X. PROCÉDÉ POUR LA FABRICATION D’UNE CIRE VÉGÉTALE
Brevet pris en 1859 , par M. I1.-J.~B. Manier , de. Paris.
Composition de la substance.
Grain. Cent.
Huile de lin fine 5G7 14
Huile essentielle de lavande. 7 05
Cire animale H 22 58
Braisée 5567 14
On fait dissoudre la cire dans l’huile line chauffée à un degré convenable.
Ou fait ensuite dissoudre dans la cire chaude le brai sec qui aura été pulvérisé ; il faut remuer pour rendre le mélange bien homogène.
Au moment de retirer du feu , on ajoute la lavande , on brasse et on coule dans des formes.
Cette composition remplace avec avantage la cire animale, elle coûte moitié moins , elle donne un beau brillant, et est inaltérable à l’eau.
§ XI. DESCRIPTION DE l’aTELIEII DE M. CAMINADE, FABRICANT DE BOUGIES ET DE CIERGES, A CASTRES (département DU tarn), DANS LEQUEL TOUTES LES OPÉRATIONS SE FONT A LA VAPEUR.
Fonte de la cire.
Une chaudière à vapeur munie d’une soupape de sûreté , est placée sur un fourneau très bien construit scion les principes modernes , dans un coin de l’atelier , et fournit la vapeur ù toutes les bassines qu’on doit échauffer, par des tuyaux placés sous le carrèlement , afin que ces conduites ne gênent pas le travail.
Sur le bâtis du fourneau est placée une grande cuve ca bois, cerclée en fer, et doublée en cuivre laminé. Un tuyau armé d’un robinet plonge jusqu’au fond de cette cuve ; il sert à y porter la vapeur au sortir de la chaudière. Cette cuve porte , vers sou fond , un gros robinet qui sert à faire évacuer tout son contenu lorsqu’il en est temps.
Lorsqu’il veut fondre , il verse dans la cuve dix kilogrammes d’eau par chaque cinquante kilogrammes de cire. L’expérience lui a appris , nous a-t-il dit , que cette quantité d’eau est nécessaire pour conserver à la cire sa faculté de brûler sans pétiller. Il prétend que lorsqu’il en met moins , l’eau se combine plus facilement avec fa cire et qu’elle y adhère si fortemeut , que même pendant toutes les opérations subséquentes, elle ne s’en détache pas entièrement et qu’elle en conserve toujours , intercalée entre ses molécules , pour pétiller pendant la combustion. Nous rapportons textuellement ses mêmes paroles , n’ayant pas été à même de faire des expériences qui affirment ou Infirment l’assertion du fabricant.
Après un temps suffisant de repos pour donner aux matières hétérogènes que la cire peut contenir la facilité de se précipiter au fond , il ouvre le robinet et décante dans un grand seau inférieur doublé en cuivre tout ce que contient la cuve , et qui est encore très chaud*, il élève à l’aide d’un treuil , ce seau à una hauteur convenable pour qu’en ouvrant un robinet inférieur , l’eau et la cire puissent couler ensemble dans le grêloir, placé à l’ordinaire, sur le bout de la baignoire, et de là s’écoulent sur le tour, afin de
réduire la cire en rubans minces, par les mêmes procédés que nous avons décrits ( page 219 ). Le grêloir , le tour et la baignoire sont semblables à ceux que nous avons décrits ( page 219), si ce n’est que la baignoire a une forme rectangulaire , et qu’elle est doublée en cuivre.
La cire rubanée est portée sur les étendoirs pour y être blanchie par les mêmes procédés que nous avons décrits ( page 224 ) .
Fabrication des cierges.
M. Caminade emploie deux bassines pour la fabrication des cierges ; elles sont chacune montées sur des bâtis en maçonnerie qui les élèvent à une hauteur convenable pour un service facile. Chacune de ces bassines est double , c’està-dire qu’elles sont l’une dans l’autre à la distance de six centimètres dans toutes les parties de leur surface , afin de loger entre elles la vapeur qui doit porter le calorique dans toute leur surface. Ce que nous disons ici est commun aux deux bassines dont nous allons parler, ainsi qu’au, bassin appelé la plonge, dont nous parlerons après.
La première bassine qui sert à fabriquer les cierges au cerceau, que nous avons désigné dans le Manuel (page 249) sous le nom de cierges à la, cuiller, a intérieurement 75 centimètres de diamètre ; elle a tout autour un bord de 20 centimètres de large , incliné vers le centre de quinze à dix-huit degrés, afin de conduire la cire qui tombe sur ce bord, et toujours échauffé par la vapeur, dans l’intérieur de la bassine. Cet appareil supplée avec avantage à celui
E ue nous avons décrit ( page 49 ) sous le nom de caque.
es bassines , tant l’extérieure que l’intérieure , sont en cuivre rouge , l’intérieure seule est étamée avec soin , elles sont très bien soudées l’une à l’autre par leurs bords , afin
S ue la vapeur ne puisse pas s’échapper. Nous croyons inutile e faire observer qu’un tuyau est sondé au fond de la chaudière et porte au dehors un robinet pour laisser échapper l’eau provenant de la vapeur condensée.
