‹ Nouveau manuel complet du chandelier du cirier, et du fabricant de cire à cacheterChapitre 8 sur 87 · CHAPITRE UNIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE UNIQUE

Beaucoup de procédés ont été publiés depuis la publication des premières éditions de ce Manuel , il y a 20 ans. Nous allons les faire connaître successivement et par ordre chronologique. Le lecteur intelligent et surtout le fabricant aura l’avantage de trouver ici réuni dans le même volume tout ce qui a été publié sur cette matière et qui est venu à notre connaissance. Nous divisons ce Chapitre en autant de paragraphes que nous avons de procédés à faire connaître. Nous donnons textuellement les notions

Î mbliées par chaque auteur, en indiquant à chaque article a source dans laquelle nous les avons puisées. Nous y ajouterons nos observations particulières lorsque le cas l’exigera.

§ I. FABRICATION DU SUIF ARTIFICIEL PROVENANT DE TOUTES LES SUBSTANCES ANIMALES, OU POUR LA TRANS- FORMATION DE CES SUBSTANCES EN GRAISSE ET l’eX- TRACTION DE CETTE GRAISSE.

Brevet de 5 ans , pris le 12 septembre 181-4 , par les iieurs Millien et Brouard , à Paris. Tome 8 , pag. 85 des Brevets expirés.

« On prend la partie maigre des animaux ; celte partie débarrassée des os , est coupée par morceaux , que l’on

(') Voyer ce que nous avons dit sur cet appendice à la préface page 28.

place dans des caisses de bois percées de trous, et qu'on expose à l'eau courante d'une rivière. On laisse ces caisses séjourner dans l’eau courante pendant trois ou quatre mois,, ayant soin de vérifier de temps en temps si la chair qu’elles contiennent n'est pas trop pressée , et si elle présente bien toutes ses surfaces à l’eau.

« On traite aussi de la même manière le sang coagulé de tous les animaux.

« Lorsque ces matières animales ont passé quelques jours dans l’eau et qu’elles sont bien lavées , on retire les : caisses de l’eau. On arrose les cliairs avec de l’eau saturée d’acide carbonique, et l'on replonge les caisses dans l’eau.

« Huit jours après, on les retire encore; on arrose les chairs avec de l’eau saturée de gaz hydrogène , qu’on introduit dans l’eau à l’aide d’une pompe foulante , ou de la machine de Nooth.

« On répète ces arrosemens tous les huit jours, en mettant alternativement le gaz acide carbonique et le gaz hydrogène.

« Pour une caisse qui contient huit cents livres de matières animales , huit pintes d’eau bien saturée de ces gaz suffisent pour chaque fois.

« Au bout de trois ou quatre mois , lorsqu’on voit que toutes les matières animales sont transformées en une substance blanche, ferme, écailleuse, qui ressemble à de la graisse , on retire les caisses de l’eau , on laisse sécher la matière , on en sépare les parties qui ne sont pas tout-à-fait converties en graisse , etl on fait fondre dans une chaudière munie d’un robinet, qu’on ouvre quand la matière est fondue , pour la laisser couler sur un cylindre de bois au quart plongé dans une cuve contenant de l’acide muriatique oxigéné ( chlore liquide ) : le sud s’étend en lames sur le cylindre et tombe à chaque révolution , dans le bain d’acide ; on le sort de là, pour le laver à grande eau , et on le refond pour le mettre en pains. »

Observation. Le procédé qu’on vient de lire est fondé sur la découverte que le savant Fourcovy avait faite depuis longues années de la transformation des substances animales en une matière graisseuse , lorsqu’elles sont enfoncées dans une terre suffisamment humide et avec toutes les eon-

ditions nécessaires pour opérer cette transformation. Il reconnut cette substance analogue au blanc de baleine , et il la nomma adipocire. Le tome îx du Système des connaissances chimiques de cet illustre auteur est rempli d’observations curieuses et très-importantes sur cette matière.

Thénard , sous le nom de gras des cadavres , désignation que Chevreul a substituée au mot adipocire , résume ainsi tout ce qu’on connaît sur cette substance.

« Lorsqu’on conserve , dit-il , les substances animales dans l’eau ou la terre humide , elles se décomposent peu à peu, et se transforment en un composé gras que l’on obtient pur en le fondant dans l’eau bouillante et le passant à travers un linge. Ce composé , regardé par Fourcovy comme un savon ammoniacal avec excès de graisse , a été soumis il y a quelque temps à un nouvel examen par M. Chevreul. Il l’a trouvé formé d’une petite quantité d’ammoniaque , de potasse et de chaux unies à beaucoup d'acide margariqne-et à très-peu d’acide oléique.

Traité de Chimie, 4 e édit.' r Tome IV. pag. 502, Thénard.

