COMPARAISONS
boire en repoussé est ici la même, et par la méthode Caradosso on n'y est que trop exposé. Du reste, je ne la commenterais pas, si Ton ne s'en servait encore, mais il est évident que vous restez sans ressource devant ce surplus, qu'il n'y a pas moyen de limer, couper sans un trou, et alors gare les soudures, qui doublent le. métal par endroits et le rendent inflexible.
11 y a bien, à la vérité, certains endroits de draperies ou de formes quelconques où trop de matière se trouvant sur les bords d'un noir, on pousse l'excédant dans le fond, sans que cela puisse nuire à la forme; mais on ne peut pas opérer ainsi partout, et le plus souvent on ne fait que fatiguer son métal : ensuite, à moins de coquiller en deux pièces, il n'est pas facile de sortir la figure de bronze de ce vêtement d'or, sans froisser celui-ci ; notez bien que je parle ronde-bosse, et que si bon que soit le métal, il y a le chapitre des imprévus qui présente parfois beaucoup de difficultés excessives. Somme toute, la méthode exige beaucoup de soin et une grande connaissance pratique du plus ou du moins.
Notez bien que les perfectionnements apportés dans les préparations, de la ciselure repoussée surtout, sont l'œuvre de plusieurs générations, et que personne n'a le droit d'amoindrir nos devanciers. Si nous voyons plus avant, il a fallu la réunion des forces réfléchies des hommes intelligents et habiles dans le travail des métaux, qui ont apporté leur pierre à l'édifice du progrès; qu'en somme, ce n'est qu'élevés sur trois siècles d'expérience, que nous voyons un peu plus loin que les régénérateurs de l'orfèvrerie de goût antique.
Je n'analyse pas la méthode de Benvenuto Cellitri, elle s'analyse toute seule ; je dirai seulement qu'elle n'est pas une invention, mais une route naturelle, et si naturelle, qu'il y a quantité de pièces où il serait impossible de procéder autrement. Si j'avais, par exemple, à faire ce même Christ ronde-bosse, plaqué sur la panse d'un vase à collet étroit, si étroit parfois* qu'il est impossible d'y entrer, non-seulement la main, mais le pouce, il faudrait bien marcher à l'outil ; qui voudrait se charger de faire entrer, par cet orifice, un Christ en bronze, les bras en croix, et de plus de le fixer à l'intérieur, d'une façon assez solidè pour qu'il put servir d'enclume et donner la forme?
Quand Benvenuto Cellini vint à Paris, on procédait déjà, depuis trois siècles, par l'attaque directe de 1 la forme ; l'orfèvrerie de Paris était déjà rétr einte, ainsi que le prouve suffisament quantité de pièces faites par les orfèvres du xm e siècle.
Ce qui constitua une invention, ce fut la ressing, dont on rencontre l'intervention dans l'orfèvrerie française, non que je la revendique pour notre pays, car je ne sais d'où elle sort, mais je puis dire qu'elle résout un véritable problème, à savoir, de relever la forme dans les endroits où la main ne peut pénétrer. Benvenuto Cellini l'a connue, cependant, mais il ne se l'attribue pas, il dit en en parlant, qu'il s'aidait aussi de certaines petites bigornes dont se sentent les orfèvres parisiens. Si les orfèvres (qui, ici, veut aussi dire ciseleurs) parisiens se servaient de la ressing, ils attaquaient donc la forme directement, cela est ceiv tain.