‹ Nouveau manuel complet du chandelier du cirier, et du fabricant de cire à cacheterChapitre 58 sur 87 · BALEINE · texte numérisé non relu

BALEINE

' Pour faire cette opération qui a été omise dans la description précédente , on met dans un sac de toile ou de toute autre matière, une quantité plus ou moins grande de blanc

DE LA ClilE

de bafcinc brut; on place ce sac entre des plaques de fer, sous une machine hydraulique , à vapeur ordinaire , ou à la main , pour en extraire l’huile qu’il contient. Il ne faut pas que la pression soit très forte. Lorsqu'on juge qu’elle est terminée, on retire le blanc de baleine des sacs, et on le fait fondre dans une chaudière en fer; il faut écumer jusqu’à ce que les matières étrangères aient été enlevées. Lorsqu’on s’aperçoit que 1e blanc de baleine est assez limpide, on le laisse refroidir, et quand la plus grande chaleur est passée , on 1c transvase dans un baquet en ferblane, cuivre ou étain, où il achève de se refroidir. Lorsque le blanc de baleine est entièrement iigé , on le coupe par morceaux aussi menus que possible et on le met dans des sacs de crin ; on chaulfe ensuite la presse , soit à l’aide de la vapeur, soit par tout autre moyen , et quand on juge que cette presse* est assez échauffée, ou y place le blanc de baleine renfermé dans les sacs de crin , toujours entre des plaques de fer, afin d’en extraire tout ce qu’il peut contenir de graisse. On commence ensuite par le faire fondre et on le laisse sur le feu, daus la chaudière dont il est parlé plus haut , jusqu’à ce qu’il soit aussi limpide que l’eau de roche.

Dans la description qui précède celle-ci , ou a indiqué le mélange de quinze onces de sperma-céti ou blanc de baleine avec une once de cire , et on a dit que , quand cette substance n’était pas assez raffinée , on n’en mettait que quatorze onces sur deux onces de cire ; l’expérience a démontré, depuis , qu’on pouvait mettre , sur cent livres de spermacéti , depuis six livres quatre onces de cire , jusqu’à vingtcinq livres; mais lorsqu’on mélange 1c blanc de baleine avec cette dernière quantité ou environ , la bougie n’est pas aussi belle ni aussi transparente que lorsqu’on n’en met que six livres quatre onces.

Pour fabriquer une bougie plus ordinaire , on peut mettre, sur cent livres de sperma-céti et six livres quatre onces

f dus ou moins de cire , depuis dix livres jusqu’à vingt-cinq ivres de suif. Le mélange de ces substances se fait lorsqu’elles sont chaudes; il est bien entendu qu'on ne doit employer que du suif bien raffiné.

Observations. Les descriptions qu’on vient de lire sont on ne peut pas plus mal rédigées, et laissent au lecteur le soin

de les étudier. Il renferme cependant de bonnes choses que l’artiste intelligent pourra mettre à profit. Cependant on ne peut pas se dissimuler qu’au lieu déporter l’art à sa perfection , il n’enseigne qu’à le pousser vers sa détérioration en indiquant des moyens de falsifier les matières. L’auteur n’est pas chimiste , il ne se doute pas qu’en combinant de la potasse avec de la térébenthine et de la cire ou du suif, il forme un savon, et nous ne connaissions pas encore la qualité qu’il suppose au savon d’être combustible. Il aurait dû au moins donner des explications sur un point aussi important. Nous pensons que quelque fabricant instruit fera des expériences qui confirmeront ou infirmeront les assertions de ce breveté. Le comité consultatif aurait dû s’assurer de la vérité et faire rectifier ce qu’il pourrait y avoir de faux; c’est là un des buts de son institution.

§ IX. PREPARATION d’uNE SUBSTANCE APPELEE VÀXÊME, DESTINÉE A LA PREPARATION DES BOUGIES.

Brevet de 15 ans , pris le 11 août 1826 , par le sieur Manicler (Nicolas-IIégésippe) , chimiste à Londres, faisant élection de domicile à Paris.

