DIAMÈTRE AU BAS
Des 5 Des 6 Des 8 Des 10
millimètres.
millimètres.
millimètres.
Nous aurions pu étendre davantage ce tableau , si les dimensions qu’il renferme étaient invariables ; ce sont celles qui sont suivies par beaucoup de fabricants ; mais comme elles n’ont point de règles fixes , et que les manufacturiers sont les maîtres de les changer à leur gré , nous les avons données comme des à peu près, et seulement pour prouver que leur forme doit être très légèrement conique.
Chaque moule est formé de deux pièces, la tige et le ru-
60 FABIUGATlON
lot. La fig. 18 montre ces deux parties séparées. La tige a , a , est déprimée en b à sa partie inférieure, qui est destinée à mouler le collet de la chandelle. Le moule est perce en b d’un trou suffisant, pour faire passer juste la mèche. La tige a, a> est évasée à sa partie supérieure en c, pour icccvoir la douille w du culot d. Ce culot est une espèce d’entonnoir évasé , dans lequel on verse le suif. La fig. 19 montre ces deux pièces réunies. La fig. 20 montre ces deux pièces en coupe , afin qu’on puisse bien distinguer la position de la mèche , avant de remplir le moule de suif.
On remarquera deux choses essentielles dans le moule : 1° Nous avons fait observer qu’il a un diamètre plus grand vers le culot que vers le collet; cela est inaispcnsablc afin que le moule soit de dépouille, c’est-à-dire que la chandelle puisse sortir facilement lorsqu’elle est moulée et refroidie ; 2° dans la partie supérieure du culot , on remarque un petit crochet n, en fer, soudé sur le côté , et quelquefois soutenu par un petit triangle, en cuivre ou en fer o , soudé sur la paroi intérieure du culot, et qui soutient le crochet n , afin qu’il résiste mieux à la tension de la mèche. Ce crochet doit être placé parfaitement dans l’axe du moule, afin que la mèche se trouve également enveloppée de suif dans toute sa longueur.
Lorsque les moules sont tous placés sur la table, et qu’ils reposent bien sur l’évasement qui sert à recevoir le culot , il s’agit de placer les mèches. En décrivant la manière de les préparer, § 2, Clmp. II , page 55, nous avons indiqué le moyen en usage pour les faire toutes d’une longueur déterminée; elles sont aussi, pour une môme force de chandelle, de la même grosseur, puisqu’on se sert toujours de coton filé de même manière; mais ce que nous n’avons pas encore dit , c’est la manière dont on prépare les mèches pour les chandelles moulées.
Les mèches des chandelles plongées n’ont besoin que d’urr seul anneau ou ganse, pour les enfiler dans les baguette» qui doivent les supporter pendant la plonge; elles se tendent naturellement pendant le travail; les mèches des chandelles moulées ont au contraire besoin d’être fortement tendues dans le moule , afin qu’elles ne puissent pas se dérangef' pendant l’opctation. il faudrait pour cela que les mèches
pussent avoir un anneau ou boucle à chaque bout. Kn doublant le coton , comme nous l’avons indiqué , on a une de ces boucles; on est donc obligé d’en rapporter une autre à l’autre bout. Voici comment on opère :
Les Chandeliers achètent des tisserands les pennes, c’està-dire les bouts de fils qu’ils coupent au bout de leurs pièces de toile. Ces bouts de fils , qui ne sont guère propres qu’à eet usage , leur coûtent beaucoup moins que du fil en écheveaux , qu’ils seraient obligés de couper par petits morceaux. Ils prennent un de ces fils, ils nouent les deux bouts ensemble , et forment un grand anneau a ( fig . 21 ) ; ils replient ensuite le bout de cet anneau opposé au nœud, comme en le voit en c, et forment par là deux anses, d, d, dans lesquelles ils passent le bout de la mèche opposée à l’anse ou boucle du lumignon , ou du haut de la chandelle , et en serrant le nœud coulant , la mèche sc trouve terminée par une anse de fil , que la fig. 22 représente en f ; et ils ont, par ce moyen , pratiqué une anse postiche , qui leur sert à bien tendre la mèche dans le moule.
Nous n’ignorons pas que quelques Chandeliers ne rapportent pas l’anse de la même manière que nous venons de l’indiquer. Ils font servir l’anse naturelle de la mèche, par le doublement du coton , du côté du culot ; mais comme la mèche serait trop grosse pour être retenue par le petit crochet dans l’axe du moule, ils sont obligés d’ajouter toujours une anse postiche; ils n’économisent par conséquent ni temps ni matière , et ils ont le désagrément de ne pouvoir pas suspendre leurs chandelles , soit pour les faire sécher, soit pour les faire blanchir ; nous ne décrirons donc pas les
f irocédés quils emploient et qui sont défectueux : les meileurs fabricants se servent de ceux que nous venons de décrire.
Nous supposons donc que toutes les mèches ont été pré-
{ tarées comme nous venons de l’indiquer; voici comment ones fixe dans les moules. Une aiguille a, a, {fig. 25) , suffit pour cette opération. Cette aiguille , qui est en fil de fer fort, mais assez petit cependant pour passer librement avec son crochet b , aans le trou inférieur de la tige du moule , a, comme nous venons de le dire , un crochet b , pratiqué à l’un de ses bouts; l’autre extrémité est recourbée en anneau,.
dans lequel on peut passer librement L'index , pour opérer avec facilité.
Cette aiguille est de plusieurs pouces plus longue que la longueur entière du moule.
