DU PETIT
que Fensemble doit tout dominer : on doit, autant <jue possible^ mener son travail tout à la fois, c'est dire qu'il ne faut pas faire un œil, puis l'autre, puis le nez, puis la bouche : une pareille méthode (si c'en est une) donne toujours des résultats bien pauvrets. , L'ébauche doit, pour les hommes, être un peu plus énergique que ce que l'on se propose , parce que ce petit surplus d'énergie redescend toujours en finissant.
Les hommes doivent être musculeux si le sujet l'exige, c'est-à-dire s'il y a force, action, mais n'abusez pas; il ne faut pas s'imaginer que l'anatomie se compose de trous et encore de trous, sans préjudice de la charpente osseuse. L'anatomie, dans les arts, est la science de la forme des muscles dans leur activité et dans leur repos ; il doit y avoir harmonie avec le mouvement. Dans le petit , peut-être plus encore que dans le grand , les femmes doivent être élégantes, gracieuses, dans l'ensemble et dans les détails. Pas d'anatomie outrée, à moins d'action violente, ce qui est rare. La forme doit certainement avoir des dessous à leur place, mais sans effort quand il n'y en a pas. Aussitôt qu'on devient anatomique, adieu la gracieuse coquetterie qui fait le charme de la femme.
On fait des blondes et des brimes, et le rendu s'obtient par la façon de traiter les chairs, la forme, les traits, qui sont ordinairement plus délicats chez les blondes que chez les brunes.
Les enfants doivent être gracieux, potelés, charmants, agréables à voir; ne les faites pas lourds, mais % plutôt mutins, si le sujet le permet. Puis il y a les
styles qu'il faut considérer si les enfants doivent accompagner.
Lorsque Ton fait des petites figures d'or qui doivent être émaillées, il est hon de s'entendre avec rémailleur si on le peut ; le travail de ciselure devant être recouvert en tout en partie, a besoin d'être plus vigoureux, tachez donc de savoir de lui de quelle épaisseur seront les couleurs qu'il se propose d'appliquer, pour que votre modelé de ciselure ne se trouve pas trop amolli par la couche d'émail. ,
Sur le petit, les mats vifs sont ce qu'on désigne vulgairement par le mot camelotte, ce qui veut dire travail commun. Il y a quantité de choses de mauvais goût, qui ne sont dues qu'à la niaise influence exercée par la commande, et aux prix souvent très-bas qui ne permettent pas de faire mieux.
A ceux qui font le petit et habitent Paris, je conseille de fréquentes visites à la riche collection des camées à la Bibliothèque de la rue Richelieu. Il faut voir beaucoup. «Voir, comprendre, se souvenir, c'est savoir, » a dit Rubens.
Comme conclusion, en ce qui concerne le petit, je dirai : soyez élégant, fin, délicat sans lourdeur, ni sécheresse, c'est le cachet des bonnes choses.
Réparure du bronze monumental. — Statues équestres, etc., etc.— De la molette.
Le gros bronze doit être réparé largement, hardiment, en tenant surtout compte de l'effet d'ensemble et de celui des détails donnés au modèle par le sculpteur, et tâcher de les conserver.
Les outils doivent être larges, en rapport avec l'objet, et la nature de la sculpture détermine celle de la réparure : si la sculpture est à effet doux, à nuances passées les unes" dans les autres, il faut agir de même, à moins de modifications demandées ou consenties. Si la sculpture est énergique, puissante, faite de verve, à effet heurté, n'allez pas, par un lêcké mal entendu, en changer l'effet en l'amoindrissant; donnez au contraire à votre réparure quelque chose de hardi, de brutal même. Le bronze monumental n'est pas une chose à flairer, il se voit à distance, c'est de l'ampleur qu'il faut, ne l'oubliez pas.
Les endroits à réparer doivent être ébauchés largement, on doit commencer par enlever les jets de fonte, les coutures (on nomme coutures, les traces saillantes laissées à la fonte, par la jonction plus ou moins com-
plète des pièces composant le moule du fondeur). On se sert pour enlever ces jets et les coutures, d'outils coupants , du ciseau surtout , de burins , de gouges, etc., et Ton s'aide beaucoup aussi d'une bonne lime demi-ronde bâtarde (bâtarde entre gros et fin de taille). On doit bien dessabler tous les fonds, et il n'est même pas mauvais, au préalable, de commencer par là.
