TRAVAIL A LA COUDE
on retourner la pièce, on lève le pied pour lâcher la corde, on la retourne, tout en la maintenant le mieux possible sous la corde, puis Ton appuie du pied quand on veut travailler. Souvent on cale le morceau de bois qui porte la pièce, de manière à lui faire prendre une position plus favorable au travail que la position horizontale de l'établi, mais dans quelque position qu'il se trouve posé, l'important est qu'il porte bien, et ne se dérobe pas sous les coups de marteau. Quoique le moyen soit suffisant par lui-même, je dois cependant dire que le travail collé sur un boulet est de beaucoup plus solide que celui à la corde, qui, si Ton n'a pas une grande habitude, est parfois assez impatientant ; il convient ici, où le plus important est presque toujours d aller vite, de détaler, comme on dit dans les ateliers. On gagne ainsi le temps de deux ou trois mises en ciment et les nettoyages, de plus on peut mieux comparer les parties entre elles, puisqu'on a la facilité pour le faire en les retournant à. la main ; mais pour un travail sérieux, la pièce ne saurait jamais trop bien tenir, et il faut coller.
Le travail de ciselure d'église se divise, se dessine, se repousse à l'outil, au marteau, à laressing, se recuit, est mis en ciment, se trace, s'ébauche, se matit et se plane (les unis). Quelques ciseleurs ne planent les unis, plates -bandes , cuirs, etc., qu'à la fin pour que, ce travail étant le dernier, rien ne puisse le changer en lui communiquant des ondulations. D'autres, sans se gêner et assez sûrs d'eux-mêmes, planent les unis après l'ébauche toute faite. Les unis doivent être planés fermement, autrement ils sont très-laids, Iors-
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qu'ils sont brunis. Généralement m génie de travail est à effet clinquant, on s'y sert de mats vifs, Jes frisoirs à faire les fonds sont vifs aussi, et les. -fonds .sont souvent sautés à la pointe fine pour avoir encore plus de vigueur. Cependant, quand on n'est pas frQp influencé par les orfèvres d'église, qui presque tn^s brillent par le mauvais goût, on doit calculer les effets des mats pour les faire jouer les uns par les autres, et produire des effets d'opposition de nuances. Qa doit aussi tenir bien compte des masses de parties brunies et à ce qu'elles n'écrasent pas par une somme hpœ d'harmonie, les parties mates, et réciproquement, que le maté n'étouffe pas non plus les brunis.
Il y a aussi des pièces qui sont préparées à l^taç^ .page au mouton, et sur lesquelles on ne faille venir au traçoir, au mat et aux planoirs unis.
Le travail d'église a trois manières d'être, onlfls nomme le relevé, le mi-relevé, le tracé maté.
Le relevé est le plus riche, le plus ouvragé, sqp qinementation est haut-relief, et le travail y est ordinftirementplus soigné que celui des deux antres mandes. JQ se repousse à l'outil dans les endroits ouverts, et à la ressing dans les endroits oùja main ne peui^Usr. Les pieds des calices, des ciboires, les endroits peu profonds des pieds d'ostensoirs, les fausses coupes 4e ciboire, etc., se repoussent en dedans àToutU ave^ marteau, toutes les fois que la main peut y tenir L'p]itilet le marteau frapper d'aplomb sur ce dernier ; pogr cela faire, on .dessine sur la pièce, puis dans.les^pdroits à relever, on saute par-dessus un petftiC$g*tet gras et mincedu bout mr le dessin, et qn est q^j^-
repoussé d'église
fois obligé de mettre en ciment pour cela : ce petit coup d'outil très-léger paraît en dedans et vous montre les endroits où vous avez à agir. Si vous avez été obligé de mettre votre pièce en ciment pour cela (ce n'est pas toujours nécessaire), retirez-la, nettoyez l'intérieur, et avec un ciselet gras de forme, pour ne pas couper la matière, repoussez avec le marteau les endroits que vous voulez relever. On doit pour cela appuyer la pièce à l'endroit où l'on repousse, sur un morceau de ciment assez gras que l'on nomme galette, qui, chauffé un peu., épouse la forme de la pièce et fait ainsi l'office de matrice en permanence, recevant toutes les formes que vous lui donnez, je veux dire que le travail lui communique. Avec un peu de salive, on mouille légèrement la pièce avant de l'appliquer sur le ciment pour faciliter sa séparation avec celui-ci, lorsqu'on veut voir ce que l'on a produit; puis, si on a trois parties égales en formes, en valeur, on les repousse en dedans. Si vous avez tracé légèrement à l'outil, ainsi qu'il vient d'être dit, vous voyez bien vos endroits, faites de même pour le tout ; vos masses étant repoussées, et lorsqu'il s'est agi d'obtenir un haut-relief, le métal a été fatigué et récroui, faites recuire rose tendre, et quand ce sera froid, vous mettrez en ciment, c'est-àdire que vous remplirez la pièce de ciment gras à repousser, et que celui-ci étant froid, vous collerez la pièce sur le boulet, et c'est alors que l'on commence à l'ébaucher; je dirai tout-à-l'heure en quoi cela consiste, revenons au repoussé, à celui obtenu par la ressing.