L’ouvrier plonge le petit crocliet de son aiguille dans l’in- . térieur du moule , et la fait sortir par le trou inférieur b ,
( fig . 48 * 19 r 20) ; il accroche l’anse de lil , et attire la mèche dans le moule, Jusqu’à ce que son ansc^ naturelle dé*borde de huit à dix lignes, et il accroche l’anneau ou anse de lil au petit crochet n , alors la mèche doit être suffisamment tendue, si le tout a été bien préparé.
Toutes les mèches ayant été ainsi fixées , il ne reste plus qu’à remplir les moules de suif fondu , ou , pour nous servir de l’expression des ouvriers, à jeter des chandelles. Pour * bien réussir, il faut qu’après avoir versé le suif sur le tamis, on lui ait donné le temps de se bien épurer dans la tinette, et qu’il ne soit ni trop chaud ni trop frokLquandion le jette dans les moules. Lorsqu’il est trop chaud, il échauffe trop le moule , le suif fait corps avec lui , et les chandelles ont beaucoup de peine à sort*.- du moule , ou bien. lorsqu’elles en sortent, elles sont tachées ou tavelées^ selon l’expression des ouvriers. Lorsque cela arrive, on plonge le moule par le culot , dans de l'eau chaude , et la chandelle se détache. On a soin , dans ce cas , de tenir la chandelle par l’anse de la mèche qui est au-dessus du lumignon , afin qu’elle ne se mouille pas. Si le suif est trop froid , les chandelles ne sont pas unies, et présentent une infinité de grumeaux. Le moment le plus convenable pour jeter, c’est lorsqu’on aperçoit que la surface du suif commence à se figer vers les bords qui touchent la tinette.
On se sert de la burette ( Fig. 16 ) pour jeter les chandelles ; on la remplit par lerobinetc de la caque (Fig. 15).
A l’aide de cette burette, on remplit aisément les moules ; car le trou du collet étant exactement fermé par la mèche, le suif ne peut pas sortir par là.
Chaque fois que la burette est vide, et avant de la remplir de nouveau , l’ouvrier, appuyant la main gauche sur le collet du moule , tire la mèche par en bas , pour la redresser avant que le suif ne soit figé , dans lo cas où elle serait dérangée.
Tous ks corps se dilatent par la chaleur ; on ne doit pas être surpris que le suif occupe moins d’espace au fur et à mesure qu’il se refroidit, et que par cette raison, le culot ne soit pas aussi plein qu’il l’était d’abord : on doit y ajouter du suif pour remplacer l’espace laissé vide.
On ne doit toucher aux moules pour sortir les chandelles,
3 ue lorsque le suif est entièrement refroidi , figé , et même urci dans le moule ; alors les chandelles sortent bien facilement en élevant le culot. Quelques Chandeliers les coupent au raz du tuyau du culot , et c’est le mieux. On n’a qu’à tordre , à ce point, la chandelle en la sortant du moule , elle se casse facilement à cet endroit , parce que c’est à peu près là qu’est la naissance de l’anse de fil. La Fig. 24 montre la disposition de la chandelle lorsqu’on la sort du moule.
§ IV. Des chandelles à mèches mobiles.
Il y a plusieurs années que M. William Bolts , d’Aldgate, en Angleterre , imagina une nouvelle fabrication de chandelles et de bougies , pour laquelle il fut patenté. Nous sommes parvenu à nous procurer de ces chandelles , nous les avons comparées avec nos meilleures chandelles françaises , et nous devons rendre à son inventeur la justice qu’il mérite. Ses chandelles présentent une plus belle lumière , elles durent davantage , n’ont jamais besoin d’être mouchées , et leur lumière est constamment plus égale. Comme ses procédés sont peu connus , et que nous avons sous les reux sa patente , qui est expirée, nous allons les décrire : ïls pourront être utiles à nos fobricans de chandelles ou de bougies , car son procédé est commun à ces deux genres d’industrie.
Cette sorte de fabrication exige des formes particulières pour les chandelles ou bougies. Les formes sont représentées dans les figures. Elles peuvent varier à volonté , mais celles que nous allons faire connaître sont les plus ordinaires.
La proraière et la plus simple ( flg. 25 ), est un cylindre solide , ou cône tronqué approchant beaucoup de la forme cylindrique. Ce corps doit être entièrement composé de la substance combustible*, la mèche qui doit y être adaptée
n’est introduite qu’à une époque postérieure , et lorsqu’on doit l'allumer.
Une autre forme donnée aux chandelles ( flg. 2G ), est uue pyramide tronquée , ù base hexagouale. Cette forme extérieure peut être employée indistinctement , quelle que soit la structure intérieure de la chandelle. Elle présente en outre l'avantage de remplir les caisses de chandelles qui ne laissent aucun intervalle entre elles, et qui, par conséquent, sont plus propres a soutenir les chocs et les autres inconvéniens du transport.
La troisième forme est un cylindre parfait ( flg. 27), voyez-en la coupe, ( flg. 28) perforé à travers l’axe; le diamètre de ce trou est réglé sur la grosseur de la mèche. Pour l’usage ordinaire , on doit préférer une ouverture cylindrique ; mais les chandelles elliptiques ( flg. 29 ) ont un grana avantage. Leur ouverture doit être un parallélipipèdea, b, pour recevoir une mèche très large et très mince, destinée à jeter une forte lame de lumière. On peut former ces sortes de chandelles par les moyens ordinaires ; mais qu’on emploie une mèche mobile ou permanente , on trouvera qu’elles éclairent autant que trois chandelles communes.
