‹ Nouveau manuel complet du ciseleur contenat la description des procédés de l'art de ciseler et repousser tous les métauxChapitre 36 sur 63 · DES CLINQUANTS · texte numérisé non relu

DES CLINQUANTS

vos côtés sont faits , et pour les retourner, passez-les avec une petite barbotine un peu claire, faite avec de Teau et de la terre à poêle ou mieux d'ocre jaune, passez la partie ciselée avec un pinceau ; laissez sécher un instant et collez ; faites-en autant pour le second côté, et quand vous aurez fini, vous n'aurez pas à nettoyer à l'essence do térébenthine, la barbotine se sera interposée entre le ciment et la pièce, et vous gagnerez ainsi le nettoyage, opération toujours désagréable.

Des métaux ductiles propres à repousser. — Or, argent 9 platine 9 album i ni um , cuivre , plomb, fer.

<©n doit traiter le métal en raison de son tempérament, pins en raison de la nature de la pièce qu'on a % repousser. A eet égard il tfy a pas de règles absolues.

'Sur le Teponssé H y a des endroits sur lesquels la théorie et même la pratique ne pourraient pas tout indiquer; on est alors obligé de procéder, comme disent les K&imistes, par voie de tâtonnement.

Or.

Ifltr est de beaucoup le plue ductile des métaux; le îfieiHenr pour repousser est l'or à 22 carats.

Les $4 carats sont l'équivalent des 1 fiOO millièmes, autrement dire, d'or pur.

l»a monnaie en France est ainsi alliée :

Or pur. . , .906

Alliage J00

«e <mi fait 1,000 mflH&mes.

Ou un dixième de son poids d'alliage, si vous aimez mieux.

L'or est à 22 carats lorsqu'il est composé de :

Or pur 22

Alliage. 2

C'est-à-dire onze parties d'or pur et une douzième d'alliage.

L'usage pratique d'employer l'or au titre de 22 carats paraît très-ancien, et pour appuyer cette assertion, rappelons que Caradosso se servait d'or à 22 carats, et Benvenuto-Cellini qui nous l'apprend, a remarqué aussi qu'au-dessous de 22 carats l'or est dur à travailler, et que trop près de 23 carats l'or est mou. Ajoutons que la pratique jusqu'à nous a confirmé la vérité de ces observations.

« La présence d'une quantité extrêmement petite » de plomb dans les alliages de cuivre et d'or les » rend très-cassants. » (Pelouzb.)

L'or étant un métal peu dur, ne peut être employé à l'état de pureté pour fabriquer les monnaies, les médailles ou les bijoux. Des monnaies d'or pur se déformeraient rapidement, et leur empreinte serait peu durable; on durcit donc l'or en y ajoutant du cuivre. \ « Les alliages de cuivre et d'or sont beaucoup plus » fusibles que l'or, et leur fusibilité augmente avec » la proportion du cuivre; aussi les emploie-t-on pour » souder l'or. » . ' (Pelouzb.)

MÉTAUX DUCTILES. 431

La fusion de l'or exige une plus haute chaleur que pour l'argent. ■

ce I/or partage avec la platine, l'argent, le fer, etc., » la propriété de se souder à lui-même sans fusion » préalable. » (Pelouze.)

« En comprimant et en martelant un mélange d'or » et d'argent en poudre, on produit un damassé qu'il » serait impossible d'obtenir par la fusion de ces deux » métaux. » , (Fournet.)

« L'or s'allie en toute proportion avec le cuivre. Le » cuivre rehausse la couleur de l'or, augmente sa » dureté, le rend plus fusible, mais diminue sa mal- » léabilité et sa ductilité. » (Pelouze.) '

L'or se contracte beaucoup plus que les autres métaux en passant de l'état liquide à l'état solide.

<c L'or est un des métaux les moins altérables que » l'on connaisse, il résiste à l'action prolongée de l'air, *> de l'oxygène, de l'eau, des acides sulfurique, azo- » tique et chlorhydrique, mais l'acide sélénique l'at- » taque en ee transformant en acide sélénieux. Le caria bone, le soufre, le sélénium n'exercent aucune » action sur l'or, même sous la température la plus y> élevée.

» Dans les arts, on emploie pour dissoudre l'or une » eau régale formée d'une partie d'acide azotique et de » quatre parties d'acide chlorhydrique.

y> L'or se combine avec la plupart des métaux, il » s'unit directement avec le manganèse, le fer, le coj> balt, le nickel, rétain, le zinc, l'antimoine, le bis- » muth, le cuivre, l'argent, etc. » (Pelouze.)

Platine.

