laisserez déposer jusqu’à ce que la chaleur soit descendue à soixante degrés; alors vous tirerez la composition à clair dans des pots , pour laverser de suite dans des moules en étain , préparés à cet effet.

Au moyen de cette combinaison, on obtient une bougie qui éclaire beaucoup plus que celle qu’on a faite jusqu’à présent, et qui peut supporter une grandè chaleur.

Observations. Le procédé qu’on vient de lire donne des résultats satisfaisants ; le suif de chèvre qu’on y introduit est en trop petite quantité pour altérer sensiblement la cire : il rend le blanc de baleine plus solide et concourt à donner une lumière plus vive.

L’auteur ne parait pas au courant des découvertes modernes; il aurait su que l’alun de glace, l’alun de roche, l’alun, de Rome , ne sont regardés aujourd’hui que comme des dénominations synonymes des mots alun du commerce, appelépar les chimistes sulfate acide d’alumine et de potasse , vul*. gaircinent désigné sous le nom d'alun.

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