La quatrième forme , et la dernière que nous nous proposions de décrire, est celle que représente la flg. 50. Elle est composée de deux parties, un cylindre intérieur a, et un cylindre creux extérieur b, duquel l’ouverture c, a un diamètre plus grand de quatre millimètres que le cylindre intérieur. Ce dernier cylindre est entouré d’un anneau ou moulure autour de son fond, d’environ 25 millimètres de large , et assez épais pour remplir exactement l’ouverture a, et conserver ainsi une position concentrique , quand on l’y place comme en d ( flg. 51 ). Cette position concentrique n’existe cependant que polir la partie inférieure ; en effet , le long du reste du cylindre, l’interstice c doit être rempli par la mèche f , dont la forme annulaire produit une flamme mince , circulaire , dont 1 aliment est forme à la fois par les cylindres intérieur et extérieur. Le poids g, est suspendu à la mèche f. Cette chandelle ou bougie produit beaucoup plus de lumière , par cette disposition de mèche , que s’il était solide, et. placé comme à l’ordinaire, au centre de la chandelle.
Cette dernière forme a la propriété remarquable tic permettre l’accès d’un double courant d’air à la flamme circulaire ; en effet, si l’on forme le cylindre intérieur a ( fig . 30) avec une ouverture dans son axe, comme en h( fig. 51 ), et qu’on y facilite l’introduction de l’air à travers le chandelier, et par le fond de la chandelle ou bougie , on produira évidemment un courant d’air à chaque côté de la flamme , et on donnera à ces bougies toutes les propriétés de la lampe. d’Argand. On pourrait , si l’on voulait aller encore plus loin , par l’application d’une cheminée de verre autour des chandelles , donner plus de brillant et d’intensité à la lumière.
La figure 52 montre une forme a donner aux mèches , et qui est très avantageuse ; on peut l’employer soit en y accrochant un petit poids par-dessous , comme a ( fig. 28 ), dont la grosseur remplisse presque le trou cylindrique pratique au centre de la chandelle ou de la bougie, soit en employant un ressort à boudin placé dans le fond du chandelier dont nous parlerons plus nas, Chap. IV, de I’aiitdu cirier. Elle ressemble assez à un chapeau à haute ferme : la partie horizontale qui représente les bords, s’imbibe de la substance liquéfiée , la transmet à la partie qui forme proprement la mèche , et descend graduellement au fur et à mesure de la combustion.
La forme la plus ordinaire et la meilleure à donner à la mèche mobile , est représentée ( fig. 53 ). La longueur totale de cette mèche est de vingt-cinq à cent millimètres , suivant la longueur de la chandelle qui doit être consumée ; elle est imprégnée en haut de la substance dont on fait la chandelle , suffisamment pour faciliter la première ignition. On y suspend au-dessous un petit poids a ( fig. 28 ), suffisant pour faire descendre la mèche au fur et à mesure de la combustion. Cette mèche est retenue à frottement par son collet b ( fig. 53 ), dans le trou pratiqué dans l’axe de la chandelle ou de la bougie. Dans tous les cas , avec un peu d’attention , la mèche en combustion étant toujours alimentée par la matière liquéfiée , on n’aura jamais besoin de la moucher ; il suffira , après une longue combustion , d’enlever adroitement le peu de charbon qui pourrait se trouver sur le haut de la mèche.
CHANDELIER. fi
tvft FABRICATION
Ce nouveau Système de fabrication de chandelles perforées dans leur centre , est propre à amener des améliorations considérables dans la fabrication des chandelles ordinaires. On sent -qu'on peut introduire des mèches dans des chandelles creuses avec plus de facilité que dans des moules, et qu’on y fait entrer les mèches sèches ou imprégnées, d’une manière plus homogène et plus centrale que par les moyens ordinaires : et personne n’ignore que cette dernière disposition influe beaucoup sur la bonté des chandelles. La meilleure manière d’introduire les mèches , est de n’en imprégner que vingt-cinq millimètres environ de suif ou de cire afin a’en faciliter l’ignition : le reste doit être sec. La mèche aura plus de facilité à boire la matière liquéfiée qui surnage dans le bassin environnant , et qui , dans les chandelles ordinaires , ne pouvant pas être absorbée , à cause de la trop grande densité de la mèche , déjà imprégnée, déborde et coule.
Un autre défaut dans la fabrication ordinaire des mèches consiste dans la torsion de la mèche , qui l’empêche d’être pénétrée par le fluide. Dans celles (pie nous recommandons , les filamens sont placés longitudinalement; elles forment non seulement par chaque fil un tube capillaire , mais parle vide que chaque fil laisse entre eux, autant de tubes capillaires qui facilitent l’ascension de la matière liauéfiée vers le point en combustion , ainsi que l’accès de i air par le centre perforé ; ce qui augmente considérablement le brillant de la flamme. L’application de ces mèches, après la fabrication de la chandelle , offre deux autres avantages
1° La faculté de proportionner la mèche à la chandelle dans chaque operation , de sorte que dans la combustion de la chandelle il n’y ait de fondu que la quantité exacte de suif ou de cire nécessaire.
Ce point, qu’on peut regarder comme le plus essentiel dans la fabrication des cliandelles , peut être déterminé en tiès peu de minutes par des essais avec les mèches de différentes grosseurs , qu 'ou emploie sur des chandelles nouvellement fabriquées ; le résultat de ces essais s’appliquera •de suite à la fabrication en grand.