Le platine à Tètat pur est doux à travailler, et d'ime douceur comparable à celle de l'or à 22 carats. Ce métal est dur quand il est allie à l'argent* même quand ce dernier métal entre dans l'alliage dans une proportion très-faible. C'est le plus lourd des xnétaau^ il est considéré comme infusible* il ne s'altère pas exposé à l'air; les liquides sont sans action sur lui*. mais il se dissout dans l'eau régale. À l'état pur après for et l'argent, c'est le plus ductile des métaux.

Argent.

L'argent est un peu plus dur que i'ôr y un peu plus mou que le cuivre ; après J'or* c'est le plus* ductile et le plus malléable de tous les métau*. En l'alliant attea use petite quantité de cuivre* on lui donne de la dtiteté,

k'a*gefit au premier titre est bon à ciseler; cependant pour des pièces qui exigeraient la cisel/tfre, moins te métal a d'alliage, plus il est doux, ductile et facile à travailler. A la Monnaie de Paris, les titres des du-* vtttgôfc d'orfèvrerie sont au nombre de deux : te plus employé est celui qu'on nomme le premier titre qui est à 950 millièmes de fin* avec 5 mflBôiaes ea plus ou eu moins de tolérance ; ce qui veut dire qu'une pièce qui contient 55 millièmes 4'aHiage est encore contrôlée au premier titre.

Le second titre de l'argenterie est 800 millièmes

MÉÏAVS DUCTILES. 133

d'argent pur, et 5 millièmes de tolérance sont aussi accordés, ce qui fait au plus 205 millièmes d'alliage,

A ce titre l'argent est trop dur pour faire du repoussé d'art.

« If suffit de quelques traces d'étain pour rendre » l'argent aigre. » (Dumas.)

Lfe soudures d'argent sont ua alliage d'argent et dfrc8$v*e (feus lequel ce dernier métal entre en propOrftôn d'un fiers, d'un qtt&rty d'un cinquième, etc* ; Efete il y a de cuivre, plus il faut de chaleur pour cfttfr fe soudure côUle. Les soudures qui fondent à une ctiefleti* fftokis haute, sont celles dont on se sert quand oft ai dëjàr soudë et qu'on craint qu'une chaleus? par rëBle & ceHe qh'iï a« ftltepcrar les premières soudures ne dôêBôtiiie celles^.

Plus les soudures ont de cuivre, plus elles sont visibles.

L'argent ne s'oxyde ni à l'air sec, ni à l'air humide, ne se ternit à l'air que sous l'influence des vapeurs sulfureuses.

« Les oxydes de plomb, le deutoxyde de cuivre, » l'oxydé de manganèse, l'attaquent. » •

» Le minium, le péroxyde de manganèse, peuvent » oxyder l'argent. » (Dumas,)

a Les acides végétaux sont sans action sur l'argent. »

(Pelouzb.)

L'acide azotique dissout L'argent.

Ciseleur. 12

134 SECTION XXY.

Aluminium.

L'aluminium est un métal nouveau dans les arts et dans les usages vulgaires, et qu'à l'heure où j'écris on n'est pas encore parvenu à souder avec lui-même. C'est le plus léger des métaux, et en le prenant à la main, on croirait avoir un morceau de bois de même volume. On en a fait de très-jolies petites pièces en fondu. On peut le repousser, mais cependant je ne le crois ni si malléable, ni surtout si ductile qu'on a bien voulu le dire. On le dit inoxydable aux émanations sulfureuses, mais avec lui on peut marquer sur du papier presque comme avec un crayon de plomb ; ce qui n'est certainement pas une qualité. Je le crois, en xm mot, un métal sans nerf, l'avenir dira le reste.

Cuivre.

Le zinc étant un métal très-cassant, il est aisé de comprendre que plus les cuivres du commerce en contiennent, plus ils sont aigres, et moins ils sont malléables. Le meilleur de tous les cuivres pour repousser, est le cuivre rouge, celui qui est sans alliage : et si l'on pouvait le forger soi-même ou le faire forger en plaque, il serait encore supérieur; car tout bien recuits que soient les laminés, le laminoir écrase les molécules dans des 'conditions bien moins avantageuses à celle du travail de martelage. Dans mon opinion, la. durée des cuivres anciens, des vieilles casserolles, par exemple, à épaisseur égale, est surtout due émette circoi>stance.

MÉTAUX DUCTILES. 135

On vend cependant à Paris des cuivres jaunes qui ont une très-grande ductilité. Le cuivre dit Lacroix est un cuivre allié grassement, se pliant bien, peu pailleux, il se vend tout décapé. Le cuivre Dumouchel dont on se sert aussi, est un cùivre qui a des qualités, mais elles ne sont pas aussi propres au repoussé que le cuivre Lacroix. Le cuivre Dumouchel est souvent pailleux, et il est difficile de le reconnaître en Tachetant, parce qu'on le vend non décapé.