La seconde bassine , placée un peu plus loin à côté de l’appareil pour fa plonge , est de même dimension que celle que nous venons de décrire , avec la seule différence qu’elle n’a pas de bords ; comme la première elle est double , étamée en dedans comme la première, est montée sur un*bâ-
lis en maçonnerie exactement semblable à l'autre. Cette bassine est uniquement destinée à maintenir à un degré de chaleur couvenable la cire qui doit être versée dans l’appareil à la plonge dont nous allons parler.
L’appareil à la plonge est formé de deux bassines en cuivre, placées l’une dans l’autre comme les deux, bassines
f trécédentes, à une distance de dix centimètres dans toute cur étendue ; elles sont aussi en cuivre rouge. Leur forme est celle d’un rectangle dont les grands côtés pour la bassine intérieure ont quarante centimètres de long, sur vingt centimètres de large; sa profondeur est d’environ 60 centimètres , c’est-à-dire celle de la longueur des plus grands cierges qu’on fabrique par ce procédé , plus quelques centimètres en sus, afin que le cierge n’atteigne pas le fond. La bassine intérieure de la plonge a un large bord incliné comme la première que nous avons décrite et dans le même but. La bassine extérieure est enveloppée de maçonnerie et le tout est supporté par un bâtis afin que les bords supérieurs soient élevés à une hauteur convenable.
On travaille les cierges , dans cet appareil, de la même manière qu’on fabrique les chandelles à la baguette ( voyez page 50 ).
Au fur et à mesure du travail , on tient dans la plonge , la cire toujours à la même hauteur en y versant de la cire liquide qu’on puise dans la seconde bassine , placée à côté.
Les tuyaux qui conduisent la vapeur de la chaudière qui la fournit à l’entour de ces trois bassines , sont distribués sous le carrèlement afin de ne pas gêner le fabricant dans son travail. Les robinets 6ont placés auprès de la dernière bassine , en sorte que lorsqu’il travaille à la plonge , il peut, sans se déranger , introduire la vapeur ou la supprimer à volonté , selon le besoin, en tournant l’une ou l’autre clé, dont les poignées sont placées à la portée de sa main.
Notre fabricant a suppléé d’une manière ingénieuse à l'étuve ou lit dont on se sert ordinairement pour disposer les cierges à être roulés , et que nous avons décrit (p. 232) .
A côté de la table à rouler, il a placé une bassine de forme rectangulaire d’environ 52 centimètres ( un pied ) de large , sur autant de hauteur , et d’une longueur suffisante pour contenir sans gêne les cierges les plus longs. Sur le
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fond est place un cylindre en cuivre rouge , comme la bassine , dans lequel il introduit la vapeur. Cette bassine est pleine d’eau qu’il entretient par la vapeur à une température convenable pour que la cire conserve à sa surface une moiteur suffisante pour pouvoir être roulée sans s’écailler , et se prête facilement aux opérations du roulage. Il place les cierges tête et queue sur la surface de cette eau ; afin qu’ils ne surnagent pas, il les tient plongés à 27 millimètres ( un pouce ) au-dessous du niveau de l’eau, à l’aide de quelques liteaux de bois dur qu’il fait entrer par force , en travers, dans la bassine.
Presse d'une nouvelle construction.
Indépendamment des appareils que nous venons de décrire, M. Caminade fait usage d’une très forte presse horizontale de son invention , pour extraire les dernières portions de la cire contenue dans les résidus de la première fonte des cires , opérée par les agriculteurs , des rayons du miel , qui manquent de moyens assez puissans pour obtenir une grande pression. Notre fabricant achète de ces agriculteurs tous leurs résidus à très bas prix , sous la dénomination vulgaire de baudousques , et il en retire une quantité de bonne cire dans la proportion de dix à vingt pour cent, selon que les paysans ont plus ou moins bien opéré sur leuis résidus.
Cette presse est formée d’un gros tronc de chêne sans défauts , de trois mètres de long sur soixante-douze centimètres d’équarrissage. Vers le milieu de sa longueur, est creusé un bassin carré de quarante-un centimètres de côté et d’une longueur suffisante pour contenir la presse proprement dite et son jeu. La presse est en fer forgé d’une forte dimension. La vis est pareillement en fer forgé de huit centimètres ( 5 pouces ) de diamètre. Elle est mue par une roue extérieure de trois mètres vingt-cinq centimètres de diamètre, armée de fortes chevilles sur lesquelles deux hommes s’exercent. On entretient la chaleur nécessaire pour que la cire soit toujours à l’état de fluidité convenable , à l’aide de plaques de fer chauffées. Cette fluidité pourrait être entretenue plus constamment et d’une manière plus économique en employant la vapeur et un appa-
ml semblable ou analogue à celui que nous avons décrie ( Fig. 7, PI. 4, page 2z ). Une bonne presse hydraulique produirait encore de plus puissans effets et supprimerait un ■ouvrier.
Combustible.
Enfin notre fabricant qui , avant d’employer la vapeur, faisait une consommation énorme de bois , de bouille et de charbon de bois pour alimenter scs fourneaux , est parvenu à se passer de ces combustibles , qu’il a remplacés avec le plus grand avantage par l’emploi de tous les résidus de la fabrication qui ne lui coûtent rien , dont il ne trouverait pas à se défaire , et qui lui procurent d’excellentes cendres recherchées pour les lessives et même comme engrais.