-2° La faculté d’imprégner ces mèches sèches, avant leur
introduction dans la chandelle, de certaines huiles et compositions chimiques qui fendront à- accroître lç brillant de la flamme , ou à répandre des odeurs aromatiques. *
Il y aune immense variété de moyens pour fabriquer des chandelles ou des bougies sur ce nouveau principe. On peut les faire dans les moules ordinaires. avec l’addition de l’appareil que nous allons décrire pour obtenir une perforation centrale. Il vaut mieux cependant les fabriquer en plusieurs tas de moules assemblés ( fig. 34 ) sans intervalle, et disposés de manière à perdre le moins de place possible. Ces moules sont ouverts à chaque bout ; quand on veut perforer les chandelles qu’on va mouler, on introduit un perçoir a (fig. 53), en fer, de la grosseur du trou , à un bout duquel on a placé un piston b, qui s’ajuste à vis au bas du perçoir. Ce piston n’est pas rond , sa forme est triangulaire comme on le voit à côté en c, qui en indique le plan , et remplit exactement le bout du moule; les trois entailles qu'on y aperçoit laissent la facilité au suif liquide de pénétrer dans le moule , comme on va le voir.
L!autrq bout du perçoir porte un régulateur d. d,. que l’on abaisse jusqu’à ce qu’il arrive à la hauteur du moule; par ce moyen.on assure au perçoir une position vraiment centrale.
On introduit les moules , préparés comme nous venons de l’indiquer , et assemblés comme l’indique la Figure 54, dans une caisse où ils puissent entrer juste , mais librement, dont les parois dépassent de vingt sept millimètres (un pouce) la hauteur des moules ; on y verse du suif au degré de chaleur convenable , ainsi que nous l’avons expliqué plus haut ( page 57), jusqu’ùce que les moules soient complètement submergés. Si l’on veut faire des chandelles d’une qualité ordinaire , on les laisse refroidir et on les tire au moyen du perçoir qu’on enlève en le prenant par le manche e, qui, dépasse la hauteur du moule. On laisse la masse de suif qui reste entre les moules et l’auge, afin de tenir les moules fermés pour une opération subséquente.
Si l’on désire soumettre la matière fluide à l’action d’une pression supérieure au moyen du vide , on glisse l’auge aussitôt qu'elle est remplie dans une caisse de fonte à. laquelle est adapté un apparoil pneumatique avec upc jauge?
Digiti
FABRlCATIOff
et soupfcpc de sûreté. On ferme cette caisse hermétiquement , on la vide pour extraire le fluide élustique qui peut se trouver contenu dans la substance fondue , et l’on rend ensuite l’air pour rétablir l’équilibre en employant le tube de condensation ; on peut forcer l'air d’y entrer , et condenser jusqu’à ce qu on obtienne uue pression aussi forte qu’on le désire. Sous cette pression on laisse refroidir la matière; clic acquiert alors un degré de solidité qui donne presque au suif la dureté et la qualité de la cire.
Il sera peut-être inutile de se servir du vide , la pression, en refroidissant l’air de la caisse , paraissant être l’objet le plus important , et le plus facile à exécuter. Nous pensons
S ue ceci est plutôt une chose de pure curiosité qu’un objet e fabrique en grand ; d’ailleurs si la pression est si utile , ne serait-il pas beaucoup plus simple d’employer celle d’une colonne d’eau , dont il sera très facile de construire un appareil à cet effet.
On peut employer des moules de toute espèce de matière: la manière la plus expéditive de fabriquer les chandelles , paraît être de les injecter avec une seringue à travers un tube , de la manière suivante :
Quand on a fondu le suif ou la cire, on les fait passer dans un vaisseau à double fond ( fig. 56 et 57 ), au fond duquel est fixée une pompe foulante à double corps A, A, A; à cette pompe est adapté un tube creux B ( fig 36 ) de la forme d un moule , dont il fait les fonctions. Ce tube-moule se visse au point b , pour faciliter le changement et le nettoyage ; sa forme est semblable à celle qu’on donne aux chandelles , et quand il s’agit de faire des chandelles perforées, il porte dans son axe une broche d’acier bien polie c, c, suivaut la grosseur du trou. Cette broche est fixée à b, et par la pièce circulaire ouverte d; elle est affermie au moyeu de traverses et de vis qui assurent sa position, centrale, sans gêner la circulation des substances fondues. Cette broche est prolongée de trente centimètres au-delà» de l’extrémité du tube-moule au point e.
Le degré de température de la matière en fusion pour cette opération doit être réglé par un thermomètre qu’on entretiendra entre le point de congélation et de fonte , au moyen d'une couche d’eau chaude placée dans le double
ms CITÀNDKILES. t>D '
Fond dont nous avons parlé. Les tubes qui sortent du fond sont également enveloppés de doubles fonds qui sont une continuation des précéaens, et qui communiquant avec lui sont remplis d’eau chaude à la même température.
Dans cette position , la matière fondue est chassée par les pistons de la pompe dans un tube qui forme un corps continuel de chandelles , traversant le tube-moule B sous la forme d’une chandelle perforée à l’extrémité de la broche c, prolongée dans une cuve d’eau C, dont la chaleur est maintenue à environ cinq degrés centigrades plus bas, ce qui produit un prompt refroidissement; la chanuelle se brise et tombe dans cette cuve. On contre-balance la résistance dè l’eau , et on maintient la rectitude des chandelles par un tuyau hémi-cylindrique , placé sous la broche alongée e, sur la largeur de la cuve , et qui reçoit et conduit le tube éjecté. Au fur et à mesure que cette longueur est celle d’une chandelle , un ouvrier coupe au point e, et enlève successivement pour faire place à la chandelle suivante , et ainsi de suite jusqu’à l'épuisement de la masse en fusion. Les tubeschandelles sont , après le refroidissement , coupés de la longueur requise pour être livrés au commerce : on y applique ensuite les mèches sèches ou imprégnées , permanentes ou mobiles dont nous avons parlé.