Plomb.

(Voyez du plomb ciselé).

Fer.

(Voyez fer a acier).

Des ciments à coller et à repousser.

Depuis longtemps, à Paris, les spécialistes vendent un ciment, dont se servent les ciseleurs, les fontaini ers. Il y en a plusieurs degrés en qualité, et on s'en sert aussi ( le plus fin) pour cacheter le vin en bouteille.

Le ciment en question est un mélange de résine, de suif et de colcotar, auquel on ajoute d'ordinaire une certaine quantité de brique pilée. Commeil esttoujours très-sec, lorsqu'on l'achète, à raison de l'abus de la brique pilée qui pèse plus et coûte moins cher à ceux qui le fabriquent, les ciseleurs sont obligés de le modifier en raison de ce qu'ils ont à faire. Lorsque vous achetez du ciment destiné à repousser, vous devez choisir un ciment à sable fin (la brique pilée qui est dedans). On le reconnaît facilement en écrasant un morceau : si les grains du sable sont gros, graveleux, rejetez-le, à moins que ce ne soit pour des grosses pièces sans finesse, telles que la bosseterie, les grosses lampes d'église, par exemple, dans lesquelles on met quelquefois 50 et môme 100 kilogrammes de ciment pour les ci-

seler. Rejetez-le également si vous apercevez dedans des petites pierres, c'est une preuve que le sable a été mal tamisé. Un tel ciment fatigue toujours davantage le métal. Une partie des crevés (trous en travaillant) vient des corps durs étrangers au ciment j ceuxci étant inflexibles dans la pièce, font enclume dessous lorsqu'on frappe du ciselet, du tracoir surtout, ce dernier rencontrant une résistance, veut la faire céder; on frappe plus fort, le métal est alors troué par Foutil qui, à peu de chose près, a joué le rôle d'un emporte-pièce ou d'un outil coupant.

Que vos ciments à repousser soient tenus tTès-propres et ne contiennent aucun corps dur, ni même des corps plus tendres que le ciment. Quand je dis plus tendres, on abuse souvent des morceaux de papier, soit par exemple pour poser un peu de ciment, soit pour boucher, etc. Ce papier mêlé au ciment fendu revient tout encimenté se loger dans quelque endroit de la forme, ou n'oppose qu'une résistance factice, puisqu'il ne remplit pas partout. Lorsqu'ensuite vous travaillez, vous enfoncez la place cju'il occupe, ^ perdez quelquefois beaucoup de temps et dépensez beaucoup de .travail pour ramener l'endioit à son plan. Cela arrive souvent, et ne se présenterait pas, si l*on examinait bien son ciment lorsqu'il est fondu.

Il ne faut pas que le ciment à coller les pièces sur les boulets ou sur les blots, soit trop sec, il s'étilaterait trop facilement et collerait mal. Il ne faut pas qu'il soit trop mou, la pièce collée s'enterrerait dedans, ce qui est très-impatientant, surtout pour de* petits morceaux fondus.

ESSAI DES CIMENTS. i3$

Lorsque le ciment est trop sec, vous y ajouterez u& peu de suif pour l'engraisser. Un ciment est trop sec Jorcque dans les petites parties il casse, s'émiette, qw lapiècc se dé colle souvent.

Le ciment à coller est trop mou, lorsque la pièce Enterre dedans, et que les bords de, cette pièce se recouvrent de ciment. Quand le ciment est mou, ob y ajoute du ciment neuf. Du reste, le ciment à coller, à part les deux observations que je viens de faire,, egt W ciment sans grande importance; il n'en est pas de ffiéme des ciments à repousser.

Le ciment à repousser doit être fait en raison dij poétal, de son épaisseur, puis de quelques raisons relatives à Tébauche ; de plus aussi, en raison de la différence des masses et des détails, et enfin encore en raisqn de la température ; la chaleur donne beaucoup de dilatation au ciment, le froid le durcit; ce qui est bon au mois dja juin, ne vaut rien au mois de janvier.

Le ciment à repousser doit avoir approximative^ $ent, à quelques différences près, la dureté du plomb, wn petit peu plus dur. On le reconnaît à Fongle, puis çomme il sera dit un peu plus loin. Le ciment se dilate et s'attendrit dans la saison des chaleurs, et doit, pour cette raison, être tenu un peu plus ferme l'été que l'hiver.

Lorsqu'il fait froid, il se durcit, et doit pour cela être tenu un peu plus gras qu'en été.

Tissai des ciments.

