‹ Nouveau manuel complet du ciseleur contenat la description des procédés de l'art de ciseler et repousser tous les métauxChapitre 42 sur 63 · DESSIN A LÀ CISELURE. 18S · texte numérisé non relu

DESSIN A LÀ CISELURE. 18S

habiles qu'ils étaient entrés, lorsqu'ils ne le sont pas moins encore ; et que cela ne semble pas un paradoxe : je préférerais toujours avoir un élève ne sachant rien, à un élève qu'il faut débarbouiller de mauvais principes. Toute méthode ne procédant pas de l'ensemble aux détails, est une mauvaise méthode ; ne procédez jamais des détails à l'ensemble. D'une petite chose isolée à l'œuvre entière, la différence est si grande, que souvent une première erreur en fait commettre une infinité d'autres.

En dessin, une des plus importantes études à faire sur un sujet, est de lui donner surtout le caractère qytil exige. J'ai frémi un instant, il y a quelques années, que les niaiseries à la Pompéi ne vinssent substituer leur style à notre art de penser moderne.

SECTION XXXVHI.

De quelques raisons anatomîques.

L'anatomie est une rude étude à laquelle les artistes forts ont dû de connaître l'orthographe de la forme humaine, qu'on me pardonne le mot. La base de l'anatomie étant la charpente osseuse, c*est par la connaissance exacte du squelette, les différences de celui de l'homme et de la femme, leurs proportions respectives et relatives, qu'on doit commencer avant de s'occuper des muscles.

Ce qu'un artiste doit surtout étudier en ostéologie,indépendamment des proportions, c'est le jeu des articulations principales ; par exemple, celle de l'humérus dans la tète de l'omoplate ; le jeu du grand trochanter, os faisant partie du fémur et s'emboîtant au bas de la hanche nommée bassin, et aussi os des îles ; l'articulation du genou et le jeu de la rotule en ~ cet endroit; puis, la partie inférieure du tibia, auquel est adjoint extérieurement dans toute sa longueur un petit os nommé péroné ; deux os auxquels s'attache le pied par une articulation qui permet de le tourner à volonté ; les emmanchements des poignets, carpe et

métacarpe, et surtout le jeu des os que Ton nomme radius et cubitus qui, tous deux, partent du coude pour se rendre à la main, en donnent à la forme de l'avantbras une disposition toute particulière, suivant que le creux de la main fait face au ciel (supination) ou à la terre (pronation); le mouvement général des vertèbres, etc.

La phrénologie ou mieux la craniologie est au&si une bonne étude, elle sert à fixer dans la mémoire la différence des formes du crâne et apporte une grande lumière sur la diversité des races.

L'étude des musçles qui font mouvoir la charpente osseuse, est une étude difficile, en raison des matériaux même qui servent à composer les traités d'anatomie (dits) à l'usage des artistes. En effet, tous ces traités ne se sont guère remplis que des noms de muscles et de la description des particularités que présente l'insertion de ces mêmes muscles. C'est bien quelque chose, sans doute ; mais on est encore bien loin de la vérité aaaatomique pour un artiste : j'entends l'action.

Comme je me suis beaucoup occupé du sujet que je traite en ce moment, je pose en fait que le grand écorché de Houdon a causé la déplorable défection dans laquelle était tombée l'école de l'empire, Louis David en tète. C'est de cette étude, mal comprise, qu'est sorti le style dit académique*, posant, mais n'agissant pas. La gloire de Géricauit est d'avoir surtout rompu ouvertement avec ce qu'on nommait alors les saines traditions.

Ce n'est ni Tortebat, ni Salvage qui fit un magni-

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