Les rivets et pièces rapportés doivent absolument être du même cuivre ; quand le cuivre des p ièces est de nature ou qualité différentes, la différence des teintes dans les oxydations, en mettant au vert, puis le temps, montreraient ce qui ne doit pas se voir 9 c'est-à-dire l'endroit où sont vos pièces et rivets.
Que vos outils à planer ne soient pas de ces mates réguliers, la juste réprobation des sculpteurs. Ayez des outils de chie, appropriés au travail de sculpture. IX est même bon, lorsque plusieurs artistes travaillent un grand morceau, de s'entendre pour certains outils^ afin de se servir des mêmes , pour qu'aucun endroit ne trahisse des différences dans le rendu. En toute occasion il faut de l'unité dans le travail, je veux dire dans la manière, si vous êtes plusieurs à travailler un même sujet.
Il est toujours nécessaire de prendre à l'avance ux* parti sur la manière qu'on devra suivre ; le plus ordinairement on prend (dans le gros bronze), celui d'imiter la fonte à ce point que le morceau ait l'air d'être venu d'un seul jet, sans retouche, on doit pour cela éviter que le travail de ciselure soit apparent. Ou procède alors avec des outils à planer ayant quelques
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coups de bouterolle sur le bout, auxquels on joint un léger sauté à la pointe fine ; ou bien encore on modèle son outil en frappant dessus avec une lime pas trop grosse de taille, qui finit par donner à l'outil une certaine vigueur sablée qu'on modifie, si elle est trop forte, en tapotant l'outil au marteau sur un morceau de grès, du pavé (pas de la poterie), mais mieux encore en frappant à la main le grès sur l'outil.
On fait suivant la nature du travail, une quantité d'outils que la circonstance exige, car on ne doit pas traiter de la même manière des chairs^ la crinière d'un cheval, la brodrerie ou une épaulette.
Lorsque les coutures sont enlevées et bien appareillées, on doit viser à ce que le travail soit bien passé l'un dans l'autre, sans interruption; cela s'obtient par l'outil , le rifloir, du gros papier émeri et par la façon de traiter, quelquefois d'une façon spéciale, l'endroit que l'on a attaqué, et aussi selon la nature de l'endroit, au moyen d'un outil qui rend quelquefois de grands services, dont je n'ai pas encore parlé, et qu'on nomme une molette.
La molette est montée de la môme façon qu'un éperon de cavalier, seulement la roulette de l'éperon est mince et à dent, tandis que celle de la molette a environ 4 centimètre d'épaisseur et de 1 5 à 20, même 25 millimètres, de diamètre. C'est un outil dont les tourneurs en cuivre surtout se servent fréquemment pour imprimer de petits dessins sur les bords de quantités de pièces, les chandeliers, par exemple. La molette du tourneur est gravée ; celle à réparer en ciselure est faite (Voyez fig. 5) de la façon qu'il vient
d'être dit un peu plus haut, pour les mats à imiter le grain de fonte.
La surface agissante est plate ou légèrement bombée ; la molette doit être d'acier, et la goupille sur laquelle elle tourne aussi ; la roulette seulement se trempa, détrempe, modifie comme un ciselet ordinaire. Dans certains cas on cherche à ce qu'elle raie, dans d'autres ou cherche au contraire à l'éviter.
Elle doit être emmanchée solidement et en s'en servant, il y a des endroits où il faut appuyer, d'autres où l'on ne doit que caresser. La molette doit tourner librement sans être trop ou trop peu serrée. Puis, après la molette passée, on donne sur le travail qu'elle a fait, quelques coups croisés de rifloir que Ton déguise encore en broyant (frotter en tournant) un morceau de papier émeri sur le tout pour achever dej mêler.
Les gros bronzes étant presque toujours des pièces 1 uniques, doivent être traités comme surmoulés, c'est- ' à-dire sans égard aucun pour les dépouilles. fc
Pour les ragréures des membres, etc., montés à
froid, Voyez ragréures. . *
'si
Des soudures. — Des ragréures de montures et pièces à froid. — Des rivets taraudés et non taraudés sur le bronze, la fonte de fer 9 et quelquefois Tor et l'argent, etc. — Des rivets à propos du vert antique.