On fait mouvoir les pompes à l’aide du double levier g, g, pour injecter le suif dans le moule. On peut mettre deux ouvriers lorsque le cas le requiert.
Le fond intérieur est désigné par les lettres h , h. Le fond extérieur , par les lettres i, i.
Les corps de pompes k , k, k, sont percés de trous dans toute leur longueur, pour admettre l’inlroductiou des substances fondues; des pistons portant des soupapes 1,1, l , renversées , c’est-à-dire , s’ouvrant du haut en bas.
La boîte m, dans laquelle se réunissent les deux pompes, a deux soupapes.
On voit enlin en n ( fig. 37 ), le robinet de sûreté n, qu’on n’ouvre qu’au moment de l’injection.
Cette manipulation permet aussi de fabriquer un tuyau ou caisse extérieure en cire , qu’on peut remplir de suif à l’aide du même instrument que nous venons de décrire ; ce qui donnera aux chandelles l’apparence extérieure des bougie*..
§ V. De quelques améliorations propres à la fabrication
des. chandelles.
Pour ne rien laisser à désirer sur l’art qui nous occupe,, nous allons , dans ce paragraphe , réunir divers procédés
2 ui sont venus à notre connaissance , sans en garantir l’cfcacilé. Les Chandeliers , jaloux de perfectionner leur fabrication , pourront faire des essais qui heureusement ne sont pas dispendieux, et qui pourront les amener à des résultats avantageux , ou à des découvertes précieuses. Tentare non nocet , est un vieux adage qu’il est souvent utile , dans les arts industriels , de mettre en pratique. Combien de fois n’est-il pas arrivé qu’en faisant des essais , même infructueux pour le but que l’on avait en vue , on a été conduit à des découvertes remarquables auxquelles on ne se serait pas attendu. Manufacturiers industrieux » multipliez donc vos expériences , et surtout tenez note , dans un. registre destiné à, cela, de tous les essais que vous faites,, afin d’y recourir au besoin :,ccs notes vous serviront souvent à vous faire connaître des erreurs dans lesquelles vous seriez précédemment tombés , et que vous ne répéterez. pas, ou bien à poursuivre une expérience qui ne vous aurait pas d’abord réussi, et que par un second essai vous trouvez le moyen de rectifier.
On a proposé , pour blanchir le suif pendant la fonte» plusieurs recettes que nous avons répétées en petit , c’està-dire, sur une livre de suif à chaque expérience ; voici les résultats que nous avons obtenus.
1° En donnant le filet avec l’eau saturée do chaux , nous avons obtenu un suif très blanc , mais il avait acquis une très mauvaise odeur. Nous avons ajouté à cette eau saturée différentes proportions d’eau pure , afin d’en diminuer la force; la mauvaise odeur se manifestait d'autant moins que Teau de chaux saturée s’y trouvait en moindre quantité. L’eau de chaux doit donc être rejetée.
2° Quatre onces d'alun ( 122 grammes ) dissous à chaud dans un litre d’eau, est la proportion la plus convenable ipour donner le filet pendaut la fonte. Il en résulta le raftermiRsement du suif, et sa prompte clarification. Le procédé qui nous a le mieux réussi dans l’emploi de l'alun ,
DES CHANDELLES . Tl*
consiste à piler bien tin l’alun , à le passer au tamis de soie, et en saupoudrer le suif au moment où il commence à fondre, dans la proportion de 122 grammes par chaque litre d’eau qu’on emploie pour le fdet. On ne saupoudre pas l’alun dans une seule fois, mais en quatre fois, à une distance- d’un quart d’heure l’une de l'autre ; on le saupoudre en le faisant passer à travers le tamis. L'alun , en traversant le suif, entraîne les impuretés , et il va so dissoudre dans l’eau du tilet.
3° La crème de tartre , employée de la môme manière que l'alun , produit encore un meilleur effet. Ce sel doit être en poudre très fine ; on doit y mêler le quart de son poids de borax calciné , pilé , tamisé et mêlé exactement avec la crème de tartre , et jeté sur le suif, après un parfait mélange,. à l’aide du tamis. Le borax uni à la crème do tartre rend cette dernière soluble dans l’eau du filet lorsqu'elle y arrive , ce qui est important. Le suif qu’on retire, après cette préparation , est blanc et sec.
Pour obtenir des chandelles d’une meilleure qualité , an a proposé diveis moyens : 1° de faire fondre le suif sur un fieu de charbon , après y avoir ajouté un quart de son poids d'eau, et en. remuant toujours pour empêcher qu’il ne noircisse.
le suif se compose de parties égales de graisse de bœuf,, de mouton ou de chèvre. Pour les chandelles coulées, on prend plus de graisse de bœuf; et pour les chandelles moulées , plus de graisse de mouton et de chèvre. La graisse des rognons est la' meilleure; mais la vieille graisse fétide ne donne jamais de bonnes chandelles.
On prend donc 42 kilog. (vingt-quatre livres) de bon suif coupé en petits morceaux, et on les met dans une cuve d’eau bouillante; au fur et à mesure que l’eau s’évapore, on la remplace par d’autre, on passe toute la masse par un linge, après quoi on fait bouillir le suif pendant une demi-heure dans deux litres d'eau de fontaine, dans laquelle on a fait dissoudre 48 grammes d’alun , 64 grammes de potasse et 2 ü 6 $rammes de sel commun.