Description.

Les corps gras sont composés de deux substances , l’une concrète , et l’autre plus ou moins liquide.

Le principal point de cette invention est d’opérer la séparation de ces deux substances par un procédé simple qui ne tend ni à les altérer, ni à en augmenter le prix. L’agent dont je me sers , à cet effet , est l’eau.

Je prends du suif ordinaire ou du suif en brandies pilé et lavé , que je tiens en ébullition , pendant un certain temps, avec de l’eau dans un digesteur. L’opération est regardée comme bien faite lorsque, versé et refroidi, le suif présente intérieurement un aspect grenu; alors je le soumets à la pression , et les deux corps se séparent.

La matière concrète obtenue, mêlée avec une légère quantité de galipot, est mise en contact avec du chlore, ensuite filtrée au charbon animal : le résultat de cette opéiation , qui prend le nom de vaxême , est propre à être converti en bougies , qui rivalisent avec celles en cire pure.

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Quant à la matière liquide, elle est employée à différents usages , principalement à fabriquer du savon.

Brevet de perfectionnement et d'addition au précédent brevet , pris le 5 novembre 1820.

Lorsque la substance solide a été obtenue , comme il est dit précédemment, selon sa sécheresse et sa friabilité, je la mêle , plus ou moins , avec le dixième de son poids d’huile de lin ou de chanvre , la plus épurée et décolorée possible , et rendue épaisse comme de la térébenthine par un moyen quelconque , soit en la faisant bouillir dans un vase dont on entretient continuellement un vide partiel , à l’aide d’une machine pneumatique que l’on met en jeu; soit en la mettant dans un vase de fer propre , en élevant promptement la température , la retirant du feu , l’enflammant et l’éteignant quand elle est diminuée d’un quart ; soit en l’exposant à l’air dans des vases de bois, jusqu’à ce qu’elle ait acquis la consistance dont je viens de parler.

Quand l’huile de ce mélange s’est solidifiée , le résultat ressemble à de la cire pour l’aspect, la ténacité et les qualités ; mais je puis lui donner un point de perfection plus élevé, en finissant par le tenir en fusion durant trois ou quatre jours dans un volume double du sien de chlore gazeux. Je le fais ensuite bouillir dans l’eau filtrée , au moyen d’un conduit de vapeur qui plonge dans le fond de la chaudière , jusqu’à ce qu’il ait perdu l’odeur du chlore , je le laisse éclaircir et je le coule en pains.

Observations. Ce brevet , pris le 11 août 1826, devait avoir une durée de 15 ans , et son expiration n’aurait dû avoir lieu que le 11 août 1841, il a été cependant public en 1852, dans la sixième année de sa délivrance ; une ordonnance du roi du 8 février 1852 , en prononça la déchéance. Cette circonstance n’est pas une preuve contre la bonté du procédé qu’on vient de lire; l’article 16 de la loi du 7 janvier 1791 , prononce la déchéance dans six cas qu’elle détermine; mais comme la loi ne garantit pas la bonté du procédé , la déchéance ne peut porter que sur l’un des six cas dont aucun n’est relatif à cet objet. Le motif pour lequel la déchéance a été prononcée se trouve dans l'ordonnance insérée au bulletin des lois; ceci est étranger à notre but , aussi nous ne nous en occuperons pas.

Le procédé décrit dans le brevet dont nous nous occupons , paraît basé sur la théorie chimique ; il serait à désirer que l’auteur se fût un peu plus étendu sur les manipulations, c’est là ordinairement le défaut des demandeurs de brevets ; mais puisque , après la publication du brevet , la découverte appartient à tout le monde , la société a le plus grand intérêt à exiger que toutes les manipulations soient scrupuleusement décrites , et il serait du devoir de l’administration de veillera ce que ces circonstances fussent rigoureusement observées.

Cependant les expériences à faire , dans ce cas , sont faciles et peu dispendieuses , et le fabricant intéressé peut les tenter sans peine, ou éclaircir par quelques essais des points qui pourront lui paraître douteux.

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