§ II. APPAREIL PROPRE A SEPARER LES MATIERES CRAS- SES DES MEMBRANES QUI LES RENFERMENT, PAR MM. R. MOLLET ET T. BRIDGMAN.

( Extrait du Technologiste (1) G° année p. 259 ).

Nous nous sommes proposé de séparer les matières grasses, que renferment les substances animales, des parties membraneuses qui les renferment ou les entourent, d’abord en les faisant passer à travers un appareil particulier, et ensuite en les soumettant au procédé qui va être décrit.

a, lig. 1 PI. VI, est le bâti de la machine, b, b une paire de cylindres armés de dents aigues sur toute leur surface convexe et se pénétrant l’un l’autre dans leur mouvement

(l) Le Tïchnolociste, ou Archives des Progrès tir V industrie française et étrangère, publié par uue aucièté tic savants et de praticiens, sous la directiou deM. Malepeyre. Ouvrage utile aux manufacturiers, aux fabricants, aux chefs d'ateliers, aux ingénieurs, aux mécaniciens, aux artistes, etc., etc., et a tontes les personnes qui s'occupent d'arts industriels. 11 e année. Prix : >8 fr. par an pour Paris, ai fr. pour la province, et ?4 fr. pour ('Etranger.

Chaque mois il paraît un cahier de 48' pages iu-S°, grand format, renfermant des figures en grande quantité, gravées sur bois et sur acier.

Ce recueil a commencé à paraître le îfr octobre i 83 y. Le prix des 10 années est de 18 fr. cbaeune.

de révolution ; e, c une paire semblable de cylindres engrenant aussi l’un dans l’autre , mais à denture plus large et séparée par des cannelures dites en U. Ces deux paires de cylindres sont chauffées par la vapeur, d est une trémie d alimentation pour les cylindres b, b; e une grande roue dentée fixée sur l’axe de l’un de ces cylindres b, et menée

Î »ar un pignon s, qu’on fait tourner avec la manivelle g. De 'autre côté de cet axe est une roue dentée qui engrène dans une autre roue semblable montée sur l’axe de l’autre cylindre et communiquant à celui-ci un mouvement simultané , h est un tablier sur lequel tombent les parties membraneuses et où elles sont conduites dans des réservoirs placés près de la machine pour les recevoir ; t, un vase dans lequel coulent les portions grasses des matières sur lesquelles on opère.

Si les parties membraneuses déchargées par le tablier h, ne sont pas complètement épuisées des matières grasses qu’ils renferment, on les passe une seconde fois à travers la machine ou par une paire de cylindres unis montés sur un bâtis particulier et chauffés également à la vapeur.

Les matières grasses qui se rassemblent dans le réservrir i, sont chauffées par des tuyaux de vapeur qu’on ne voit pas dans la figure jusqu’à ce qu’elles soient amenées à un état de liquéfaction tel que toutes les matières grossières ou à peu près qu’elles renferment se précipitent au fond. En cet état on décante la portion fluide , on passe à travers un tissu tel que flanelle , toile de coton ou ae lin , tissu de crin etc, et on filtre sur d, un lit de charbon animal ou végétal, le premier de préférence. Si après cette tiltration on aperçoit encore quelques traces de charbon on filtre une seconde fois à travers un tissu quelconque.

Au lieu de passer les matières grasses brutes entre des cylindres à pointes semblables à ceux ci-dessus décrits , on peut les introduire entre des plaques de métal chauffées aux quelles on imprime un mouvement de va et vient, mais les cylindres sont préférables comme plus convenables et d'une application plus générale.

§ III. MACHINE POUR HACHER LE SUIF, PROPRE A LA FABRICATION DE LA CHANDELLE, PARM. N. -J. SCHWOE- BEL, DE STRASBOURG.

Brevet d’invention, tome 50, page 299.

Cette machine hache le suif , fin , également et avec vitesse, en sorte qu’un homme peut hacher en une heure 125 k°, de suif brut , quant par les procédés ordinaires il n’en pourrait hacher que 50 k° : d un autre côté, par ce nouveau procédé , le suif est haché plus menu que par l’ancienne méthode et présente par cela même un bénéfice de 8 pour cent sur la fonte.

Explication des figures qui représentent cette machine.

Planche VI , figure 2 : élévation latérale de la machine dans son ensemble.

Figure 3, plan , ou vue à vol d’oiseau.

Figure 4, o, châssis de devant du bâtis que l’on voit particulièrement en face.

Figure 5, même châssis de face , garni de la scierie et des pièces qui lui donnent le mouvement.