Lorsque le suif est fondu , on le passe à travers un linge apres qu’on y a ajouté la meme quantité d’eau ; plus sur quatre kilog. de suif, 16 grammes de salpêtre, autant de sel am-
moniac et 32 grain, d'alun, le tout en poudre. On fait bouillir ce mélange jusqu'à ce qu’il ne se forme plus de bulles, et que la surface demeure unie , ou qu'on aperçoive au milieu une place transparente de la largeur d’une pièce de 5 francs. On le laisse alors refroidir, on le sort en pain de la chaudière ; pour le débarrasser de la crasse qui s’est précipitée, on le fait fondre de nouveau, avec huit grammes de nitre purifié, et après l’avoir laissé un pou bouillir, on en enlève l’écume brune qui monte à la surface.
D’après ce dernier procédé , on assure que les chandelles durent deux heures de plus que les chandelles ordinaires.
2° On prescrit d’employer des mèches moitié fil de lin, ou de chanvre et moitié lit de coton, qu’on trempe dans un mélange d’alcool tenant du camphre en dissolution , et du suif.
Les chandelles fuites d’après Ces deux procédés réunis , ont l’avantage , assure-Uon, de ne pas couler et do durer le double des autres. Nous n’avons pas été à même d’en faire l’expérience.
On a introduit, depuis quelques années, à Munich, la fabrication des chandelles à mèches de bois. Ces chandelles donnent la même quantité de lumière qu’une bougie ; elles brûlent avec une flamme égale et constante; elles ne pétillent point et ne coulent jamais. Quoique les fabricants en fassent mystère, afin de conserver à leur ville cette branche de commerce , un professeur d’Heidelberg nous a communiqué le procédé qui , selon nous , est plus curieux qu’utile : nous allons le transcrire.
« La seule différence entre ces chandelles et les chandelles ordinaires consiste dans la mèche qui est en bois enveloppé d’un tissu de coton brut. Toute espèce de bois résineux peut servir à cet usage; mais on préfère le sapin rouge fraîchement abattu , parce que les huiles essentielles qu’il contient n’ont pas eu le temps de s’évaporer. On choisit les pousses d’une année , on en ôte l’écorce , on les gratte légèrement avec un couteau, pour faire disparaître les aspérités; on les laisse sérlieé ensuite. Il ne faut pas qu'elles soient plus grosses qu’une paille. Les paysans les apportent ainsi préparées à la ville.
rt Le fabricant lait carder le coton extrêmement mince; il le fait passer outre les rouleaux d’un laminoir qui l’apla^ tissent beaucoup; il roule la mèche sur ce coton, dont il l’enveloppe parfaitement, et la trempe dans la cire pour consolider le coton. Il place cette mèche dans le moule, de la même manière que les mèches de coton. Il faut avoir soin qu’il n’y ait aucune inégalité sur les tiges de bois, pas pins que dans le coton. »
Nous ne voyous pas de grands avantages à substituer le bois au coton; cette dernière substance n’est pas d’un grand prix , et la manipulation que les mèches de bois nécessitent doit égaler au moins le prix du coton , si elle ne le surpasse pas. Nous avons cru devoir faire connaître cette innovation, afin de ne rien laisser en arrière ; mais nous sommes bien éloigné de la proposer comme un perfectionnement.
§ VI. Du blanchissage des Chandelles.
Les chandelles, de quelque manière quelles soient fabriquées , soit à la plonge , soit an moule , sont toujours jaunes lorsqu’elles sont récemment faites; c’est en vieillissant qu’elles acquièrent de la blancheur. Jusqu’ici on n’est pas encore parvenu à donner au suif cette blancheur éclatante après laquelle on soupire , et qui a beaucoup occupé les fabricants et les chimistes. Nous allons faire connaître d’abord les manipulations qu’emploient les manufacturiers ; nous décrirons ensuite divers procédés qui ont été tentés.
Les Chandeliers font toujours en sorti! d'avoir dés jardins à côté de leur habitation; ils y exposent leurs chundelles au grand air, à la rosée et au serein , dans des endroits à l’abri du soleil. Pour cela ils ont dès hangards solidement quoique légèrement construits, sur lesquels ils étendent des toiles bituminées pour tenir lieu de couvertures. La blancheur que les chandelles acquièrent par ce moyen n’est que superficielle; la couche blanchie est très mince, et bientôt, si l’on a employé du suif jaune, la couche intérieure ne tarde pas k percer. On doit donc employer le suif le plus blanc qu’on peut se procurer, ou bien tâcher de le blanchir, avant ou pendant la fonte , par les moyens que nous avons indiqués , soit dans le Chapitre- l* r , soit dans le paragraphe précédent.
Lorsqu'on a employé , pour la fabrication des chandelles , du bon soif et bien blanc , en exposant à l'air les chandelles fabriquées , on leur donne un, degré de blancheur! éclatant qui en relève la qualité. Les chandelles nouvellement faites lie sont jamais fort blanches niais elle acquièrent de la blancheur en vieillissant. Celles qu'on n’emploie que quatre* six ou dix mois apres leur fabrication , sont plus blanches , plus sèches, et durent plus longtemps. Le seul inconvénient qui résulte en gardant les chandelles longtemps , est qu’elles sentent mauvais. Le meilleur moyen , surtout quand on n’est pas pressé de vendre , c’est de les renfermer dans des caisses garnies de papier gris, bien fermées, ou mieux encore de les envelopper en paquets de deux, de -quatre ou de cinq livres, dans du papier gris, et l’an conserve ces paquets bien ficelés dans des armoires qui ferment bien. La blan-cheur qu’elles acquièrent peu à peu, ainsi privées de la lumière, est plus durable que celle qu’on leur fait prendre à, l’air.