Lorsqu'on prépare du ciment, on fait des essais pour se rendre compte de son degré de dureté, on en prend

avec la spatule la grosseur d'une noix, que Ton met un instant dans Fcau froide, après quoi on le retire et on le roule en le frottant dans ses deux mains (qu'on a eu soin de mouiller avant), et lorsque le tout s'est allongé et a pris la grosseur du petit doigt, on le remet dans l'eau pendant dix minutes où il finit de se refroidir, puis on le retire et on plie ce petit bâton de ciment; s'il casse net, il est trop sec; s'il plie d'une façon trop pâteuse, il est trop mou. Au ciment trop sec vous remettez du suif; au ciment trop mou, du ciment neuf, en ayant pour l'un et pour l'autre égard à la quantité sur laquelle vous agissez, puis vous recommencerez l'essai quand tout est fondu, bien brassé, et cela jusqu'à satisfaction.

Il est important de ne pas faire ces essais dans trop peu d'eau; celle-ci étant chauffée par le ciment, maintient celui-ci dans une dilatation souvent au-dessus de la température ordinaire; il ne faut pas faire non plus vos essais dans de l'eau beaucoup plus froide que la température ambiante, au lieu de l'eau froide de puits en été, par exemple, qui durcirait davantage votre ciment et pourrait vous faire supposer qu'il est plus ferme qu'il ne serait en réalité. La chaleur de la main donnant toujours un peu de dilatation, vous pourriez avoir un ciment un peu mou.

Contrairement à l'opinion de .beaucoup de ciseleurs, je ne suis pas partisan de donner une trop haute chaleur aux ciments en les faisant chauffer, et cela pour deux raisons. La première est que je voi3 souvent chez des confrères des ciments véritablement brûlés; ce qui est au fond du poêlon est grillé et ne contient

DES POÊLONS. àU

plus ni résineux ni gras, c'est du sable aggloméré par petites parties et passé h l'état de poterie, terre cuite* charibonnée, ce qui est loin d'être du ciment à repousse* ; .celui-ci devant surtout être égal partout

JU seconde raison est qu'un ciment très-chaud wà$ dans un vase par exemple, se dispose par couche*; j'ai fait cet essai dans une sorte de bouteille de yerBeblajic, #j'ai vu que le sable étant le plus lourd, s'était §g£oipité dans le bas, que la graisse plus légère t oce»pait le haut, et que les autres corps s'étaient disposés au œijEieu entre les4eux* Lorsque la bouteille aété cas«é$, {£tte .observation a été en tout point justifiée m ou- TO»t l& âment avec un marteau.

Il y a moins de séparation des matières compost lç oimeni, lorsqu'il est bien mêlé et coulé m chaleur un peu plus haute que ipoyenne.

Pour mon propre compte,, j'ai substitué au #*if Le goudroa cp*e je trouve préférable , les partieB Eestettk beaucoup mieux mêlées, et le ciment est plus égoi.

Des poêlons.

Si vous visez à un long usage, défiez-vous des poêlons de terre, ils cassent quelquefois au feu, ou, C3 5m est pig encore, lorsqu'on les transporte, le ciment touillant dedans, les poêlons de cuivre sont préférables, majs il faut remuer souvent, ne pas laisser brûler ie ciment, parce qu'il se forme des agglomérations charbonneuses qui ne sont plus en réalité que résidus ae cimeirt,

section xxvr.

Des mises en ciment

Généralement, quand on le peut, on graisse trèslégèrement la pièce. Il y a cependant quelques rares exceptions où on ne peut pas le faire facilement.

On met en ciment les plaques, tels que les bas-relief s ; les plateaux, etc., en les bordant, soit de terre glaise, ou mieux encore d'une bande laminée de cuivre ou de zinc, si la pièce est ronde ou ovale, et qu'on fixe autour en manière de cercle, soit avec un fil-defer, soit avec une corde. Une fois le ciment versé dessus, on le laisse bien refroidir, après; quoi on colle le morceau en le retournant sur un boulet ou sur un blot, sur lequel on a préparé un lit de ciment chaud pour le recevoir, et le fixer pour travailler.

On doit éviter de mouiller les endroits où Ton veut mettre du ciment, celui-ci n'adhérerait pas dans les points mouillés.

Par la même raison, on se mouille les doigts pour éviter de se brûler, le ciment collant après les mains quand on est obligé d'y toucher.

On nomme boulette, quoique le mot soit impropre, de petites cordes très-minces de ciment que l'on fait en en prenant lorsqu'il refroidit, et en le roulant dans les deux mains ou sur une planche ; quand on juge en avoir préparé assez, on chauffe la pièce en dessous et l'on entre de la boulette jusqu'à ce que la pièce en soit pleine. On remplit ainsi les pièces à entrée trop étroite pour être remplies à la cuiller ; c'est, du reste, ce qui arrive assez rarement en orfèvrerie,

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