Figure première et deuxième , 6, châssis de derrière du même bâtis pareil à celui de devant, c, traverse qui assemble les châssis a et b.

d, figure l ro , caisse en bois destinée à contenir le suif. Son fond est disposé comme le montre la figure 6 e , qui est le plan de ce fond. Les deux côtés de cc fond sont organisés intérieurement comme le montrent les figures 7 et 8, qui représentent l’intérieur de ces côtés. Ils ont chacun trois rainures : celledu milieu /‘sert au passagede la chaîne, et les autres reçoivent les extrémités de la pièce de bois g, figure 3 e , que la 9 e figure représente particulièrement en place; cette pièce porte deux Yerroux h, qui s’engagent dans la chaîne et servent à faire avancer le suif contre les couteaux en entraînant la pièce g dans le mouvement qu’ils reçoivent de la chaîne k, figure 7 e , dont un fragment se voit en place figure 10.

», figure 7 e et 8°, petites poulies en fonte et bois servant à porter la chaîne.

J, figure 7, pignon de 6 dents entrant dans la chaîne k, qui attire le suif sur les couteaux : il y a deux pignons semblables montés sur un même axe , que l’on voit en par-

ticulier figuro 11 e : ce même axe porte encore une roue dentée de 29 dents, ni, destinée à imprimer le mouvement à la chaîne ; elle engrène à cet effet, avec un pignon de '10 dents , n , ligures 2 e et 3 e . Ce pignon que l'on voit aussi figure 12 e , est monté sur un arbre hoiizontal o, qui porte à l’autre bout une grande roue dentée de soixante-cinq dents p, figures 2 e , 5 e et 12 e ; elle engrène avec 2 pignons q , r, figures 2 e et 3 e , de seize dents chacun-; le pignon q est monté à l'une dès extrémités de l’arbre horizontal s, figure 3 e que l’on voit en particulier , ligure Î5 C ; cet arbre porte en outre les deux manivelles t, et une roue dentée u, figure 2 e , 5 e , et 15° de28 dents qui engrène avec la chaîne pour imprimer le mouvement aux couteaux v, figure 3 e . Ces couteaux, que l’on voit aussi figures 4 e et 14 e , sont montés sur un petit axe x, qui porte en outre une roue d’angle y, de vingtdeux dents engrènant avec une semblable roue - de dixneuf dents, dont l’axe a’ porte io volant à quatre branches b' et la roue de vingt-huit dents c, figures 5 e et 14 e , qui se trouve sur une cliainc en communication avec la roue u établie sur Taxe des manivelles.

d\ figure 2 e , couvercle à charnière fermant la caisse d.

e, figure 4°, support des couteaux u; on le voit particulièrement de profil et en plan-, figure 13 e .

f, figure 4 e , ouverture pour le passage du suif.

</’, ligure 3 e , châssis en fer ou cadre renfermant des lame» de scie i\

K, figure 3 e , arbre horizontal portant d’un bout le pignon r, figures 2 e et 5 e , et vers le milieu de sa longueur , un excentrique T, représenté de face ligure 16 e .

m\ figure 3 e , pièce en fer représentée en particulier figure 17 e , son extrémité supérieure est fixée a l’extrémité inférieure du châssis g- des scies , et son extrémité inférieure porte un goujon n’ fig. 17 e , qui entre dans la gorge pratiquée sur 1 excentrique l\ fig. 3 e et 16 e ; c’cst ce qui fait monter et descendre alternativement le châssis des scies , lorsque l’arbre h’, dans son mouvement do rotation , fait tourner l’excentrique.

e, figure 3 e , arbre que l’on voit en particulier lig. 18 e ; il porte une branche p, qui fait ressort et qui sert au mouvement de l’excentrique.

Figure 19°, grille qui se pose derrière la scierie g', fig. 5 e , pour maintenir le suit qui tombe dans les lames de cette scierie.

q, figure 2 8 et 3 e , support de l’axe a’ , du volant et de la roue d’angle z.

r\ support de même forme que celui q' et portant Taxe de la roue d’angle y; un do* supports g’ et r se voit en particulier de face , fig. 20.

*\ figure 2 e , supports de l’arbre des manivelles ; ils sont au nombre de deux.

La figure 21 fait voir un de ces supports de face, et leur écartement s’aperçoit dans la figure 15 par les collets t, destinés à être reçus dans les coussinets de ces supports. Figure 22, vue de face de l’un des supports de l’arbre de la grande roue p, figure 2, 3, et 12, et de celui du mouvement de la chaîne.

u’, fig. 2, support de l’arbre h\ fig. 5, qui fait marcher la scierie ; en le voit en particulier , fig. 23; il y en a deux semblables.

De la marche de cette machine.