Quelques Chandeliers ont en l’idée de mettre en pratique, pour blanchir les suifs, le même procédé que- les eiriers emploient pour grcler. la-cire* en mettant les suifs en rubans et les étendant ensuite sur des toiles. Cette manière d’opérer blanchit très bien les suifs*, mais ils perdent de leur-
2 ualité et les chandelles coulent; ils ont été forcés de l’abanonner.
Il est étonnant que depuis que- la chimie a fait tant de progrès, personne «'ait encore réussi à-blanchir parfaitement les suifs, soit avant la fabrication des chandelles , soit lorsqu’elles sont entièrement confectionnées. Le gaz acide sulfureux est employé depuis longtemps avec succès au blanchiment des lames et des soies , ne serait-il pas propre au blanchiment des suifs? J’ai fait des essais qui m’ont donné quelque espérance de succès; mais la réussite n’a pas été assez complète pour que je puisse encore en publier le procédé.
. Depuis longtemps on avait essayé le chlorure de chaux liquide; cette substance blanchit parfaitement le suif et la cire , leur donne une blancheur parfaite , mais la-nature de ces corps est altérée-, ils acquièrent trop de cassant et perdent toute espèce de ductilité. J'ai répété l’expérience de
davidson , consignée dans un journal anglais ( Repertory of patent invent.), novembre 1826, page 25Ù; je n’ai pas réussi dans plusieurs essais, cependant je n'ai pas perdu l’espoir d’arriver ait but.
Je fis, il y a plusieurs années /quelques expériences, par l'emploi du chlore gazeux , qui m’ont parfaitement réussi ; je les communiquai à un Chandelier qui les mit en usage , et qui s’en sert depuis avec succès, mais il se garde bien de communiquer les moyens qu’il emploie. Comme ce procédé m’appartient , je vais le faire connaître.
On fait faire en menuiserie et en assemblage, une forte caisse en bois blanc , d’une hauteur et d’une grandeur convenables à l’importance de la fabrication. Des liteaux supportent, par leurs mèches, les chandelles qui sont accrochées à des chevilles de bois , de manière à ce qu’elles ne se touchent -pas. -On met plusieurs rangs de chandelles les uns audessus des autres. Toutes lcs jointures , toutes les lentes sont couvertes en dedans et en dehors par du papier soigneusement collé. Le couvercle ferme hermétiquement au moyen de fortes agrafes et de lisières collées sur les bords de la caisse. Sur un des côtés, et à la hauteur la plus convenable , est pratiqué un trou de 27 millimètres (un pouce) ou plus, auquel est luté -un tube de verre ou d-e porcelaine , qui communique à un appareil propre à dégager le chlore, lequel est placé au dehors de la caisse. Lorsqu’on a eu soin de pratiquer à cette caisse deux fenêtres opposées , de 216 à 270 mill. en carré, gamics d’une vitre de verre blanc bien mastiquée par dehors, on peut voir, sans ouvrir la caisse , lorsque l’opération est terminée. Souvent, en vingt-quatre heures, les chandelles ont acquis une blancheur éclatante. Il n’est jamais arrivé que l’opération ait exigé plus de trois jours .
Une caisse de forme cubique, ayant intérieurement deux mctres'dans chacune de ses dimensions, contient facilement plus de sept mille chandelles, qu’on peut blanchir par une seule opération. C’est une économie très importante pour une manufacture.
Pour ne rien laisser en arrière de ce qui est venu à notre connaissance sur la matière qui nous occupe , nous al- 4 oms faire connaître une nouvelle méthode de purifier J*
suif, extraite d’un journal anglais ) London Journ. o'f Ans, déc. 182G, page 225). Ce procédé appartient à N. H. Manicler.
On fait bouillir deux cents kilogr. de suif avec soixanteonze litres d’eau , dans un vase clos muni d’une soupape, pouvant résister à la pression d’environ sept kilogram. au pouce carré; le suif, maintenu à la même température pendant environ six heures , est retiré et coulé à 90° ( Fareinheit) , 30°, 22 centigrades environ , en couches qui n’excèdent pas quatorze mill. d’épaisseur, sur des draps serrés ou des feutres, tous de même grandeur. Quand le suif devient dur, on plie chaque feutre les coins en dessus ; on les empile et on les place sous un poids d’environ miile livres. Après une heure, on ajoute un poids de 500 kilogr., et après deux heures , un autre poids de 500 kilogr. ; c’est-à-dire • qu’on les soumet à l’action d’une presse dont on augmente Ja pression graduellement; et dans ce rapport, on laisse le tout à une température d’environ 27 à 28° centigrades , pendant au moins' quatre heures.
retire alors lés feutres, on sépare les pièces en enlevantes morceaux qui ont été illégalement pressés, on place les rognures dans le milieu des pains, et on les enferme dans les feutres ccmme auparavant, pour les soumettre à l’action d’une presse hydraulique dont on augmente successivement la force jusqu’à ce qu’on ait exprimé toute la matière huileuse du Suif.
Jusqu’ici l’on s’aperçoit que c’est exactement le procédé indiqué par M. Eraconnot , chimiste français, et que nous avons décrit (Chap. 1 er , § 5, page 50). Voilà comment les Anglais savent se parer des plumes du paon. Continuons à décrire le procédé de M. Manicler.