Le premier mouvement s’opère par l’action des manivelles î, il est transmis parle pignon q , à la grande rou cp, (jui , à l’aide d’un second engrenage , fait mouvoir l’arbre ligure 11, porteurde deux petites roues l, de six dents chacune, qui conduisent les grandes chaînes qui , dirigées par des poulies , vont de chaque côté , d’un bout de la caisse à l’autre , entraînant dans leur mouvement la pièce g, munie de verroux et qui fait avancer le suif vers la scierie.

Le second mouvement s’obtient encore au moyen des manivelles et de la grande roue p, qui lait mouvoir au moyen de la roue r, fig. 2 et 5 , l’arbre h, qui porte l’excentrique V; ce mouvement de rotation imprime , au châssis grde la scierie , le mouvement vertical de va et vient.

Enfin le troisième et dernier mouvement , qui est celui des couteaux t>, fig. 5, 4 et 15, qui hachent le suif à la sortie de la scierie , s’opère directement par l’action de la roue u, qui est transmise à la roue c\ figure 3 et 13, par une chaîne qui embrasse ces deux roues , et qui par son mouvement, fait tourner l’engrenage d’angle y z, cl par conséquent les couteaux v.

g IV. MACHINE A HACHEE LES SUIFS.

Brevet pris le 17 août 1840, par le sieur P. N. Haimselin ,

de Paris.

Planche VI, Fig . 24 et 25, quatre cylindres a, parfaitement alésés , sont boulonnés sur une plaque de fonte b, percée de quatre trous égaux en diamètre à ceux des cylindres.

Quatre grilles d, faites de lames à dents de scie espacées d’après la grosseur du hachage qu’on veut obtenir , sont posées dans des feuillures convenablement ménagées aux trous c de la plaque de fondation b.

Quatre vis e traversant chaque nn écrou f, et un piston g, qui monte et descend comme la vis.

Chaque piston g est armé de six plaques mobiles h; elles sont taillées du centre à la circonférence et attachées au centre de chaque piston par un axe commun sur lequel elles tournent.

Un arbre vertical t, sur lequel sont fixées deux roues j, j’’ est mis en mouvement par la commande /•.

Ces deux roues j, j’\ engrènent alternativement chacune des roues l, à qui les écrous f servent d’axes sur lesquels elles glissent de la manière indiquée plus bas.

Chaque vis sert d’axe à un pignon-manchon m, qui est commandé par une petite roue intermédiaire », qui fait tourner la roue j”.

Chacun des moyeux des roues l, est refouillé d’une gorge dans laquelle est logée une louve o, qu’un levier fait mouvoir.

A l’extrémité supérieure de chaque vis est son renflement en forme de bouton qui appuie sur une détente chaque fois que la vis est arrivée à la fin de sa- course.

Enfin l’arbre vertical i est prolongé par un autre arbre p, qui pose sur une crapaudine q. Le rouleau r y est fixé et tourne plus ou moins vite que l'arbre t, qu’il prolonge en retranchant ou en ajoutant aux mobiles s, t, qui le font tourner.

On se sert de cette machine de la manière suivante :

Après avoir empli de suif en branches les cylindres, on ■appuie sur le levier u ; il entraîne la louve o, et la roue I s’engrène , par ce mouvement , avec la roue j, l’écrou qui

sert d’axe à cette roue tourne avec elle , et la vis descend en poussant le piston sur le suif qu’il force à passer à travers les grilles d, d’où il est encore coupé par tranches plus ou moins épaisses par le couteau qui tourne sous ces grilles.

Le piston marchant à fin de course , l’extrémité de la vis appuie sur la détente qui retient la louve ; ce mouvement désengrèue la roue ou la poulie, de commande , et la roue l, n’étant plus retenue , tombe , par son propre poids, sur le pignon-manchon m, en entraînant la louve o.

Ce mouvement a réengréné la commande •, la vis remonte par la roue l, que le pignon m, qui tourne à rebours , commande à son tour.

Quand le piston a débouché le cylindre , il rencontre un levier que j'appelle main, qui le guide et l’empêche de tourner. Cette main , lorsque le piston est assez éloigné de l'entrée du cylindre pour qu’on puisse le charger avec facilité, désengrène la roue l du pignon-manchon m et la place entre les deux roues J,/’ : dans cet état, le piston ne bouge pas ; on emplit de nouveau le cylindre , on engrène avec le levier, comme il est dit plus haut , et le même effet à lieu.

§ V. PROCÉDÉS PROPRES A FONDRE LE SUIF EN BRAN- CHES, EN LE RENBANT PLUS PER, PLUS BLANC ET PLUS

FERME QUE PAR LES MOYENS ORDINAIRES, ET EN ÉVI- TANT l’odeur fétide de l’operation.

Brevet de 10 ans , pris, le S décembre 1821 , par le sieur Pugh (Samuel), à Rouen (Seine-Infé rieure) , Tome 22, pag. 253.

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