On enlève alors de leurs enveloppes les pains , qui sont devenus extrêmement cassants , on les brise et on les refond à la vapeur ; on y incorpore de la cire ou de l’huile de lin préparée dans le rapport d’environ 10 kilogr. pour cent de suif. Si l’on préfère l’huile d’olive, il faut l'avoir concentrée
{ >réalablement par l’ébullition et portée à la consistance de a térébenthine : la quantité à employer dépend de la nature du suif et.de celle de l'huile.
Pour préparer l’huile on la chauffe dans un vase ouvert ,
DES CHANDELLES. Tl
on enflamme le çaz qui s’en dégage , et on laisse tout jusqu’à ce que l'huile soit réduite à un tiers de son volume ; on l’expose à l’action de l’air pendant un mois avant de s’en servir.
Les matières ayant été fondues à la vapeur sont soumises, pendant trois ou quatre jours , à l’action du chlore et agitées fréquemment pendant ce temps dans un vase muni d’un carreau de vitre , pour qu’on puisse voir dans l’intérieur.
On fait alors bouillir pendant six heures le suif dans l’eau pure avec environ un dixième de charbon animal nouvellement préparé , et l’on filtre à travers des feutres à 35° centigrades.
M. Manicler propose aussi de fondre le suif à lâ manière ordinaire , de mêler pour cela une partie d’huile de térébenthine avec six de suif , et d’exprimer directement.
On peut reprendre l’huile dont se sont imprégnés les feutres, en les tenant pendant quelque temps dans l’eau bouillante ; l’huile se sépare , vient à la surface , on la tire avec des cuillers *, elle peut servir à brûler, à faire du savon , ou à d’autres usages auxquels on emploie l’huile animale.
Nota. Nous engageons les Chandeliers à se tenir en garde contre ce procédé , que la théorie nous montre comme défectueux.
§ VII- Des moyens de reconnaître la bonne ou la mauvaise qualité des chandelles.
Peut-on reconnaître à la simple vue si les chandelles sont de bonne ou de mauvaise qualité ? c’est une question que l’on nous a souvent faite, il est important d’en consigner ici la réponse.
Il est impossible, à la simple vue, de juger avec certitude si une chandelle qu’on examiue est de bonne ou de mauvaise qualité , c’est-à-dire , si elle renferme toutes les qualités qu on doit désirer de voir réunies dans une banne chandelle. Cependant on peut, par quelques caractères extérieurs , présumer qu’elle approche plus ou moins de la perfection.
1° En examinant la mèche, si l’on aperçoit qoe le coton
est fin, égal , blanc et net, si les mèches ne sont ni trop grosses , ni trop petites , relativement à la chandelle , on peut juger que l’ouvrier a mis des soins dans cette partie.
2° En examinant la chandelle elle-même, on verra si elle a une forme agréable , si le corps de la chandelle est blanc d'un bout à l’autre , si le suif est sec et luisant. Il faut ensuite sentir la chandelle, elle doit conserver une légère odeur de suif, n’ètre pas grasse au toucher et avoir assez de consistance pour que , par la pression , les doigts ne fassent pas de cavités. Si l’odeur est forte, donne le goût de brûlé , ou quelque autre mauvaise odeur, les chandelles doivent être rejetées. Les chandelles plongées sont en général mal fabriquées -, il faut pour celles-ci avoir une sonde , comme pour le fromage , on en tire un petit cylindre jusqu’à la mèche , et si le suif n’est pas également blanc partout , il ne faut pas les prendre, elles sont falsifiées et de mauvaise qualité.
Lorsqu’une chandelle présente les bonnes qualités quo nous venons d’énumérer, elles annonçent les soins qu’on a mis à leur fabrication , et font présumer qu’elles ont été faites consciencieusement; mais ce n’est pas encore une preuve matérielle de leur bonté. On ne peut reconnaître véritablement leur qualité qu’à l’usé , et encore en le comparant à d’autres chandelles dont on a reconnu la bonté. Cette comparaison doit se faire en les allumant l’une et l’autre en même temps. Pour que l’expérience puisse être réputée exacte, il faut que les deux chandelles soient de même grosseur, de même longueur et de même poids, et que les mèches soient sensiblement égales. Il faut les faire brûler dans une même chambre, à côté l’une de l’autre, avoir soin que l’air ne soit pas agité : on divise la hauteur de chaque chandelle en parties égales , en centimètres, par exemple ; celle qui se consumera le plus lentement sera considérée comme étant fabriquée avec le meilleur suif.
Pour connaître quelle est celle qui donne la plus grande intensité de lumière, on place à 1 b ou à 22 centimètres (6 à 8 pouc*v) de distance ne la flamme , une planche percée de deux trous, longs de 52 centimètres sur 15 millimètres de large , en ayant soin que la flamme soit bien vis à vis le milieu de la largeur du trou. On dresse verticalement visà-vis les ouvertures de la planche, par derrière, et à la même
distance de la planche, deux bâtons ronds de 7 à 8 millimètres de diamètre. Ou reçoit la lumière sur deux cartons blancs dressés verticalement ; et on les éloigne des bâtons jusqu’à ce que l’ombre qu’ils projettent sur les cartons soit de même intensité. La chandelle qui produit l’ombre la plus éloignée du bâton est la meilleure , et dans le rapport du carré des distances. Voilà tous les renseignements qu’on peut donner pour répondre à la question proposée.
Nota. Le Vocabulaire do l'art du Chandelier est réuni à celui du Cirier t et se trouve à la tin du volume.